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Bruxelles, 50 ans après la mort de Joseph Staline


 

Discours de la camarade Juliette,

50 ans après la mort de Joseph Staline

Commémoration organisée par l'Institut d'Etudes  Marxistes,

Bruxelles, 5 mars 2003

www.marx.be

 

Toute ma vie, je me souviendrai de ce matin du 5 mars 1953.

Nous déjeunions lorsque la radio annonça : " Le Maréchal Staline est mort " et nous éclatâmes en sanglots. Ces sanglots partagés par des millions d’êtres humains n’ont rien à voir avec une sensiblerie de style fleur bleue car, en perdant Staline, nous savions que nous perdions ce que nous avions de plus cher, nous perdions l’héritier de Lénine, le constructeur du socialisme en Union soviétique, l’homme de la victoire sur le fascisme, l’homme de la Paix qui était à nouveau menacée par l’impérialisme américain et ses bombes atomiques.

Nous perdions celui qui, contre vents et marées, était, comme le soulignait le grand écrivain français, Henri Barbusse : " inflexible et flexible comme l’acier ".

La bourgeoisie a eu beau applaudir à la mort de Staline, elle a eu beau déverser des tonneaux d’injures, renouveler ses calomnies, en ces heures pénibles, douloureuses, nous avons tous vu et appris combien ce mort était vivant dans le cœur des exploités du monde entier. Ici, en Belgique comme en France, des usines se sont tues, les machines de Turin ont stoppé leur course, les ouvriers agricoles de Sicile se sont figés dans l’immobilité. Des pampas de l’Argentine aux ruines de Corée et aux confins de la Chine, les hommes, les femmes, n’avaient pas honte de leurs larmes. Varsovie, ressuscitée de ses cendres, a drapé de deuil ses échafaudages et, à New York, les honnêtes gens, entourés de policiers et vraisemblablement de mouchards, proclamaient haut et fort : " L’ami de la Paix est mort. "

 

Il existe des livres admirables qui reproduisent les lettres de communistes dans l’attente du peloton d’exécution. De quoi parlaient-ils dans leurs derniers instants ? Des êtres chers, de leurs enfants, mais aussi de leur parti et de l’avenir auquel ils mêlaient le visage de l’URSS et de son guide, Staline. S’il vous était donné de les lire, vous comprendriez mieux ce qu’il m’est difficile de vous décrire, vous comprendriez le lien profond qui lia, sous la terreur nazie, le résistant à Staline. Ce lien ne concerna pas uniquement les résistants membres ou sympathisants communistes, mais l’immense majorité de la résistance des pays occupés et, avec elle, l’immense majorité du peuple. Car l’expérience historique de ces hommes et de ces femmes fut, pour tous, révélatrice. Ils savaient que la " non-intervention " décidée par les démocraties – entre guillemets – française et anglaise et par l’Internationale Socialiste a été un coup de poignard dans le dos des antifascistes espagnols, provoquant ainsi leur défaite devant les Stukas nazis.

Seule, l’URSS porta secours à l’Espagne républicaine en lutte contre Franco et les siens. Cela, les résistants et le peuple ne l’ont pas oublié. Nombre d’entre eux se rappelaient avoir manifesté avec des banderoles où était écrit : " Des armes pour l’Espagne. "

Comme ils n’ont pas oublié la capitulation de la France et de l’Angleterre devant Hitler à Munich. France et Angleterre dirent alors : " Nous avons sauvé la paix ". L’URSS leur rétorqua : " Par votre capitulation honteuse, vous avez engendré la guerre. "

On n’ignorait plus, à l’heure de la résistance, toutes les manœuvres diplomatiques fomentées par l’Angleterre et la France pour qu’Hitler se retourne contre l’URSS au lieu de s’en prendre à l’Occident.

Nul n’ignorait les demandes réitérées de l’URSS pour que s’ouvre un second front, second front constamment ajourné, laissant subir à l’URSS le poids principal de la guerre.

 

 

Pendant ce temps, nous vivions tous sous la terreur et la douleur de savoir la famille, les amis, disparus on ne sait où, des camarades torturés, massacrés, fusillés.

 

Notre première lueur d’espoir, c’est de l’URSS et de Staline qu’elle est venue.

C’était en octobre 1941. Les blindés nazis étaient à quelques kilomètres de Moscou. Moscou qui recevait l’assaut de 51 divisions d’élite allemandes, c’est-à-dire autant de divisions qui attaquèrent toute la France en 1940.

C’est Staline qui prit en main la défense de la capitale, qui galvanisa l’ensemble du peuple de Moscou par ses discours et ses mots d’ordre.

Et Moscou ne tomba pas aux mains des fascistes. C’en était fini de la fameuse " guerre éclair " proclamée par l’état-major nazi.

 

 

Et puis, il y eut Stalingrad. Le tournant de la guerre, le crépuscule de l’armée hitlérienne et des collaborateurs italiens, belges, français, polonais, hongrois, roumains, etc., partis combattre le bolchevisme et à qui, depuis 1917, on inculquait la haine du communisme.

 

Ceux qui n’ont pas vécu le temps de cette bataille ont du mal à imaginer ce que Stalingrad représenta pour les peuples. Les peuples se redressèrent. Ils souffraient avec l’armée soviétique et, dans le même temps, à l’écoute de Radio Moscou clandestine, ils applaudissaient aux noms, incompréhensibles pour eux, des quartiers libérés.

On avait tous la certitude de la victoire finale et on s’abordait enfin en souriant dans les rues, on oubliait tout ce qui n’était pas Stalingrad, on n’oubliait la peine et la faim.

Quant à la résistance, la victoire de Stalingrad lui apporta un souffle nouveau dont se sont fait l’écho les journaux clandestins, malgré les avis de l’Angleterre qui demandait à la résistance d’attendre le jour " J ", c’est-à-dire le débarquement anglo-américain, pour procéder à des actes de résistance. La victoire de Stalingrad eut pour effet de décupler les actions de la Résistance et ce, avec le soutien du peuple, de plus en plus confiant dans la libération à venir, et qui savait maintenant à qui il la devrait en premier lieu.

 

 

Pour terminer, je souhaiterais insister sur le fait que personne autant que Staline ne fut aimé des masses et haï des possédants et de leurs valets.

Pardonnez-moi si, en toute modestie, je vous relate un fait personnel : mon communiste de père m’a dit, à la veille du jour où pour la première fois je devais me rendre au boulot : " Si un jour le patron t’applaudit, demande-toi ce que tu as fait contre la classe ouvrière. "

Devant les applaudissements des impérialistes, des exploiteurs, des traîtres, des soi-disant démocrates, des trotskistes et de tous ceux qui ont crié victoire, encensé le premier des contre-révolutionnaires, Khrouchtchev, et ceux qui l’ont suivi, les Brejnev et les Gorbatchev, le voeu que je formule pour vous tous, c’est que vous puissiez voir la réalité que cachent ces applaudissements, et il vous suffira d’ailleurs pour ce faire de comparer ce que fut l’URSS sous Lénine et Staline à la Russie de la misère et de la mafia d’aujourd’hui.

Vous voulez des faits, des documents irréfutables, étudiez donc attentivement le livre de Ludo Martens " Un autre regard sur Staline ", et vous serez édifiés.

 

Je suis navrée de n’avoir pu être parmi vous, croyez que je le regrette, et merci pour votre écoute.

 

Juliette, 78 ans, résistante, communiste, membre du Parti du Travail de Belgique.

Cette page a été mise à jour le 09/08/07.               
                                     

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