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-Joachim BALAGUER, a dominé la vie politique de son pays, la République dominicaine, durant plus de 50 ans. Il était l' homme lige du sanguinaire dictateur Trujillo*, qui le nomma Président en 1960. Trujillo est assassiné en 1961. À sa sanguinaire dictature, succède un Président réformiste, Juan Bosch (décédé le 1er novembre 2001 à 92 ans), élu triomphalement en décembre 1962, lors des premières élections libres en République dominicaine. Les réformes sociales engagées, bien que les caisses soient vides, effraient l' oligarchie, dont Balaguer est le représentant, l' Église catholique, les chefs militaires et les États - Unis, qui voient en Bosh un émule de Fidel Castro. Un coup d' État militaire renverse Juan Bosch le 25 septembre 1963. Mais ce dernier se soulève contre les putschistes et est sur le point de l' emporter lorsque le Président des États - Unis Lyndon Johnson ordonne le débarquement, en avril 1965, de 42.000 marines "pour empêcher un deuxième Cuba en Amérique latine". Le dictateur Balaguer est mis en place. Il va régner douze années de suite, au cours desquelles il fera exécuter des milliers d' opposants par ce qu' il appelle des "bandes incontrôlables", version Balaguer des escadrons de la mort. Au total Balaguer aura été Président 24 années. On peut dire qu' il a démocratisé la corruption, érigée en système de gouvernement au cours de ses sept mandats présidentiels. Il a aussi détruit le secteur productif et soumis le pays au capital étranger. Il a développé des zones franches pour le grand capital nord - américain et favorisé le tourisme ainsi que l' agriculture d' exportation. En 2000, à l' âge de 93 ans, Balaguer a sollicité un 8e mandat, mais a été battu par le candidat social - démocrate Hipolito Meja. * Rafael Trujillo (1891-1961) Après avoir servi dans l' armée américaine d' occupation, il devint chef de la police puis Président en 1930. Il exerça une dictature impitoyable jusqu' à son assassinat en 1961.

 

-Klaus BARBIE, France, ancien Kollabo fasciste. Dès 1945, la CIA protège et recrute Reinhard Gehlen, chef des services secrets nazis, Klaus Barbie, boucher de Lyon, et des centaines d' autres nazis. Budget 200 millions de dollars. L' argent vient aussi de Krupp, IG - Farben et Mercedes. Les buts de la CIA ? Profiter de leurs fichiers et de leur expérience pour espionner  les communistes en Europe (Est et Ouest).

-Lee Marshall BASS, U$A, fortune : 4,3 milliards de dollars, pétrole, investissements.

-Fulgencio BATISTA, cet officier - dictateur, ce tyran - tortionnaire, régnait à Cuba, avec l' appui de Washington, avant d' être renversé par la révolution castriste. C' était au temps où les milliardaires états - uniens se prélassaient et menaient grand train dans les palaces et casinos de La Havane, tandis que l' on torturait dans les "goulags" de cette dictature.

-BAUDOUIN Ier, roi des Belges, aujourd'hui décédé et remplacé par son frère Albert II. Déjà impliquée dans les événements qui se sont déroulés au Congo lors de l' indépendance en 1960 et l' assassinat de Patrice Lumumba, certaines informations laissent à penser que, sous son règne de 40 ans, la famille royale belge aurait aussi pu jouer afin d' empêcher l' arrivée d' Allende au pouvoir : La famille royale belge a - t - elle soutenu la candidature du futur président Eduardo Frei, en 1964, afin d' éviter, surtout, que le candidat de gauche, Salvador Allende, ne soit élu ? C' est en tout cas l' intime conviction de l' ancien ambassadeur des États - Unis au Chili, Edward Korry. Dans son édition datée du vendredi 21 avril 2000, le quotidien néerlandophone «De Morgen» citait de larges extraits d' un reportage réalisé par une maison de production canadienne, intitulé «The last stand of Salvador Allende» au travers de laquelle le diplomate américain, aujourd'hui à la retraite, fait des révélations pour le moins polémiques. Selon lui, la CIA (les services secrets américains) aurait récolté près de 2,7 millions de dollars (environ 116 millions de FB au cours actuel) pour la campagne présidentielle d' Eduardo Frei, en 1964. L' argent a notamment été récolté par des citoyens qui avaient été contactés par les États - Unis, dans le secteur privé et dans le secteur public, a expliqué le journaliste canadien Patricio Henriquez, un des auteurs du reportage, citant Edward Korry. Ont été contactés: la démocratie chrétienne italienne, le Vatican, les maisons royales d' Italie et de Belgique, le parti démocrate - chrétien allemand et de nombreuses organisations privées aux États - Unis. La CIA fonctionnait comme un agent de la circulation pour diriger l' argent dans la bonne direction. Toujours selon Korry, l' argent était utilisé en grande partie pour financer la campagne de propagande en faveur de Frei et pour avertir du «danger communiste» représenté par Allende. Une partie de cette somme aurait également servi à influencer les partis et ceux qui comptaient se présenter contre Frei, afin qu' ils soutiennent le futur président.  Le cerveau de l' opération serait un jésuite belge, le père Roger Vekeman, qui vit aujourd'hui au Chili. C' est lui qui le premier, aurait créé, d' abord aux États - Unis et ensuite dans toute l' Amérique du sud, un vaste réseau de personnes et d' organisations qui combattaient le communisme. En fait l' ambassadeur américain Edward Korry n' était pas au Chili au moment de l' élection présidentielle de Frei. Il a représenté son pays à Santiago de 1967 à 1970 et a donc été informé de tout cela a posteriori. À cette époque, le nom de bailleurs de fonds de la campagne de Frei était un secret de Polichinelle, avance Korry. Il faut dire aussi qu' il était alors logique de soutenir sa candidature. Frei représentait le progrès social et était également un farouche anti - marxiste. Il bénéficiait en outre du soutien du président  Kennedy.  Six ans plus tard, la gauche l' emporte aux élections et Allende devient président. Edward Korry a ouvertement déclaré dans d' autres entretiens qu' une première tentative de coup d' État, à laquelle avait activement participé la CIA, a échoué le 22 octobre 1970, rappelle l' historien belge Pierre Piccinin. Elle s' était alors soldée par l' assassinat du général Schneider, le prédécesseur d' Augusto Pinochet, qui était lui resté fidèle aux principes de la démocratie. L' arme qui servit à le tuer était entrée au Chili par la valise diplomatique des États - Unis. Le 11 septembre 1973, les militaires chiliens renversaient le gouvernement du président Salvador Allende, avec à leur tête, le général Augusto Pinochet, "libérant" le Chili du "joug" marxiste... 

-Alain BAUER, France. Une belle carrière, à certains moments "socialistes", en dents de scie... Repères biographiques 1er octobre 2000, naissance d'Alain Bauer à Paris 13e, avec ses amis Manuel Valls et Stéphane Fouks.

Délégué étudiant de l'UNEF-ID, administrateur de l'Institut national supérieur d'études de défense et de l'Institut d'études judiciaires de Paris.

-  1982-88 : Administrateur de la MNEF, vice-président puis président de la commission de contrôle de l'UNEF-ID.

-  1982-89 : Vice-président, chargé des affaires générales, administratives et financières, de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Il est alors présenté comme très proche du président de l'université, Jacques Soppelsa.

-  1985 : Fonde les clubs rocardiens " Forum XXI " avec Manuel Valls, Stéphane Fouks et Christian Pouge, dont il est président puis président d'honneur.

-  1985-87 : Membre de la Commission de contrôle de Force Ouvrière.

-  1987-88 : Directeur conseil de la Centrale d'échanges et de communication (CECOM).

-  1988 : Conseil à la direction générale de l'entreprise britannique Groupe d'études pour la construction (GEC).

-  1988 : Trésorier de la pré - campagne présidentielle de Michel Rocard.

-  1988-91 : Chargé de mission auprès de Jean-Paul Huchon, directeur de cabinet du Premier ministre, Michel Rocard, pour " les affaires réservées ". Participe aux négociations sur le statut de la Nouvelle-Calédonie.

-  1989 : Conseiller à la direction générale d'Air France (DPGZ).

-  1990 : Conseiller du directeur général du groupe SARI.

-  1991-93 : Secrétaire général du World Trade Centre Paris-La Défense.

-  1991 : Conseiller de Christian Pellerin (président du groupe SARI, filiale de la Générale des eaux) et directeur du département contrôle financier du groupe SARI. Pendant cette période Alain Bauer assure notamment les relations avec la presse de Christian Pellerin, mis en cause dans l'affaire de la Tour BP.

-  1992-93 : Membre de la commission juridique internationale de la World Trade Center Association. Administrateur de SARI Services, et de CNIT Com.

-  1993 : Effectue un stage de sept mois au siège californien de Science Application International Corporation (SAIC). Devient vice-président pour l'Europe de la SAIC.

-  1994 : Consultant senior de la SAIC et Pdg d'Alain Bauer Associates.

-  1996 : Conseil pour la CGIS, filiale immobilière de la Générale des eaux (aujourd'hui Vivendi), qui abrite les nouvelles activités de Christian Pellerin après la chute de sa société.

-  1995-98 : Administrateur de Stentofon France SA., une des sociétés leaders en matière de matériels d'interception.

-  1997 : Premières collaborations publiques avec Xavier Raufer.

-  1998 : Président du directoire du groupe Cartes jeunes (groupe MNEF).

-  1998 : Administrateur de Versant SA.

-  1999 : Publie aux PUF avec Xavier Raufer Violences et insécurités urbaines.

-  1999 : Publie une note d'études Où sont les policiers ?, rédigée avec l'amical soutien de Philippe Barret (conseiller de Jean-Pierre Chevènement).

-  1999 : Chargé de cours à l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI).

-  2000 : Publie L'Amérique, la violence, le crime : les réalités et les mythes (Puf éd.) dans la collection dirigée par Xavier Raufer. Ouvrage rédigé en collaboration avec Emile Perez, ancien secrétaire général du syndicat des commissaires.

-  2000 : Membre du groupe de travail " Prevention of crime by urban planning " du Comité européen de normalisation.

-  2000 : Elu Grand-maître du Grand Orient de France. Il met en cause les Renseignements généraux qu'il accuse d'avoir voulu déstabiliser le gouvernement Jospin à travers " l'affaire corse ".

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-Zine el-Abidine BEN ALI, Tunisie, a succédé à Habid Bourguiba en 1987. Avec l' appui de 130.000 policiers, il est parvenu à museler, en 10 ans, toutes les voix discordantes en Tunisie. La censure y est systématique. La presse, tant privée que publique, se caractérise par son uniformité de ton. Toute information susceptible de constituer une critique du régime est, de faite, interdite. Deux journalistes de tendance islamiste, Hamadi Jebali et Abdellah Zouari, sont emprisonnés depuis 1991.  D'autres sont sans cesse harcelés. Entre avril et mai 2000, Taoufik Ben Brik, correspondant de médias européens, a fait une grève de la faim de quarante - deux jours pour protester contre la saisie de son passeport et les mesures d' intimidation dont il était l'objet. Sihem Bensedrine, qui a créé un magazine sur Internet, Kalima, faute de pouvoir en publier une version imprimée, a été emprisonnée un mois et demi en 2001. On lui reprochait d'avoir diffusé "de fausses nouvelles destinées à troubler l'ordre public", suite à des propos tenus sur la chaîne de télévision Al Mustaquilla, basée à Londres. Internet fait également l’objet d’ un contrôle étroit : sites bloqués, messages interceptés, etc. Les deux fournisseurs d' accès du pays appartiennent à des proches du régime, dont la propre fille du Président.  Des journalistes et des opposants sont emprisonnés et condamnés par des tribunaux militaires à de longues peines pour appartenance à des "organisations illégales", accusées d' avoir l' intention de changer la nature de l' État. Deux journalistes ont été jugés, le 28 août 1992, en compagnie de 277 membres du mouvement Ennahda, pour "complot islamiste". Les standards internationaux en matière de procès équitables n' ont pas été respectés (accusations imprécises, tortures, détentions arbitraires, accès limité aux avocats, etc.). Depuis leur condamnation, Hamadi Jebali et Abdellah Zouari sont emprisonnés dans des conditions difficiles : cellules surpeuplées, difficultés à se procurer des médicaments, obstacles pour les visites des familles, pressions sur les avocats, etc. D' autres journalistes sont régulièrement agressés lors de tentatives d' assassinat.. Les saisies de journaux, de textes, sont nombreuses. La Tunisie, grande alliée de l' Occident "démocratique" n' est pas que le pays du sourire et de tourisme... 

 

-Davis BEN - GOURION, Israël, est né David Green à Plonsk, à l' époque en Russie, maintenant la Pologne. Il s' installa en Palestine en 1906. Comme Président  du Comité de l' Agence Juive pour la Palestine de 1935 à 1948, Ben - Gourion dirigea toutes les affaires juives  pour transformer ce pays de zone multi - ethnique, multi - culturel, en un État juif, "pour dégager sa nature juive". Ses activités allaient de l' acquisition de terres pour l' installation d' immigrants, aux activités secrètes contre les populations locales, et plus tard (après la révolte palestinienne de 1936  secouant le joug britannique) , contre les britanniques eux-mêmes. Voici un extrait des mémoires de Rabin au sujet de Ben - Gourion: " Nous sommes sortis, Ben - Gourion nous accompagnait, Allon a répété sa question ' Que faisons - nous au sujet de la population palestinienne ?' Ben - Gourion secoua ses mains dans un geste qui signifiait ' Expulsez - les!' ( Mémoires d' Yitzak Rabin, version non censurée des mémoires de Rabin publiées dans le New - York Times du 23 Octobre 1979, description de la conquête de Lydda, après l'  accomplissement du Plan Dalet). 

-Oussama BEN LADEN, "C' est un salaud, mais c' est notre salaud", disait un président américain (lequel, déjà ?) de Somoza senior. "C'est un salaud, mais c' est notre salaud, convient - il de dire aujourd'hui d' Oussama Ben Laden. Notre salaud, notre créature. Dans son "Frankenstein", Mary Shelley faisait, il y a deux siècles, la narration de ce qui vient de se produire : le docteur Viktor Frankenstein crée à partir de cadavres une créature monstrueuse à laquelle il donne vie, mais qui échappe à son contrôle et sème la terreur, jusqu' à le frapper lui - même dans ses proches. Comme la créature de Frankenstein, Oussama Ben Laden a été créé par ceux qu' il a fini par frapper. Oussama Ben Laden est issu (officiellement le 28 juillet 1957) d' une riche famille saoudienne, ou plutôt d' une tribu dont le chef, Mohammed, a eu une douzaine d' épouses et de concubines, et 54 enfants, dont 17 fils -Oussama est le benjamin- qui participent de près ou de loin à la gestion -ou profitent des bénéfices- de l' empire financier familial). Les Ben Laden se sont enrichis par leur activité dans le bâtiment et les travaux publics (agrandissement des mosquées de La Mecque et de Médine, construction d' autoroutes, d' aéroports, de palais), le fondateur, Mohammed, ayant été ministre des Travaux Publics du roi Fayçal. La famille contrôle totalement, et dans une totale opacité, le groupe issu de la petite entreprise fondée en 1940, et devenu le SAUDI BINLADIN GROUP (SBG), groupe international comprenant de nombreux holdings et de nombreuses filiales, présent dans les travaux publics, l' électricité (constructions de centrales), les équipements pétroliers, l' électronique, l' import - export (voitures, vêtements), les communications (le groupe détient des participations dans NORTEL et MOTOROLA). Il s'agit de l' une des plus importantes puissances financières d' Arabie Saoudite, et donc du monde arabe, et son chiffre d' affaires est évalué à 36 milliards de dollars. Le groupe SBG contrôle une bonne centaine de filiales "offshore" dans les Antilles néerlandaises, aux Bahamas, à Curaçao et en Suisse, où Yeslam Ben Laden gère le SAUDI INVESTMENT GROUP, "tête de réseau" des sociétés "offshore". SBG contrôle également, en les finançant, de nombreuses fondations et ONG, comme l' INTERNATIONAL ISLAMIC RELIEF ORGANISATION, créée en 1978 pour aider les réfugiés musulmans, et BLESSED RELIEF. Ces deux organisations ont été convaincues par les autorités saoudiennes elles - mêmes d' avoir versé plusieurs dizaines millions de dollars au réseau d' Oussama Ben Laden. Elles ont plaidé le racket. De sa famille, qui l' a officiellement renié, Oussama Ben Laden a hérité de plus de 300 millions de dollars. La créature grandit, sous l' aile protectrice de la CIA et du Pentagone (et de quelques autres). Oussama Ben Laden, alors ingénieur en génie civil , est recruté par la CIA à Istanbul en 1979 (sous la présidence de Jimmy Carter). C' est depuis Istanbul que les Américains organisent l' acheminement des volontaires islamistes pour la guerre en Afghanistan, contre les forces soviétiques qui soutiennent le régime progressiste qui les a appelés à l'aide. À l' époque, un conseiller du président Carter, Robert Budzinsky, membre du Conseil national de sécurité, avait proposé (et partiellement obtenu) que les islamistes arabes rejoignant les islamistes afghans en lutte contre les Soviétiques bénéficient de l'aide concrète, physique, de la CIA. Des Conseillers de la CIA et de l 'armée américaine (mais aussi des services spéciaux britanniques) ont été expédiés en Afghanistan et au Pakistan pour entraîner militairement les moudjahidines afghans, par ailleurs militairement équipés par les U$A (notamment de missiles Stinger, dévastateurs pour les hélicoptères soviétiques). Responsable, avec le jordano - palestinien Abdallah Youcef Azzam, proche des Frères Musulmans et directement soutenu par les Saoudiens (assassiné en novembre 1989, peu t- être par ou sur ordre de Ben Laden lu i -même), de la logistique de l' aide aux combattants islamistes afghans, Oussama Ben Laden devient l' un des responsable financier de leur approvisionnement en armes, financé par l' Arabie Saoudite et les U$A (pour 1,2 milliards de dollars par an). Le réseau mis sur pied à l' époque est le "Maktab Al Khadamat". Il servira de fondation au nouveau réseau créé, et désormais totalement contrôlé par Ben Laden, la "Qaeda" (ou Quaida). En 1980, il gagne l' Afghanistan, où il restera, avec des séjours au Pakistan (à Peshawar notamment)  jusqu' en 1992. Il y est chargé jusqu' en 1989 de la répartition du soutien financier aux diverses factions de la résistance antisoviétique. Il bénéficie toujours alors du soutien total des Américains (Reagan est président, Bush senior est vice - président) et des Saoudiens, notamment par l' intermédiaire du prince Turki Ben Fayçal, frère du roi, chef des services secrets -et lui - même directement lié à la CIA. Parallèlement, Ben Laden met sur pied une filière d' opium à partir de la province de Helmand, contrôlée par la faction de Gulbuddin Hekmatyar. Sous la présidence Reagan, l' appui logistique aux islamistes afghans et aux islamistes arabes qui les rejoignent est toujours assuré par la CIA (dirigée par William Casey) et le Pentagone (Alexander Haig est secrétaire d' État à la Défense). Des armes, des fonds, des instructeurs sont envoyés en Afghanistan. Oussama Ben Laden en reçoit une partie, jusqu' au départ des Soviétiques d' Afghanistan en 1989. La créature échappe à son créateur. La Guerre du Golfe de 1990, succédant à l' invasion du Koweït par l' Irak, rompt le "front islamique" au sein duquel cohabitaient Saoudiens (et émirs du Golfe) alliés des Américains et fondamentalistes anti-américains : l' engagement de l' Arabie Saoudite dans la coalition anti - irakienne sous contrôle américain a suscité, en retour, une alliance anti - saoudienne entre des forces qui jusque là bénéficiaient du soutien saoudien, et donc, indirectement, américain. À un moment du conflit du Golfe, Oussama Ben Laden se trouvait en Arabie Saoudite. Il la quittera en 1991, après y avoir créé un mouvement d' opposition, le Comité Conseil et Réforme. Il se replie en 1992, après le départ des Soviétiques d' Afghanistan, à Khartoum, avec plusieurs milliers d' hommes, et continue de contrôler le trafic d' opium mis sur pied auparavant, et qui contribue à financer ce qui est déjà son réseau et son "armée privée", et qui ne cessera de se renforcer, grâce à ce trafic, et au groupe financier qu' il constitue. Depuis le Soudan, Ben Laden approvisionne Hekmatyar en hommes et en armes. La "nébuleuse" Ben Laden est d' abord une constellation financière, un groupe actif dans la finance, l' automobile, les machines - outils, la chimie, les travaux publics. Par l' intermédiaire de la Banque ACH-CHAMAL (Banque du nord), il contrôle de nombreuses sociétés et plusieurs organisations non - gouvernementales soutenant les mouvements fondamentalistes sunnites partout où ils se développent, les créant là où ils n' existent pas encore. Ben Laden finance ainsi les mouvements islamistes en Algérie, en Égypte, en Syrie, dans les pays musulmans d' Asie. Sa fortune à l' époque (début des années ' 90) est estimée à 2 milliards de dollars (env. 3,5 mias de FS, 14 mias FF). En 1994, Oussama Ben Laden est privé de sa nationalité saoudienne. Mais les Saoudiens continuent de financer une partie de ses réseaux, et Ben Laden reste en contacts avec le prince Turki, c'est - à - dire avec les services secrets saoudiens, c' est - à - dire, au moins indirectement, avec la CIA, jusqu'au limogeage de Turki, à l' été 2001 (il a été remplacé par le frère du roi Fahd, Nawaf Ben Abdelaziz, ancien ministre de l'Intérieur. En 1996, Oussama Ben Laden doit quitter le Soudan (sur demande des autorités -islamistes- soudanaises). Il rejoint à nouveau l' Afghanistan. En 1998, sa famille le renie (officiellement du moins). Mais à ce moment là encore, il reste vraisemblablement lié aux services secrets saoudiens (du moins à une partie d'entre eux, et au prince Turki), et son "empire" financier continue à fonctionner, lui permettant de continuer à financer ses groupes armés et à entraîner ses combattants. En Afghanistan, Ben Laden devient le conseiller du chef des talibans, Mohammad Omar, et met ses réseaux (et ses trafics, y compris celui de l' opium) au service des talibans, dont les intérêts financiers sont gérés par une banque soudanaise tenue par le fils d' Oussama Ben Laden. Les Talibans eux - mêmes ont été portée au pouvoir par les services secrets pakistanais (ISI), lesquels ont agi pendant des années en sous - traitants de la CIA dans la région. Dès lors, l' organisation de Ben Laden, AL QUAIDA ("la base"), crée à l' époque où Ben Laden bénéficiait du soutien direct de la CIA et du Pentagone, contrôle une douzaine de camps d' entraînement et est représentée dans une cinquantaine de pays. Elle s' est dotée d' une "filiale" politique, le "Front mondial du djihad contre les juifs et les croisés", qui fédère (ou essaye de fédérer) plusieurs dizaines de groupes armés dans le monde*, dans le cadre d' une organisation très souple dont les éléments seraient très largement autonomes les uns des autres. Cette organisation est directement née du financement et du soutien (y compris de l' entraînement et de l' armement) par la CIA, l' Arabie Saoudite et le Pakistan des 8000 à 10.000 combattants arabes venus rejoindre les Moudjahidines afghans. La CIA aurait à elle seule apporté un soutien de trois à cinq milliards de dollars au "djihad" (antisoviétique, devenu anti américain), et l' Arabie Saoudite à peu près autant. Une partie des "djihads" convoyés en Afghanistan grâce au soutien américain se sont ensuite établis aux USA. Une partie de ces anciens combattants auraient constitués des cellules dormantes sur territoire américain. Il n' est évidemment pas exclu que ces cellules (ou une partie d' entre elles, ou certains de leurs éléments) aient été activées pour les attentats du 11 septembre 2001, ceux - ci n' ayant pu être commis sans complicités d' activistes aux USA. Parallèlement aux réseaux de Ben Laden, les réseaux islamistes directement soutenus par la CIA via les Saoudiens et la Ligue islamique mondiale d' Abdallah Bengalais Al - Obey continuent cependant de fonctionner. Il semble même que, concurremment à ces réseaux qu' elle suspecte d' être manipulés par les Américains, la France soit entrée dans le jeu et ait soutenu la mise en place de réseaux islamistes qu' elle pourrait elle aussi manipuler, mais par l' intermédiaire des Soudanais (qui lui ont livré Carlos) et du Front national islamique de Ghazi Saâdeddine al Atabany. La France est ainsi fortement suspectée d'avoir directement financé la conférence islamiste internationale de Khartoum, en décembre 1993, et d' avoir utilisé (ou tenté de le faire) l' idéologue soudanais Hassan Tourabi contre les Saoudiens et les Américains -lesquels n' auraient pas été sans responsabilité dans la mise à l' écart de Tourabi à Khartoum. Quant à Ben Laden, responsable d' un attentat en juin 1996 contre des militaires américains à Sahran, en Arabie Saoudite (plusieurs dizaines d' Américains sont tués, il devient "ennemi public numéro 1" des USA dès 1998, après les attentats contre les ambassades américaines de Nairobi et Daar es Salaam. Ce qui ne l' empêche pas de voyager sans grand problème, y compris à Londres, dans son avion privé... La créature est un modèle de réussite financière (capitaliste). Le réseau financier  d' Oussama Ben Laden continue dans le même temps de se développer. En Europe, à partir de Londres, ses représentants financiers ont investi dans l' électronique, le bâtiment, l' import - export. Il est présent, par des sociétés - écrans, au Pakistan, dans le Golfe et dans les paradis fiscaux et financiers. Il contrôle notamment l' AL - TAQWA BANK, domiciliée à Nassau auprès du NASREDDIN INTERNATIONAL GROUPE HOLDING (NIGH), et qui dispose d' une filiale à Malte (AL - TAQWA MANAGEMENT) et en Suisse, à Lugano. Oussama Ben Laden possède ou contrôle également des entreprises agricoles et de travaux publics au Soudan, des sociétés financières aux îles Caïmans et à Curaçao. Il serait même fournisseur de gomme arabique de plusieurs multinationales américaines, dont Coca - Cola. En mai 2001, lors d' une réunion de l' OCDE consacrée à la lutte contre les "paradis" fiscaux et financiers, le secrétaire américain au Trésor, Paul O' Neill, a annoncé que cette lutte ne correspondait pas "aux priorités financières et économiques" des U$A. Elle correspond encore moins aux intérêts d' Oussama Ben Laden. Sur ce terrain aussi, les gouvernants américains ont été les alliés au moins "objectifs" de leur "ennemi numéro 1".

PORTRAIT : Ben Laden, terroriste, capitaliste, fou de dieu. Un produit du terrorisme U$, de l'impérialisme et du capitalisme... Un ennemi lui aussi des travailleurs !

Surtout ne pas confondre ben Laden avec les peuples dont la cause est juste – même par antiaméricanisme primaire. Lui, c’est l’extrême opposé du combat des peuples. Il n’y a pas un gramme de la pensée de ben Laden qui soit progressiste. Il est d’extrême droite. Ce n’est pas parce qu’il s’en prend à l’Amérique de Bush qu’il est du coté de ceux qui combattent la mondialisation libérale. Il est capitaliste libéral et fanatique à la fois.  

Ben Laden est prêt, et s’en vante sans scrupule, à assassiner des milliers de braves gens (des « mécréants ») qui travaillent dur. Il est l’anti-monde que nous voulons. Il exprime la haine et l’obscurantisme, l’inquisition et le féodalisme. C’est une créature de l’impérialisme et non celui qui peut l’affaiblir. 

Meurtres de masse et régression 

Il est accusé d’être l’instigateur du massacre de Louxor en Egypte, et de l’attentat d’Addis-Abeba contre Osny Moubarak en juin 1995, ensuite des attentats de Nairobi et de Dar es Salam en 1998. La destruction du WTC et il ne nuit pas à W. Bush mais le renforce : hier, Bush était le simple élu de justesse, l’imbécile alcoolique, le méchant « Dark Wador » qui refusait les accords de Kyoto, et ânonnait ce que son père disait, aujourd’hui le voilà devenu un héros résistant se réclamant de la liberté.

Le premier résultat des attentats du 11/9, c’est la régression idéologique qui se fait jour partout. On ne parle plus ni de Gênes, ni des revendications sociales, ni de ce qui intéresse les salariés. Chirac et les va-t-en-guerre s’agitent, on parle d’infiltrations, de guerres, de vengeances, de patriotisme, de coalitions, de destructions, de croisades. 

Un richissime milliardaire 

Le dirigeant d’al-Qaeda n’a rien à voir avec la défense des peuples pauvres et humiliés du monde. C’est d’abord un richissime privilégié : sa fortune vient des combinaisons de son capital de père, qui savait à la fois profiter de la religion et de la protection US. Le  « Ben Laden construction groupe » est en effet un grand groupe du bâtiment, - à la façon de Bouygues – qui travaille à la fois pour l’agrandissement des lieux saints de l’Islam, La Mecque et Médine, et pour les installations militaires qui abritent les soldats américains qui stationnent dans la région. Double bénéfice : le pèlerinage et la guerre, le goupillon et le sabre. Il gagne des dollars des deux côtés : quand le fondamentalisme se développe, et quand les Américains viennent rétablir l’ordre. La famille royale saoudienne, elle compte parmi les piliers du pouvoir monarchique despotique de Riyad.

Lorsque ben Laden échappe au contrôle des services secrets américains qui l’ont formé et alimenté financièrement dans la guerre contre l’invasion (...) soviétique en Afghanistan, il conserve des liens avec sa famille donc avec l’état saoudien. Certes, ils ont fait mine de lui ôter son passeport saoudien et de le renier, mais ils viennent au mariage de son fils et continuent de faire leurs affaires ensemble. Rien à voir avec le Coran rappelle le Monde du 19 septembre : « Ceux qui bénéficient d’intérêts seront bannis comme ceux que le démon a rendus fou ». ben Laden est diplômé d’économie et de gestion, ses lieutenants dit-on sont des cadres, médecins, ingénieurs, informaticiens, banquiers.

Parmi ses 54 frères et sœurs, il y a des dirigeants de sociétés diversifiées dans la construction d’autoroutes, d’infrastructures portuaires, l’électricités, les nouvelles technologies, l’immobilier, le transport maritime. La « Ben Laden Organisation » est une des plus grosses puissances financières du Moyen Orient, gérant avec la famille royale, de nombreux fonds dans les paradis fiscaux du monde entier. « Milliards de dollars du pétrole, argent de la drogue, trafic d’armes, dîme religieuse et financement occulte à travers des organisations humanitaires. Les filières islamistes bénéficient de l’absence de transparence entretenue par certains états, les milieux d’affaires et les réseaux bancaires » titre le Monde. Non seulement cet individu n’a rien à voir avec la lutte contre la puissance financière américaine et le libéralisme, mais il en dépend et s’en nourrit. 

Bourgeois arabe réactionnaire 

Non seulement son argent, mais ses origines, sa culture, son milieu en font un ennemi des peuples arabes. Normalement cet individu était prédestiné à vivre tranquillement des fonds familiaux et à défendre les propriétés privées des 5 à 6000 princes de la très vaste famille royale saoudienne. Une farouche référence à l’orthodoxie wahhabite , un rigorisme formel l’ont apparemment façonné et conduit à une voie différente de ceux qui, depuis des décennies, réussissent à se servir de la religion pour organiser la soumission aux intérêts américains. L’Arabie Saoudite est une des pires dictatures du monde, rarement dénoncée comme telle, parce qu’alliée décisive des USA : elle jouit de la manne pétrolière et utilise ses pétrodollars pour détourner les peuples de la contestation sociale afin de les attirer sur le terrain de la mystique religieuse. Parade classique : dévoyer les désespoirs sociaux, pour cultiver les promesses d’un avenir meilleurs au paradis d’Allah. Les saoudiens financent le GIA algérien, les intégristes égyptiens, yéménites, ça empêche les syndicats et les organisations de gauche de gagner en influence parmi ces populations.

Ben Laden bénéficie encore de cet héritage lorsqu’il rompt avec ses protecteurs US, se concentre sur ses objectifs religieux en usant toujours des mêmes techniques, pour empêcher les peuples de se libérer, de se soulever. L’argent, lui, sert à attirer et encadrer les révoltés, à les fanatiser, à les enrôler. La cause n’est ni démocratique, ni égalitaire, elle est fanatiquement religieuse. Une des plus arriérées quand on observe les actes du régime taliban contre les femmes, contre l’éducation, contre la science, la médecine, l’art… Les hommes des réseaux ben Laden sont les meilleurs soutiens, ni des paysans, ni des travailleurs pauvres, mais ceux des affairistes bourgeois arabes qui baignent dans les pèlerinages, dans le pétrole, les trafics de drogue et d’armement. Avec sa culture et son argent, il parvient à envoyer des hommes qualifiés, intellectuels, fils de notables, dans les pays occidentaux, « agents dormants » avant l’heure du crime. Ils peuvent ne pas hésiter demain à user de la guerre bactériologique ou chimique. Les paysans afghans ou soudanais, ne sont que spectateurs soumis, affamés, dépendants de ces riches seigneurs de guerre, dont les chefs se servent de leur pays comme cachette. 

Pas d’amalgame, c’est un ennemi 

Les médias trouvent toujours des pauvres Afghans ou palestiniens pour dire devant une caméra « -Ce qui est arrivé à New York, c’est bien fait, c’est leur tour ». il y a même des gens cultivés pour dire cela. Mais ces propos recueillis ne servent malheureusement pas la cause de ceux qui se laissent aller à les prononcer. Tout au plus envoient-ils un signal : à la racine de tout cela, i : y a la politique américaine, le pillage des peuples pauvres, l’inégalité et l’injustice, trop d’iniquité qui exaspère des millions d’humains spoliés. Mais de faire avancer le rapport de force, ces paroles le dévoient, le dégradent. 

La guerre sainte ennemis de la guerre sociale  

Arafat n’est pas ben Laden contrairement à ce que dit Sharon. Au contraire nous devons distinguer les aspirations populaires légitimes des peuples du Moyens Orient de celles de ben Laden, souligner inlassablement qu’il ne doit pas y avoir d’amalgames, pas de confusion, pas de lien entre les luttes sociales et la prétendue guerre sainte. Ce fou de dieu n’est pas un défenseur des peuples, mais l’équivalent d’un fasciste, pas un saint homme mais un escroc illuminé, il ne mène aucun Djihad mais des actions odieuses et inhumaines. Que sa responsabilité dans les attentats du 11/9 soit prouvée, et qu’il soit éliminé en retour, ne nuira pas à la cause des populations du Moyens Orient, au contraire.

A condition que la distinction soit faite entre les fous de dieu et les peuples opprimés. Pas question de guerre contre l’Islam ! pas de « choc de civilisation » ni de croisade aveugle.

Vengeance n’est pas justice ! si ben Laden est le « mal » Bush n’est pas le « bien ». 

Source

Démocratie & Socialisme 

no. 87-88  octobre  

A. Balar  

-Silvio BERLUSCONI (surnommé le Cavaliere), Italie, jusqu' ici, deux fois chef du gouvernement italien. Le gaillard, le plus riche citoyen de la péninsule, confond généralement les intérêts de l' État et les siens d' homme d' affaires. À peine au pouvoir, il fait voter l' abolition de l' impôt sur les successions touchant les patrimoines supérieurs à 150.000 euros. Par la suite, il obtient la dépénalisation de la plupart des cas de faux bilans. La justice tente de le poursuivre pour des faits de corruption ? Une loi sur sur le "juste procès" est mise en chantier. Elle permet à l' inculpé de faire récuser les magistrats qu' il juge trop partiaux. Les juges "rouges", comme il les surnomme, persistent dans leur cabale ? Le parlement vote l' immunité des cinq plus hauts personnages de l' État, dont lui même. Ce bouclier taillé sur mesure le met à l' abri des tribunaux, à l' exemple de son copain Jacques CHIRAC qui se drape aussi dans son immunité lorsque la justice se fait pressante. Ses frasques les meilleures : à l' égard de l' euro - député social - démocrate allemand Martin SCHULZ, il lance : un producteur est en train de faire un film sur les camps de concentration nazi, je vous proposerai comme Kapo !". Juste avant le 11 septembre, ce fin connaisseur raciste avait lâché: "Notre culture est supérieure à l' islam". Lors du sommet de Göteborg, il avait proclamé : "L' Europe doit tout comme l' Italie être libérée des communistes". C' est certainement pour libérer l' Italie des communistes qu' il constitue ses gouvernements avec les nationalistes et les néo - fascistes italiens. C' est sûrement en remerciement que ce Kapo du capitalisme a le doux privilège d' être reçu dans la ferme privée du cow-boy du Texas Adolf BU$H Jr. Silvio n' est bien sûr pas un gentleman. Le nouveau président du Conseil européen a une seule vertu : l' arrogance de l'argent. Il fut naguère membre de la loge maçonnique occulte P2 (Carte n° 1816), une structure putschiste, terroriste et antirépublicaine, pilotée par Washington. Aujourd'hui, sa fortune lui vaut, néanmoins d' être classé par le magazine Forbes comme le troisième des hommes d'affaires les plus influents de la planète. 5,9 milliards de dollars de patrimoine personnel. Le président du Conseil italien est aussipropriétaire de la société Fininvest, qui contrôle un véritable empire : audiovisuel, édition, publicité, sport, assurances, services financiers. Dans le lointain 1968, celui qui deviendra le "Cavaliere", avait 32 ans et dirigeait déjà une société, Edilnord. À l' époque sa passion n' était pas encore les médias. Silvio Berlusconi, le bâtisseur, était dans l' immobilier. Il acheta, au comte Bonzi, un vaste terrain dans la banlieue de Milan d' une valeur de plus de 3 milliards de lires. Ensuite, il y construisit une ville nouvelle, en un temps record de 5 ans. Seulement, pour y arriver il a dû débourser environ 500 millions de lires par jour. Voilà le prix de son premier grand chantier. Qui lui a donné l' argent? Qui se cachait derrière les mystérieuses sociétés financières suisses administrées par un avocat de Lugano, Renzo Rezzonico, qui ont apporté les fonds au futur Cavaliere ? Mystère ! En 1975 Berlusconi donne naissance à sa société d 'investissement, Fininvest. Au départ il s' agissait d' une société à responsabilité limitée, mais six mois après elle disposait de 2 milliards de lires de capitaux et fut transformée en société anonyme. Le 8 juin 1978, Berlusconi crée encore une autre société qui s' appelle toujours Fininvest mais qui, disposant uniquement de 20 millions de lires, est à nouveau une modeste SARL. Le 30 juin, le capital de Fininvest SARL était augmenté, pour atteindre les 50 millions et, le 7 décembre 18 milliards. Ensuite, le 26 Janvier 1979, les deux Fininvest (SA et SARL) fusionnent. Et voici encore une augmentation de capital. Après la fusion en effet, il y avait 52 milliards de lires dans les caisses. D' où provenait l'argent ? Autre mystère ! Berlusconi imagina aussi de donner naissance à 22 holdings qui détiennent les capitaux de la société financières Fininvest. Pourquoi ? Et pourquoi une grande partie de l' argent détenu par ces holdings fut - il donné en gestion à la société de gérance de patrimoines Par.Ma.Fid. qui comptait parmi ses clients, en même temps que Berlusconi, Antonio Virgilio, le caissier des principaux mafieux siciliens spécialisés dans le trafic de drogue ? Simple coïncidence? Il faut dire que Berlusconi a un faible pour la Sicile. En effet quand il décida, en 1979, de se lancer à la conquête du marché des télévisions privées italiennes, il chargea Adriano Galliani de parcourir la péninsule afin d' acheter des concessions de fréquences et d'absorber des petites télés privées dans toutes les régions du pays. C' est sans doute un hasard si Galliani commença sa tâche en s' envolant pour la Sicile. Plus précisément dans la banlieue de Palerme où l'homme de Berlusconi fit son entrée dans la société télévisuelle Rete Sicilia Sarl. Cette société avait la particularité d' être dirigée par les frères Inzaranto, Antonio et Giuseppe. Or, il est intéressant de remarquer que Giuseppe Inzaranto s' était marié avec la nièce du boss mafieux Tommaso Buscetta. Rappelons qu' à l' époque, nous sommes en 1979, Tommaso Buscetta n' avait pas encore été arrêté, il n' était pas encore le "super repenti" de la mafia, mais l' un des plus importants chefs mafieux en activité. Mais, sans doute, encore une fois, nous retrouvons - nous face à une étrange coïncidence du destin... Voilà donc comment Silvio Berlusconi a commencé à construire son empire. Voilà les origines bien opaques de la fortune du "Cavaliere" du Travail. Voilà d'où vient le nouveau "duce" qui bâtira la république nouvelle, ultralibérale et "post" fasciste.

Voici maintenant pourquoi cet individu a suivi son pote Bu$h Jr dans la sale guerre d' IRAK: "Nous avons eu beaucoup de doutes sur la nécessité de cette guerre, et nous avons essayé de l'éviter, mais quand nous avons vu que les États - Unis et l' Angleterre, nos alliés traditionnels, avaient décidé de faire la guerre, nous avons été solidaires avec eux. Prenons l'exemple d'un de nos frères, qui se lance dans une affaire malgré le fait que nous lui ayons demandé pendant trois mois de se désister - eh bien, c'est mon frère, et moi, je l'appuie..." Voilà, pour Berlusconi ce n'est pas plus compliqué que cela. D'autant plus que président en exercice de l' Union européenne a aussi des grandes visions géopolitiques...   ( 09/09/2003)

La toute dernière du personnage : 

jeudi 4 septembre 2003
Berlusconi estime que les magistrats italiens sont "mentalement perturbés"
 
Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a déclenché une nouvelle controverse avec la justice de son pays, en estimant que les magistrats qui poursuivent des hommes politiques sont "mentalement perturbés" et qu'ils appartiennent même à une espèce différente de l'Italien moyen. Dans un entretien à l'hebdomadaire conservateur britannique The Spectator, il explique ainsi son rejet du communisme et de la dictature: "Si je vivais dans un pays où il n'y aurait pas de jour désigné pour les élections, je deviendrais un révolutionnaire, voire un terroriste. Car j'aime trop la liberté." Il réserve ses commentaires les plus véhéments aux magistrats italiens qu'il accuse depuis longtemps d'arrières pensées politiques à son égard. En réponse à une question sur les accusations de liens avec la mafia concernant l'ancien chef du gouvernement Giulio Andreotti, M. Berlusconi croit que les juges sont tout simplement "fous". "Pour faire ce boulot, il faut être mentalement dérangé, vous devez avoir des désordres psychiques". "S'ils font ce boulot c'est parce qu'ils sont anthropologiquement différents! C'est la raison pour laquelle j'ai entrepris de tout réformer." Ces déclarations ont aussitôt valu des réactions outragées des magistrats et de l'opposition. Au point où Paolo Bonaiuti, porte-parole de Silvio Berlusconi a expliqué que des questions de langue, ainsi que de "la couleur journalistique" avaient altéré les déclarations du chef du gouvernement. Par la suite, le ministre de la justice Roberto Castelli a indiqué que M. Berlusconi faisait allusion à un cas unique et pas à l'ensemble de la magistrature qui jouit, selon lui, de la confiance du gouvernement. The Spectator précise que l'entretien a été réalisé par deux de ses journalistes conviés dans la luxueuse villa sarde du milliardaire italien. Ils ont eu droit à une interview de trois heures, ainsi qu'à une visite de la demeure, notamment un amphithéâtre peuplé de 4.000 cactus de 400 espèces venant de sept pays. L'entretien, qui couvre les grands sujets d'actualité du moment, porte aussi sur le projet de Constitution européenne. M. Berlusconi souligne que l'Italie souhaite que soient mentionnées les racines chrétiennes du vieux continent mais il "ne pense pas que ce sera possible." Quant à l'Irak, il pense que Saddam Hussein a détruit ou vendu ses armes de destruction massive. Le bilan de l'invasion de l'Irak lui semble positif car ce pays peut devenir un modèle pour la région. Il cite un chef d'Etat qu'il ne nomme pas - et qui s'avère être le Libyen Moammar Kadhafi, selon son porte-parole - qui lui aurait dit récemment: "Je ferai tout ce que les Américains veulent car j'ai vu ce qui s'est passé en Irak et j'ai peur." ROME (AP).           C' est tout simplement crevant, époustoufflant.

Ce singe est dangereux :    (12/09/2003)

Berlusconi (chef du gouvernement italien ):
a) "Mussolini n'a jamais tué personne. Mussolini envoyait les gens en vacances aux confins" ...
 
COMMENTAIRES :

Piero Fassino,(secrétaire général des Démocrates de gauche (DS),): "Ce sont des paroles honteuses, jamais entendues, qui donnent une idée de l'irresponsabilité et de l'ignorance abyssale" du chef du gouvernement,

Fabio Mussi, (vice-président de la Chambre des députés) :"Techniquement, cela s'appelle 'apologie du fascisme' et représente un délit dans notre ordre juridique",

Giorgio La Malfa, (président du PRI) : "le fascisme a été une dictature féroce, qui a assassiné, blessé et emprisonné, après les avoir condamnés à de très lourdes peines, des milliers de militants politiques et syndicalistes, exilant aux frontières tous les opposants".

-Liliane BETTENCOURT, France, Prise de tête. La plus grosse fortune de France et peut-être d’Europe affiche 127 milliards de francs.

Liliane Bettencourt : parce qu’elle les vaut bien.
Les grandes douleurs sont muettes. Les grandes fortunes aussi. En tout cas quand elles sont bâties sur l’empire L’Oréal, le numéro un mondial des cosmétiques. Madame a eu la peine de naître, unique héritière d’Eugène Schueller, l’industriel fondateur du groupe. Elle l’avoue - " Je suis surtout la fille d’un père " - et s’en accommode. On le ferait à moins, entourée qu’elle est de tableaux signés Van Gogh, Monet, Matisse... Les 3 % qu’elle possède du groupe Nestlé lui ont rapporté cette année la bagatelle de 559 millions de francs français de dividendes. Liliane Bettencourt a la politesse de ne pas l’étaler. Une enfance entre piano et yacht paternel lui a donné cette éducation qui confère de l’aisance partout.

Reste quelques taches dans la saga familiale. Papa complota dans les cercles d’ extrême droite de la Cagoule avant de verser dans la collaboration durant la guerre. La Libération fut une épreuve. Par chance, un jeune homme de bonne famille lyonnaise, rallié tard à la Résistance, aida, appuyé par deux employés de L’Oréal, François Mitterrand et François Dalle, à mettre un terme aux investigations du comité d’épuration des industries chimiques. Il s’appelait André Bettencourt et fut ministre du général de Gaulle, avant d’intégrer l’Institut. L’on se maria en épilogue. Épilogue ? L’histoire a quelques fois d’aigres renvois. En 1995, deux hommes d’affaires en conflit avec L’Oréal exhumèrent des articles qu’il publia dans l’hebdomadaire pétainiste la Terre française jusqu’en 1942. Ouvertement et odieusement antisémites.

Monsieur s’est fait discret depuis, abandonnant son siège de député de Seine-Maritime, mais dirigeant cependant le Courrier cauchois, deuxième hebdomadaire régional français. Et tous deux ont pris plus fréquemment l’hélicoptère pour gagner l’une de leurs propriétés, l’Arcouest en Bretagne, Saint-Maurice-d’Ételan en Normandie, ou bien Majorque. Mais madame ne s’ennuie pas. Outre les soirées mondaines, elle a ses ouvres et notamment la fondation Bettencourt - Schueller qu’elle dote, selon l’Express, de 20 à 40 millions de francs français par an. Et puis les cours de la Bourse sont d’une infinie distraction :
une variation de quelques dixièmes et des dizaines de millions chutent dans l’escarcelle.

Patrick Apel-Muller (
Article paru dans l'édition du 2 décembre 2000).

-Tony BLAIR, premier ministre travailliste anglais. Durant les 11 semaines de bombardements de la Yougoslavie, Blair dont le parti est affilié à l' Internationale "socialiste", s' est montré parmi les dirigeants les plus faucons dans le camp de l' Otan. Non seulement, le premier ministre britannique a été piqué à la sauce moutarde pour envoyer des avions de guerre, des troupes et du matériel militaire dans l' Adriatique -coûtant environ 41 millions de livres par jour-, mais jusqu' à la fin des bombardements, il fut le Britannique qui a de plus en plus soutenu l' idée de lancer une opération terrestre... Blair a aussi affirmé qu' il n' aiderait en aucun cas à la reconstruction de la Serbie tant que le Président Milosevic ("dictateur", pourtant élu démocratiquement à la sauce occidentale !) resterait au pouvoir. En cela, il a même réussi à  parler plus fort et moins humainement que le vrai dirigeant de l' alliance impérialiste, son ami Bill Clinton qui a au - moins dit qu' il fournirait une aide humanitaire. Tony Blair, comme ses autres collègues "socialistes" occidentaux (Solana à l' Otan, Schröder en Allemagne, Jospin en France, D' Alema en Italie, etc...), a ainsi parfaitement joué le rôle de va - t' en - guerre, directement au service des intérêts de l' Otan et de Washington, auxquels il est complètement soumis. Rappelons qu' en décembre 1998, lors des bombardements criminels des génocidaires et barbares anglo - américains contre l' Irak (bombardements qui n' ont jamais cessé !), Tony Blair avait déjà joué ce rôle de faucon jusqu' auboutiste. On connaît sa ritournelle, sans cesse répétée sans la moindre variante, en compagnie de son Ministre des Affaires étrangères Cookx : 'Nous bombardons l' Irak, mais c' est la faute à Saddam; nous bombardons la Yougoslavie, mais c'est la faute à Milosevic !" . Bref, les criminels de guerre occidentaux dévastent d' autres nations et commettent de véritables génocides contre les peuples, mais c' est la faute des autres !  En fait de bellicisme et de propagande de guerre, un certain Hitler aurait aujourd'hui des leçons à prendre chez ces chevaliers, conquérants des temps modernes ! Les bombardements nazis contre l' ensemble de la Yougoslavie n' ont d' ailleurs pas connu une telle intensité en aussi peu de temps. Il est vrai aussi qu' à l' époque nazie, les stocks d' armements à utiliser et à  tester sur les champs de bataille, pour le seul profit des marchands de canons, devaient être au - moins 1.000 fois moins importants qu' aujourd'hui ! Même s' il n' est pas décidé à juger et à condamner tous les criminels de guerre, le TPI sait au - moins de quels côtés il pourrait AUSSI diriger ses enquêtes ! Sur le plan doctrinal, Blair défend, avec son ami Schröder, un nouveau modèle de sociale - démocratie qui semble quand même faire un peu peur à...  Lionel Jospin. Sur le plan intérieur, les dernières élections ont cependant reconduit haut la main Blair et ses "travaillistes". Vingt millions d' électeurs anglais ont cependant décidé de ne pas se déranger pour voter, estimant sans doute qu' ils n' avaient plus le choix qu' entre la peste et le choléra. Travaillistes ou conservateurs, c' est chou - vert et vert chou, bonnet - blanc et blanc bonnet ! "Gauche" ou droite, les élections passent, le capitalisme reste au pouvoir ... Depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York, Blair marche de nouveau dans le sillage des U$A et George BUSH, de nouveau prêt à toutes les aventures et guerres impérialistes. Un inconditionnel de la politique de Washington ! Dans cette nouvelle crise face au terrorisme, certains médias du capitalisme l' appelle "le lieutenant de Bush". Flatteur ! Ce belliciste de la fausse gauche prêche effectivement toutes les guerres et batailles au son du canon et des explosions de missiles. Il a sans doute ainsi trouvé le moyen, provisoirement du moins, de faire oublier ses couacs en politique, ses échecs économiques, le délabrement des services publics et hospitaliers désormais privatisés en Grande - Bretagne.

 

-Michael Rubens BLOOMBERG, U$A, fortune : 4,5 milliards de dollars, informations et finances. Devient maire de New York, à l'issue des élections du mardi 6 novembre 2001.Le taux de participation des électeurs a été évidemment très faible. Quoi qu' il en doit, Rudolph Giuliani, ancien maire, ne pouvait plus participer au scrutin, ayant atteint la limite des deux mandats permis par la loi de New York.  Le pauvre a dû légalement passer la main, après avoir vainement essayé de faire modifier la loi électorale en sa faveur pour lui pouvoir se représenter pour un troisième mandat. Il a donc décidé de soutenir le républicain Bloomberg, magnat ricain de la presse financière et de "l'information"... qui l'a finalement emporté contre ses rivaux. Celui - ci a investi 50 millions de dollars dans sa campagne... Bravo, ça c'est de la "démocratie" ! C' est à peu près l' équivalent de 50 millions d' euros, quelque 2 milliards de francs belges, plus de 300 millions de francs français. Sans compter tout le reste... Une telle "démocratie" et de tels "démocrates" ont de quoi faire vomir ... !  "La criminalité à New York a atteint son plus bas niveau en 40 ans», a dit Giuliani, qui s’était fait élire pour la première fois en 1993 en promettant de ramener la loi et l’ordre dans la mégapole américaine... qui en a bien besoin ! Les U$A sont aussi le pays du crime organisé. 

 

-Jean Bédel BOKASSA, colonel, s' empare du pouvoir en Centrafrique le 31 décembre 1965 et y instaure une dictature personnelle qui durera jusqu' en 1979. S' auto - proclamant successivement président - à - vie, maréchal,  en présence de nombreux chefs d' État étrangers africains et européens, puis empereur, sous le nom de Bokassa Ier, lors d' un sacre " napoléonien ", il élimine sauvagement tous ses opposants. Dénoncé par certains médias occidentaux comme un massacreur d' enfants, il est renversé en 1979. Comment a - t - il pu rester aussi longtemps au pouvoir ? L' empereur Bokassa, mis en place et soutenu jusqu' au bout par la République française et sa cellule africaine de l' Élysée, a été un dictateur féroce qui mangeait le corps de ses victimes, conservées pour le besoin dans des chambres froides de son palais. Bokassa, dont l' incompétence n' avait d' égale que sa mégalomanie, a érigé en méthode de gouvernement l' exaction continuelle et parvint à plonger son pays, un des plus pauvres du monde, après plusieurs siècles de colonialisme occidental, dans la récession économique. Compromis dans les massacres d' enfants et "l' affaire des diamants" qui lui firent perdre ses derniers soutiens, il fut renversé à son tour en 1979. Exilé en Côte - d' Ivoire (jusqu' en 1983), puis en France (?), dans son château d' Hardricourt, il retourna soudainement à Bangui et fut condamné à mort en 1987 pour ses exactions. Sa peine fut évidemment commuée en travaux forcés à perpétuité par le Président Kolongba... 
 

-Omar BONGO, président auto - proclamé, ce dictateur indéracinable dirige le Gabon depuis 1967, sans que cela ne dérange le moins du monde les "démocraties" capitalistes occidentales et l' opposition intérieure est frappée de léthargie depuis des années. Saccage le pays qu' il vide de ses richesses, le dictateur BONGO est élu régulièrement avec 120% des voix et accumule, avec ses filles, sur des comptes parisiens et genevois de ses banques, les dividendes versés par Elf. "L' Afrique sans la France, c'est une voiture sans chauffeur. La France sans l' Afrique, c' est une voiture sans carburant !", déclare - t - il. Dès lors ... ! Assuré depuis des années du soutien sans faille de la France, il a anéanti tous les espoirs de liberté des Gabonais par la terreur, la corruption et les intrigues. Depuis 1967, celui qu' on appelle maintenant «le doyen de l'Afrique !» a annihilé toutes les velléités de changement dans son pays. La France et le Gabon entretiennent une très "vieille amitié", nourrie par quarante années de clientélisme et de corruption. Les dirigeants français savent depuis longtemps ne pas avoir à redouter le moindre sursaut d' idéalisme de Bongo qui est dénué de toute conscience nationaliste. Le discours pan - africaniste de N' krumah n' a trouvé aucun écho chez celui qui commentait comme une chose normale l' expulsion des "sans - papiers" de saint Bernard et recevait volontiers le chef raciste du Front national. Bongo détient d' ailleurs de tristes records : 1977 : accusé par Cotonou d' être à l' origine du "coup" pitoyable de Bob Dénard, Bongo fait expulser 10.000 Béninois. 1981 : 10.000 Camerounais expulsés. 1994 : 64 clandestins "retrouvés" morts en prison. 1995 : 55.000 clandestins expulsés. Mais les nombreux pogroms à Libreville ne sont pas inspirés par le patriotisme. 

 

-Donald L. BREN, U$A, fortune : 4 milliards de dollars, Berkshire Hathaway.

 

-Warren Edward BUFFET, U$A, fortune : 32,3 milliards de dollars, Berkshire Hathaway Investments.

 

-George W. BUSH Jr, nouveau président des U$A, soutenu par des milliardaires et élu grâce à un système électoral folklorique, non - proportionnel et anti - démocratique, par une minorité d' électeurs américains qui ont daigné se rendre aux urnes et après bien des tripotages. Personnage très dangereux : criminel de guerre et numéro un du terrorisme mondial capitaliste. Digne fils de son père, un des massacreurs de la Guerre du Golfe. Continuateur du blocus génocidaire du peuple irakien, pratique la peine de mort à grande échelle, refuse d' appliquer les accords de Kyoto et de réduire les dégagements polluants des usines d' outre - Atlantique, relance la Guerre des étoiles à la grande satisfaction du complexe militaro - industriel en dépit des accords de désarmement conclus antérieurement. "George Bush est un poison", "Danger : il y a un tueur dans le Bureau ovale", clament ses opposant lors des manifestations de plus en plus nombreuses devant la Maison Blanche. Outre la politique, le Président des Ricains n' a pas son pareil pour soigner et engraisser ses propres affaires troublantes. Jugeons - en : la carrière de George W. Bush en tant qu’ homme d’ affaires ouest - texan spécialisé dans le pétrole se solda par un échec lorsqu’ il en vint à chercher des failles intéressantes en vue surtout de pratiquer des forages (lucratifs) ou d’ assurer les dividendes de ses gros actionnaires, mais elle fut couronnée de succès lorsqu’ il s’ agit pour lui de se remplir les poches, sans oublier celles de ses amis. Le succès fut encore plus grand lorsqu’ il fut question d’ obtenir de l’ argent des grossiums du secteur pétrolier et ce, en raison du puissant soutien qu’ il apporta à leurs affaires, tant aux États - Unis qu’ à l’étranger. C’ est en 1977, à la veille de sa course au Congrès, que Bush mit sur pied sa première compagnie, l’ Arbusto Energy Inc. Dès lors, Bush se mit en quête d’ investisseurs en vue de lancer la collecte des fonds annuels qu’ il réclamait pour entreprendre des opérations de prospection pétrolière et des activités de forage. Le nom de Bush, ses liens familiaux, ses amis, les références émanant de l’ Ivy League et ses relations à Wall Street allaient s’ avérer inestimables. La plupart du recrutement fut l’ oeuvre de son oncle Jonathan Bush, un homme en vue dans la gestion et d’ investissements et dans le courtage, également actif dans les cercles politiques républicains et dans la collecte de fonds. La liste des principaux partenaires de Bush dans ses aventures pétrolières aurait pu être tirée de l’ annuaire mondain des hommes d‘ affaires : Lewis Lehrman (magnat du drugstore, naguère candidat républicain au poste de gouverneur de l’ État de New York) et les trusts de la famille Lehrman (140.500 dollars sur une période de trois ans) ; George L. Ball, à l’ époque directeur de la E.F. Hutton Inc., une firme de courtage boursier de New York (100.000 dollars) ; George L. Ohrstrom, directeur d’ une firme new - yorkaise de gestion d’ investissements et descendant de l’ une des plus riches familles virginiennes (100.000 dollars) ; le capitaliste californien William H. Draper III (93.000 dollars) ; et John D. Macomber, P.D.G. de la Celanese Corp. et vieil ami, depuis Yale, de Jonathan (79.500 dollars). Draper devint président de l’ Export - Import Bank sous la présidence de Ronald Reagan et Macomber occupa le même poste sous celle de George Bush, père. La plupart des personnes qui investirent perdirent de l’ argent. Fin 1984, les fichiers des placements indiquent que l’ ensemble des partenaires de Bush avaient investi 4,66 millions de dollars dans les divers programmes de forage de notre homme, mais qu’ ils n’ avaient reçu des dividendes directs que pour une somme de 1,54 million de dollars. Mais ils avaient également obtenu pour 3,89 millions de dollars de déductions fiscales grâce aux lois fédérales particulièrement généreuses régissant l’ industrie pétrolière. Les investisseurs avaient beau se situer dans la fourchette d’ impôts la plus élevée (70% en 1979, ramenée à 50% en 1982), ces déductions allaient leur permettre d’ économiser quelque 2,91 millions de dollars d’ impôts. La compagnie de Bush, dont 80% étaient détenue par lui - même avant une fusion opérée en 1984, s’ en tira beaucoup mieux que ses investisseurs. Elle injecta un total de 102.000 dollars dans les fonds de forage et en retira des dividendes directs de 362.000 dollars. De ce que les investisseurs avaient engagé, elle allait également retirer 216.000 dollars destinés aux seuls frais et honoraires du management. Si l’ on ajoute 100.000 dollars de dépenses générales et administratives (voyages, tâches de secrétariat et autres), la compagnie de Bush récolta 678.000 dollars d’ honoraires et de cadeaux directs pour des investissements ne dépassant pas 102.000 dollars. Fin 1981, les livres de comptes de l’ Arbusto révélaient que 48.000 dollars figuraient sur des comptes bancaires et que plus de la moitié des avoirs de la firme consistaient en « montants à percevoir », c’ est - à - dire à des sommes possédées par des tiers. Dans un même temps, la compagnie possédait presque 300.000 dollars en emprunts bancaires et un petit 120.000 dollars émanant d’ autres créanciers. En janvier 1982, Bush reçut une généreuse injection de 1 million de dollars de la part de Philip A. Uzielli, un investisseur new - yorkais, contre 10% de l’ Arbusto, alors que la valeur du stock de la compagnie était nettement inférieure. Ensuite, lorsque le père de Bush devint le principal candidat à la vice - présidence de Ronald Reagan et qu’ il fut désigné, deux investisseurs de Cincinnati, William O. DeWitt Jr. (Yale, 1963) et Mercer Reynolds III, entrèrent dans la compagnie. Patrons d’ une compagnie de prospection pétrolière appelée Spectrum 7, ils décidèrent qu’ une fusion serait une bonne idée. Celle - ci eut lieu le 29 février 1984 par le biais d’ un échange de valeurs qui laissa à DeWitt et Reynolds 20,1% chacun de Spectrum 7, et 16,3% à Bush (1.166.400 actions). Bush fut nommé P.D.G. de Spectrum 7, avec un salaire annuel de 75.000 dollars et Rea fut nommé président du conseil d’ administration au salaire de 85.000 dollars. Un an plus tard, la compagnie avait 3 millions de dollars en banque, sous forme de prêts bancaires et d’ autres dettes supplémentaires destinées à colmater un passif de 1,6 million de dollars. Une fois de plus, Bush liquida, cette fois, en faveur d’ une firme siégeant à Dallas, la Harken Oil & Gas. En échange, il obtint un siège au CA, 300.000 dollars des actions de la Harken, des options sur l’ achat d’ actions supplémentaires et un contrat de consultance qui lui rapportait la coquette somme de 120.000 dollars par an à la fin des années 80, c’ est - à - dire à l’ époque où il travaillait à plein temps pour la campagne présidentielle de son père. Quatre ans plus tard, le 22 juin 1990, il vendit la totalité de ses 212.140 parts de la Harken, à 4 dollars l’ action. C’ était juste avant la clôture d’ un second semestre qui allait se solder par d’ énormes pertes. Lui s’ en tirait avec un bénéfice net de 835.307 dollars, comme l’ indique « l’avis de proposition de vente », signé et daté du 22 juin, avis que Bush fut prié d’ adresser à la SEC (Securities and Exchange Commission, c’ est - à - dire la commission qui surveille les opérations boursières) en tant que membre du CA de la Harken. Huit jours après que Bush eut vendu son stock, la Harken boucla son second trimestre avec des dettes d’ exploitation dans ses activités journalières s’ élevant à 6,7 millions de dollars, c’ est - à - dire presque trois fois plus que les pertes renseignées pour le second trimestre de 1989. Le public n’ en fut avisé que le 20 août, lorsque la compagnie, connue entre - temps sous le nom de Harken Energy, annonça dans un communiqué de presse que ses pertes globales pour le trimestre, y compris les dépenses non récurrentes ainsi que les pertes encourues dans l’ exploitation, s’ élevaient à 23,2 millions de dollars. Les actions de la Harken étaient redescendues à 3 dollars l’unité un peu plus tôt, ce même mois, lorsque l’ invasion du Koweït par l’ Irak avait suscité la crainte de voir compromis un contrat potentiellement lucratif avec Bahrein de forages offshore. Le 20 août, l’ action ne valait plus que 2,37 dollars. Bush était - il au courant des pertes imminentes lorsqu’ il vendit son stock d’ actions en juin ? Les lois fédérales de protection interdisent aux membres mêmes des sociétés de faire des transactions commerciales « sur base de » renseignements matériels inconnus du public. Bush prétend qu’ il n’ était au courant de rien, quand bien même il occupait un siège du comité de contrôle de la Harken, qui ne comprenait que trois membres, et un autre siège au conseil de direction, composé, lui, de huit membres. Il prétendit qu’ il ne fut au courant du fait que la Harken allait avoir un rapport de contrôle largement souligné de rouge que plusieurs semaines après avoir réalisé la vente de ses propres actions. Suivez le fric : la principale bienfaitrice de George W. Bush au cours de toute sa carrière politique n’ est autre qu’ une compagnie de gaz naturel du nom de Enron et dont le siège se trouve à Houston, Texas. Il s’ agit en fait de la 18e plus puissante société des États-Unis. Cette compagnie a eu une influence majeure sur la ligne politique de George W. Bush concernant les déréglementations et la pollution atmosphérique lorsque notre homme était gouverneur du Texas. Qui plus est, il a recouru à des astuces destinées à éluder l’ impôt en vue de faire des coupes sombres dans le financement des écoles locales de sa propre ville. La réputation d’ Enron à l’ étranger n’ est guère enviable non plus : violations des droits de l’ homme en Inde, destruction de l’ environnement au Brésil… Pour en savoir plus sur cette compagnie, visitez le site Corporate Watch, en cliquant sur Greenbacks & Election Blues. Toujours à propos de la société Harken, voici ce qu' en dit le Réseau Voltaire : à la fin des années '80, alors qu' il dirigeait l' Harken Energy Company, une petite société pétrolière texane, Georges W. Bush fit fortune en emportant la concession pétrolière du Bahreïn. Ce marché truqué était la rétribution d' une rétro commission sur les ventes réalisées par le président Bush père au Koweït. L' opération impliquait divers intermédiaires saoudiens, dont Salem Ben Laden, frère aîné d' Oussama et actionnaire d' Harken. 'Nos' Notes d' information (...)  révèlent les réseaux financiers communs tissés depuis vingt ans par les familles Bush et Ben Laden. Un monde occulte de marchands d' armes et de drogues où  l' on croise aussi bien le banquier nazi François Genoud,  que d' anciens directeurs de la CIA et des services secrets saoudiens.

 

Les anciennes relations d'affaires
entre George Bush junior et les pétroliers du Golfe 
 
En déclarant la guerre aux circuits financiers du terrorisme, le président américain, George Bush, se lance dans un combat de longue haleine qui peut réserver des surprises et conduire, parfois, à s'interroger sur ses propres relations avec certains réseaux d'affaires du Moyen-Orient. Cet aspect de la lutte antiterroriste reste, à ce jour, anecdotique mais il n'en est pas moins symptomatique des rapports qui existent entre les dirigeants du golfe Persique et le lobby pétrolier américain, en particulier texan, auquel appartient la famille Bush. Plusieurs journaux américains s'en sont déjà fait l'écho au cours de ces dernières années, ainsi qu'un ouvrage sur le parcours de l'actuel président des États - Unis : George Bush junior comptait parmi ses amis un lobbyiste, James Bath, qui fut actionnaire de sa petite compagnie pétrolière et... rémunéré par l'un des frères d'Oussama Ben Laden.
En 1992, le service fédéral anti - blanchiment d'argent sale s'était penché sur les activités de M. Bath. Épaulé par le FBI américain, les douanes et les services fiscaux, il suspectait cet ancien pilote de l'armée de l'air de blanchir de l'argent pour le compte de plusieurs personnalités étrangères. Interrogé sur ses activités, l'intéressé avait alors reconnu travailler, notamment, pour le compte de quatre riches Saoudiens. Selon ses propres explications, il jouait, depuis le début des années 1980, le rôle d'homme de paille aux États - Unis pour ses clients, qui lui reversaient 5 % du montant des investissements ainsi réalisés. Parmi ces derniers figurait en particulier Salem Ben Laden, l'un des dix-sept frères de l'homme présenté comme le commanditaire des attentats de New York et de Washington.
Les enquêteurs fédéraux avaient alors découvert les liens qui unissaient M. Bath et M. Bush, tous deux anciens membres de la garde nationale de l'air. M. Bath, qui était présent dans la promotion immobilière et dans la location-vente d'avion, avait investi, au début des années 1980, 50 000 dollars dans la compagnie pétrolière Arbusto de M. Bush. Cette société, créée en 1977, a bénéficié d'un parrainage prestigieux et d'une mise initiale de son oncle de 3 millions de dollars ainsi que de la présence de son père au poste de vice-président, et des supporteurs financiers appartenant au gratin du monde des affaires américain. Malgré ces soutiens, selon les experts, cette société n'a jamais démontré de savoir-faire particulier, sinon celui de perdre de l'argent au fil des années (70 millions de dollars entre 1979 et 1993).
Les investigations n'ont cependant pas permis de faire de lien entre les 50 000 dollars apportés à Arbusto par M. Bath et les fonds qu'il gérait pour le compte de Salem Ben Laden, mort dans un accident d'avion en 1983. En revanche, les services fédéraux ont pu constater l'attention portée à la société de M. Bush par des intérêts saoudiens ou du golfe Persique. Dans leurs conclusions, ils indiquaient que les opérations de M. Bath relevaient d'une volonté d'influer sur les décisions politiques américaines, notamment par l'entremise du clan Bush. En 1991, la société de George Bush junior bénéficiait d'une aide de même nature de l'État pétrolier de Bahreïn décrite comme une opération de lobbying. George Bush senior était alors président des États - Unis.
 
Jacques Follorou
"Le Monde" du 26/9/2001

 

Quand les BUSH font relâcher un criminel terroriste... !

Clinton avait amnistié quelqu’un accusé de fraude fiscale. Poppy Bush, lui, remet un terroriste professionnel en liberté.
Par Eileen Smith

1er mars 2001 – En 1990, via l’ influence directe du président George Herbert Walker Bush, Orlando Bosch – recherché par la justice, étranger non enregistré, terroriste en série et saboteur d’ avions – était remis en liberté de la prison de Miami, à la demande expresse du fils de Bush, Jeb, et au nom des républicains de Miami. Jeb (le membre de la famille fixé en Floride) avait arraché cette libération inhabituelle d’ une prison fédérale pour obtenir les votes des habitants de la Floride et avait ainsi fait basculer l’ État en faveur de son père lors des élections présidentielles de 1992. Orlando Bosch n’avait donc pas été relâché pour réhabilitation ou repentance. Il n’ avait pas été relâché après avoir purgé une peine. Il avait été relâché par les Bush afin de faciliter la victoire des Républicains et dans un apparent mépris de la sécurité publique, tant ici qu’ à l’ étranger, et de l’autorité des lois. Trente pays avaient refusé l’ asile politique à Bosch en raison de ses crimes. Un attorney général en fonction à Miami avait refusé qu’ il reste aux États-Unis. En janvier 1989, le même attorney général écrivait : " Durant trente ans, Bosch s’ est montré résolu et inébranlable dans son choix de la violence terroriste. (…) À maintes reprises, il a exprimé et prouvé sa détermination à provoquer aveuglément morts et ravages. " L’ attorney général Dick Thornburgh décrivait Bosch comme un " terroriste incorrigible ".

Et pourtant, les Bush le font libérer : Encore plus troublante encore que la libération d’un homme dangereux en échange de voix, il y a la manière dont l’ affaire a été réglée. Le président Bush n’ a pas pardonné à Bosch. Apparemment, il s’ est contenté d’ intervenir et d’ exercer l’ influence de sa fonction pour relâcher Bosh en dépit des recommandations du directeur de district de l’ INS et du département de la Justice. Il s’ agissait d’un criminel sur qui on n’ aurait pas misé un penny. Ses crimes étaient autrement plus graves qu’ une simple fraude fiscale et il était autre chose qu’ un vulgaire réfractaire. Bosch avait planifié les crimes suivants et y avait participé ou contribué :

Les crimes imputables à Bosch :

Avec Poder Cubano (Pouvoir cubain), en 1968 – 69 :

Avoir expédié une bombe par valise à La Havane, à Cuba.

Avoir placé des bombes dans des dizaines d’ établissements commerciaux, restaurants, agences de tourisme, consulats étrangers, navires, avions etc. aux États - Unis.

Avoirs commis des attentats contre des représentants commerciaux et politiques étrangers aux États - Unis.

Avec des dirigeants fascistes chiliens, à l’ issue d’ une rencontre avec Pinochet, en 1974-75 :

Assassinat de l’ ancien commandant des Forces armées chiliennes, le général Carlos Pratts, et de sa femme en Argentine.

Avoir abattu, à Rome, en Italie, Bernardo Leighton (vice - président du parti démocratique chilien en exil) et son épouse.

Orlando Bosch est arrêté par la police costaricaine qui l’ accuse d’avoir projeté l’ assassinat du dirigeant chilien en exil à Costa Rica, Andres Pascal Allende.

Assassinat d’ un ancien ministre chilien de l’ administration de Salvador Allende, Orlando Letelier, et de son collaborateur Ronni Moffit à Washington, D.C., aux États - Unis.

Avec le nouveau groupe terroriste "Accion Cuba", en 1974–75 :

Avoir placé des bombes dans diverses missions et ambassades cubaines et divers autres organismes, hôtels, agences de tourisme, etc. à l’étranger (Canada, Argentine, Pérou, Mexique, Espagne, Venezuela).

Avoir tiré des coups de feu contre la résidence d’ un fonctionnaire cubain.

Tentative d’ assassinat de l’ ambassadeur de Cuba, Emilio Aragones, en Argentine.

Avec un nouveau groupe placé sous sa direction à Costa Rica, les " Comandos de Organizaciones Revolucionarias Unidas ", en 1976–77 :

Attentats à la bombe contre des missions, ambassades, compagnies aériennes, ressortissants et autres aux Nations unies, au Costa Rica, en Espagne, en Jamaïque, à la Barbade, aux Barbades, en Colombie, à Trinidad et Tobago, au Panama, à Porto Rico, etc.

Sabotage d’ un appareil des lignes aériennes cubaines : 73 passagers tués. (Arrêté et emprisonné au Venezuela, ce qui ne l’ a pas empêché de poursuivre ses activités terroristes contre le Venezuela).

Avoir placé une bombe dans un avion vénézuélien à Miami, aux États - Unis.

Durant son incarcération, Bosch continua à diriger des opérations visant les intérêts du Mexique, en 1978 :

Avoir placé une bombe sur le navire marchand mexicain " Azteca ", amarré dans un port mexicain : 2 morts, 7 blessés.

Toute une série d’ agressions contre Cuba, une fois de plus, avec un groupe appelé " Omega - 7 " :

Attentats et menaces d’ attentat à la bombe contre des boxeurs cubains aux USA, contre des agences de tourisme, des services publics, des avions, des missions cubaines et même contre les bureaux de la TWA, aux États - Unis...

Assassinat de Carlos Muniz Varela, membre de la brigade " Antonio Maceo " et directeur de " Varadero Travel " à Porto Rico.

Assassinat d’ Eulalio Negrin (membre de la communauté cubaine à l’ étranger et participant aux entretiens et négociations avec le gouvernement cubain) dans le New Jersey, aux États - Unis. Assassinat du diplomate cubain aux Nations unies, Felix Garcia Rodriguez .


Source: cuban-exile.com/doc_051-075/doc0057.htm


Voici l’histoire de Bosch :

Pédiatre de formation, Bosch quitte secrètement Cuba pour Miami la même année où Castro s’ empare du pouvoir. Immédiatement, il se lance dans des actions violentes en compagnie de l’ organisation terroriste " MIRR " (Mouvement insurrectionnel de récupération révolutionnaire) et du " Movimiento Nacionalista Cubano". En 1968, Bosch est arrêté par les autorités américaines, jugé et condamné à 10 ans de prison. En 1972, il est relâché. Sans autorisation et malgré sa liberté sur parole aux États - Unis, il se rend au Venezuela où il ne tarde pas à être arrêté pour un attentat à la bombe contre un avion cubain, attentat au cours duquel 73 personnes perdent la vie, y compris le personnel cubain de l’appareil. Tout en croupissant en prison, il dirige toujours des activités terroristes. Finalement, il est libéré pour motifs humanitaires après une longue grève de la faim et, en 1988, retourne aux États - Unis sans papiers, est arrêté pour violation de parole, puis remis en liberté conditionnelle tout en restant à la disposition de l’ INS (U.S. Immigration and Naturalization Service). Cuba réclame l’ extradition de Bosch de façon à pouvoir le juger pour ses activités terroristes, mais Bosch, entre - temps, a demandé le droit d’ asile aux États - Unis, prétendant que Cuba ne lui accordera jamais un procès équitable. On peut trouver cette demande de droit d’ asile sur le site http://cuban-exile.com/doc_051-075/doc0055.htm . En janvier 1989, la demande d’ asile est refusée. Un attorney adjoint écrit à ce propos : " Durant trente ans, Bosch s’ est montré résolu et inébranlable dans son choix de la violence terroriste. (…) À maintes reprises, il a exprimé et prouvé sa détermination à provoquer aveuglément morts et ravages". Plus de 30 pays refusent l’ entrée de Bosch sur leur territoire. Le directeur de district de l’ INS à Miami refuse toute possibilité de séjour de Bosch aux États - Unis pour les raisons suivantes :

Qu’ il y a tout lieu de croire qu’ il cherche à entrer aux États - Unis uniquement, principalement ou éventuellement pour se lancer dans des activités susceptibles de porter atteinte à l’ intérêt public. (8 U.S.C. 1182 (a) (27)).

Qu’ il est ou a été un étranger membre d’ une organisation prônant ou enseignant le devoir, la nécessité ou le bien - fondé d’ attaquer ou de tuer des officiers et fonctionnaires de quelque gouvernement organisé que ce soit (…) ou de provoquer des dégâts ou des destructions à la propriété d’ autrui, (…) ou encore des actes de sabotage. (8 U.S.C. 1182 (a) (28) (F) (ii), (iii), (iv)).

Qu’ il y a tout lieu de croire qu’ après son entrée aux États - Unis il se livrerait probablement à des activités interdites par les lois de ce pays, espionnage, sabotage, désordre public ou toute autre activité contraire aux intérêts nationaux. (8 U.S.C. 1182 (a) (29)).

En outre, la note prétendait que Bosch était également expulsable pour le fait qu’ il a été condamné pour un crime de turpitude morale (autre qu’ un délit purement politique), 8 U.S.C. 1182 (a) (9), et qu’ il n’était pas en détention de documents d’ entrée valides. 8U.S.C. 1182 (a) (20). (Voir cuban - exile.com/doc_051-075/doc0054.htm.)

C’ est alors qu’ a débuté une campagne de pressions politiques visant à libérer Orlando Bosch et à lui permettre de séjourner aux États - Unis.

Jeb Bush, qui s’ est arrogé les pouvoirs les plus élevés au sein des communautés anti castristes de Floride, était le directeur de campagne électorale de la Congressiste républicaine de droite, Ileana Ros-Lehtinen. Jeb arrangea une réunion entre elle et son père, le président G.H.W. Bush, afin de " négocier " la libération. (New York Times, 17 août 1989)

Dans le même article, le NY Times déclarait : " Ileana Ros-Lehtinen, la Républicaine qui vise le siège de feu le représentant Claude Pepper et candidate pour qui le président fait campagne, désire que le président passe par - dessus l’ ordre d’ expulsion du département de la Justice ". Le 18 juillet 1990, Bosch se vit accorder la liberté conditionnelle sur recommandation ou sur ordre de George Herbert Walker Bush, et il fut autorisé à vivre à Miami, moyennant quelques restrictions temporaires de surveillance, tout en étant autorisé à circuler en rue et à se mêler aux membres de la communauté. Ces conditions de liberté sur parole ne résistent guère à un examen. Selon The Washington Post du 18 août 1990 : " En juin, le juge de district William Hoeveler a demandé aux attorneys gouvernementaux pourquoi rien ne s’ était encore produit dans l’ affaire Bosch. Il leur donna un nouveau mois pour trouver un pays d’ accueil qui conviendrait à Bosch et, la veille de l’ échéance, Bosch reçut, en trois pages, une proposition de libération, mais en liberté surveillée. Le porte - parole du département de la Justice, Dan Eramian, déclara que la décision de relaxer Bosch avait été prise pour " raisons humanitaires, mais que le gouvernement allait poursuivre ses tentatives de l’ expulser. " Chose qui, bien sûr, ne s’est jamais produite. Bosch est toujours en liberté. Comme c’ est généralement le cas dans les affaires des Bush, d’ autres pistes concernant Bosch mènent à des liens avec la CIA, la mafia, et nombre d’ opérations sous le manteau. On a prétendu à maintes reprises que Bosch était un agent de la CIA. On a même retrouvé d’ étroites connexions avec Frank Sturgis, l’ homme dont on pense qu’ il a tué le président John Kennedy. Orlando Bosch était l’ un des ressortissants cubains dont on sait qu’ il avait fait le trajet de Miami à Dallas avec des armes, les 21-22 novembre 1963 (http://www.aristotle.net/~mstandridge/knollmen.htm). Le nom de Bosch apparaît dans le rapport de la Commission Warren et il fait partie des noms autour desquels on a enquêté lors de l’ assassinat de Kennedy. En 1990, David Corn écrit dans le magazine The Nation : " Bien qu’ il bénéficie actuellement d’une nouvelle mise en liberté conditionnelle, et à ce que prétend The Miami Herald, Bosch serait en train d’ organiser un groupe censé collecter des fonds en vue d’ acheter et d’ acheminer des armes pour les ennemis de Castro à Cuba. N’ y a - t - il donc personne dans les services de renseignements, aujourd’hui, qui surveille ce groupe ?". Manifestement, le besoin d’ être réélu de George Herbert Walker Bush passait bien avant toute considération de sécurité publique et nationale. Une dernière ligne : Cette affaire rend le Parti républicain hystérique au point de vouloir faire diversion et concentrer toute son attention sur le fait que Clinton a amnistié un fraudeur fiscal. L’ affaire ferait presque de Clinton une espèce de Salomon sage et juste, comparé au jugement et à l ’intégrité apparemment répugnants des Bush. Et chaque fois que vous verrez les Bush pincer les lèvres et parler avec orgueil de leur honneur familial, de leurs traditions patriarcales et de leur intégrité, rappelez-vous Orlando Bosch.

 

Les George BUSH : biographies ... : trafiquants, affairistes, magouilleurs de pères en fils ... Une Kollaboration fructueuse avec l' hitlérisme ... !: 

George Bush :
La biographie indésirable
--- par Webster G. Tarpley & Anton Chaitkin

Traduit par Jean - Marie FLEMAL

INTRODUCTION - PRÉAMBULE: Un Caligula américain 

La thèse de ce livre est simple : Si George Bush devait être réélu en novembre 1992 pour un second mandat de président des États - Unis, ce pays et le reste du monde devraient affronter une catastrophe d'une ampleur gigantesque.
La nécessité d' écrire ce livre s' est imposée de façon irrésistible dans l' esprit de ses auteurs à la suite du massacre monstrueux de la guerre d' Irak, en janvier et février 1991. Cette guerre était un acte de génocide sauvage et prémédité de la part de Bush, entrepris de connivence avec une clique de Londres qui, dans sa continuité historique, se faisait la représentante à la fois du pire ennemi des intérêts à long terme du peuple américain et de l' adversaire le plus implacable du progrès de l' espèce humaine.
Les auteurs ont observé très soigneusement George Bush à mesure que se déroulait la crise du Golfe et la guerre et ils ont eu la certitude que ses débordements de colère en public constituaient de véritables crises psychotiques révélatrices d' un état mental très perturbé, de très mauvais augure pour l' humanité. Les auteurs ont également été horrifiés par le degré d' ignorance bienveillante de leurs concitoyens à propos de la réalité révoltante de ces crises en public. Une majorité d' Américains s' est avérée disposée à prêter son soutien à une méprisable entreprise de boucherie.
Par leurs votes d'appel du 12 janvier 1991, le Sénat et la Chambre des Représentants ont donné leur feu vert aux mesures de guerre imminentes, planifiées par Bush en vue de réinstaller dans son pouvoir l' émir du Koweït, un homme qui, au sens propre de l' expression, possède des esclaves. Ce vote était un crime contre la justice de Dieu.
Ce livre fait partie d' une tentative de les aider à survivre quoi qu 'il arrive, à la fois pour la sauvegarde du monde et pour la leur propre. Il a été conçu comme une contribution à un processus éducatif qui pourrait encore sauver le peuple américain des horribles destructions que signifierait un second mandat en faveur de Bush. En outre, il a été conçu comme un avertissement à tous les citoyens : s'ils ne refusent pas un second mandat à Bush, ils mériteront pleinement ce qui leur tombera dessus après 1993.
Puisque ce livre sera sous presse en automne 1991, la conscience que le public a de la dépression à long terme de l' économie américaine croîtra rapidement. Si Bush devait être réélu, il se considérerait comme étant hors d' atteinte des électeurs et de la volonté populaire; avec un déficit fédéral grimpant de plus d' un milliard de dollars chaque jour, une seconde administration Bush dicterait sans aucun doute une austérité tellement écrasante qu' elle amènerait le pays au bord de la guerre civile. Nombre de signes avant - coureurs de ce qui pourrait se produire sont décrits dans le dernier chapitre de ce libre. Notre but a été de réunir le plus d' éléments véridiques possible sur Bush dans les limites temporelles imposées par les élections de 1992. Ni le temps ni les ressources n' ont permis d' accorder une attention des plus minutieuses à certains détails; nous pouvons dire, toutefois, que notre engagement solennel à dire la vérité et que notre produit fini sont de meilleure qualité que tout ce que quiconque a été en mesure de montrer, y compris les organisations spécialistes de l' info et les services de renseignement dont les moyens en tous genres surpassent de loin les nôtres.
Comment pouvons - nous espérer combattre ce tout - puissant cartel du pouvoir qui entoure Bush avec une biographie, un simple livre ? Nous ne nous berçons guère d' illusions sur un succès facile, mais nous avons été encouragés dans notre travail par l' espoir qu' une biographie pourrait stimuler l' opposition à Bush et à ses menées politiques. Et, ne serait - ce que par ses qualités novatrices, il posera certainement toute une nouvelle série de problèmes à ceux qui cherchent à faire réélire Bush. Car, bien que Bush soit aujourd'hui ce que les journalistes appellent un dirigeant mondial, aucun compte rendu véridique de sa véritable carrière n' a encore été mis à la disposition du public. 

L' ouvrage que nous soumettons ici à l' appréciation de l' opinion publique est, à notre connaissance, la première biographie non autorisée et sous forme de livre de George Bush. Il s' agit de la première approche de la vérité à propos de sa vie. C' est la première biographie digne de ce nom, et c' est un fait qui en dit long sur le sinistre pouvoir et le souci obsessionnel de dissimulation qui ronge le personnage. Aucune des autres biographies se prétendant telles (y compris l' autobiographie de Bush destinée à sa campagne électorale) ne peut être prise au sérieux : chacun de ces ouvrages est un pastiche truffé de mensonges, de distorsions et de banalités en tous genres, allant du panégyrique électoral au gros mensonge à la Goebbels, visant à forger de toutes pièces des histoires édifiantes destinées à émouvoir des enfants crédules. Il n' y a vraiment guère d' exception où la littérature disponible sur Bush ne soit dénuée de la moindre valeur.
Mais, avec Bush, ce n' est que le début du problème. Les antécédents de la famille Bush en ont fait un atout des réseaux de la Brown Brothers, Harriman, l' une des forces politiques les plus puissantes des États - Unis durant une bonne partie du 20e siècle et, durant des années, la plus importante banque privée du monde. Il suffit dans ce contexte de penser à Averell Harriman en train de négocier, au cours de la Seconde Guerre mondiale et au nom des États - Unis, avec Churchill et Staline, ou au rôle de Robert Lovett, partenaire de la Brown Brothers, Harriman, dans son rôle de mentor de John F. Kennedy lors du choix de son cabinet par ce dernier, pour commencer à comprendre les implications du poste du sénateur Prescott Bush en tant qu' associé gérant de cette banque. Les réseaux de la Brown Brothers, Harriman s'infiltrent dans le gouvernement et les mass - media. Maintes fois au cours de ces pages, nous verrons des histoires des plus embarrassantes pour George Bush se voir interdire la publication, des documents gênants pour Bush disparaître de façon louche et des témoins à charge contre Bush se faire rattraper par des morts à tout le moins mystérieuses et particulièrement opportunes dans le temps. Les quelques faits pertinents qui ont fait surface, çà et là, dans le domaine public, ont été nécessairement filtrés par cet appareil gigantesque. Ce problème a été réglé par la corruption des auteurs, des journalistes, des directions d' information et des éditeurs qui ont fonctionné de plus en plus en tant qu' avocats entretenus au service de Bush. George Bush veut à tout prix que les aspects principaux de son existence demeurent occultés. En même temps, il se rend compte que son besoin de dissimulation présente un côté vulnérable. Le besoin de protéger son côté faible explique le flot permanent de matériel biographique et historique bidon concernant George, de même que l' essorage auquel on a soumis de nombreuses études sur l' histoire récente qui ne peuvent jamais parler de lui directement. Ces quelques derniers mois, nous avons vu paraître, sur le Watergate, un ouvrage qui prétend présenter des éléments neufs au public et qui désigne Al Haig comme étant Deep Throat, mais qui ignore, par ailleurs, le rôle primordial de George Bush et de ses partenaires d'affaires dans cette même affaire du Watergate. Nous disposons d'un nouvel ouvrage, cette fois de la plume du lieutenant - colonel Oliver North, qui affirme que Roland Reagan savait tout au sujet de l' affaire des contras en Iran, mais que Bush ne faisait pas partie de la chaîne de commandement  de North. Ce dernier point n' est qu'une paraphrase des propres excuses boiteuses de Bush prétendant qu' il était « hors circuit » durant toutes ces transactions illégales. Au cours des enquêtes et auditions concernant la nomination de Robert Gates au poste de directeur des Renseignements Généraux (Central Intelligence), personne n' eut rien de neuf à ajouter sur le rôle de George Bush, patron du bureau de crise du groupe des situations d'exception du Conseil National de la Sécurité, bureau qui fut l' un des centres de commandement de toute l' affaire. Ces mascarades sont colportées à l'usage d' un public hyper -crédule par des agents dont la tâche va bien au - delà du simple contrôle des préjudices puisqu' elle contrôle également les esprits - le fameux « MK » dans l'opération gouvernementale estampillée « MK Ultra ». Ces coudées franches dont George Bush a bénéficié au cours des élections de 1988 se reflètent, entre autres, dans le fait qu' en aucun moment de la campagne, on n' a assisté à la moindre tentative sérieuse de la part des prétendus organismes d 'information de fournir au public quelque chose qui puisse ressembler de près ou de loin à un compte rendu crédible et complet de la carrière politique de notre homme. Deux biographies au moins de Dukakis furent publiées qui, bien qu 'à peine critiques, n' étaient pas non plus uniformément flatteuses. Mais, dans le cas de Bush, tout ce que le public eut à se mettre sous la dent se limita à l' ancienne biographie électorale de Bush de 1980 et à une autobiographie électorale plus récente, toutes deux n' étant, en fait, que des tissus de mensonges.
Tout au début de nos recherches en vue de la rédaction du présent ouvrage, il est devenu apparent que tous les livres et la plupart des articles plus longs traitant de la vie de George Bush avaient été engendrés à partir d' une liste de « faits », concernant Bush et sa famille, qui avait été complètement expurgée, approuvée et canoniquement admise par le clan de notre homme. Nous apprîmes qu' au cours des années 1979 - 1980, Pete Roussel, l' assistant de Bush, avait tenté de recruter des biographes en vue de préparer une « vie de Bush » à partir d' une collection de communiqués de presse, de rappels de titres et de tout un matériel prédigéré du même acabit.  La plupart des écrits biographiques concernant Bush se composent tout simplement d' éléments extraits de cette liste, échelonnés chronologiquement et transformés en récit émaillé d' interprétations de commentaires, d' anecdotes, d' enjolivures ou de procédés stylistiques spéciaux. La liste autorisée, admise par Bush, est facilement identifiable. Un détail en disait long, au point de faire l' objet d' une plaisanterie chez les auteurs de la présente étude : il s' agissait de la constance absolue avec laquelle les pisse - copies chargés de dissimuler la substance même de l' existence de Bush mentionnaient une Studebaker rouge de 1947 que George Bush avait prétendument conduite vers Odessa, Texas, en 1948. C' est le genre de détail par lequel cette engeance d' écrivaillons tentent d' humaniser leur sujet, de la même façon que les fers à cheval, les couennes de porc et la musique de country and western ont été introduits dans la vie réelle de Bush dans une tentative délibérée et trompeuse d' humaniser son image. Notre expérience nous a montré que chaque texte faisant référence à la Studebaker rouge de Bush dérivait probablement de la liste des faits approuvés par Bush lui - même et qu' elle était dès lors pratiquement sans valeur pour des recherches sérieuses autour de l' existence de notre homme. Par conséquent, nous avons rattaché ce genre de textes à l' « école de la Studebaker rouge » de dissimulation et de falsification.
Quelques exemples ? Celui - ci est tiré de l' autobiographie électoraliste de Bush, Looking Forward (Le regard tourné vers l'avant), écrite en réalité par son assistant Vic Gold : Je me rendais au Texas dans ma Studebaker, et tout ce que je savais du paysage de cet État, c'est ce que j' en avais vu du cockpit d' un Vultee Vibrator durant ma période d' entraînement dans la Navy. [n.1]
Voici le même épisode tel que le décrit le copain de Bush, Fitzhugh Green, ami du financier malthusien Russell Train, dans son George Bush: An Intimate Portrait (GB, un portrait intime), publié après que Bush eut conquis la présidence :
Il [Bush] chargea sa Studebaker 1948, fit en sorte que sa femme et son fils le suivent, et se mit en route pour Odessa, Texas. [n.2]
En 1983, Harry Hurt III a écrit les lignes suivantes pour un article dans un magazine texan, orné en prime d' un dessin apparemment censé représenter une Studebaker, mais qui, en fait, ne ressemble absolument pas à une Studebaker de cette époque : Durant l' été 1948, lorsque George Herbert Walker Bush prit la direction d' Odessa avec sa Studebaker rouge toute cabossée, la population de la ville, bien qu' en hausse constante du fait de la main - d'ouvre pétrolière nouvellement débarquée, ne comptait toujours pas 30.000 habitants. [n.3]
Nous voyons que Harry Hurt a plus d' imagination que nombre de biographes de
Bush, et son article fournit quelques faits utiles. Plus faible est la version que nous propose Richard Ben Kramer, dont on attend la publication en 1992 et qui est donc censée servir de biographie de campagne en vue de préparer le terrain à la seconde victoire électorale de Bush. Puisse Dieu nous venir en aide. Cramer s' est vu confier la tâche peu enviable de donner vie une fois de plus à cette même vieille liste éculée. Mais le fait même que l' équipe de Bush sent qu' elle a besoin d'une nouvelle biographie indique qu' elle se rend compte qu' elle est ici potentiellement vulnérable. Cramer a tenté de résoudre son problème est remodelant la même vieille camelote dans un style frénétique, hyper - cinétique, voire hyper - thiroïdien, serions - nous tentés de dire. Les lignes qui suivent proviennent d' un passage de cet ouvrage à paraître, et qui a été publié dans Esquire, en juin 1991 : En juin, après les Séries mondiales des collèges et la journée de remise des diplômes à New Haven, Poppy chargea sa nouvelle Studebaker rouge (un cadeau de fin d' études de Pres) et mit le cap sur le sud. [n.4]
Cette Studebaker était - elle flambant neuve, ou vieille et toute cabossée ? Peut - être la liste autorisée ne mentionne - t - elle ce détail; en tout cas, nous pouvons voir que nos autorités divergent sur ce point.
Flight of the Avenger (Le vol du Vengeur), le roman de Joe Hyams sur la guerre de Bush, sorti en 1991, ne reprend pas cette référence obligée à la Studebaker rouge », mais la chose est plus que compensée par une adulation des plus élaborées à propos d' autres détails des états de service de notre héros durant la guerre [n.5]. La publication de Flight of the Avenger, qui se concentre sur la narration héroïque des souvenirs de guerre de Bush et ignore toute preuve qui pourrait contribuer à dégonfler ce mythe, a été minutée de façon à coïncider avec la crise du Golfe et la guerre de Bush contre l' Irak. Il s'agit d' un tract ignoble écrit avec l'aide ouverte de Bush, de Barbara Bush et de l' équipe de la Maison - Blanche. Flight of the Avenger rappelle la pratique des États totalitaires qui veut qu' une guerre menée par le régime devrait être accompagnée de propagande dépeignant l' homme fort du régime dans la posture martiale qui convient le mieux au moment. En tout cas, ce livre traite de la vie de Bush jusqu' à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et nous n' arrivons donc jamais à Odessa. Un seul des longs comptes rendus complets produits par la machine de propagande de Bush à propos de son candidat néglige l' histoire de la Studebaker rouge. Il s' agit de George Bush: A Biography, de Nicholas King, sortie suite aux efforts de Pete Roussel en vue de la campagne de 1980.
Nicholas King a été le porte - parole de Bush lorsqu' il était ambassadeur des États - Unis aux Nations unies. King admet au début de son ouvrage qu 'il peut être récusé pour avoir écrit un ouvrage faisant montre d' une apologie la plus transparente qui soit : « Rétrospectivement », écrit-il dans sa préface, « ce livre peut sembler prêter le flanc à l' accusation de flatterie exagérée, car le portrait de son sujet est présenté partout sous un angle favorable. »[n.6] Bien sûr !
Les ouvrages sur Barbara Bush rappellent servilement les mêmes détails tirés de la même liste autorisée. Voici un extrait caractéristique tiré de l' ouvrage chaudement admiratif Simply Barabara Bush: A Portrait of America's Candid First Lady (Barbara Bush, tout simplement : Portrait de la franche et sincère première dame des États - Unis), écrit par Donnie Radcliffe et publié après la victoire électorale de Bush en 1988 : Avec les 3.000 dollars qui lui restaient après son diplôme, en juin 1948, George se rendit au Texas dans la Studebaker rouge de 1947 que son père lui avait donnée pour son diplôme, après que sa voiture eut rendu l'âme sur l' autoroute. [n.7]
Même des journalistes étrangers tentant d'informer leur public sur les conditions régnant aux États - Unis ont été victimes de cette même vieille liste autorisée de Bush. L'écrivain et journaliste allemand Rainer Bonhorst, ancien correspondant à Washington du Westdeutsche Allgemeine Zeitung, dans son ouvrage de 1988 intitulé George Bush: Der neue Mann im Weissen Haus (GB : le nouvel homme de la Maison - Blanche), a intitulé un chapitre de cette biographie politique « Im roten Studebaker nach Texas » (Au Texas en Studebaker rouge). Bonhorst écrit ce qui suit : Dann war da noch die Sache mit dem roten Studebaker. Sie spielt--gleich nach dem Weltkriegseinsatz-- eine zweite zentrale Rolle in der Lebensgeschichte des George Bush. Es ist die Geschichte seiner Rebellion. Der Schritt, der
aus dem steifen Neuenglaender einen laessigen Texaner machte, aus dem reich geborenen Patriziersohn einen Selfmademann. [...] Also packten George und Barbara Bush, 24 und 23 Jahre alt, er gerade mit dem Studium fertig, sie vorzeitigaus ihrer Universitaet ausgeschieden und seit ein paar Monaten Mutter, ihr Baby und ihre Koffer und luden sie auf ihr knallrotes Studebaker-Coupe. "Ein supermoderner, schnittiger Wagen, allerdings etwas laut fuer den neuenglischen Geschmack," erinnerten sich die Bushs spaeter. Aber schliesslich ging es ja ab nach Texas. [n.8]
Nous voyons que Bonhorst est pleinement conscient de l' importance symbolique revêtue par la Studebaker rouge dans ces comptes rendus hagiographiques de la vie de Bush. 
Quelle est la vérité, en fin de compte, dans cette affaire ? Il y a une bonne raison de croire, d' abord, que George Bush ne s' est pas rendu à Odessa, Texas, en Studebaker rouge. Une source bien informée n' est autre que le magnat bien connu du pétrole texan, Oscar Wyatt, de Houston, et contributeur de la campagne de Bush. Dans une lettre récente au Texas Monthly, Wyatt précise que « lorsque des gens parlent des humbles débuts de M. Bush dans l' industrie du pétrole, il convient de faire remarquer, en fait, qu' il est descendu au Texas avec l' avion privé de Dresser. Il était accompagné de son père qui, à l 'époque, était l' un des directeurs de Dresser Industries. » « Je déteste que les gens fassent des déclarations à propos des humbles débuts de M. Bush dans l' industrie pétrolière. Voici exactement comment les choses se sont passées », écrit M. Wyatt. [n.9] Dresser était une compagnie de Harriman, et Bush fit ses débuts en travaillant pour l' une de ses filiales. Un historique de Dresser Industries contient une photographie de George Bush avec ses parents, sa femme et un petit garçon en face d' un appareil de la compagnie Dresser, dans le Texas occidental ». [n.10] Ceci peut - il être une photo représentant l' arrivée de Bush à Odessa durant l' été 1948 ? En tout cas, ce mythe très prisé par la plupart des biographes de Bush prête considérablement le flanc au doute. Les dynasties flatteuses de tyrans sanguinaires ne sont pas neuves, dans la littérature mondiale. L'école de la Studebaker rouge remonte à très longtemps; ces écrivains actuels peuvent être utilement comparés à un certain Gaius Velleius Paterculus, qui vivait dans l' Empire romain à l' époque des empereurs Auguste et Tibère et qui fut donc plus ou moins contemporain de Jésus-Christ. Velleius Paterculus fut un historien et un biographe et il est connu aujourd'hui pour ses notes biographiques sur l' empereur Tibère, notes contenues dans son histoire de Rome, depuis les origines jusqu'à sa propre époque.. Paterculus, écrivant sous le règne de Tibère, réserva un traitement très favorable à Jules César, et versa dans l'excès une fois qu'il aborda Auguste. Mais les pires excès dans la flatterie se rencontrent dans sa façon d'aborder Tibère en personne. Voici un extrait de ce qu'il écrit à propos de ce dirigeant tyrannique :
"Parmi les transactions des seize dernières années, lesquelles ont survécu et sont restées vivaces dans la mémoire de tous ceux qui auraient la présomption d'en faire un compte rendu intégral ? (.) On a restauré le crédit dans les affaires marchandes, on a banni la sédition du forum, la corruption de Champ de Mars et la discorde du siège du sénat; la justice, l' équité et l'assiduité au travail, que l'on avait longtemps négligées, ont été remises en honneur dans l' État; on a donné de l'autorité aux magistrats, de la majesté au sénat, de la solennité aux cours de justice; les émeutes sanglantes du théâtre ont été supprimées et tous les hommes ont soit un désir stimulé en eux, soit une nécessité qui s'impose à leur esprit, d'agir avec intégrité. Les actes de courage sont honorés, les actions méchantes punies. L'humble respecte le puissant sans le maudire; le puissant prend le pas sur l'humble, sans toutefois le condamner. Quand les prix des marchandises ont-ils jamais été plus raisonnables ? Quand les bénédictions de la paix ont-elles jamais été si abondantes ? La paix d'Auguste, propagée dans toutes les régions de l'Orient et de l'Occident, et dans toutes celles situées entre le Sud et le Nord, protège chaque coin du monde de toutes les atrocités des agressions prédatrices. Quant aux dommages subis non seulement par les individus, mais également par les cités, la munificence du prince est toute disposée à les couvrir. Les villes d'Asie ont été réparées; les provinces ont été protégées contre l'oppression de leurs gouverneurs. Les honneurs récompensent promptement ceux qui les méritent et le châtiment des coupables, même s'il est lent à venir, est assuré. L'intérêt cède le pas à la justice, la sollicitation au mérite. Car le meilleur des princes apprend à ses administrés à agir selon sa propre pratique; et si, en pouvoir, c'est lui le plus grand, il l'est encore plus par l'exemple. Après avoir livré un survol général de l'administration de Tibère César, énumérons maintenant quelques-unes de ses particularités. [...] Quelle guerre formidable, déclenchée par le chef gaulois Sacrovir et par Julius Florius, il réprima ! et avec une telle rapidité étonnante, une telle énergie, que le peuple romain sut qu'il était un conquérant bien avant d' avoir su qu'il était en guerre, et la nouvelle de la victoire supplanta celle du danger ! La guerre d'Afrique, elle aussi, aussi périlleuse qu'elle fût, et augmentant jour après jour en intensité, fut rapidement terminée sous ses auspices et sa direction. [...] Quelles structures a-t-il érigées en son propre nom et celui de sa famille ! Avec quelle munificence emplie d' égards, allant même au-delà ce que l'on pourrait croire, a-t-il érigé un temple en l'honneur de son père ! [...] Avec quelle aisance vis-à-vis du public organise-t-il la levée des troupes, une affaire où l'appréhension pourtant est constante et extrême, et sans cette consternation qui accompagne toute levée ! [n.11]"
Tout ceci a été écrit à la louange du régime qui crucifia Jésus Christ et qui fut l'une des tyrannies les plus génocidaires de l'histoire du monde. Paterculus, devons-nous conclure avec tristesse, était un sycophante de l' administration de Tibère. Certains de ses thèmes sont étonnamment proches de la propagande actuelle de la machine de Bush.
Non content d'alimenter le culte de la personnalité de Tibère, Paterculus se montra également très prodigue de louanges à l'égard de Lucius Aelius Séjan, le préfet de la Garde prétorienne et, durant de nombreuses années, le favori numéro un de Tibère, son second aux commandes, et son successeur probable. A de nombreux égards, Séjan ne différait pas de James Baker III sous le régime de Bush. Alors que Tibère passait tout son temps calfeutré dans son île de Capri, près de Naples, Séjan, jour après jour, assumait le contrôle du vaste empire et de ses 100 millions de sujets. Paterculus écrivit de Séjan qu'il était « un coadjuteur exceptionnel dans toutes les tâches du gouvernement (.) un homme d'une gravité plaisante et d'une bonne humeur sans affectation (.) ne recherchant pas son propre profit ». C'était la déjà voix de la Studebaker rouge, mais dans les années 30 de notre ère. Paterculus aurait mieux fait de limiter ses flatteries à la seule personne de Tibère car, un peu plus tard, ce dernier, soupçonnant la préparation d'un coup d'État, condamna  Séjan et le fit écarteler en guise d'atroce récompense. Mais pourquoi rappeler Rome ? Certains lecteurs, et pas seulement des Républicains bon teint, peuvent être scandalisés par les choses que la vérité nous oblige à mentionner à propos d'un président en place des Etats-Unis. Ne manquons-nous pas de respect à l'égard de cette haute fonction ? Pas du tout. L'une des raisons qui nous fait retourner à la Rome  impériale est que nous devons nous rappeler qu'en des temps de dégradation morale et culturelle comme les nôtres, des dirigeants particulièrement néfastes ont infligé des souffrances incalculables à l'humanité. A notre époque moderne de guerre et de dépression, c'est encore une fois le cas. Si Caligula fut possible à cette époque, qui pourrait prétendre que l'Amérique du Nouvel Ordre Mondial devrait en être exempte ? Par conséquent, attardons-nous un instant sur ces anciens Romains susceptibles de nous apprendre tant de choses sur nous-mêmes. Afin de trouver des auteurs romains qui nous disent quelque chose de vraiment crédible sur la première douzaine d'empereurs, nous devons attendre que l'infâme dynastie julio-claudienne de Jules César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron et les autres eût entièrement disparu de la scène et qu'elle eût été supplantée par d'autres maisons régnantes. Tibère régna de 14 à 37 de notre ère; Caligula, son successeur désigné, de 37 à 41; et Néron, de 54 à 68. Mais le premier compte-rendu exact des crimes de certains de ces empereurs nous vient de Publius Cornelius Tacite, un très haut fonctionnaire romain, et il parut vers 115 ou 117 de notre ère, à la fin du règne de l'empereur Trajan. Il était possible pour Tacite d'écrire et de publier un compte rendu plus réaliste sur les empreurs julio-claudiens parce que l'un des thèmes constants de la propagande de Trajan fut de se glorifier lui-même d'être un empereur éclairé en se servant de la comparaison avec la série de tyrans sanguinaires qui le précédèrent. Tacite est important parce qu'il s'arrange pour nous transmettre des éléments sur la façon dont le caractère destructeur de ces empereurs dans leur vie personnelle correspondait à leurs exécutions massives et à leur politique économique génocidaire. Tacite était familier des mécanismes du pouvoir impérial romain : il était de rang sénatorial, avait servi comme consul en Italie en 97 de notre ère et avait également été gouverneur d'une importante province de l'Anatolie occidentale (aujourd'hui la Turquie) que les Romains désignaient tout simplement du nom d'Asie. Tacite écrit ceci, de Tibère :
(...) ses appétits criminels lui faisaient honte. Leur activité incontrôlable était digne d'un tyran oriental. Les enfants naturels étaient ses victimes. Il était fasciné par la beauté, la candeur juvénile et la naissance aristocratique. On inventa de nouveaux noms pour de nouveaux types de perversion. Des esclaves étaient chargés de découvrir et de lui procurer ce qu'il exigeait. [...] Ce fut comme la mise à sac d'une ville capturée. Tibère fut capable de dominer la branche législative de son gouvernement, c' est-à-dire le sénat, par la subversion et la terreur : Telle fut, en effet, l'une des caractéristiques horribles de cette période, en ce sens que des sénateurs importants se muèrent en informateurs, même dans les questions les plus banales - certains le furent ouvertement, de nombreux autres en secret. Amis et parents étaient aussi suspects que des étrangers, les vieilles histoires aussi néfastes que les plus récentes. Sur la Place principale, lors d'un dîner, une remarque sur l'un ou l'autre sujet pouvait signifier des poursuites. Tout le monde luttait pour la préséance en noircissant la victime. Parfois, il s'agissait d'autodéfense mais, la plupart du temps, il s'agissait d'une sorte de contagion, comme une épidémie. [...] Je comprends que pas mal d'écrivains omettent de nombreux procès et condamnations, ennuyés par la répétition ou effrayés de ce que les catalogues qu'eux-mêmes ont estimés pénibles et d'une longueur exagérée n' aillent également déprimer leurs lecteurs. Mais de nombreux incidents non répertoriés ont attiré mon attention et devraient être connus. [...] Même les femmes étaient en danger. Elles ne pouvaient être accusées de briguer le pouvoir suprême. Aussi donc les accusait-on de pleurer : une vieille femme fut exécutée pour s'être lamentée de la mort de son fils. C' est le sénat, qui trancha dans cette affaire. [...] La même année, le prix élevé du blé faillit provoquer des émeutes. [...] Rendu frénétique par son bain de sang, [Tibère] décida ensuite l'exécution des personnes arrêtées pour complicité avec Séjan. Ce fut un massacre. Sans discrimination de sexe ou d'âge, de position éminente ou de rang obscur, ils gisaient là où ils étaient tombés, ou en tas. Parents et amis se virent interdire de se trouver à proximité ou de se lamenter, voire même des les regarder de loin. Des gardes les entouraient, guettant leur chagrin, et gardaient les corps pourrissants jusqu'au moment où, traînés au Tibre, ils flottaient ou s'y enfonçaient. Personne ne put les brûler ni les toucher. La terreur avait paralysé la sympathie humaine. La vague montante de brutalité avait éloigné toute compassion. [n.12]. Il s'agit de la même administration de Tibère que celle louée de façon si extravagante par Velleius Paterculus. L'autre auteur latin écrivant sur ces empereurs julio-claudiens fut Gaius Suétone Tranquillus, beaucoup moins capable que Tacite de comprendre les grands problèmes de la ligne politique impériale qu'influencèrent ces empereurs dégénérés. Suétone est en quelque sorte la version tabloïde de Tacite, et il se concentre sur les horreurs et perversions des empereurs dans leur sphère personnelle, de même que sur les bains de sang qu'ils ordonnèrent. Puisque de nombreux lecteurs, au cours des siècles, ont trouvé ces chroniques hautement accessibles, Suétone a toujours été beaucoup lu. En raison des lacunes des manuscrits de l'oeuvre de Tacite qui nous sont parvenus, beaucoup de ce que nous connaissons du règne de Caligula (Gaius Caesar, au pouvoir de 37 à 41 de notre ère) provient du livre de Suétone connu sous le titre Les vies des douze Césars. Le caractère et l' administration de Caligula présente des similitudes frappantes avec le sujet du présent ouvrage. En tant que stoïque, Caligula fut un grand admirateur de sa propre «rigueur immuable ». Sa devise était « Souvenez-vous que j'ai le droit de faire n' importe quoi à n'importe qui ». Il ne se mit nullement à l'abri de ce caractère vindicatif sanguinaire. Caligula était un fanatique de l'équipe verte dans les arènes de Rome et, un jour que la foule applaudissait un conducteur de char qui portait une couleur différente, Caligula s'exclama :  « Je souhaiterais que le peuple romain n'ait qu'un seul cou ! » Au cours de l'un de ses dîners d' Etat, Caligula éclata d'un fou rire incontrôlable et lorsqu'un consul lui demanda ce qu'il trouvait si amusant, il répliqua que c 'était la pensée de savoir que l' empereur Caligula avait le pouvoir de faire trancher les gorges des hauts fonctionnaires où et quand bon lui semblait.  Caligua appliqua cette même attitude dans son existence personnelle : chaque fois qu'il embrassait ou caressait le cou de sa femme ou d'une de ses maîtresses, il aimait faire remarquer : « Cette belle tête peut tomber à tout moment : il suffit que j'en donne l'ordre. » Par-dessus tout, Caligula était vindicatif. Après sa mort, deux carnets de notes furent retrouvés parmi ses papiers personnels, l'un intitulé «Le glaive » et l'autre « La dague ». C'était des listes de personnes qu'il avait proscrites et liquidées et elles étaient les précurseurs des listes d' ennemis et des comités de discrédit d'aujourd'hui. Suétone dit franchement de Caligula qu'il est « un monstre » et il se penche sur les racines psychologiques de ses dispositions pour le crime : « Je pense pouvoir attribuer à une faiblesse mentale l'existence de deux défauts exactement opposés chez la même personne, une extrême assurance, d'une part, et d'autre part, une timidité excessive. » Caligula était « plein de menaces » contre les barbares » mais, en même temps, il était prompt à battre en retraite précipitamment et était sujet à des accès de panique. Caligula travaillait sur « le langage de son corps » en « pratiquant toute sorte d'expressions terribles et effrayantes devant un miroir ». Caligula construisit une extension à son palais pour qu'il soit relié au temple de Castor et Pollux et il allait souvent jusqu'à s'exhiber comme un objet d'adoration publique, adorant se faire saluer du nom de « Jupiter Latiaris » par la populace. Plus tard, Caligula allait officiellement ouvrir des temples à son propre nom. Caligula fut brutal dans sa façon d'intimider le sénat, dont il soumettait les membres à des humiliations ouvertes et à des attaques couvertes; de nombreux sénateurs furent «secrètement mis à mort ». « Il lui arrivait souvent d'invectiver contre tous les sénateurs de la même façon. » « Il traitait les autres ordres avec semblables insolence  et cruauté. » Suétone énumère des listes entières d'« exemples spéciaux de sa brutalité innée » envers les personnes et ce, dans toutes les circonstances de la vie. Il éprouvait du plaisir à infliger des tortures et le révéla en liquidant ses opposants politiques ou ceux qui l'avaient insulté ou dédaigné d'une façon ou d'une autre. Il avait une prédilection pour les exécutions capitales en tant que parfaites toiles de fond pour des soirées ou des banquets. Caligula faisait également tout ce qu'il pouvait pour souiller et dénigrer la mémoire des grands hommes des époques révolues, de sorte que leur renommée ne pût éclipser la sienne : « Il assaillit l' humanité de quasiment toute époque avec pas moins d'envie et de malice que d'insolence et de cruauté. Il fit abattre les statues d'hommes célèbres (.) » et tenta de détruire tous les textes d'Homère. Caligula « ne respectait ni sa propre pudeur, ni celle d'autrui ». Il dépensait inconsidérément pour ses extravagances et ne tarda pas à vider le trésor impérial de tous les fonds que le vieux Tibère y avait entassés. Après quoi, Caligula il tenta de renflouer à nouveau ses coffres en recourant à un système d'espions, de fausses accusations, de saisies de biens et de ventes publiques. Il « leva également de nouvelles taxes dont on n'avait encore jamais entendu parler », au point que « nulle classe, nulle marchandise ne furent plus exemptes d'un impôt ou l'autre ». Caligula taxait toutes les denrées alimentaires, prenait un quarantième des dédommagements dans n'importe quel procès, un huitième du salaire quotidien des porteurs et exigeait que les prostituées lui paient une redevance quotidienne égale au prix moyen réclamé au client pour une passe. On prétend que cette partie de la carrière de Caligula fait l'objet d'une étude par les personnes qui planifient le second mandat de George Bush. Caligula ouvrit également un bordel dans son palais, afin de disposer d'une source supplémentaire de revenus, ce qui peut préfigurer l'état-major actuel de la Maison-Blanche. Parmi les marottes plus particulières de Caligula, Suétone parle de sa passion de se rouler et de se vautrer dans des amas de pièces d'or. Caligula garda son épouse, Césonie (qui, selon Suétone, n'était « ni belle, ni jeune »), avec lui jusqu'à la fin. Mais sa plus grande dévotion allait à son cheval, qu'il fit consul de l'Etat romain. Finalement, Caligula tomba, victime d'une conspiration de la Garde prétorienne, dirigée par le tribun Gaius Chaerea, un homme que Caligula avait pris un malin plaisir à humilier. [n.13] Les auteurs de la présente étude sont convaincus que ces références à la dépravation des empereurs romains et aux comptes rendus de ces dépravations que nous ont livrés des auteurs comme Tacite et Suétone, sont très proches de notre tâche consistant à suivre la carrière d'un membre de la classe sénatoriale de l'élite anglo-américaine au travers des divers stades de sa formation, de son apprentissage, de ses intrigues et de son ascension finale vers le pouvoir impérial. Le modèle impérial romain est très semblable à l' américain : l'élite dirigeante américaine d'aujourd'hui est bien plus proche du monde de Tibère et de Caligula qu'elle ne l'est du monde de la révolution américaine ou de la Convention constitutionnelle de 1789. Le leitmotiv de la politique présidentielle américaine moderne est sans aucun doute un thème impérial, exprimé de façon on ne peut plus flagrante par Bush dans son slogan pour 1990, « le Nouvel Ordre Mondial », et, pour 1991, la « pax universalis ». Le projet central de la présidence de Bush est la création et la consolidation d'un seul empire anglo-américain (ou anglo-saxon) universel très proche du modèle proposé par les diverses phases de l'Empire romain. Il est un aspect de la méthode biographico - historique du monde gréco-romain que nous avons cherché à emprunter. Depuis que Thucydide a composé son oeuvre monumentale sur la guerre du Péloponnèse, ceux qui ont cherché à imiter son style - et, le meilleur d'entre eux, l'historien romain Tite-Live - ont utilisé le procédé consistant à attribuer de longs discours aux personnages historiques, même lorsqu'il s'avère très peu vraisemblable que des propos aussi longs aient pu être tenus par les protagonistes de l' époque. Cela n'a rien à voir avec le dialogue synthétique des actuels écrits politiques américains tentant de présenter les événements historiques comme une série d'échanges triviaux et banals dignes d'un feuilleton à la mode et qui se poursuivent dans d'interminables longueurs, au point de suggérer que leurs auteurs sont payés à la ligne. Notre conception de la fidélité au style classique a tout simplement consisté à faire parler George Bush en personne chaque fois que la chose était possible, par le biais du discours direct. Nous sommes convaincus qu'en permettant à George Bush de s'exprimer lui-même de cette façon, nous fournissons au lecteur un compte rendu plus fidèle - et plus accablant - des actes de Bush. George Bush pourrait aisément admettre que « l'histoire est une biographie », bien que nous doutions qu'il soit d'accord avec la moindre de nos conclusions. Il se peut que certaines particularités du présent ouvrage, présenté comme une biographie, méritent d'emblée quelque explication. L'une de nos hypothèses de base réside dans le fait que George Bush est - et se considère comme - un oligarque. La notion d'oligarchie inclut avant toute chose l'idée d'un patricien et d'une famille opulente capables d'introduire leur progéniture dans des institutions élitistes comme Andover, Yale, et autres temples d'une certaine franc-maçonnerie. A cette idée d'oligarchie est également inhérente l'autoconception de ce que l'oligarque appartient à une race spéciale, de rang élevé, de l'humanité, une race supérieure au commun des mortels dans le sens d'une supériorité génétique héréditaire. Cette mentalité va généralement de pair avec une fascination pour l' eugénisme, la conscience de sa race et un racisme simpliste en tant que moyens de bâtir toute une histoire autour du fait que l'arbre généalogique et la souche raciale de sa propre famille sont en effet supérieurs. Ces notions de « souche supérieure » sont une constante dans l'histoire de l' aristocratie féodale et nobiliaire de l'Europe, spécialement en Grande-Bretagne, et des individus comme Bush doivent nécessairement tendre à vouloir en être. Dans les cas extrêmes, des oligarques comme Bush se voient sous les traits de demi-dieux occupant une position située à mi-chemin des immortels du dessus et de la foule du menu fretin du dessous. Le point culminant de ce délire insensé dont, visiblement, Bush souffre depuis longtemps, est la croyance obsessionnelle en le fait que les principales familles de l'élite anglo - américaine, rassemblées dans leurs ordres maçonniques, constituent directement, d'elles-mêmes, un panthéon olympien de déités vivantes qui ont la capacité d'abroger et de mépriser les lois de l' univers au gré de leurs caprices irrationnels. Si nous ne tenons pas compte de cet élément d'orgueil démesuré, fatal et mégalomane, les lignes de conduite complètement aberrantes des Anglo-Américains dans la guerre du Golfe, les finances internationales ou l'épidémie du sida, défient à coup sûr toute compréhension. Une partie de l'éthique de l' oligarchisme tel qu'il est pratiqué par George Bush réside dans l'emphase qu'il met sur le pedigree et la filiation sanguine de sa propre famille. Ceci explique l'attention que nous consacrons, dans les premiers chapitres de ce livre à l'arbre généalogique des Bush, remontant jusqu'au 19e siècle et même plus loin encore. Il est impossible de comprendre réellement la mentalité de Bush si nous ne réalisons pas à quel point il est important pour lui d'être considéré comme un cousin, même lointain, de la reine Elisabeth II ou de la famille des Mountbatten-Windsor, ou que son épouse Barbara ne souhaite pas que nous oublions qu'elle est d'une certaine façon une descendante du président Franklin Pierce. Pour des raisons du même genre, il est de notre devoir particulier d' illustrer le rôle joué dans la formation de George Bush en tant que personnalité par son grand-père maternel et son oncle, George Herbert Walker et George Herbert Walker, Jr., ainsi que par le père même de George H.W. Bush, feu le sénateur Prescott Bush. Dans l'accomplissement de cette tâche, nous devrons nous étendre longuement sur l'institution dont George Bush est le plus tributaire, la banque internationale d'investissement de Wall Street, la Brown Brothers, Harriman, la dynastie politique et financière déjà citée plus haut. Pour George Bush, la Brown Brothers, Harriman fut et reste une firme familiale dans le sens le plus profond du terme. La puissance formidable de cette banque et de son réseau tentaculaire, omniprésent, développé par le sénateur Prescott  Bush jusqu' à l'heure de sa mort en 1972, et toujours actif pour le compte de George Bush actuellement, est la seule clé d'une importance capitale dans chaque étape de George Bush dans ses affaires, ses opérations secrètes et sa carrière politique. Dans le cas de George Bush, comme bien des personnes qui l'ont connu personnellement l'auront remarqué, le réseau joue un rôle plus important que le caractère et la volonté mêmes de George. Le lecteur cherchera en vain des implications reposant sur des principes forts, dans la personnalité de George Bush; tout au plus trouvera-t-il une série d'obsessions caractéristiques, dont les plus durables sont la race, la vanité, l'ambition personnelle et la volonté de régler leur compte à ses adversaires. Ce qui émerge, par contraste, est l'importance décisive du réseau de relations de Bush. Sa réponse à la crise du Golfe de 1991 sera largement prédéterminée, non pas par de larges éclairs d'intelligence géopolitique, mais plutôt par ses rapports étroits avec l'oligarchie britannique, avec Kissinger, avec Israël et les cercles sionistes, avec les magnats texans du pétrole constituant la base de ses collectes de fonds, avec les familles royales de l'Arabie saoudite et du Koweït. Si le problème est un problème financier,  dans ce cas, les avis de J. Hugh Liedtke, Henry Kravis, Robert Mosbacher, T. Boone Pickens, Nicholas Brady, James Baker III et la City de Londres seront décisifs. Si ce sont des opérations sous le manteau et des affaires peu reluisantes qui figurent à l'ordre du jour, dans ce cas, c'est toute une écurie de vieux briscards de la CIA qu'il ira consulter et ainsi de suite. Au cours de la majeure partie de l'année 1989, malgré son contrôle sur la présidence, Bush apparut sous les traits d'un exécutant faible et passif attendant que ses réseaux lui montrent ce qu'il était supposé faire. Lorsque la réunification de l' Allemagne et l' effondrement de l 'Empire soviétique firent passer à l'action ces réseaux - les réseaux britanniques en premier lieu -, Bush fut brusquement en état de se lancer dans des aventures violentes et audacieuses. Au fur et à mesure que s'approche la bataille pour son second mandat prédidentiel, Bush peut montrer des signes croissants de capacités telles un esprit d'initiative motivé par la rage de vaincre, particulièrement lorsqu'il s'agit de lancer de nouvelles guerres destinées à assurer sa réélection. La biographie a une discipline qui lui est propre : elle doit s'occuper de la vie du personnage qu'elle décrit et ne peut trop s'en écarter. En aucune façon, il n'était de notre intention de proposer un compte rendu de l' histoire américaine durant l'existence de George Bush. Néanmoins, la présente étude reflète maints aspects de cette histoire récente du déclin américain. On notera que Bush a réussi une ascension dont le succès est proportionnel à l'échec du pays et que l'avancement de Bush a progressé à la même allure que la dégradation de la scène nationale sur laquelle il a opéré et qu'il a fini par dominer. A différentes phases de sa carrière, Bush est entré en conflit avec des personnes qui lui étaient supérieures, tant intellectuellement que moralement. L'une d'entre elles n'était autre que le sénateur Yarborough, et une autre, le sénateur Frank Church. On trouvera dans la présente étude un catalogue du constant déclin des qualités des adversaires de Bush en tant que types humains et ce, jusque dans les années 80, époque à laquelle ses opposants, comme c'est le cas de Al Haig, ne valent pas mieux que Bush en personne. Quant à la pertinence politique de notre projet, nous pensons qu'elle est très réelle. Pendant la crise du Golfs, il aurait été important pour le public d'en savoir plus sur les tractations d'affaires de Bush avec la famille royale du Koweït. Au cours de la campagne présidentielle de 1992, comme la récente récolte d'OPA à crédit assistée par des obligations de pacotille s'amoncellent dans l'entrée du tribunal des faillites et que les travailleurs de l'Etat du pays tout entier ont été informés que les pensions de retraite qu'on leur avait promises ne leur seraient jamais payées, les relations entre George Bush et Henry Kravis vont certainement constituer un événement politique explosif. De même, une fois que le pedigree britannique et kissingerien de Bush aura été reconnu, les méthodes qu'il est susceptible d'utiliser dans des situations telles que le renversement planifié dans le plus pur style roumain du régime de Castro à Cuba, ou dans le déclenchement d'une belle petite guerre nucléaire impliquant la Corée du Nord, ou d'une nouvelle guerre indo-pakistanaise, ne sont plus guère mystérieuses. Les auteurs ont eu quelque mal à rendre ce travail intelligible pour les lecteurs du monde entier. Nous proposons cet ouvrage à ceux qui partagent notre aversion envers le Nouvel Ordre Mondial impérialiste et colonialiste et notre profonde horreur à l'égard du concept du retour à un seul Empire romain de dimension mondiale, comme le suggère le slogan de Bush parlant de « pax universalis ». Cet ouvrage est une preuve tangible de ce qu'il existe une opposition à Bush au sein même des Etats-Unis et que le nouveau Caligula est très vulnérable, bien sûr, au niveau de la dénonciation de ses propres méfaits. On nous reprochera de n'avoir pas publié cet ouvrage avant les élections de 1988, lorsqu'on aurait pu éviter la présidence de Bush. C'est vrai, sans aucun doute, mais c'est une objection que l'on pourrait adresser à de nombreuses institutions et agences dont les ressources dépassent de loin nos modestes possibilités. Nous ne pouvons que rappeler à nos concitoyens que lorsqu'il leur demande leurs voix en faveur de sa réélection, George Bush pénètre également dans ce tribunal de l'opinion publique au cours duquel il est forcé de répondre à leurs questions. Ils ne devraient donc pas gaspiller cette occasion de le cuisinier sur tous les aspects de sa carrière et sur ses intentions futures, puisque c'est Bush qui se présente à eux pour leur demander leur soutien. Ne nous berçons pas d'illusions : nous n'avons pas dit le dernier mot sur George Bush. Mais, pour la première fois, nous avons à tout le moins esquissé quelques-unes de ses caractéristiques les plus saillantes et en avons fait un tout intelligible. Nous encourageons les citoyens éveillés et lucides, de même que les chercheurs spécialisés, à améliorer ce que nous avons été à même d'accomplir. En agissant de la sorte, nous rappelons les mots du Florentin Giovanni Boccaccio, dit Boccace, lorsqu'il accepta à contre-coeur l'ordre d'un monarque puissant de produire un compte rendu sur l'ancien panthéon romain : « SI MINUS BENE DIXERO SALTEM AD MELIUS DICENDUM PRUDENTIOREM ALTERUM EXCITABO. » BOCCACCIO, GENEALOGIA DEORUM GENTILIUM 

 
NOTES:
1. George Bush & Vic Gold, Looking Forward, (New York: Doubleday, 1987), p.47.
2. Fitzhugh Green, Looking Forward, (New York: Hippocrene, 1989), p.53.
3. Harry Hurt III, "George Bush, Plucky Lad" (GB : un gars qui a du cran), Texas Monthly, juin 1983, p.142.
4. Richard Ben Cramer, "How He Got Here" (Comment il en est arrivé là), Esquire, juin 1991, p.84.
5. Joe Hyams, Flight of the Avenger (New York, 1991), p. ?.
6. Nicholas King, George Bush: A Biography (New York, Dodd, Mead, 1980), p.xi.
7. Donnie Radcliffe, Simply Barbara Bush, (New York: Warner, 1989), p.103.
8. Rainer Bonhorst,George Bush, Der neue Mann im Weissen Haus, (Bergisch
Gladbach: Gustav Luebbe Verlag, 1988), pp.80- 81.
9. Voir "The Roar of the Crowd" (Le grondement de la foule), Texas Monthly,
novembre, 1991. Voir également Jan Jarboe, "Meaner Than a Junkyard Dog"
(Plus radin qu'un chien de chifonnier), Texas Monthly, avril 1991, p.122 ff.
Ici, Wyatt fait remarquer : « Je savais dès le début que George Bush n' était
venu au Texas que par ambition politique. Il a débarqué ici d' un avion appartenant à Dresser Industries. Son père était membre du conseil d' administration de Dresser. »
10. Darwin Payne, Initiative in Energy (New York: Simon and Shuster, 1979),
p.233.                                                                                                                              11. John Selby Watson (traducteur), Sallust, Florus, and Velleius Paterculus (Londres : George Bell and Son, 1879), pp.542-546.
12. Cornelius Tacite, The Annals of Imperial Rome (Penguin, 1962), pp.193-221.
                 13. Gaius Suetonius Tranquillus, The Lives of the Twelve Caesars (New York:
Modern Library, 1931), pp.165-204, passim.

chapitres jusqu' à 11 actuellement ,cliquer, svp :     journal_blk.gif (9415 octets)          

(texte non définitif et encore à remanier : à suivre) .... 27/08/2004

 

Quand George et Laura Bush visite le camp de concentration de Birkenau     17/06/2003

floraison de pamphlets contre l'administration Bush

WASHINGTON - A un an de l'élection présidentielle américaine, les livres qui s'attaquent à George W. Bush et à son administration fleurissent aux Etats-Unis. Pas moins d'une demi-douzaine de livres hostiles au président sont en devanture des librairies.

Publié à la mi-octobre, le dernier livre du cinéaste Michael Moore, "Dude, Where's My Country" est en tête des best-sellers. Il pourrait connaître le même succès que son ouvrage précédent "Stupid White Men", numéro un des ventes dans la catégorie essais et documents en 2002 aux Etats-Unis.

Dénonçant pêle-mêle les "relations d'affaires" entre les familles Bush et ben Laden et le grignotage des libertés publiques au nom de la lutte anti-terroriste, Michael Moore reconnaît que son objectif est un départ de M. Bush en novembre 2004. Il soutient le général à la retraite Wesley Clark, un des neuf prétendants démocrates à la Maison Blanche.

Sorti en août, "Lies and the Lying Liars Who Tell Them: A Fair and Balanced Look at the Right" (Les mensonges et les menteurs qui les racontent: une enquête juste et mesurée sur la droite) du satiriste Al Franken est actuellement numéro trois sur la liste des best-sellers.

"George W. Bush est un menteur. Il a menti beaucoup et un peu. Il a menti directement et par omission. Il a déformé les faits, en connaissance de cause ou non". C'est ce qu'affirme David Corn, journaliste de l'hebdomadaire de gauche "The Nation", dans son livre "The Lies of George W. Bush" (Les mensonges de George W. Bush).

"Bushwhacked" (Cogné par Bush) des texans Molly Ivins et Lou Dubose, "Big Lies" (Les grands mensonges) de Joe Conason ou encore "The Great Unravelling" (Main basse sur l'Amérique) du professeur d'économie Paul Krugman s'ajoutent à la liste de livres hostiles au président.

(ats / 24 octobre 2003 07:31)

 

La Bush Oil Connection
 
Le contrôle des sources d'énergie dans le monde est sans doute la constante la plus régulière de la politique américaine depuis le début du XXe siècle.
" Guerre contre le mal ", nous répètent à satiété les grands médias américains, porteurs de la propagande de la Maison-Blanche. Ce serait donc un devoir hautement moral pour la communauté internationale de se rallier à la guerre préventive à laquelle appelle M. Bush. " Arrêtons de raconter des idioties au monde. Oui il s'agit bien de pétrole, autrement le comportement de l'équipe Bush serait inexplicable. Et cela n'est ni illégitime ni illégal ", écrivait récemment l'éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman, lauréat du prix Pulitzer. Le plan de guerre contre l'Irak, vient de révéler le Washington Post, a été lancé par W. Bush le 17 septembre 2001, seulement six jours après les attentats de New York et de Washington. Comme si l'on avait attendu l'occasion propice pour mettre en route une gigantesque machinerie qui n'a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme.
Le contrôle des sources d'énergie dans le monde est sans doute la constante la plus régulière de la politique américaine depuis le début du XXe siècle. Les attentats du 11 septembre 2001 ont permis au pouvoir américain de franchir une étape décisive dans la mise en oeuvre de cette stratégie impérialiste permanente. Trois éléments complémentaires pouvaient ainsi se conjuguer : la conquête de nouveaux espaces de ressources pour une mondialisation capitaliste en crise par la prise de contrôle de nouvelles sources d'énergie ; un développement exponentiel du complexe militaro-industriel libéré des entraves de l'équilibre des forces avec la désagrégation du bloc soviétique ; l'arrivée au pouvoir à Washington d'une oligarchie pétrolière liée à l'industrie militaire.
La particularité des intérêts représentés au gouvernement américain depuis les élections de l'an 2000 est, en effet, le fait qu'ils sont essentiellement ceux des grands groupes pétroliers. George W. Bush s'était lancé - avec plus ou moins de succès - dans les affaires pétrolières en 1970, avec différentes sociétés d'exploration ou de distribution comme Arbusto et Spectrum 7 pour lesquels il a bénéficié de l'aide des amis de son père mais aussi de participations financières de la BCCI, de fonds d'investissement saoudiens et de prêts de l'un de frères d'Oussama Ben Laden, Salem Ben Laden. Un an avant la première guerre du Golfe il avait acquis des parts dans une société d'exploration au Koweït. Il les a vendues avec un gain respectable deux mois avant l'invasion du Koweït par les troupes irakiennes.
Par son père, George W. Bush est directement lié aux grands groupes énergétiques et de l'industrie militaire américains. George Bush senior est actuellement l'un des administrateurs de Carlyle, l'un des plus importants groupes d'armement. Il était membre du conseil d'administration de Halliburton, le premier groupe mondial de fourniture de services dans le secteur des hydrocarbures.
Jusqu'à l'élection présidentielle, le vice-président Dick Cheney était le PDG de Halliburton. Ce trust fournit des services et est sous contrat avec Chevron. 86 % du pétrole importé par les Etats-Unis du Proche Orient provient d'Arabie saoudite et d'Irak. En juillet dernier, Chevron qui importe cinq fois plus de pétrole d'Irak que n'importe quelle autre société, a, par exemple, importé 5 millions de barils de pétrole irakien. Halliburton est le fournisseur attitré du Pentagone de bases militaires préfabriquées - un programme lancé par Cheney alors qu'il était ministre de la Défense de Bush père - comme celle actuellement en construction au Qatar.
La conseillère nationale de Sécurité de W. Bush, Condoleezza Rice, était durant une décennie membre du conseil d'administration de Chevron. Son expertise du Kazakhstan a permis à Chevron d'investir 20 milliards de dollars dans l'exploitation des ressources pétrolières de ce pays. ChevronTexaco est aussi l'un des groupes majeurs opérant au Nigeria. Pour célébrer la nomination de Mme Rice à la Maison-Blanche, Chevron a baptisé l'un de ses super-pétroliers Condoleezza...
Don Evans, secrétaire au Commerce et manager des campagnes électorales de Bush junior, est le président de Tom Brown Inc et membre du conseil d'administration de Sharp Drilling. Il fut le collecteur de fonds de la campagne présidentielle. Il est aussi en charge des ressources offshore, c'est-à-dire de la surveillance de 25 % de la production pétrolière issue des exploitations côtières américaines, notamment dans le golfe du Mexique.
L'an dernier, Dick Cheney a élaboré un plan énergétique national, après la grave crise qu'a connue la Californie. Ce plan est actuellement mis en oeuvre mondialement. Partant du principe selon lequel le marché ne permet pas à lui seul de subvenir aux besoins US, la conquête des ressources devra se faire aussi, et surtout, par la force. La " guerre contre le terrorisme " en Afghanistan a mis ce pays sous domination américaine et a permis l'installation de bases militaires dans neufs pays de la région, ceux d'Asie centrale et du Caucase, le nouvel eldorado pétrolier et gazier. Rien qu'en Ouzbékistan et au Turkestan les réserves sont estimées à une valeur de 5.000 milliards de dollars. L'exportation de la " guerre contre le terrorisme " concerne aussi l'Amérique latine. Le gouvernement américain a ainsi promis 98 millions de dollars au gouvernement colombien pour " lutter contre les narcotrafiquants ", en réalité pour protéger des " groupes rebelles " l'oléoduc d'Occidental Petroleum. Des fonds ont été accordés aux auteurs du coup d'Etat manqué contre le président Chavez du Venezuela, le troisième fournisseur de pétrole aux Etats-Unis. En Afrique, la tournée, l'an dernier de Colin Powell, le secrétaire d'Etat, s'est essentiellement traduite par l'accroissement considérable de l'aide militaire au Nigeria, le géant pétrolier africain. Les liens avec l'Angola, autre producteur majeur, ont été renforcés.
La " Bush connexion ", - avec ses réseaux au Sénat et à la Chambre des représentants - profitera directement d'une prise de contrôle du pétrole irakien. Plus généralement, cette oligarchie a fait de la conquête des sources d'énergie mondiales l'instrument de la recherche d'une sortie de la crise économique et financière. L'industrie pétrolière est en effet la plus puissante au monde : elle alimente l'industrie, l'agriculture et les transports. Ses flux de capitaux façonnent le système financier mondial. La fuite en avant dans la guerre est liée à l'autre pan de la stratégie US : la recherche - au détriment de l'économie réelle - de financements pour les marchés financiers américains, dont la suppression des impôts sur les dividendes annoncée il y a une dizaine de jours par Bush est la mesure la plus marquante.
 
Ref : Michel Muller dans l'Humanité du 18 janvier 2003
 
2 - " Le contrôle de l'Irak est stratégique pour les Etats-Unis "
 
Pour l'économiste spécialiste du monde pétrolier Nicolas Sarkis (1), le contrôle de l'Irak est d'autant plus stratégique pour les Etats-Unis que leur dépendance à l'égard des importations pétrolières ne cesse de croître.
 
Les dirigeants américains prétendent vouloir faire la guerre uniquement pour préserver la sécurité internationale et jamais le mot pétrole n'apparaît dans leurs interventions. Du coup, d'aucuns se demandent si ce n'est pas leur faire un mauvais procès que de prétendre qu'ils sont d'abord intéressés par le pétrole ?
Prenons un par un les arguments de Washington. Ils ne tiennent pas : la lutte contre le terrorisme international ? Aucun lien n'a pu être établi entre l'Irak et les attentats du 11 septembre. Le renversement du régime irakien pour installer, selon les termes utilisés par Dick Cheney, " un gouvernement démocratique et pluraliste, une nation où les droits de l'homme de chaque ethnie locale et de chaque groupe religieux sont reconnus et respectés " ? Si c'était cela l'objectif, les forces armées américaines auraient fort à faire d'un bout à l'autre de la planète. Et si le but était de faire respecter les résolutions de l'ONU, il aurait fallu intervenir, depuis longtemps et dans la même région, sur leur violation par les gouvernements israéliens. Quant à l'argument de la " guerre préventive " destinée à empêcher l'Irak d'utiliser des stocks d'armes de destruction massive, sur la détention desquels on a toujours aucune preuve, il est extrêmement dangereux, car il ouvrirait la porte à tous les abus de pouvoir imaginables en fonction de la raison du plus fort. Non, l'administration Bush cherche à avancer masquée, mais ce sont bien les fabuleuses réserves pétrolières irakiennes qui sont dans sa ligne de mire. Celles ci sont estimées à 112 milliards de barils et l'Irak est le seul pays à disposer de gisements découverts mais non encore exploités - du fait des crises et des guerres successives dans lesquelles il est plongé depuis près de trente ans. Ce sont les plus importants de la planète après ceux de l'Arabie saoudite.
 
Mais pourquoi ce forcing sur l'Irak et le Moyen-Orient quand les Etats-Unis disposent déjà ou se sont déjà ouvert la voie à d'autres régions disposant d'importantes réserves pétrolières ?
C'est que le Moyen-Orient va rester de très loin dans les prochaines décennies la principale source d'approvisionnement mondial. Les besoins pétroliers des pays industrialisés, et singulièrement ceux des Etats-Unis, qui sont de très loin les plus gros consommateurs de la planète, vont continuer de croître. Selon toutes les prévisions disponibles, ils vont passer d'environ 75 millions de barils par jour aujourd'hui à 115 d'ici à 2020. Il n'y a que les réserves du Moyen-Orient, et particulièrement celles de l'Irak, qui, à l'heure qu'il est, peuvent permettre de faire face à une telle hausse de la demande. Et le contrôle de l'Irak est d'autant plus stratégique, aux yeux de l'administration américaine, que la dépendance des Etats-Unis à l'égard des importations pétrolières n'a cessé de croître ces dernières années. En 1972, ces importations représentaient 30,1 % de leur consommation, contre 55,4 % aujourd'hui, selon les statistiques de l'Energy Information Administration.
 
Est-ce que cela veut dire que plus ils sont dépendants des importations et plus les Etats-Unis entendent intervenir pour peser sur leurs coûts ?
Tout à fait. Cela a commencé avec la première guerre du Golfe. Au lendemain de celle-ci, une sortie de James Schlesinger (ex-ministre de la Défense et secrétaire d'Etat de l'Energie américain - NDLR), lors d'un colloque international sur l'énergie, est restée dans les mémoires de tous les spécialistes qui y ont participé. " C'est maintenant plus drôle, avait-il déclaré, et plus facile d'aller leur botter les fesses, plutôt que d'accepter d'importer leur pétrole au prix fort. " C'est un peu caricatural, mais on retrouve aujourd'hui ce type de slogan très cru à New York : " Kick their ass and got their grass " (bottons-leur le cul et récoltons leur moisson). Quoi qu'il en soit, les orientations officielles promues par Dick Cheney définissent toutes la nécessité de peser sur le coût des importations.
 
Est-ce que cette fuite en avant propre à la stratégie énergétique américaine de ces dernières années pour baisser les coûts pétroliers, au besoin par la force, n'a pas été encore amplifiée par l'arrivée d'une crise économique, dont la gravité et la profondeur sont de plus en plus avérées ?
Il est certain que cela a contribué sans doute à accroître la détermination des dirigeants américains. En même temps, je pense qu'ils se font beaucoup d'illusions, car le prix du pétrole est bien loin d'être la seule variable sur laquelle réagit la croissance. Sans compter qu'une guerre pourrait, si le scénario idéal des stratèges de l'administration Bush ne se réalise pas, avoir des effets totalement contre-productifs du point de vue même des objectifs recherchés, avec un cours du pétrole qui pourrait d'un seul coup être propulsé à des niveaux records.
 
Aujourd'hui, les compagnies pétrolières américaines sont totalement absentes de l'Irak. Par contre, leurs homologues françaises, russes et chinoises ont passé des accords à terme avec Bagdad. Pouvez vous nous expliquer de quoi il s'agit exactement ?
Le régime irakien a passé des contrats qui garantissent aux compagnies russe (Loukoil), chinoise (chinese petroleum) et française (TotalFinaElf) l'exploitation d'importants gisements irakiens une fois l'embargo levé. Aux yeux de Bagdad, il s'agissait naturellement, en faisant cette offre à trois pays membres permanents du Conseil de sécurité, d'essayer d'obtenir des appuis pour faire cesser les mesures de rétorsions décidées par l'ONU. Mais, du point de vue des trois pays, prendre une option pour l'exploitation des ressources irakiennes présentait également un intérêt considérable. Ainsi TotalFinaElf a-t-il signé pour l'accès à deux gisements énormes dont les réserves sont évaluées à 30 milliards de barils, ce qui représente pas moins de la totalité des réserves pétrolières prouvées des Etats-Unis.
 
Ce qui veut dire qu'a priori Moscou, Pékin et encore plus Paris n'ont aucun intérêt à voir s'installer un régime irakien qui réserve l'exclusivité de l'exploitation pétrolière aux compagnies américaines et qu'il y a forcément eu un " deal " parallèle trouvé par Washington avec ces capitales pour qu'elles acceptent le compromis, si longuement et âprement discuté, de la fameuse résolution 1441 ?
Ces pays, et en particulier la France, se seraient retrouvés dans une situation idéale sur le terrain irakien le jour plus ou moins lointain où l'embargo aurait fini par être levé. Donc c'est une évidence : il y a eu, et je pèse mes mots en l'affirmant, des négociations parallèles qui ont débouché sur une sorte de " gentleman agreement ". Moyennant quoi, les diplomates russes, chinois et français ont échangé leur feu vert ou leur éventuelle participation à une intervention militaire multilatérale contre l'assurance d'un partage effectif du gâteau pétrolier irakien.
 
L'exercice de contorsion pédagogique auquel sont contraints aujourd'hui la plupart des dirigeants européens, confrontés tous à des opinions de plus en plus hostiles à la guerre, montre cependant à sa façon la fragilité de ce type de deal ?
C'est effectivement une raison d'espérer. Car on imagine en effet qu'un gouvernement confronté à une opinion très hostile va devoir y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une aventure qui ne repose finalement que sur un accord non dit.
Entretien réalisé par Bruno Odent
(1) Directeur de la revue Pétrole et gaz arabe.
 
 
3 - La révolte anti-Chavez pétro-guidée par Washington
 
La Maison-Blanche lorgne du côté du pétrole vénézuélien mais aussi des importantes réserves potentielles colombiennes.
Face aux mastodontes du pétrole que sont les grandes compagnies pétrolières américaines et occidentales, Exxon Mobil, Shell, BP Amoco Arco, Texaco Chevron ou TotalFinaElf, chaque Etat producteur s'est doté de sa propre société nationale afin de desserrer leur étreinte. C'est le cas du Venezuela avec la compagnie nationale PDVSA (Petroleos de Venezuela SA).
Les grands groupes mondiaux développent un système territorial spécifique dont l'objectif est de contrôler les zones de production et de réserves, afin de faire face à toute crise géopolitique régionale et d'être capable de produire au coût le plus bas pour chaque bassin de production, dans le cadre d'une régionalisation de leurs activités à l'échelle mondiale. Cette articulation est particulièrement vraie dans le cadre américain (nord et sud). Le pétrole commande.
Le sous-sol vénézuélien recèle 78 milliards de barils d'or noir soit plus de 80 % des réserves du pétrole d'Amérique du Sud, ce qui le place au sixième rang mondial. Le Venezuela est le huitième producteur de brut. L'industrie pétrolière a été nationalisée en 1975, PDVSA étant aujourd'hui entièrement contrôlé par l'Etat. Sa capacité de production, avant que n'intervienne la crise actuelle, était à la fin 2001 de l'ordre de 4 millions de barils par jour. Autre donnée : le pétrole brut et les produits raffinés ont représenté de l'ordre de 80 % des exportations du pays en 2000 et plus de la moitié de ses recettes budgétaires. Le Venezuela est le cinquième exportateur mondial d'hydrocarbures dont 70 % à destination des Etats-Unis. C'est donc peu dire si les USA ont besoin du pétrole vénézuélien.
Les Etats-Unis et ses puissants relais au sein de l'oligarchie vénézuélienne n'ont jamais accepté de bon coeur que la fixation des prix du brut leur échappe. D'autant moins que les " majors " ont des liens historiques avec la compagnie vénézuélienne. Il n'est donc pas étonnant non plus que le complot d'avril 2002 et l'actuelle entreprise de déstabilisation au Venezuela, visant à destituer Hugo Chavez, ait une forte odeur de pétrole. Le lobby patronal, celui des cadres de la compagnie PDVSA ne fait pas mystère de son hostilité à l'OPEP et au renversement opéré entre autres par la nouvelle politique pétrolière de Chavez au début des années 2000 (garantie du pouvoir d'achat pétrolier, respect des quotas de production).
Un autre volet du pétrole sud-américain renvoie au " plan Colombie " devenu depuis " Initiative régionale pour la région andine ", une vaste zone comprenant la Bolivie, l'Equateur, le Venezuela, la Colombie et le Brésil. On sait que ce plan, sous couvert de lutter contre le narcotrafic, vise les guérillas, un processus d'intervention militaire et d'absorption d'ensembles sous-régionaux dans le cadre du grand projet de la ZLEA (Zone de libre commerce des Amériques piloté par Washington) par le biais de bases existantes ou à venir en Equateur (Manta), à Curaçao ou dans l'Arauca colombien où une unité comprenant 30 assesseurs américains sera chargée de la protection du pétrole. Démonstration si besoin était de l'intérêt stratégique porté par les Etats-Unis sur le contrôle de l'or noir de toute la région, sans compter les minerais et autres richesses en biodiversité de la zone amazonienne.
Par Bernard Duraud
 
4 - Un nouveau " grand jeu " en Asie centrale
 
La guerre en Afghanistan et l'installation de bases américaines dans les régions proches de la mer Caspienne dégageaient déjà un fort parfum pétrolier.
Le 27 décembre, le Turkménistan, l'Afghanistan et le Pakistan ont signé un accord sur la construction d'un gazoduc permettant d'extraire le gaz turkmène vers l'océan Indien en traversant l'Afghanistan. En gestation depuis vingt ans, long de 1 500 kilomètres, ce tube, dont la construction est estimée à 2 milliards, de dollars devrait voir le jour dans quatre ans si la région est suffisamment stable. Pour la première fois, ce gazoduc va permettre au Turkménistan (quatrième réserve gazière du monde) d'exporter son gaz sans passer par la Russie. Dans son roman Kim, l'écrivain britannique Kipling avait décrit le " grand jeu " auquel se livraient au XIXe siècle l'Empire britannique et l'Empire russe, par espions interposés, pour contrôler les routes commerciales en Asie centrale, dont la route de la soie. Aujourd'hui, un nouveau " grand jeu " dont l'objectif est le contrôle du pétrole et du gaz d'Asie centrale oppose désormais les Etats-Unis et la Russie ainsi que l'Iran, la Chine et la Turquie.
En juillet 2003, la Banque asiatique de développement remettra son étude de faisabilité. C'est à partir de ce moment-là que les compagnies internationales pourront former des consortiums. Nul doute que l'entreprise américaine Unocal sera sur les rangs. Cette compagnie pétrolière qui travaille avec le soutien de la CIA et d'hommes politiques influents comme l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger ou l'ancien conseiller du président Carter, Zbignew Brezinsky, avait soutenu les taliban de 1994 à 1998 en échange du contrôle de la construction de ce fameux gazoduc. L'option taliban garantissait " à la CIA et aux milices armées des grandes compagnies pétrolières américaines un accès direct aux nouveaux Etats d'Asie centrale, riches en hydrocarbures et prometteurs d'importants marchés d'infrastructures et d'équipements ", écrit Richard Labévière, auteur des Dollars de la terreur. Les représailles américaines en Afghanistan après les attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya ont mis fin à ce soutien.
La guerre menée en Afghanistan en novembre 2001 n'était pas dénuée d'intérêts économiques. En plaçant le pro-américain Hamid Karzaï à Kaboul, George Bush a mis un pied dans une zone très convoitée. Pour Zbignew Brezinsky, l'Afghanistan est au coeur d'une région qui constitue le " principal intérêt de l'Amérique ". Selon lui, les Etats-Unis doivent donc s'assurer " qu'aucune puissance unique ne prenne le contrôle de cet espace géopolitique et que la communauté mondiale puisse y jouir d'un accès économique et financier illimité ". " Le grand jeu lié à la bataille énergétique vient juste de commencer. Les Américains nourrissent l'ambition de dominer l'économie mondiale grâce à leur contrôle du robinet pétrolier. Mais c'est un jeu très compliqué, attendons d'en voir la fin ", a déclaré le général Hamid Gul, ancien chef de l'ISI, les services secrets pakistanais, à propos du futur gazoduc.
D'une superficie de 400 000 kilomètres carrés, la mer Caspienne est l'objet de toutes les convoitises. La découverte récente en Azerbaïdjan à Shah Deniz et au Kazhakhstan à Kashagan de deux gisements géants de pétrole a relancé l'intérêt pour cette zone dont les réserves pas encore totalement chiffrées sont comparables à celles des pays du Golfe. L'enclavement de cette région a transformé le transport des hydrocarbures en une question stratégique. Dans quelques années, on pourrait assister à une véritable guerre des oléoducs.
Pour l'instant, seul l'oléoduc Bakou-Novorossisk (Russie) a vu le jour (mars 2001). Son principal concurrent devrait être le projet américain Bakou-Ceyhan (Turquie) via la Géorgie. Le maintien des troupes américaines à Tbilissi, venues après le 11 septembre pour lutter contre le terrorisme, n'est bien sûr pas neutre. On comprend mieux dès lors pourquoi Moscou ne souhaite pas se retirer de la Tchétchénie, point de transit pour le pétrole de la mer Caspienne entre Bakou et Novorossisk. Et quand bien même le Kremlin le déciderait, il se heurterait aux chefs de guerre russes et tchétchènes qui se livrent à de juteux trafics en ponctionnant une partie du pétrole qui passe par cet oléoduc.
Riche en pétrole et en proie aux mouvements islamistes, l'Asie centrale possède tous les ingrédients pour qu'elle devienne le prochain champ (pétrolifère) de batailles.
Par Damien Roustel

voici une coupure que j ai découpée dans un vieux républicain
lorrain des années ' 70
le commentaire fait froid dans le dos

(transmis par J-L Chery)

                      Cette page a été mise à jour le 31/10/04. 

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