Cia atrocités

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Un ex-agent raconte comment la CIA fabrique des«atrocités»...

 
From: "Editions EPO" <karine.alvarez@epo.be>
Sent: Monday, January 14, 2002 11:45 AM

Vous avez déjà lu Attention médias! de Michel Collon?
Attention médias. Les médiamensonges du Golfe, Michel Collon, 24,70 Euros,
162FF, 998FB, (ISBN 2-87262-087-7)


> Extrait de "Attention Médias!" (Michel Collon), p177, réédité 2000,
> disponible à:
>
editions@epo.be  (Travail)
 
Un ex-agent raconte comment la CIA fabrique des «atrocités»...

Cubains «violeurs» en Angola?
La désinformation - le placement de fausses informations dans les médias - a été une tâche essentielle des services secrets américains depuis quelques dizaines d'années. Grâce à l'ex-responsable de la CIA John Stockwell, qui perdit ses illusions en l'agence dans les années 70, il est possible de repérer certains de ces canulars depuis l'origine, l'imagination d'agents secrets, jusqu'à leur diffusion massive à travers les médias.

Au milieu des années 70, Stockwell dirigeait la Cellule Angola qui tentait d'empêcher un gouvernement de gauche de prendre le pouvoir dans ce pays riche en pétrole, et cela en soutenant des groupes de guérilla rivaux, dont l'Unita de Jonas Savimbi, soutenue par l'Afrique du Sud. «Le tiers de mon équipe dans cette cellule était constitué de propagandistes dont la profession, permanente, consistait à fabriquer des histoires et à trouver les moyens de les faire passer dans la presse», déclara Stockwell à la TV britannique Channel 4, fin octobre 85.

Dans son livre «In Search of Enemies» (dont les bénéfices vont à la CIA par suite d'une action judiciaire que le gouvernement lui a intentée pour divulgation de secrets), Stockwell a décrit comment, la CIA diffusait ses histoires: «des experts en propagande s'affairaient à placer les articles dans les quotidiens de Kinshasa Elimo et Salongo. Ils étaient alors recopiés par les télex de l'agence et envoyés à nos cellules d'Europe, d'Asie et d'Amérique, qui les passaient en secret aux journalistes que nous avions recrutés dans les principales agences d'informations et ceux-ci veillaient à ce que beaucoup soient repris dans la presse mondiale. (...) Les reporters occidentaux couvraient généralement la guerre d'Angola en toute sécurité depuis les capitales de la Zambie ou du Zaïre pro-occidentaux; beaucoup prêtaient foi aux propagandistes de la CIA basés là. Bien que, comme Stockwell l'indique, les conseillers US furent les premiers à intervenir dans le conflit angolais après l'indépendance obtenue du Portugal, les agents de la CIA diffusèrent des histoires selon lesquelles les Etats-Unis n'étaient intervenus qu'en réponse à l'arrivée des Soviétiques. Pour dépeindre le mouvement anticolonialiste du MPLA, qui cherchait à former un gouvernement stable, comme de simples marionnettes des Soviétiques, la section de Lusaka de la CIA diffusa une histoire selon laquelle les forces de l'Unita appuyées par les USA avaient capturé vingt conseillers soviétiques lors d'une bataille en Angola. Non seulement les prisonniers et la bataille étaient imaginaires, affirme Stockwell, mais en plus la CIA n'avait aucune preuve de la présence d'aucun conseiller soviétique du tout dans le pays. Mais (...) le Washington Post publia l'histoire le 22 novembre 1975, à côté d'un démenti de l'agence soviétique Tass.

Un autre thème favori de la CIA, c'était les atrocités commises par les soldats cubains combattant aux côtés du gouvernement MPLA contre les guérillas appuyées par la CIA et l'Afrique du Sud. Le problème était que la CIA ne pouvait présenter aucune atrocité; Stockwell décrit les Cubains comme «se comportant de façon particulièrement correcte». Mais un agent de la CIA à Lusaka obtint une couverture de presse générale en fabriquant une fable, à laquelle il ajoutait de nouveaux prolongements, chaque fois transmis aux reporters.

«Il inventa quelques soldats cubains violant plusieurs jeunes filles angolaises», déclara Stockwell à Channel 4. «Puis, il y eut une bataille et il inventa la capture de celte unité cubaine. Puis, il imagina les
victimes angolaises identifiant les violeurs et un procès s'ensuivant. Puis, il les fit exécuter par un peloton d'exécution composé des femmes supposées avoir été violées, avec des photos de ces jeunes Africaines en train de tirer sur les Cubains.»

L'histoire des victimes abattant les violeurs cubains fut diffusée dans le monde entier, via les agences AP et UPI, le 12 mars 1976. Elle fut reprise par des journaux américains prestigieux comme le New York Times, le Chicago Tribune et le Boston Globe.

Extrait de la revue Fair (USA), janvier 91.
 
14/01/2002