VERS une RUSSIE BALKANISEE

Tchétchénie : le Kosovo russe

tiré d'un texte anglais de Jef Bossuyt (13 octobre 1999) - (traduction encore à finaliser)

Le 7 octobre, le président tchétchène Maskhadov a envoyé une lettre au nouveau secrétaire-général de l'Otan George Robertson. Le président de la république russe rebelle l'appelait "à intervenir en conformité avec le nouvel ordre mondial établi par l'Otan" (1).

Aujourd'hui,  118.000 Tchétchènes fuient une guerre déjà commencée il y a 277 ans. En 1722, le tsar Pierre Legrand incorporait le Daghestan dans l'empire russe. Depuis lors, le territoire de Tchétchénie a servi de pied-de-biche pour forcer un chemin vers le sud et envahir la région.

En 1918, le général blanc Denikine occupa la Tchétchénie. Il forma une part de la coalition internationale qui essaya de défaire la révolution bolchevik de 1917. Durant l'intervention, les navires de guerre anglais et français croisaient en Mer Noire et les troupes débarquèrent dans les ports caucasiens de  Soukhoumi et Novorossisk. Elles furent repoussées et l'Armée rouge fut acclamée en vainqueur en Tchétchénie en 1920 (2).

En 1942, les nazis allemands occupèrent une partie de la Tchétchénie. De nombreux Tchétchènes collaborèrent et rejoignirent les unités de volontaires germaniques, combattant l'Armée rouge (3). Les Tchétchènes furent déplacés dans d'autres régions de l' Union soviétique pour prévenir un second front attaquant sur l'arrière.  Dans les années '50, ceux-ci regagnèrent la Tchétchénie.

En 1989, la presse américaine exigea la dissolution de l' Union soviétique et son ouverture au marché libre et aux multinationales occidentales. Les premières républiques qui firent sécession furent l' Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Le 'Front Populaire' qui organisa la sécession reçu l'aide d'un général d'origine tchétchène, Diokhar Dudaev. En août 1991, Dudaev supporta Eltsine lors du coup d' État à la fin de l' Union soviétique. En décembre 1991, il proclama l' indépendance de la Tchétchénie et se désigna lui-même comme son président. Depuis, l' Union soviétique a été dissoute et les autorités occidentales ont commencé à démolir l' État russe en vue d' assurer leur contrôle en Eurasie. Le stratège des États-Unis d'Amérique, Zbigniew Brzezinski, l'exprima en ces termes: "Une confédération russe plus ouverte, consistant en une Russie européenne, une république de Sibérie, et une république d' Extrême-Orient, augmenterait son développement. Chacun de ces trois composants serait plus capable de développer son potentiel créateur qui a été supprimé pendant des siècles par la pesante bureaucratie moscovite" (4).

La Tchétchénie ne reconnut pas plus longtemps l' autorité de Moscou et s'appropria l'acheminement du pétrole à travers son territoire. En décembre 1994, les troupes russes envahirent la région. Une guerre sanglante y fit 70.000 victimes, en particuliers sous les bombardements aériens, jusqu'au départ du dernier soldat russe hors de Tchétchénie en 1996.  En avril 1996, un missile russe atteignit Diokhar Dudaev, pendant qu'il installait un système de communication satellite. Élu comme nouveau président en 1997, Atlan Maskadov signa un armistice avec le général russe Lebed. En 1998, un groupe de seigneurs de guerre tchétchènes, conduit par Shamil Basaev, demanda au président Maskhadov de démissionner, à cause de sa position conciliatrice envers Moscou.

En août 1999, les seigneurs de guerre Shamil Basaev et Khatab envahirent la république russe voisine du Daghestan. Ils assassinèrent des policiers,  hissèrent le drapeau vert de la république islamique et avancèrent vers la capitale  Makhachkala. Dans les villes russes de Moscou, Buynaksk et Volgodonsk, des attentats à la bombe tuèrent 292 civils en septembre. La Russie imputa ces attaques à la bombe aux Tchétchènes et répliqua avec des bombardements de représailles sur les villages tchétchènes ainsi que sur la capitale Grozny. Au début d'octobre, l'armée russe envahit le nord et occupa un tiers du territoire tchétchène. Le 7 octobre, Maskadov envoya une lettre au secrétaire-général de l'Otan, George Robertson.  Il lui demandait "d'intervenir dans l'établissement de relations entre la république tchétchène et la Russie, conformément aux normes de la loi internationale et le nouvel ordre mondial établi par l' Otan" (1).

 

Une guerre sacrée pour le pétrole. Les deux mille soldats de Shamil Basaev qui envahirent le Daghestan étaient remarquablement et professionnellement entraînés, approvisionnés et armés. Ils avaient à leur disposition des rockets Stinger-2, réservés par l'Otan à ses États membres les plus loyaux. Avec ces rockets, ils détruisirent trois hélicoptères en présence des caméras TV. Durant l'invasion de la Tchétchénie, ils les utilisèrent pour abattre un avion de guerre Sukhoi-25, aussi bien qu'un bombardier Sukhoi-25, un des meilleurs au monde. Cela rappelle la période pendant laquelle la CIA offrait ouvertement des Stingers à la résistance afghane opposée aux troupes soviétiques. L'argent paraît provenir de pays pétroliers arabes pro-occidentaux.. Le général Khatab est originaire de Jordanie, où il organisa le corps de garde tchétchène du roi Hussein. L'invasion a prétendument été sponsorisé avec 20 millions de dollars venus de Jordanie (4bis). Suivant le journal italien 'La Repubblica', un des financiers des troupes de Shamil Basaev est le pétrolier billionaire saoudien Ben Laden. "Sa résidence favorite est l' Afghanistan. Toutefois, ses contacts avec les seigneurs de guerre tchétchènes datent de 1997. Il aurait offert de l'argent à Khatab en échange de l'entraînement de ses partisans dans les camps de la guérilla tchétchènes. Convaincu de son projet d'établir un État musulman unifié dans le Caucase, il aurait investi 25 millions dans l'opération de Basaev et Khatab. En février, le Front mondial du Jihad est formé au Pakistan avec l'aide de Ben Laden. Il avait l'intention d'unifier les principaux courants intégristes. Il supporte les rebellions armées au Tadjikistan, en Ouzbekistan, au Daghestan, et en Tchétchénie" (5)

En Afghanistan Ben Laden a rempli le rôle d'allié des États-Unis contre les Russes. Pourtant, entre-temps il devint une nuisance et fut chassé ... en Tchétchénie.

"Sa position", écrit La Repubblica, est devenue de plus en plus difficile en Afghanistan. Les USA ont décidé d'utiliser tous les moyens, diplomatie incluse,  pour exercer la pression sur le Pakistan et forcer les Talibans à l' extrader. Le terrain afghan étant devenu trop brûlant pour lui, il aurait choisi la Tchétchénie comme un refuge sûr.  Les Russes n'en ont que dire et les USA ne le bombarderaient pas comme c'est un territoire russe." (5)

Les seigneurs de guerre tchétchènes déclarèrent comme leur objectif "d' établir un État musulman et chasser les Russes du Caucase". Cet objectif  convient parfaitement au projet des multinationales pétrolières américaines et européennes. Elles désirent contrôler les champs et transports pétroliers dans le Caucase et donc éliminer les pipe-lines sur le territoire russe. Tout le pétrole devrait alors être transporté à travers la Géorgie et la Turquie, deux États contrôlés par les USA. Pour les États pétroliers arabes, la guerre est le meilleur moyen pour affaiblir leur rival azerbaïdjanais, dont les lignes d' exportation sont menacées. 

Les USA et la stratégie de la terreur.

Dans le magazine Military Review (6), le major américain Raymond C. Finch décrit l'emploi du terrorisme dans la stratégie militaire des États-Unis.

"La guerre future", écrit Finch, "n'est le plus probablement pas comme le fils de Tempête du Désert (la guerre contre l'Irak), elle sera plutôt comme le beau-fils de la Somalie et de la Tchétchénie. En Somalie, en dépit d'une écrasante supériorité de puissance de feu et technologique, un groupe de 'rebelles' légèrement armé força effectivement l'armée US hors du pays. Pour un temps au-moins, les Tchétchènes, sous la courageuse direction de Shamil Basaev, ont gagné leur indépendance et leur liberté.

En août 1991, Basaev était à Moscou, et armé d'une paire de grenades à main, vint défendre Eltsine dans le Parlement russe. En 1992, il kidnappa un avion de  passagers dans la ville proche de Mineralnye Vody exigeant des Russes de pouvoir quitter d'urgence le pays ou l'avion exploserait.

En 1995, caché dans deux camions, Basaev et environ 150 combattants choisis devaient entrer sur le territoire russe. Son intention était d'atteindre Moscou et libérer de la véritable terreur dans laquelle les résidents de Tchétchénie ont été exposés depuis les six derniers mois. Ils espéraient forcer les dirigeants russes de venir à la table de négociations. A Budennovsk, une cité à 120 kms au nord de la frontière tchétchène, la police locale l'arrêta. Atteignant l'hôpital, ils bloquèrent les sorties. Il y avait 1.500 patients dans l'hôpital.  Il exposa les otages le long des fenêtres pour décourager les Russes de tirer. Plus d'une centaines d'otages furent tués quand les forces spéciales essayèrent de prendre l' hôpital d'assaut. Pour assurer une fuite sûre, Basaev réclama qu'un certain nombre d'otages accompagnent le retour des Tchétchènes en Tchétchénie. Il fallut quelque temps aux Russes pour rassembler six bus. Le convoi entra en Tchétchénie, les otages furent libérés et les Tchétchènes furent célébrés.

Les prouesses militaires conventionnelles ne sont pas valables contre des forces rebelles, conduites par des dirigeants habiles et déterminés. La notion selon laquelle le champ de bataille est isolé et le combat est réduit à ceux qui portent des uniformes est absurde. Comme nous entrons dans le 21e siècle, la structure de la guerre apparaît être changée. Dans un match de football, seulement l'uniforme des joueurs concourt contre une équipe opposée. Les soldats combattent d'autres soldats. Maintenant, certains de ces joueurs ont changé dans le jeu, entraînant toutes sortes de dégâts.

L' armée US semble vouloir maintenir la distinction entre les opérations militaires et les opérations criminelles. Mais, elle doit développer une doctrine capable de relever une plus grande variété de canailles et de défis."

Les conclusions du major américain Finch nous apprennent que "Basaev a employé de sales méthodes à l'encontre des lois établies. Mais, à la lumière de l'indépendance tchétchène, ses actions sont courageuses et estimables." (6) Comme quoi, il est dit clairement que le soutien aux terroristes comme Ben Laden ou Shamil Basaev ne pose pas problème, étant donné qu'ils mènent l'action contre les adversaires de l'Amérique. 

Dans une seconde phase, dès que le sale travail est exécuté, ils doivent ouvrir la voie à une force de maintien de la paix de l'Otan. Les terroristes doivent être mis en réserve, bien qu' il n'est pas toujours simple de manoeuvrer. Major Finch: "Finalement, les USA doivent être prudents avec ceux avec qui ils partagent leurs compétences et secrets. Basaev illustre les problèmes qui peuvent se développer quand le gouvernement élu légitimement fournit l'entraînement et l'équipement militaires à des alliés douteux. Des combattants de la liberté d'aujourd'hui peuvent être transformés en terroristes de demain." (6)

La même attitude dans le respect de la terreur, les USA l'ont jouée au Kosovo. Jusqu'à la fin de 1998, ils déclarèrent -correctement- que l'Armée de Libération du Kosovo UCK était une organisation terroriste, un gang de la drogue. Jusqu'à ce que les USA décident de supporter l'UCK depuis que sa terreur était dans l'intérêt de l'Ouest. L'augmentation de la violence entre Kosovars et Serbes procura un prétexte pour bombarder la Yougoslavie et envahir et occuper le Kosovo.

 

La sœur de beaucoup de guerres

Daghestan

L'importation de pétrole vers la Russie ne doit pas nécessairement s'effectuer à travers la Tchétchénie. Depuis longtemps déjà, la Russie avait  planifié un pipe-line alternatif à travers le Daghestan vers l'Est. Depuis que Basaev a envahi le Daghestan en août dernier, plus une seule compagnie pétrolière ne garde des intentions d'y investir un penny. 

Tcherkessie - Karatchie

La Tchétchénie pourrait aussi être contournée vers l'ouest au moyen d'un pipe-line par la Tcherkessie - Karatchie. Est-ce une coïncidence que déjà y éclate un mouvement séparatiste? Le 27 août, les forces de police tirèrent dans la foule quand des milliers de Tcherkesses prirent d'assaut le quartier central de la capitale et assiégèrent les bâtiments gouvernementaux. "Les supporters de Diergol refusèrent de reconnaître le récent président élu Semionov et étaient seulement intéressés par l'établissement de leur propre république et la sécession de la Tcherkessie - Karatchie." (7)

"Suivant l'historien Rachid Khatuev,  le premier but de la sécession est le contrôle sur le pipe-line Bakou - Novorossisk. Si l'on réussit à contourner la Tchétchénie et le Daghestan, par exemple avec des tankers vers Astrakhan, alors on se trouve le plus près possible du port de Novorossisk. A qui est-ce utile? Les Tcherkesses ont une large diaspora à l'étranger, spécialement en Turquie, où ils ont une tout à fait grande influence. Durant les élections en Tcherkessie, est même venu le prince de Jordanie , Ali Ben Hussain, le frère du roi Hassan. Il appela à voter pour Dierev. La mère du prince jordanien étant bien Tcherkesse, pourquoi n'aurait-il pas à voir avec nos élections ?" (8)

Azerbaïdjan

Ce vieux État pétrolier essaie de reconquérir le Naghorny - Karabach, appartenant officiellement à l' Azerbaïdjan mais étant occupé par des milices de la population arménienne. La Russie fournit des armes à l' Arménie. Le 17 juin, le ministre azerbaïdjanais de la Défense, Safar Abijev réclama que " l' Otan s'implique dans la résolution du conflit ". Précédemment déjà, des porte-parole azerbaïdjanais avaient proposé à l'Otan d'y établir une base militaire. A Bakou,  on croit qu'un clair parallèle existe entre le Kosovo et le Naghorny - Karabach. L' Azerbaïdjan a suggéré d'envoyer une force de paix au Kosovo et ses soldats participent à des manoeuvres au Canada dans le cadre du Partnership pour la Paix de l'Otan (8bis).

Afghanistan

De 1979 à 1989, une guérilla fit la guerre contre les troupes soviétiques engagées en Afghanistan. Les insurgés étaient armés par les États-Unis avec des rockets Stinger et financés par  les richesses saoudiennes de Ben Laden (9). Pourtant, après avoir délogé l'armée soviétique d' Afghanistan, la nationale bourgeoisie chiite du président Najibullah pencha vers l' Iran, qui était une épine dans le pied des États-Unis. Les USA et l' Arabie Saoudite  supportèrent donc le Taliban, une organisation sunnite musulmane opérant du Pakistan (10). En octobre 1996, le Taliban prit la capitale Kaboul et Ben Laden devint un héros national. Depuis, le Taliban avance au nord et menace maintenant le pays voisin, l' Ouzbékistan.

Tadjikistan

En 1992, le Parti Islamique de la Résurrection saisit le pouvoir. Il était supporté depuis l' Iran, où le même langage est parlé. En outre, il était en relations étroites avec les mouvements sécessionnistes dans les États baltes et reçut l'appui de 'démocrates' comme Eltsine. Pourtant, des fermiers kolkhoziens se soulevèrent en une révolte armée et amenèrent le président Rakhmonov au pouvoir. L'opposition islamique se sauva en Afghanistan. Plus tard, ils revinrent "maintenant sponsorisés par le Pakistan, dans de superbes uniformes américains, avec des Stingers et des observateurs de nuit, des stations radio Motorola et des jeeps" (11). Une guerre civile sanglante s'en suivit, causant 200 000 victimes  et 500.000 réfugiés. En juin 1997,  Rakhmonov concéda un tiers des postes ministériels à l'opposition musulmane.. Le pays est devenu depuis un foyer de troubles pour ses voisins. Les unités frontalières russes apparaissent être incapables de stopper les infiltrations.

Kirghizie

En août, l'opposant ouzbek Juma Namangan envahit ce pays venant du Tadjikistan avec 2.000 hommes. Le point final ainsi que le scénario furent identique à l'invasion du Daghestan par Basaev. Le seigneur de guerre Namangan a combattu précédemment les rebelles islamiques au Tadjikistan et ensuite a rejoint le Taliban en Afghanistan. Ses forces consistent en Tadjiks, Afghans, Arabes et Ouzbeks (12). Ils capturèrent comme otages quatre géologues japonais, qui prospectaient de l'or, ainsi que le commandant des services kirghizes de sécurités. Le président Akaev réclama le support militaire de la Russie et de l' Ouzbékistan (12).

 

Le Group de Shanghai

En réponse à l'offensive d'encerclement et de démantèlement de la Russie venant du Sud, de nouvelles alliances se dessinent. Les 'Trois' (Chine, Russie et Inde) se renforcent contre les 'Sept' (les sept pays les plus riches). La Chine réalise que si l' Ouest réussit à découper la Russie, la Chine deviendra le prochain objectif. Parmi la population  ouïgour de Chine s'élève une agitation en faveur d'une propre indépendance, et dans l'État islamique du Turkestan en Asie centrale. Ce mouvement de sécession prend exemple sur Taiwan et le Tibet. L' Inde, traditionnellement alliée de la Russie, dispute un conflit avec le Pakistan à propos du Cachemire .

Les  'Trois' et leurs alliés

Le 25 août, le cinquième sommet du Groupe de Shanghai eu lieu en Kirghizie. Il réunit les président de Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizie et Tadjikistan (8). Ils discutèrent de la question du terrorisme dans leurs pays respectifs. Ils objectèrent contre le prétexte des droits humanitaires pour intervenir dans les affaires intérieures des autres pays et plaidèrent la cause d'un 'monde multipolaire'. Ceci signifie clairement : contre un monde dominé par l' Otan. L'alliance fut scellée par la vente à la Chine d'avions de combat russes C-30.

Les 'Sept'

Opposés aux 'Trois' et leurs alliés, les 'Sept', qui viennent des pays de l'Otan, sont à la recherche de points d'appui pour mener leur offensive dans la région. La Turquie compte  la Géorgie et l' Azerbaïdjan parmi sa sphère d'influence. L' Afghanistan et le Pakistan sont une base pour les seigneurs de guerre musulmans, pour chasser les Russes du Caucase. Et évidemment, de Tchétchénie.

 

Conséquences logiques de l'état de terreur

Déclaration du CC du Parti Communiste des Travailleurs de Russie (Victor Tyulkin)

Le terrorisme tchétchène est causé par le eltsinisme.

"Une série d'attentats terroristes  a débuté avec l'explosion dans le centre commercial de Manezhnaya Square à Moscou. Il a continué avec des explosions dans les villes de Buynaksk, Moscou et Volgodonsk. Elle confirme simplement l'escalade qui s'est développée en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques depuis longtemps. Le nouvel aspect est le fait que les guerres civiles et la violence sanglante qui prennent place aux frontières de la Russie seulement, se répand maintenant aussi sur la capitale.

La raison réelles des événements est l'annulation de la société soviétique.  Le pouvoir antérieur et la loi étaient tournés vers l'égalité des gens aux niveaux social et national. Pourtant, à présent, une société est bâtie sur base d'une évidente inégalité et de la propriété. Ceci a amené de méprisables tendances parmi les gens, une lutte de pouvoir cruelle, le séparatisme des élites nationales, et, centralement, les principes de divisions et de conquêtes.

Dans tous les conflits opposant civils et nationalisme dans l'ancienne Union soviétique, les régimes dominant actuellement de la CEI (la Communauté des États Indépendants) sont coupables. Le principal coupable est la clique de Eltsine et ses sponsors occidentaux.  Il est bien connu depuis longtemps que les meilleurs des 'démocrates' russes, les États-Unis d'Amérique, font maintenant des plans pour démanteler, après l' Union soviétique, aussi la Russie. En ceci, ils attachent un important rôle à la région du Caucase aussi bien qu'au facteur islamique. Les USA essaient de détourner d'eux les terroristes musulmans de l'impérialisme américain contre la Russie.

La carte tchétchène n'est pas jouée pour la première fois. Aujourd'hui, nous sommes témoins de l'expansion vers le territoire russe qui a été prévue par des spécialistes depuis longtemps. Les motifs du  et des chefs tchétchènes sont identiques. Ils veulent régner sur leur propre peuple aussi bien que sur d'autres peuples. Ils ont faim de pouvoirs et de profits et sont effrayés de prendre la responsabilités de leurs actes. Pour cela, ils ont les mêmes méthodes pour assurer leur domination et atteindre le pouvoir.

Le siège du bâtiment du Parlement en octobre 1993  n'était pas moins un scandaleux et grave crime qu'une explosion de quartiers résidentiels. Aussi durant l' 'octobre noir, des centaines d'innocents ont péri. L'existence de la Tchétchénie dans sa forme actuelle est le résultat de la déclaration de Eltsine: "Prenez autant d'indépendance que vous pouvez avaler!" et de la guerre lancée de 1994 jusqu'à 1996. En fait, Eltsine est non seulement le parrain de Maskhadov, mais aussi de Basaev et Khatab. Ce n'est pas une coïncidence que durant les élections du parlement de la CEI en 1995, les dirigeants tchétchènes rassemblèrent le plus de votes pour le parti gouvernemental 'Notre Maison Russie',  48%. Aussi pour les élections présidentielles de 1996, Eltsine ne reçut pas ailleurs plus de support qu'ici, 73%. La circonscription de Tchétchénie (et ses plus singuliers candidats et garants, le régime russe) étendirent leur sphère meurtrière d'influence.

 

Dans le but de répondre à la question 'Qui bénéficie de ceci ?', on doit suivre une série de faits notables : 

Premièrement. On détourne l'attention des problèmes sociaux et des régressions dont souffre le peuple russe. Ils ont déjà causé des millions de victimes et en causeront encore beaucoup plus. On détourne l'attention de la révélation d'affaires financières scandaleuses dans lesquelles sont impliqués des officiels haut-placés.

Deuxièmement. On crée une tension de peur à l'intérieur de la population. Cette tension sert à consolider la société autour du régime qui prétend combattre le terrorisme.

Troisièmement. La repoussante image du terrorisme - extrémiste est imprimée dans la conscience sociale. L'horreur de telles images est facilement transmises par les médias contre les opposants politiques qui assument une position radicale, en particulier les communistes.

Quatrièmement. Dans chaque cas, on crée les conditions pour déclarer la loi martiale, réprimant l'opposition. 

 

Conclusions

L'origine des tragédies sanglantes est le régime au pouvoir et de sa politique restaurant le capitalisme en Russie. Pour stopper la tragédie, les forces anti-populaires du pouvoir doivent être brisées de tous leurs leviers, de Eltsine à Maskhadov. Les travailleurs sont pour la restauration du réel pouvoir du peuple dans la forme des soviets. (13)

 

 

Références

(1) ORT TV-News, 10-7-99 and Newsline, 10-8-99

(2) Le Monde Diplomatique, January 1995

(3) Etudes Marxistes / Marxistische Studies, September 1996, p 125

(4) Zbigniew Bzezinski, The big chess-board, 1997, in Etudes Marxistes / Marxistische Studies, January 1999, p 124

(4bis) Itar-Tass, 10-1-99

(5) La Repubblica, 9-10-99

(6) R.C. Finch, Foreign Military Studies Office, A face of future battle: Chechen Fighter Shamil Basaev, Military Review, June - July 1997

(7) Izvestia, 9-7-99

(8) Moskovskie Novosti 33, 9-6-99

(8bis) Paul Goble, Newsline, 6-18-99

(9) www.stratfor.com, 10-12-99

(10) Le Monde, 10-8-96

(11) Alexander Sivov, eye-witness account in "Patriot"

(12) Far Eastern Economic Review, September 1999

(13) Trudovaya Rossia 17 (98), 9-23-99

                                                             

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