Milosevci Champ du Merle

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Ce que Milosevic a réellement dit ...

On nous dit que Slobodan Milosevic a endoctriné le peuple serbe dans la haine de tout ce qui n'est pas serbe, et particulièrement envers les Albanais du Kosovo. On nous dit que sa campagne raciste a commencé par son discours du 28 juin 1989, prononcé au Champ du Merle, à l'occasion du 600e anniversaire de la célèbre bataille contre l'empire ottoman. On l'accuse d'avoir déclenché la haine, mais aucun des accusateurs de Milosevic ne cite ses paroles. Pourquoi? N'est-il pas important de savoir ce qu'il a dit exactement? Son discours intervient au moment où l'État yougoslave affronte un mouvement séparatiste de Kosovars albanais. Les Serbes, mais aussi les Tziganes, Hongrois, Juifs, Turcs et autres nationalités vivant au Kosovo s'étaient opposés à ce mouvement de sécession. Devant un million de personnes, Milosevic défend clairement l'existence de la Serbie comme nation. Mais il définit cette nation comme une entité multiethnique, il considère la coexistence de nationalités différentes comme un point fort. Les extraits suivants présentent des expressions de nationalisme de la part de Milosevic. Mais aussi des points de vue explicitement en faveur de la multi-ethnicité et de la tolérance. Michel Collon, "Monopoly"

 

Ce que Milosevic a vraiment dit en 1989 28/06/1989

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Ce que Milosevic a vraiment dit en 1989 «Par un concours de circonstances sociales et politiques, cette grande célébration s'inscrit dans une année durant laquelle, après bien des décennies, la Serbie a retrouvé son intégrité politique, nationale et spirituelle.

Si nous avons perdu la bataille, il y a six cents ans, ce n'est pas uniquement dû à la supériorité sociale et à la puissance militaire de l'empire ottoman, mais aussi à la tragique discorde qui régnait à la tête de l'État serbe.

Le fait que les Serbes soient un grand peuple de cette région n'a rien d'un péché ou d'une honte. C'est un avantage dont ils n'ont jamais usé contre leurs voisins.

La Serbie est aujourd'hui unie, à pied d'égalité avec les autres républiques, et prête à tout faire pour améliorer les conditions d'existence matérielle et sociale de ses citoyens. Moyennant de la concorde, de l'esprit de coopération et du sérieux, elle y réussira.

Jamais la Serbie n'a été habitée que de seuls Serbes. Il y vit aujourd'hui, plus qu'auparavant , beaucoup de citoyens d'autres nations, d'autres ethnies. Cela ne représente pas un handicap pour le pays. le suis même sincèrement convaincu que c'est un avantage. C'est dans ce sens-là qu'est en train de se réorganiser la composition nationale de presque tous les États du monde moderne, surtout des plus développés. La cohabitation de citoyens de nationalités, de confessions et de races différentes devient de plus en plus fréquente, de plus en plus réussie.

Le socialisme en tant que forme de société évoluée et équitable, ne devrait surtout pas permettre que des hommes se partagent suivant les nations ou les confessions. Les seules différences que le socialisme puisse et doive reconnaître sont celles qui distinguent les travailleurs des paresseux, les gens honnêtes des gens malhonnêtes. C'est pourquoi tous les gens qui vivent en Serbie de leur travail, honnêtement, en respectant les autres individus et les autres peuples, y vivent dans leur république.

La Yougoslavie est une communauté plurinationale et elle ne peut subsister que moyennant une égalité totale de toutes les nations qui y cohabitent. La crise qui a frappé la Yougoslavie a conduit à des partages nationaux, mais aussi sociaux, culturels et confessionnels. Entre tous ces partages, les nationaux se sont avérés les plus dramatiques. Leur élimination facilitera, l'aplanissement des autres dissensions et atténuera les conséquences de celles-ci.

Depuis qu'il existe des communautés plurinationales, les relations qui s'établissent entre les différentes nations ont toujours été leur point faible. Comme par une épée suspendue au-dessus de leurs têtes, elles sont sans cesse menacées par la question de l'oppression mutuelle des nations, question qui, lorsqu'elle se déclenche, entraîne derrière elle une vague de soupçons, d'accusations et d'intolérance qui ne peut qu'enfler. Et qu'on n'arrête qu'à grand-peine.

Les ennemis de ces communautés, qu'ils soient intérieurs ou extérieurs, le savent bien, et ils axent en général toute leur activité subversive sur l'approfondissement des conflits interethniques.

Des rapports d'égalité et de concorde entre les peuples yougoslaves représentent une condition indispensable pour la survie de la Yougoslavie, pour une issue victorieuse de la crise, et surtout pour la prospérité économique et sociale du pays. »

[Source: Service national d'information technique du Département du Commerce des États-Unis. Version française: Slobodan Milosevic, Les Années décisives, éditions L'Age d'Homme, Lausanne, 1990.1