Le PTB et la lutte des Forges de Clabecq

par Jo Cottenier, Parti du Travail de Belgique

Contribution à la Conférence: ’Imperialismus und antiimperialistischer Kampf im 21. Jahrhundert’

Initiative commune de la rédaction de ’Offensiv’ et de la rédaction de ’RotFuchs’

Berlin, 28 – 29 octobre 2000

Je vais parler d'une lutte concrète et d'une histoire vécue: la lutte des Forges de Clabecq, une usine sidérurgique située à 20 km de Bruxelles.

C'est l'histoire d'une lutte gagnée, puisque l'usine qui était condamnée à la fermeture a redémarré après six mois de lutte en 1997. Et ceci grâce à une direction révolutionnaire qui avait comme devise de refuser le fatalisme imposé par les lois économiques et de s'appuyer à fond sur la mobilisation des masses pour le combattre.

Notre parti s'est investi à fond dans cette lutte. Cette expérience montre une perspective optimiste des possibilités pour les révolutionnaires aujourd'hui en Europe et dans ce sens déjà, elle a une signification internationale.

Pour démontrer à quel point cette lutte fut audacieuse, il faut que je retourne quelque peu en arrière. L’entreprise sidérurgique, les Forges de Clabecq, est une entreprise sidérurgique de taille moyenne qui occupait 1800 travailleurs en décembre 1996, au moment où la faillite est prononcée. Dans de tels cas, c’est devenu une habitude en Belgique, la direction syndicale exprime quelques protestations verbales pour négocier aussitôt un plan de fermeture avec un soi-disant accompagnement social et avec de vagues promesses de reconversion de la région. C’est ce qu’elle s’apprêtait à faire aux Forges de Clabecq. Ce n’était pas l’avis de la délégation syndicale.

Les deux acteurs principaux sont des ouvriers italiens, fils de travailleurs immigrés : Roberto D’Orazio et Silvio Marra. Ils sont délégués syndicaux du syndicat socialiste (FGTB). Tous deux ont hérité des années soixante les fondements de la philosophie marxiste, sans être organisés pour autant. Pendant dix ans ils construisent patiemment un noyau de militants opposés à la ligne social-démocrate qui domine la vie syndicale de l'usine. En 1992, cette opposition prend le pouvoir dans la délégation syndicale et Roberto D'Orazio devient délégué principal. Pendant toute cette période et après, les dirigeants entretiennent des contacts étroits avec la cellule d'usine de notre parti. Une des contributions importantes du parti, c'est de nourrir leur vision politique du monde. Cela débouche notamment sur une remarquable campagne antiraciste menée par la délégation dans l'usine, où des travailleurs de 15 nationalités différentes se côtoient. En 1993 ils font de leur usine la première « entreprise contre le racisme » en Belgique quand 75 % du personnel signe la pétition qui exige les droits égaux pour Belges et immigrés. Cela forge l'unité dans l'usine, basée sur la conscience d'appartenir à la même classe. Cette conscience les amène aussi à soutenir d'autres travailleurs en lutte. Ils participent aux luttes des enseignants et étudiants, apportent leur soutien aux travailleurs qui luttent contre la fermeture de leur usine, accourent quand des délégués sont licenciés et vont jusqu’à faire la grève pour soutenir d’autres délégations menacées. Dans de nombreuses conférences et intervention, ils apportent aux ouvriers et intellectuels une vision prolétarienne et révolutionnaire du monde.

Depuis 1992, la délégation prépare les masses à la fermeture. Le président du parti libéral (PRL), aujourd'hui vice-premier ministre disait dans le temps: "Il faut poser le problème de la fermeture des Forges de Clabecq. J'ai dit à monsieur Collignon (le ministre-président de la Région wallonne ndlr) que les 500 millions nécessaires aux Forges seraient utiles pour faire de la reconversion. Les Forges sont terrorisées par une mainmise syndicale, un syndicalisme d'extrême gauche, ce sont des PTB." (RTBf,  le 15 novembre 1995) Ces "terroristes" ont dénoncé comment les familles propriétaires se sont enfuis comme des rats, avec leur fortune accumulée grâce au labeur des ouvriers. Ils ont exigé que le nouveau propriétaire, l’Etat (la région wallonne), investisse et renouvelle les installations, tout en sachant que celui-ci n'avait nullement l'intention de le faire. Face au refus de la délégation de collaborer à une fermeture en douceur, les gestionnaires publics sociaux-démocrates ont conclu que (je cite) « toute solution pour les Forges de Clabecq passera par un choc social ». Ce choc, ils l'ont eu…

C'est finalement par la Commission européenne qu'ils laissent prononcer le verdict, car celle-ci refusera tout nouveaux subsides de l'Etat. Quand les banques empêchent le paiement des derniers salaires, les travailleurs sortent une première fois leurs bulldozers et traversent la petite commune de Clabecq-Tubize en brisant toutes les vitres (armées!) des banques. Les salaires seront immédiatement versés. Quand les travailleurs s’arrêtent devant la maison communale, ils aperçoivent un photographe policier derrière les fenêtres du commissariat proche. Le commissariat est pris d'assaut, le mobilier est détruit et l’appareil photo est confisqué. Ceci formera le premier dossier important au procès. Accusation: rébellion en groupe et tentative de mise à feu du bâtiment.

Notre parti s'engage dès ce premier jour et m'a chargé personnellement de travailler avec les dirigeants de la lutte. Depuis ce jour nous sommes devenus une équipe inséparable. J'ai pu apprécier de près l'intelligence et l'audace de dirigeants ouvriers qui sont inspirés par une conception du monde communiste. J'ai participé à toutes les décisions et j'ai pu contribuer dans toutes les initiatives parce que notre parti était en concordance parfaite avec ce qu'on appelle aujourd'hui en Belgique "l'esprit de Clabecq". Cet esprit, c'est tout d'abord de ne pas se laisser faire. C'est ensuite, l'horreur des paroles vides. Se battre pour l'emploi, ce n'est pas concocter la désertion par la porte de derrière. Parce que c'est finalement, la volonté de mener les masses aussi loin que les masses sont prêts à suivre, au défi de tous les dénigrements et attaques dans les médias.

C'est dans cet esprit que la délégation de Clabecq a pris l’initiative audacieuse d'appeler à une manifestation nationale contre les pertes d’emplois et contre les fermetures. Elle a planifié une Marche pour l’emploi pour laquelle elle a mobilisé durant un mois. Elle a envoyé 10 autocars de travailleurs aux quatre coins du pays. Beaucoup de délégations d’usine et une partie des structures syndicales ont repris l’appel de Clabecq. Le 2 février 1997, la Belgique a vu un événement inégalé dans l’histoire du pays. A l’appel d’une délégation d’entreprise, 70.000 personnes ont manifesté pour l’emploi dans les rues étroites de Clabecq-Tubize et devant cette foule, Roberto D’Orazio déclare: « Cette marche doit être le début de la victoire des travailleurs. Nous voulons simplement que l’économie soit au service des travailleurs, de l’enseignement, de nos enfants et du monde du travail. Parce que les richesses produites dans ce pays, c’est le monde du travail qui les produit. Ces richesses nous appartiennent. »

Un grand journal de droite écrit le lendemain de la marche: « Il y avait longtemps qu’on n’avait plus réclamé autant le socialisme que hier dans les rues de Clabecq. » A la Marche défilent des portraits géants de Marx, Engels et Lénine, à côté des revendications de travailleurs et syndicalistes venus de tout le pays.

La bourgeoisie a mal digéré cette Marche. Une semaine plus tard, elle saisit sa chance. Un ouvrier a donné deux claques à un curateur. Celui-ci se présente devant les caméras avec un œil ensanglanté. Il accuse D'Orazio d'être l'inspirateur de ce coup et toute la presse enchaîne avec une campagne orchestrée contre les "terroristes" et les "maffieux" de Clabecq. Aujourd'hui ce curateur fait partie du gouvernement régional wallon. Ce qui fait dire à D'Orazio: si on lui avait donné quatre claques au lieu de deux, il serait déjà premier ministre.

La contre-offensive ne s'est pas fait attendre. Fin mars '97, les travailleurs de Clabecq ont sorti les bulldozers une deuxième fois. Après trois mois de lutte, rien n’avait bougé. Lorsque les travailleurs ont voulu occuper l’autoroute Bruxelles - Paris, la gendarmerie a attaqué la manifestation et dressa des barrages avec des camions. A l’aide de 5 bulldozers, les travailleurs ont rompu le barrage, détruit quelques camions et neutralisé l’autopompe. Durant 15 minutes ce fut une bataille dont les films pris de l'hélicoptère et par des flics cameramen  forment la pièce maîtresse du procès. Ce fut une défaite sans précédent, le Waterloo de la gendarmerie (Waterloo est à 5 km de là). Tout le monde en Belgique se rappelle les camion renversés par les bulls, mais ce fut surtout un combat de masse. Roberto D’Orazio dira de cette journée : « Ce que nous avons démontré dans la pratique c’est que les ouvriers ont aussi des moyens. Et crois moi, c’est cela qui les gêne le plus et pas les quelques camions détruits. Ce que nous avons démontré c’est ceci : si nous voulons nous organiser, on vous balaie en cinq minutes. C’est l’essentiel. »

Un mois plus tard, la délégation a organisé une nouvelle Marche, plus sélective celle-ci, parce qu’elle s’appelait « marche contre les menteurs ». Elle visait en premier lieu le parti socialiste et tous ceux qui trompent les travailleurs en les soumettant au système capitaliste. Cette marche a rassemblé 12.000 personnes. Finalement, grâce à la détermination des travailleurs de Clabecq, une reprise de l’usine par le groupe italien Duferco s’est concrétisée. Mais la bourgeoisie a absolument voulu enlever cette victoire à D’Orazio. C’est la direction syndicale qui s’est occupé de cette tâche. Elle l’a écarté des négociations finales et a signé un accord avec le nouveau patron qui exclut la délégation de Clabecq et tous les militants syndicaux de l’embauche. Quand l’usine a redémarré avec 800 travailleurs au début ’98, aucun syndicaliste n’a été repris et ceci avec approbation et collaboration de la direction syndicale. Un geste qui rend les contradictions entre les délégués et leur sommet syndical insurmontables.

Dès la grande Marche des 70.000, le parti avait bien jugé le caractère exceptionnel de cet événement et de cette lutte. A la veille de la Marche, nous avions convenu avec D'Orazio et la délégation de promettre une suite, destinée à soulever un courant de renouveau dans le syndicat. Ce courant a pris forme dès la fin de la lutte par la fondation d'un Mouvement pour le Renouveau Syndical, un mouvement qui s'oppose au syndicalisme de concertation et de collaboration. Le MRS a immédiatement organisé une manifestation de 5.000 personnes. Il existe toujours, mais est excommunié par la direction syndicale. Quelques mois après, six délégués parmi lesquels D’Orazio et Marra ont été exclus du syndicat. Les directions syndicales leur en veut d’avoir suivi une autre stratégie syndicale et d'avoir fondé le MRS. On peut dire aujourd'hui qu'en excluant les dirigeants de Clabecq, les directions syndicales ont ouvert la porte aux poursuites par la justice.

Le parti a tout fait et fait tout pour apporter un soutien politique à ceux de Clabecq en éditant un livre, en contribuant à la diffusion et l'organisation du MRS et en menant une campagne de soutien par la vente de 10.000 mini-bulldozers. Pas seulement comme soutien financier, mais également comme symbole de l’esprit de résistance. Nous avons contribué activement pour présenter une liste électorale de D'Orazio aux élections européennes de 1999, qui s'est présenté sous le nom "Debout". Elle a obtenu 2% des voix dans toute la partie francophone du pays, avec des scores de 4 à 5% dans certaines villes ouvrières. Roberto D'Orazio a obtenu un score personnel de 30.000 voix de préférences, ce qui était le 10ème meilleur chiffre de toute cette élection.

La lutte continue toujours aujourd'hui, mais devant les tribunaux. Les poursuites contre 13 sidérurgistes de Clabecq, parmi lesquels les deux principaux dirigeants, ont commencé le 26 novembre 1998 et traînent depuis deux ans.

Notre parti a fait tout également pour entretenir une mobilisation constante depuis deux ans. A chaque séance il y a des dizaines, voire des centaines de travailleurs et syndicalistes qui manifestent dans et devant le tribunal. Nous avons contribué, avec les accusés, avec leurs avocats, avec le MRS et le large mouvement de solidarité dans les syndicats, à transformer ce procès en une vaste contre-offensive. Un élément-clé dans cette contre-offensive, c'est de ne pas revendiquer l'acquittement, mais l'arrêt du procès. Au début, cette revendication semblait utopique, quand on sait qu'il y a 43 chefs d'inculpation allant de vol à main armée jusqu'à rébellion en groupe avec préméditation et tentative de mise à feu d'un commissariat. Face à cela, les arguments se sont accumulés au cours de la mobilisation.

A la base, il y a un argument de principe: les tribunaux n'ont pas à s'immiscer dans les conflits sociaux. S'ils le font dans cette affaire, c'est parce qu'on se trouve devant une attaque politique. Les partis au pouvoir et le parquet  veulent criminaliser ceux qui ont réussi à imposer un autre syndicalisme, partant d'une opposition au système en place. Pourquoi s'acharne-t-on contre des travailleurs qui n'ont rien fait d'autre que sauver leur usine du démantèlement, pendant que ceux qui ont mené l'entreprise à la faillite et ceux qui se sont enfui avec leur fortune, Il y a tant de crimes, de détournements de fonds, de réseaux de pédophilie, d'affaire de fraude et de grand banditisme qui sont objet de scandales en Belgique, qui restent sans poursuites, pendant que des chômeurs qui se sont battus pour leur emploi risquent cinq à dix ans de prison ? Il faut savoir que le procureur qui dirige les persécutions est le même qui a saboté l'enquête sur les tueurs du Brabant wallon. Ces tueurs qui avaient des liens avec la gendarmerie et l'extrême-droite ont sauvagement abattu 23 hommes et femmes dans une série de hold-ups dans des grands magasins au cours des années 80. Il n'y a jamais eu de persécution.

Ensuite, le déroulement du procès a nourri la thèse d'une poursuite partisane, partiale et inéquitable. Les gendarmes sont à la fois partie civile, enquêteurs, témoins et service d'ordre au procès. Après trois séances fut instauré le huis clos. D'Orazio et Marra sont inculpés non pour avoir exécuté certains délits, mais comme chefs de bande et instigateurs. Pour réaliser cela, le parquet a sorti une loi de 1887, spécialement conçu pour persécuter les dirigeants des premières émeutes contre le capitalisme.

Nous en étions à la 23ème séance quand les accusés et leurs avocats ont réussi à faire récuser les juges, quand la défense fit valoir qu'un des juges avait des liens familiaux avec le procureur. Nous en étions à la 27ème séance quand la 2ème Cour dut reconnaître que les droits de la défense furent bafoués dès l'instruction sur l'affaire et se déclara incompétent. Le 22 novembre prochain, la 3ème Cour décidera si le procès continue ou s'il s'arrête définitivement.

Pendant ces deux ans, les deux principaux dirigeants ont témoigné d'une attitude digne et audacieuse devant les juges qui fait penser au procès de Dimitrov. Comme lors du conflit, ils ont imposé leurs règles à ceux du système, représenté cette fois-ci par son appareil judiciaire. Pendant des heures déjà, ils ont tracé le contexte de la lutte en tournant l'accusation contre ceux qui ont abandonné l'usine et plongé 2000 familles dans l'angoisse. A la dernière séance D'Orazio s'en est pris au représentant du pouvoir qui continue les poursuites. "Vous nous avez déjà condamné. Vous avez répandu dans les médias l'image que nous sommes des voleurs, des criminels, des maffieux. Vous nous avez enlevé notre gagne-pain, car aucun patron ne voudra engager un voleur ou un criminel. Si vous voulez faire justice, arrêtez vos fantasmes et occupez vous des vrais bandits: ceux qui ont détourné les fonds de l'usine et qui sont en train de faire des plongées à la Côte d'Azur…".

J'en viens à quelques conclusions plus générales en partant d'une lutte exemplaire mais tout de même locale.

Pourquoi ce petit îlot a tellement secoué l'establishment en Belgique ? Pourquoi une telle obstination pour briser les reins des dirigeants de la lutte, politiquement, moralement, financièrement ? Parce les délégués des Forges de Clabecq ont bravé toute l'harmonie de classe et ont cassé l'attitude de soumission non seulement aux dirigeants bourgeois mais aussi aux lois économiques. Leur devise était "Debout"! Ils sont allés au bout de leurs possibilités et ont affronté successivement toutes les forces bourgeoises: patrons, Etat, partis politiques, dirigeants syndicaux de droite, gendarmerie, justice. Ils ont fait  le maximum dans le cadre du rapport de force existant. Le danger qu'une lutte d'avant-garde pareille s'isole de la majorité des forces syndicales, est réel. L'exclusion du syndicat a renforcé de danger. C'est un problème que nous confrontons actuellement et que nous voulons résoudre par une campagne active pour la réintégration syndicale, qui permet de mobiliser toutes les forces de gauches dans le syndicat.

Cette lutte restera un modèle parce qu'elle montre le potentiel anticapitaliste énorme qui est présent dans les masses à condition qu'elles soient dirigées par une ligne révolutionnaire, ce qui suppose la présence de dirigeants communistes. La classe ouvrière est toujours bien présente et est la seule force qui peut changer le cours de l'histoire dans le sens d’un système économique et politique humain et juste. C'est important de l'affirmer hautement et fortement et ceci au niveau international. A l'heure où tout le monde parle des conséquences néfastes de la mondialisation il est important que la classe ouvrière imprègne de sa vision du monde un mouvement qui reste généralement à la surface des phénomènes et qui est dirigé par des forces réformistes ou anarchistes. Il y a là une grande tâche qui n'est pas prise en main aujourd'hui par le mouvement communiste international. Pour nous, la globalisation impérialiste est la mise ensemble des forces réactionnaires de l'histoire, celle qui veulent renforcer l'oppression des peuples et travailleurs du monde par une poignée de monopoles. Nous sommes en retrait d'un mouvement qui contient tous les germes d'une critique radicale du système impérialiste et capitaliste en place, mais qui véhicule aussi toutes les idées anticommunistes imprégnées par la bourgeoisie. La plus forte globalisation s'est exprimée dans les campagnes haineuses et mensongères qui ont provoqué la chute des pays socialistes de l'Est.

Pour notre parti, cette expérience nous incite à prêter beaucoup plus d'attention encore à la formation de dirigeants de masse, qui sont capables de devenir porte-parole connus de la classe ouvrière. Le parti a appris beaucoup des dirigeants de Clabecq. Si nous menons aujourd'hui une rectification interne pour changer le profil et le style du parti, c'est aussi grâce à eux. Les critiques que nous avancions sur un certain anarcho-syndicalisme nous a trop longtemps empêché d'apprendre de leur façon de parler aux masses et de les amener pas à pas vers des positions révolutionnaires.

Au niveau international, le mouvement marxiste-léniniste a besoin de propager ses propres exemples de luttes ouvrières, de résistances et révolutions des peuples contre la politique globalisée de l'impérialisme et des multinationales qui gèrent le monde à leur guise. Nous avons besoin de lutte phares qui montrent la voie à suivre et qui sont sous-tendu par une idéologie révolutionnaire, ce qui n'est pas le cas pour les José Bové ou autres figures emblématiques du mouvement actuel. La lutte de D'Orazio en est certainement un, comme celle d’Arthur Scargill au Royaume-Uni. Tout comme celles du Congo de Kabila ou du Cuba de Castro en sont. Ou les luttes révolutionnaires aux Philippines et en Colombie. Tout comme celles des Palestiniens et des Irakiens. Tout comme celle de Mumia Abu Jamal aux Etats-Unis. Ce sont ceux là qui sont à la pointe du combat contre la politique globalisée du capitalisme et impérialisme. Nous avons besoin de beaucoup plus de collaboration entre marxistes-léninistes au niveau international pour soutenir politiquement et matériellement ces luttes.

Il faut que des conférences comme celle-ci débouchent sur une plus grande participation, concertation et collaboration au sein du mouvement contre la globalisation impérialiste. Il faut opposer une globalisation des forces anti-impérialistes et anticapitalistes du monde. Le mouvement marxiste-léniniste ne peut critiquer en spectateur le mouvement qui s'appelle faussement anti-mondialiste. Nous luttons, comme Lénine, dans la perspective des Etats-Unis socialistes du monde et notre identité est internationaliste. Cette conférence contribue d'une façon importante, pour que le mouvement marxiste-léniniste, sur base des expériences et des acquis au niveau local, se concerte sur une analyse et position commune qui permette de diriger le mouvement contre la globalisation impérialiste ou contre l'impérialisme global. Nos félicitations aux organisateurs.

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