biographies

Roger Romain Courcelles Belgique Marxisme Léninisme Socialisme Communisme Paix  Internationalisme Anti-racisme Anti-fascisme Unité des Travailleurs : bienvenue !

-Hans RAUSING, Suède, fortune : 7,7 milliards de dollars, emballage.

-Kirsten RAUSING, Suède, fortune : 9 milliards de dollars, emballage.

-Summer M. REDSTONE, fortune : 12,6 milliards de dollars, Viacom.

-Ronald REAGAN, acteur, ultra -réactionnaire et virulemment anti - communiste, devenu finalement Président des U$A... Déjà au temps du McCarthysme, il mouchardait ses collègues d' Hollywood auprès du FBI et de la Commission des Affaires étrangères. Retenons pour le moment que c' est lui qui fit envahir l' île de Grenade. L' île n' était pas un "pays" socialiste, mais avait quand même à sa tête un gouvernement progressiste qui représentait évidemment un immense danger pour les U$A, citadelle du "Monde libre". L' île de Grenade connaît depuis lors la normalisation démocratico - capitaliste. Rêveur, l' odieux personnage a un jour lâché une phrase devenue célèbre devant des micros qu'ils croyaient fermés : "J' ai le plaisir de vous annoncer que je viens de lancer nos missiles contre l' Union soviétique !". Je reviendrai plus en détails sur ce personnage, terroriste d' État ...

-Matthew Bunker RIDGWAY, général U$, s' illustra tristement pendant la guerre de Corée, en menant principalement la guerre bactériologique contre les populations civiles. Il fut d' ailleurs surnommé "le général microbien". Ses actes donnèrent lieu à l' envoi sur place de commissions internationales d' enquête qui attestèrent de l' utilisation d' insectes porteurs de virus de maladies susceptibles de répandre des épidémies parmi la population et le bétail: peste, choléra, typhus, ...

-George ROBERTSON, secrétaire britannique à la défense au moment de la lâche agression américano - otano - occidentale dans les Balkans. Les maîtres de Washington et leurs généraux sont très satisfaits de la sociale - démocratie au point de lui faire la part belle au secrétariat de cette alliance impérialiste et belliciste occidentale qu' est l' OTAN. Paul - Henri Spaak, Willy Claes et Javier Solana furent les autres prédécesseurs "socialistes" à occuper cette fonction de Secrétaire général de l' Otan, avant Robertson. Aujourd'hui, devenu Secrétaire général, Robertson peut poursuivre son but et celui de tous les impérialistes : l' occupation progressive de Balkans par l' Otan et son extension de celle - ci toujours plus à l' Est.

-David ROCKEFELLER, fondateur de la Commission Trilatérale, administrateur des Bilderberg, pdg de la Chase Manhattan Bank.

-Erwin ROMMEL, maréchal du IIIe Reich. Pour assurer ses phases d'expansion, de conquêtes et de pillages, le capitalisme qu' il soit "démocratique" ou fasciste, a toujours besoin de "grands" et brillants généraux serviles : Schwarzkopf pendant la Guerre du Golfe, Clark pendant la Guerre des Balkans, McArthur pendant la guerre de Corée, Erwin Rommel sous l' hitlérisme, l' idole du IIIe Reich. Pour conquérir et incendier toute l' Afrique du Nord pour le pétrole et la Grande Allemagne, celui - ci ne se posait guère de question : "Hitler me fait confiance, ça me suffit !" disait - il. Général de l' Afrikakorps, "Renard du Désert", les écrits et les films militaristes les plus élogieux de la Kulture capitaliste à la gloire de ce grand homme ne manquent pas. À la veille de l' attentat manqué contre Hitler, Rommel nourrissait cependant l' espoir de conclure une paix séparée avec les alliés... occidentaux. On devine la situation et contre qui en pareil cas... Il est resté longtemps convaincu que les objectifs de Hitler, à qui il obéissait aveuglément, servaient la Grande Allemagne jusqu' au moment où celui - ci lui a offert le suicide ou des mesures de rétorsion contre les membres de sa famille, à la suite de l' attentat du 20 juillet 1944. Il a choisi de s' empoisonner. Le maréchal Von Paulus aussi fut de ceux - là avant de devoir capituler à ... Stalingrad (pardon : Volgograd !), la première grande raclée militaire de l' Allemagne fasciste et capitaliste. 

-Donald RUMSFELD, U$A, de la Guerre Froide au terrorisme. Figure emblématique de l' industrie pharmaceutique et du lobby militaro - industriel, Donald H. Rumsfeld fut secrétaire à la Défense du président Gerald Ford (1975-77) et à nouveau aujourd' hui du président George W. Bush (depuis 2001). Il préconise un changement complet des missions des forces armées états - uniennes, qu' il entend transformer en police globale, et un recours aux armes les plus sophistiquées pour accroître la puissance de feu du Pentagone. Il est aujourd'hui en butte à l' hostilité de l' establishment militaire de son pays qui s' interroge sur son rôle exact le 11 septembre 2001. Un mois après les attentats du 11 septembre 2001, le secrétaire à la "Défense" des États - Unis, Donald H. Rumsfeld, s' est laissé allé à des confidences lors d' un entretien réalisé au Pentagone par Lyric Wallwork Winik pour Parade Magazine. Évoquant l' impossibilité des services de renseignement de déjouer tous les types d' attaques terroristes envisageables, il avait précisé qu' il avait été fait usage d'un « missile pour endommager ce bâtiment ». "Un Pearl Harbor stapial" :  « Une divine surprise » pour Donald Rumsfeld ! Alors qu' il était administrateur de la Rand Corporation et juste avant qu' il ne devienne secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld a théorisé l' Arme spatiale. Son ambition est de créer un nouveau type d' armée dont le coûteux bouclier anti - missiles n' est qu' un élément parmi d' autres. Pour réaliser ce rêve qui consacrera "la puissance militaire illimitée des États - Unis", M. Rumsfeld s' est demandé "si, comme cela a déjà été le cas par le passé, le seul événement capable de galvaniser les énergies de la Nation et de forcer le gouvernement des États -  Unis à agir doive être une attaque destructrice contre le pays et sa population, un Pearl Harbor spatial". En chef de guerre, Donald Rumsfeld développe ses forces spéciales et les transforme en une armée parallèle pour vaincre les résistances de l' establishment militaire. Mais en les affranchissant aussi bien du droit international que de la chaîne de commandement traditionnelle, il en fait des milices incontrôlables et s'expose à devoir assumer leurs pires exactions. En guise de propande, Rumsfeld cible la France et l' Allemagne : pour balayer les objections de leurs alliés, les États - Unis ont décidé d' entreprendre de vastes campagnes de propagande en Europe en corrompant journalistes et écrivains. Ces opérations ne visent pas seulement à conquérir le consentement des opinions publiques à la politique impériale de Washington, elles ont aussi pour but d' éliminer les dirigeants politiques, les entreprises et les intellectuels qui s' opposent à elle. À la mi - décembre, Donald Rumsfeld a désigné la France et l' Allemagne comme cibles prioritaire. (tirés du Réseau Voltaire, janvier 2003).

Donald Rumsfeld  Donald H. Rumsfeld, Ministre de la défense, U$A

  • Directeur de Gilead Sciences (biotech). Rémunérations: jusqu'à 30 millions $ de stock option.
  • Directeur de, Asea Brown Boveri LTD (nucléaire). Rémunérations: $148,020
  • Associé commanditaire de SCF-III LP (énergie). Rémunérations: $17,000
  • Directeur de Gulfstream Aerospace (filiale de General Dynamics, armement). Rémunérations: 5.000$ .

 

  • Sent: Saturday, May 29, 2004 5:46 AM

     
    Derrière le politique, le businessman
     La face cachée de Donald Rumsfeld

     
     http://www.nouvelobs.com/articles/p2064/a242058.html
     
     On connaît le secrétaire à la Défense, celui qui aujourd'hui doit rendre des comptes pour les tortures en Irak. Mais pour
     comprendre le personnage - et les dérives actuelles du Pentagone -, il faut se plonger dans les archives de la Bourse
     américaine. C'est là qu'on découvre une étonnante carrière d'homme d'affaires faite de liaisons dangereuses entre public
     et privé
     
     Pour une fois, Donald Rumsfeld s'est départi de son fin sourire. Auditionné le 7 mai par le Sénat américain, le secrétaire à
     la Défense de l'administration Bush a dû reconnaître sa "responsabilité" dans les humiliations et les tortures infligées aux
     détenus irakiens à la prison d'Abou Ghraib. Mais le premier des faucons qui règnent au Pentagone n'a pas démissionné.
     N'hésitant pas à se défausser sur son état-major, l'inflexible "Rummie" s'est drapé dans ses convictions. Rien d'étonnant à
     cela, car ce diplômé de Princeton qui roule sa bosse à Washington depuis quarante ans est l'un des piliers du camp
     ultraconservateur. Il en incarne jusqu'à la caricature la doctrine: moralisme belliqueux en politique et ultralibéralisme en
     économie. Avec ses dérives: à commencer par la confusion entre la gestion des affaires de l'Etat et le business privé.
     
     Depuis ses débuts dans le sillage du président Nixon, à la fin des années 1960, Rumsfeld mène une double carrière:
     l'homme politique cache un homme d'affaires. C'est le secret de "Don". Celui que les médias américains, occupés à
     encenser le chef de guerre qui prit le manche après les attentats du 11 septembre, n'évoquent qu'à demi-mot. Un étrange
     tabou. Car l'épluchage de la déclaration de patrimoine déposée par le secrétaire à la Défense lors de sa prise de
     fonctions en 2000 (un pavé de 50 pages!) permet de constater que ce multimillionnaire est bel et bien le chef de file d'un
     réseau qui navigue depuis quarante ans entre les conseils d'administration de la corporate America et les officines
     gouvernementales. Les archives de la SEC (le gendarme de la Bourse américaine) et l'étude des documents déclassifiés
     de l'administration démontrent également que Rumsfeld et les siens sont passés experts dans le maniement des revolving
     doors, ces "portes tournantes" qui permettent d'effectuer de fructueux allers-retours entre privé et public.
     
     En obtenant des modifications des lois ou en influant sur les décisions de l'administration au nom des méthodes et des
     comportements propres au business, Rumsfeld et les républicains d'extrême droite ne font souvent que satisfaire leur
     appétit financier. Depuis le nettoyage des treillis jusqu'à la formation des policiers irakiens, depuis l'alimentation des GI
     jusqu'à la collecte de renseignements, rares sont les fonctions militaires, à l'exception de la guerre proprement dite, qui
     n'ont pas été déléguées à des sous-traitants privés. Et rares aussi ces sous-traitants qui ne comptent pas dans leur conseil
     d'administration quelques éminentes figures ultraconservatrices. Dernier exemple en date : selon l'enquête interne conduite
     par l'armée américaine, le Pentagone a été jusqu'à sous-traiter à une société privée - Caci International - les
     interrogatoires des détenus d'Abou Ghraib. Parmi les administrateurs de Caci on trouve le général Larry Welch, ancien
     chef de l'US Air Force et vieille connaissance de Donald Rumsfeld. En mars 2003, il l'avait désigné pour conduire
     l'évaluation d'un plan d'armement futuriste, doté d'un budget de 15 milliards de dollars et dont Caci International est
     aujourd'hui l'un des principaux bénéficiaires. Le fait que le général Welch, auditeur "indépendant" d'un programme
     gouvernemental, soit aussi l'administrateur d'une compagnie profitant de ce programme n'a semble-t-il pas choqué M.
     Rumsfeld. Ce que l'on sait moins, c'est que ces liaisons dangereuses ont ponctué toute sa carrière.
     
     1962-1977: les débuts d'un "Nixon boy"
     
     Donald Rumsfeld, dit "Rummie", né à Chicago en 1932 et diplômé de la prestigieuse université de Princeton, débute en
     1960 comme consultant pour la banque d'investissement AG Becker. Doué et ambitieux, il se lance dans la politique en
     1962 en se présentant aux élections législatives dans le 13e district de l'Illinois, une banlieue aisée de Chicago. Son
     équipe de campagne est une sorte de Who's Who de l'économie locale. On y trouve notamment Edgar Jannotta, associé
     au sein de la banque d'affaires William Blair, qui accompagnera "Rummie" dans tous ses raids entrepreneuriaux; Dan
     Searle, héritier de la firme pharmaceutique Searle; ou encore Jeb Stuart Magruder, un ancien vendeur de pâte à papier,
     qui sera plus tard l'un des communicants de Richard Nixon et l'un des principaux inculpés dans l'affaire du Watergate.
     Donald Rumsfeld remporte les élections, devient député à l'âge de 29 ans et poursuit son ascension politique. Richard
     Nixon, issu comme lui de la moyenne bourgeoisie des affaires, le nomme en 1969 à la tête de l'OEO (Office of
     Economic Opportunity), une agence de lutte contre la pauvreté, léguée par le précédent gouvernement démocrate. Son
     rôle y aurait été, si l'on en croit le témoignage d'un ancien dirigeant de l'OEO, d'épurer l'agence fédérale (fermée par
     Nixon en 1973) de ses "gauchistes" ou perçus comme tels. Quoi qu'il en soit, il se constitue à ce moment-là l'armature
     d'un réseau qu'il ne cessera par la suite d'étendre.
     
     Les deux adjoints de Rumsfeld à l'OEO ont pour nom Dick Cheney, l'actuel vice-président des Etats-Unis, et Frank
     Carlucci, aujourd'hui patron du groupe financier Carlyle, l'un des principaux bénéficiaires de l'augmentation actuelle des
     crédits militaires. En 1970, Donald Rumsfeld quitte l'agence anti-pauvreté pour devenir conseiller spécial du président
     Nixon puis, après le Watergate, secrétaire à la Défense dans le gouvernement de Gerald Ford. La victoire de Jimmy
     Carter à l'élection présidentielle de 1976 le renvoie à la vie des affaires.
     
     1977-1985: une fortune dans le faux sucre
     
     En juin 1977, les parrains de sa première campagne électorale, Dan Searle et Edgar Jannotta, offrent à Donald Rumsfeld
     la présidence du groupe Searle. Le fabricant pharmaceutique se trouve à cette époque en fâcheuse posture. Depuis dix
     ans, la Food and Drug Administration (FDA), qui réglemente le marché des aliments et des médicaments, refuse
     l'agrément d'une molécule, l'aspartame, que Searle espère vendre comme un susbstitut au sucre. La FDA demande
     même l'ouverture d'une procédure pénale après avoir découvert de nombreuses erreurs dans les tests de toxicité
     présentés par Searle.
     
     Mais l'arrivée de Rummie coïncide avec une série d'événements heureux pour la compagnie. D'abord, Samuel Skinner, le
     procureur chargé de diligenter l'enquête pénale, démissionne de ses fonctions et rejoint en juillet 1977 le cabinet
     d'avocats de Searle. L'enquête est abandonnée. Puis, en 1981, Ronald Reagan, tout juste élu président des Etats-Unis,
     nomme à la tête de la FDA un quasi-inconnu, Arthur Hull Hayes, ancien chercheur pour le Pentagone. Donald Rumsfeld
     s'est toujours défendu d'avoir interféré dans cette nomination. Un élément rapporté par l'agence United Press
     International pourrait amener à penser le contraire. Selon une commerciale de Searle, Donald Rumsfeld aurait déclaré à
     sa force de vente en janvier 1981 qu'il ferait jouer ses relations et veillerait à ce que l'aspartame soit approuvé avant la fin
     de l'année...

     Qu'il ait été ou non formulé, le vœu est en tout cas exaucé. En juillet 1981, Arthur Hull Hayes autorise la mise sur le
     marché de l'aspartame, passant outre à l'avis du comité scientifique mandaté par la FDA: celui-ci avait jugé que le produit
     ne devrait pas être commercialisé, en raison des cas de tumeur cérébrale apparus chez les rats, au cours des tests menés
     par Searle. Qu'à cela ne tienne, en juillet 1983, Arthur Hull Hayes étend l'autorisation aux boissons et sodas... puis
     démissionne et se fait embaucher par le cabinet de relations publiques de Searle!
     
     Les ventes d'aspartame, vanté pour ses vertus anticaloriques, s'envolent. En 1985, Monsanto rachète Searle pour 2,7
     milliards de dollars. Le rôle d'intermédiaire est joué par la banque d'affaires William Blair, que dirige désormais Edgar
     Jannotta. Donald Rumsfeld, de son côté, empoche une plus-value d'environ 5 millions de dollars et rejoint William Blair à
     un poste de conseiller.
     
     En vingt ans, la FDA a enregistré plusieurs milliers de plaintes attribuant à l'aspartame des maux variés (migraines, trous
     de mémoire, troubles de la vision...). Et en Californie trois procès viennent d'être engagés par des associations de
     consommateurs contre plusieurs géants agroalimentaires. De son côté, la communauté scientifique est divisée, un camp
     plaidant pour l'innocuité et un autre le rangeant dans la catégorie des neurotoxiques.
     
     L'avenir dira si les soupçons à l'encontre de l'aspartame étaient fondés. Cela en tout cas n'a pas empêché ses promoteurs
     initiaux de continuer à développer leurs affaires: Samuel Skinner, le procureur fédéral qui avait opportunément rejoint le
     cabinet d'avocats de Searle, est devenu le directeur de cabinet de George Bush senior. Et aujourd'hui il est, entre autres,
     administrateur d'Express Scripts, une société de conseil pharmaceutique qui vient d'obtenir du gouvernement Bush
     (junior) l'accès à un lucratif marché de courtage en médicaments. Arthur Hull Hayes, lui, est entré dans le top 100 des
     millionnaires de la biotechnologie. Il est administrateur de plusieurs sociétés pharmaceutiques qui toutes se signalent par
     une politique agressive de privatisationdu patrimoine humain : Myriad Genetics a fait scandale en déposant des brevets
     sur deux gènes humains et Napro Biotherapeutics (où siège aussi Richard Perle, un proche conseiller de Donald
     Rumsfeld) a obtenu de la FDA le droit de vendre une molécule élaborée par des labos publics.
     1983: voyageur de commerce à Bagdad
     
     Tandis qu'il est encore PDG de Searle, Donald Rumsfeld effectue une "mission" diplomatique pour le compte de George
     Shultz, secrétaire d'Etat dans le gouvernement de Ronald Reagan. En décembre 1983, il est l'envoyé spécial des
     Etats-Unis à Bagdad, où il rencontre Saddam Hussein. Interrogé par CNN en septembre 2002 sur la raison de cette
     visite, Rumsfeld a répondu qu'il s'agissait, entre autres, de le mettre en garde contre l'utilisation d'armes chimiques dans la
     guerre contre l'Iran. Pourtant le compte rendu officiel de sa rencontre avec le dictateur ne fait aucune mention d'une telle
     mise en garde. Il y est plutôt question d'un projet de pipeline dont Donald Rumsfeld se fait l'avocat auprès du dictateur.
     Ce pipeline est à l'époque un projet de la compagnie Bechtel, le géant américain des travaux publics, dont George Shultz,
     le secrétaire d'Etat auquel Rumsfeld doit son voyage à Bagdad, était le PDG jusqu'à son entrée dans l'administration
     Reagan. Il en redeviendra d'ailleurs, en 1989, l'un des principaux dirigeants. De là à penser que Donald Rumsfeld ait
     représenté les intérêts de Bechtel auprès de Saddam Hussein, il n'y a qu'un pas. En tout cas, à l'époque il ne voyait pas
     un terroriste dans ce client en uniforme. Sa complicité avec George Shultz, après s'être consolidée dans diverses affaires
     commerciales, dure toujours. Après être devenu secrétaire à la Défense, en 2001, Donald Rumsfeld l'a fait entrer au sein
     du comité de conseil du Pentagone (Defense Policy Board), bien que les règles excluent la participation de personnes
     présentant un possible conflit d'intérêts. Or, à 84 ans, George Shultz est toujours administrateur de Bechtel, l'un des
     principaux bénéficiaires des aides à la reconstruction irakienne. Sans passer par la procédure habituelle de mise en
     concurrence, cette entreprise a obtenu pour 1,8 milliard de dollars de contrats, soit l'équivalent de 15% de son chiffre
     d'affaires en 2002.
     
     1990-1993: les dollars de l'Ère digitale
     
     En janvier 1989, George Bush père entre à la Maison-Blanche. Mais il se garde bien de faire appel à Rumsfeld, qui s'est
     toujours positionné comme son rival. Qu'importe... Donald va continuer sa vie de businessman. En octobre 1990, il
     devient PDG de General Instrument, un fabricant de câbles de télécommunication. Cette nomination, il la doit à
     Theodore J. Forstmann, un financier new-yorkais, fidèle sponsor des campagnes électorales de la famille Bush, qui vient
     de racheter l'entreprise. General Instrument (GI) traverse alors une passe difficile. L'entreprise a lourdement investi dans
     les technologies de télévision digitale. Or la FCC (Federal Communication Commission), l'autorité américaine de
     régulation des télécoms n'a retenu, dans un concours visant à définir le standard de la télévision du futur, que des
     candidats ayant développé le format analogique. Autant dire que GI risque de se retrouver exclu du marché au profit de
     ses concurrents - notamment les groupes japonais. Que vient faire dans cette galère un Donald Rumsfeld dépourvu de
     toute expérience dans la high-tech? La suite de l'histoire éclaire son rôle.
     
     Un mois après l'arrivée de "Don" à la tête de GI, les trois compagnies américaines en compétition devant la FCC se
     convertissent subitement à la technologie digitale; ce qui permet à GI, par le biais d'une alliance avec l'un des candidats,
     de se remettre dans le jeu. Puis le comité de sélection de la FCC, au sein duquel est nommé Donald Rumsfeld - en dépit
     d'un évident conflit d'intérêts -, élimine le consortium japonais, au motif que l'analogique est moins performant que le
     digital. Ce même comité recommandera ensuite aux candidats restants de former une "grande alliance" en vue de
     développer un standard digital commun. General Instrument se retrouve alors en position de force. En 1993, Ted
     Forstmann introduit la firme en Bourse, encaissant cinq fois sa mise de départ, et Donald Rumsfeld se retire avec une
     plus-value estimée à 7 millions de dollars. En mars 2000, dans une interview, un ancien haut dirigeant de GI, Frank
     Drendel, apporte une lumière crue sur ces agissements: "General Instrument était le seul à proposer du digital, mais nous
     avions avec nous Don Rumsfeld, qui avait ses entrées à Washington, dans l'administration."
     
     Dix ans plus tard, ce standard est un fiasco. Le magazine "Business Week" l'a même qualifié de "plus grosse erreur de la
     politique de communication du xxe siècle". Une erreur que Donald Rumsfeld attribue, lui, à la FCC... En juin 2001, au
     cours d'une conférence de presse où il s'épanchait sur sa carrière d'entrepreneur, il expliquait: "J'étais chez General
     Instrument quand la firme a développé la première télévision digitale haute définition. La FCC est arrivée, s'est emparée
     de l'affaire et l'a bloquée." Il s'agit ici d'un travestissement tout à fait caractéristique du discours ultraconservateur: ce qui
     est - selon toute vraisemblance - un détournement d'une procédure à des fins privées devient une tyrannie bureaucratique
     étouffant la liberté d'entreprendre. Pour l'anecdote, signalons que le comité de la FCC auquel GI doit son salut était
     présidé à l'époque par Richard E. Wiley, un avocat d'affaires élevé en politique, comme Rumsfeld, par Richard Nixon et
     qui se retrouve aujourd'hui à la tête d'un des principaux cabinets d'avocats spécialisés entre autres dans le conseil aux
     entreprises qui répondent aux appels d'offres du Pentagone. Une véritable manne, avec la politique d'achat et de
     sous-traitance menée par Donald Rumsfeld.


     1993-1999: à bord de Gulfstream
     
     En mars 1990, Ted Forstmann avait acheté une autre entreprise en difficulté, Gulfstream, un fabricant de jets d'affaires. Il
     fait bientôt monter à bord de Gulfstream quelques proéminentes figures du Parti républicain: George Shultz en 1991,
     Donald Rumsfeld en 1993, Colin Powell en 1996 (adversaire politique des ultraconservateurs, celui-ci n'hésite pas à
     l'occasion à se joindre à leurs safaris financiers), et enfin, en 1997, Henry Kissinger, pilier des gouvernements Nixon et
     Ford, entrent au conseil d'administration. Pour leur participation à quelques réunions par an, ils reçoivent plusieurs milliers
     d'actions. Et en juin 1999, lorsque Ted Forstmann revend Gulfstream à General Dynamics, le fabricant d'armes, ils
     encaissent une plus-value d'environ 3 millions de dollars chacun. L'avocat d'affaires en charge des intérêts de General
     Dynamics au moment de la transaction, William J. Haynes, est aujourd'hui un collaborateur de Donald Rumsfeld. Et pas
     des moindres: en tant que chef du département juridique du Pentagone, c'est lui qui a organisé le vide législatif, propice à
     tous les dérapages, dans lequel sont placées les prisons militaires de Guantanamo (Cuba), de Bagram (Afghanistan) ou
     d'Abou Ghraib (Irak). Face à une commission du Sénat, William J. Haynes, en décembre 2001, reconnaissait son
     inexpérience en matière de droit pénal. Mais en octobre 2002, devant une congrégation de magistrats ultradroitiers, il
     assumait, au nom de son chef, la création de ces zones franches carcérales: "Mon patron, Donald Rumsfeld, a une
     perspective semblable et une semblable détermination à ne pas laisser les dogmes d'aujourd'hui se mettre en travers
     d'importants objectifs de sécurité nationale." Ici encore, il s'agit d'un travestissement typique des discours
     ultraconservateurs: la Constitution américaine, la convention de Genève deviennent des dogmes, des fétichismes
     bureaucratiques, entraves mesquines à l'action de l'homme responsable et réellement libre.
     
     1988-2001: les retombées de la lutte antiterroriste
     
     En janvier 1997, Donald Rumsfeld devient PDG de Gilead, une société créée dix ans plus tôt dans la perspective de
     produire des médicaments contre les maladies infectieuses. Le nom de Gilead n'est paut-être pas innocent. Dans un livre
     à succès publié en 1985, les Etats-Unis se voyaient affublés du nom de Gilead, après qu'une dictature militaire, portée
     par une population prête à échanger ses droits contre sa sécurité, y eut pris le pouvoir. Mais revenons à l'entreprise.
     Rumsfeld la connaît bien. Depuis juillet 1988, il siège à son conseil d'administration où figurent plusieurs de ses habituels
     associés (George Shultz y est entré en 1996). A cette époque, Gilead essaie de trouver des débouchés pour le cidofovir,
     une molécule antivirale, dont les premiers tests n'ont guère été encourageants: des cancers et de graves lésions rénales
     sont apparus sur des rats après l'ingestion de quelques doses. Certes, en juin 1996, la FDA a tout de même donné son
     agrément pour le cidofovir. Mais elle a limité son autorisation à un type bien précis d'infection rétinienne et elle l'a assortie
     d'un avertissement sur la toxicité du produit. Pas de quoi soutenir un cours de Bourse. D'autant plus qu'en août 1998 la
     firme a dû se fendre d'une lettre aux médecins américains leur expliquant qu'au vu des nombreux cas d'insuffisance rénale,
     dont certains mortels, survenus chez les patients traités au cidofovir il était recommandé d'appliquer strictement la
     posologie.
     
     La bonne nouvelle viendra d'un chercheur du Pentagone, John Huggins, issu du même établissement qu'Arthur Hull
     Hayes (l'homme qui a légalisé l'aspartame).Il déclare que le cidofovir est très efficace contre le virus de la variole. Dès
     lors le Pentagone intègre la molécule de Gilead dans ses recherches sur le bioterrorisme. En mars 2002, alors que
     Donald Rums-feld est devenu secrétaire à la Défense, John Huggins et Karl Hostetler, un universitaire, annoncent qu'ils
     ont mis au point une nouvelle version du cidofovir, plus pratique, qui pourrait être administrée à la population en cas
     d'attaque terroriste au virus de la variole. Karl Hostetler est par ailleurs PDG d'une entreprise pharmaceutique, que
     Gilead rachète en décembre 2002 pour 460 millions de dollars. Le voilà riche. Et voilà aussi assuré l'avenir commercial
     du cidofovir, puisqu'il est désormais inclus dans le plan Bioshield Project, doté de 6 milliard de dollars, lancé par Bush en
     février 2003 et destiné à développer médicaments et vaccins contre d'éventuelles attaques biochimiques.

     Cependant un membre de l'équipe Bush, Donald Henderson, ancien directeur de l'Organisation mondiale de la Santé
     (responsable, dans les années 1970, du programme de vaccination contre la variole), avait posé en mars 2002, dans la
     revue scientifique "Nature", une intéressante question: pourquoi cet acharnement à développer le cidofovir, alors qu'il est
     notoirement toxique et qu'on dispose par ailleurs d'une méthode éprouvée, la vaccination? Le docteur Henderson
     quittera brusquement ses fonctions, deux mois après la publication de ses iconoclastes interrogations.
     Donald Rumsfeld est alors le tout-puissant secrétaire à la Défense. Dans son bureau du Pentagone se prépare
     l'argumentaire sur les prétendues armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein qui débouchera sur la
     guerre en Irak. Rumsfeld tient déjà son slogan. Ce sera "shock and awe". Vingt ans plus tôt, c'était "sweet and low" pour
     lancer l'aspartame. Du faux sucre qui donne mal à la tête, un pipeline pour dictateur, une télé qui ne marche pas, un
     antivariolique qui détruit les reins... Et maintenant une guerre en Irak... C'est l'histoire de toute une carrière qui sous
     couvert d'idéologie est marquée par l'affairisme.
     
     Christophe Grauwin
     

                      Cette page a été mise à jour le 29/05/04.

 

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