Jung au jour le jour ...


 

L'intégration de l'inconscient passe par la nécessité d'une "mort", notre ancien moi doit disparaître pour faire place à une nouvelle personnalité plus vaste qui inclut l'inconscient. Cette image alchimique est présente dans de nombreux rêves qui nous invitent à une transformation intérieure. La mort dans les rêves a souvent ce sens.


Avril 2002

"Aujourd'hui, personne ne fait attention à ce qui gît derrière les mots, aux idées de base qui sont là. Et pourtant l'idée est la seule chose qui soit vraiment là. Ce que j'ai fait dans mon oeuvre, c'est simplement donner de nouveaux mots à ces idées, à ces réalités. Considérez par exemple le mot "inconscient". Je viens d'achever la lecture d'un livre écrit par un bouddhiste zen chinois. Et il m'a paru que nous parlions de la même chose, et que la seule différence entre nous venait de ce que nous donnions des noms différents à la même réalité. Ainsi l'emploi du mot "inconscient" importe peu, ce qui compte, c'est l'idée qui se trouve derrière le mot."


Mars 2002

"Il n'y a pas de technique ni de doctrine thérapeutique qu'on puisse appliquer d'une façon générale, étant donné que chaque malade qui se présente à l'analyste est un individu dans un état particulier. Je me souviens d'un patient que je dus soigner pendant une période de neuf ans. Je le voyais seulement quelques semaines chaque année, parce qu'il vivait à l'étranger. Dès le début, je sus de quoi il souffrait réellement, mais je vis aussi que la moindre tentative pour lui faire entrevoir la vérité se heurtait à des réactions de défense si violentes qu'elles menaçaient de rompre tout contact entre nous. Que cela me plût ou non, il me fallait faire de mon mieux pour préserver la continuité de nos rapports, et suivre son inclination, qui trouvait un appui dans ses rêves, et nous entraînait toujours plus loin des racines de sa névrose. Nos discussions se perdaient en digressions telles que je m'accusais souvent d'égarer mon malade. Seul, le fait que son état s'améliorait lentement, mais visiblement, m'empêcha de le confrontert brutalement à la réalité.

Au cours de la dixième année, toutefois, mon patient se déclara guéri, et délivré de tout symptôme morbide. J'en fus surpris, car théoriquement, son état était incurable. Remarquant mon étonnement, il sourit, et me dit en substance: "Je veux vous remercier pour le tact infaillible et la patience dont vous avez fait preuve en me permettant de tourner autour de la cause pénible de ma névrose. Aujourd'hui, je suis prêt à tout vous raconter. Si j'avais eu le pouvoir d'en parler librement, je l'aurais fait dès ma première consultation. Mais cela aurait détruit tout rapport entre nous. Et que serais-je alors devenu? J'aurais fait moralement faillite. Tout au long de ces dix ans, j'ai appris à vous faire confiance. Au fur et à mesure que ma confiance croissait, mon état s'améliorait. Il s'est amélioré parce que ce lent processus m'a permis de recommencer à croire en moi-même. Aujourd'hui, je me sens assez fort pour parler avec vous de ce qui me détruisait."

Et il m'avoua son problème avec une franchise bouleversante qui me fit comprendre les raisons du cours particulier qu'avait dû prendre notre traitement. Le choc initial avait été si violent qu'il s'était trouvé incapable d'y faire face seul. Il avait besoin de l'aide d'un autre, et la tâche thérapeutique qui m'incombait était d'établir progressivement des relations de confiance et non pas de démontrer une théorie clinique.

Ce sont des cas de ce genre qui m'ont appris à adapter mes méthodes aux besoins des patients pris dans leur individualité, plutôt que de m'engager dans des considérations cliniques générales qui ne s'appliqueraient peut-être à aucun cas particulier. La connaissance de la nature humaine que j'ai accumulée pendant le cours de mes soixante ans d'expérience clinique m'a appris à considérer chaque cas comme un cas nouveau, pour lequel avant tout il me faut trouver une méthode d'approche particulière.

Quelquefois, je n'ai pas hésité à plonger dans une étude minutieuse de fantasmes et d'événements infantiles. Dans d'autres cas, j'ai commencé au sommet, même si cela m'obligeait à m'élever jusqu'aux spéculations métaphysiques les plus abstraites. L'essentiel est d'apprendre le langage propre de l'individu, et de suivre les tâtonnements de son inconscient vers la lumière. A chaque cas sa méthode.

Cela est particulièrement vrai quand on veut interpréter les symboles et les rêves."


Février 2002

"L'anima inconsciente est un être autoérotique, tout à fait incapable de relation, qui ne cherche rien d'autre que la prise de possession totale de l'individu, ce par quoi un homme se trouve féminisé d'étrange et pernicieuse manière. Cela se manifeste par une humeur instable et un manque de contrôle de soi qui finissent par corrompre également les fonctions jusque-là sûres et raisonnables, par exemple l'intelligence, en engendrant des pensées et des opinions pareilles à celles que l'on blâme à juste titre ches les femmes possédées par leur animus."


Janvier 2002

"Imaginez un homme qui soit assez courageux pour retirer, sans exception, toutes ses projections et vous aurez un individu qui aura pris conscience d'une ombre étonnamment épaisse. Un tel homme s'est chargé de nouveaux problèmes et de nouveaux conflits. Pour lui-même il est devenu une grande tâche, car désormais il ne saurait plus dire que "eux" font ceci ou cela, que "les autres" sont dans l'erreur et qu'il faut "les" combattre. Il vit dans la "maison de la réflexion sur soi-même", du recueillement intérieur. Un tel homme sait que tout ce qui va de travers dans le monde agit aussi en lui-même; si seulement il apprend à traiter avec sa propre ombre, il aura accompli quelque chose de réel pour le monde. Il aura alors réussi à résoudre au moins une partie, ne fût-elle qu'infinitésimale, des gigantesques problèmes irrésolus de notre époque."


Décembre 2001

" Cet inconscient qui gît dans la structure du cerveau et qui ne fait connaître sa présence vivante que lorsqu'il crée des fantasmes, c'est l'inconscient transpersonnel. Il est vivant dans l'homme qui crée, il se manifeste dans la vision de l'artiste, dans l'inspiration du penseur, dans l'expérience intérieure de l'être religieux. En tant que structure du cerveau universellement partagée, l'inconscient transpersonnel est un esprit universellement partagé, "omniprésent" et "omniscient". L'homme, il le connaît tel qu'il a toujours été, et jamais tel qu'il est dans l'instant présent; il le connaît en tant que mythe. Aussi, le rapport de l'homme à l'inconscient transpersonnel ou collectif est-il un élargissement au-delà de lui-même, une mort pour son être personnel et une renaissance à une nouvelle dimension, comme l'ont expressément représenté certains Mystères dans l'Antiquité. Et certes sans sacrifier celui qu'il est actuellement, l'homme ne peut atteindre celui qu'il était - et sera toujours. C'est l'artiste qui a le plus à dire sur ce sacrifice de l'homme personnel, à moins que nous sachions nous contenter du message des Evangiles."


Novembre 2001

"Il est exclus que l'inconscient puisse être totalement "vidé", pour la simple raison que ses forces créatrices sont toujours en mesure d'engendrer des formes nouvelles. La conscience, si vaste qu'elle puisse être, reste le petit cercle à l'intérieur du grand cercle de l'inconscient, l'île environnée par l'océan; et, tout comme la mer, l'inconscient, lui aussi, donne sans cesse naissance à une foule innombrable et toujours renouvelée d'êtres vivants dont on ne peut espérer saisir toute la richesse. On peut être instruit depuis très longtemps de l'importance des contenus inconscients, de leur action et de leurs caractères, sans en avoir jamais sondé la profondeur et les possibilités, car ils sont susceptibles d'infinies variations et ne peuvent, en fait, jamais être désamorcés en eux-mêmes et pour eux-mêmes. La seule façon de les atteindre dans la pratique consiste à essayer de fournir au conscient une attitude permettant à l'inonscient de coopérer au lieu de s'opposer (...) Chaque nouveau cas exigeant un traitement approprié est toujours un travail de pionnier, et toute trace de routine se révèle être une fausse direction. C'est pourquoi les formes les plus hautes de la psychothérapie sont une activité très exigeante, où surgissent parfois des problèmes qui ne demandent pas seulement de l'intelligence et de la compréhension, mais requièrent l'homme tout entier."


Octobre 2001

"C'est l'individu qui est par excellence le facteur de différenciation. Les plus grandes vertus, les créations les plus sublimes, comme aussi les pires défauts et les pires atrocités, sont individuelles. Plus une communauté est nombreuse, plus la somme des facteurs collectifs qui est inhérente à la masse se trouve accentuée au détriment de l'individu, par le jeu des préjugés conservateurs. Plus aussi l'individu se sent moralement et spirituellement anéanti, ce qui tarit ainsi la seule source possible du progrès moral et spirituel d'une société. Dès lors, seuls prospéreront la société et ce qu'il y a de collectif dans la personne. Tout ce qu'il y a d'individuel dans la personne est condamné à sombrer, c'est-à-dire à être refoulé. De ce fait, tous les facteurs individuels deviendront inconscients, tomberont dans l'inconscient. Ils y végéteront et s'y transformeront selon une loi implacable en une sorte de négativité systématique, de principe malin, qui se manifestent par des impulsions destructrices et des comportements anarchiques. Ces tendances deviendront agissantes sur le plan social, chez l'individu tout d'abord : certains sujets à tempérament prophétique deviennent l'instrument de crimes à sensation, meurtre de roi, etc. Mais elles se font sentir chez tous de façon indirecte, à l'arrière-plan, par une décadence morale inévitable de la société."


Septembre 2001

"Je mis le plus grand soin à comprendre chaque image, chaque contenu de l'inconscient, à l'ordonner rationnellement - autant que faire se pouvait - et, surtout, à le réaliser dans ma vie. Car c'est cela que l'on néglige le plus souvent. On laisse à la rigueur monter et émerger les images, on s'extasie peut-être à leur propos, mais, le plus souvent, on en reste là. On ne se donne pas la peine de les comprendre, et encore bien moins d'en tirer les conséquences éthiques qu'elles comportent. Ce faisant, on sollicite les efficacités négatives de l'inconscient. Même celui qui acquiert une certaine compréhension des images de l'inconscient, mais qui croit qu'il lui suffit de s'en tenir à ce savoir, est victime d'une dangereuse erreur. Car quiconque ne ressent pas dans ses connaissances la responsabilité éthique qu'elles comportent succombera bientôt au principe de puissance."


Août 2001

"Dès que la libido (énergie vitale) quitte le monde qu'éclaire le soleil, soit par décision de l'individu, soit par une déperdition de force vitale, elle retombe dans sa propre profondeur, retourne à la source dont elle a jailli naguère, à ce point de rupture, le nombril, par où elle a pénétré dans notre corps. Ce point de rupture, c'est la mère. C'est en elle que fut pour nous la source de la libido. Ainsi quand l'homme faible, doutant de sa force, renonce à une grande oeuvre, la libido reflue à cette source; c'est l'heure dangereuse où il décide de son anéantissement ou d'une nouvelle vie. Si jamais la libido s'attarde au pays mirifique de son monde intérieur, alors l'homme n'est plus qu'une ombre pour le monde extérieur; il est pour ainsi dire mort ou condamné. Si au contraire, la libido réussit à se délivrer et à percer jusqu'au monde supérieur, alors se produit un miracle : ce séjour aux enfers a agi sur elle comme l'eau de Jouvence, l'a métamorphosée, et de sa mort apparente, surgit une fécondité nouvelle."


Juillet 2001

"Peu importe ce que le monde pense de l'expérience religieuse; celui qui l'a faite possède l'immense trésor d'une chose qui, pour lui, est devenue une source de vie, de signification et de beauté et qui a donné un nouvel éclat au monde et à l'humanité. Il a la foi et la paix. Où est le critère qui permettrait de dire qu'une telle vie n'est pas légitime, qu'une telle expérience n'est pas valable, et qu'une telle foi n'est qu'une simple illusion? Y a-t-il en fait une meileure vérité sur les choses ultimes que celle qui nous aide à vivre?"


Juin 2001

"L'homme qui a conscience de ce qu'est son principe directeur sait avec quelle autorité indiscutable ce principe dispose de notre vie. Mais en général la conscience est trop absorbée par son désir de parvenir aux fins qu'elle s'est proposée pour chercher à se rendre compte de la nature de l'esprit qui détermine la vie"


Mai 2001

"Les phénomènes d'apparition de l'anima font partie de ces phénomènes-limites qui se produisent de préférence dans certaines situations psychiques particulières. De telles situations se caractérisent toujours par l'effondrement plus ou moins brutal d'une forme de vie ou d'un monde d'existence qui apparaissait auparavant comme la condition indispensable ou comme le fondement de toute existence individuelle. Lorsqu'une catastrophe de ce genre se produit, non seulement toutes les possibilités de retour en arrière sont coupées, mais encore toutes les voies vers l'avant semblent barrées. On se trouve devant un champ obscur, désespérément impénétrable, dont le vide insondable est soudain rempli par la vision clairement perceptible ou par la présence tangible d'un être étrange mais secourable, de la même manière qu'au bout d'un long moment de solitude le silence ou l'obscurité s'animent d'une vie que l'on peut voir, entendre ou toucher, et notre propre "inconnu" intérieur s'approche de nous sous l'aspect d'une figure inconnue (...) C'est là le moment où apparaît l'anima, un archétype de l'âme objective, de l'inconscient collectif, pour se faire l'interprète de la destinée."


Semaine du 1er au 7 janvier 2001

"Quand une situation intérieure n'est pas amenée à la conscience, elle se manifeste à l'extérieur, sous forme de destin."


Semaine du 18 au 24 décembre 2000

"Quand arrive ce moment, une compensation pleine de santé entre en jeu. Une réaction surgit de l'inconscient collectif et lutte contre la dangereuse tendance à la désintégration. Elle est caractérisée par des symboles qui signalent, sans qu'on puisse s'y tromper, un processus de centration. Ce processus ne crée rien moins qu'un nouveau centre de la personnalité, dont les symboles montrent à l'évidence qu'il est surordonné au moi et dont la position se prouvera en effet empiriquement par la suite. Ce centre ne peut être rangé dans la même classe que le moi, il faut lui accorder une valeur plus haute. On ne peut pas davantage lui donner le nom de moi, c'est pourquoi je lui ai donné le nom de soi. C'est un happening vital qui provoque une transformation de la personnalité. J'ai appelé le processus qui conduit à cette expérience le "processus d'individuation"."


Semaine du 11 au 17 décembre 2000

"En opposition à l'opinion freudienne bien connue, selon laquelle le rêve, dans son essence, n'est que la réalisation d'un désir, je prétends que le rêve est une autoreprésentation, spontanée et symbolique, de la situation actuelle de l'inconscient. Cette conception s'oppose, à première vue, à la formule freudienne par son renoncement délibéré à exprimer quoi que ce soit sur le sens du rêve. Elle avance seulement que le rêve est une représentation symbolique des contenus inconscients. Elle ne discute pas la question de savoir si ces contenus sont ou ne sont pas des voeux exprimés."


Semaine du 4 au 10 décembre 2000

"Je mis le plus grand soin à comprendre chaque image qui se présentait à moi, chaque contenu, à l'ordonner rationnellement - autant que faire se pouvait - et, surtout, à le réaliser dans la vie. Car c'est cela que l'on néglige le plus souvent. On laisse à la rigueur monter et émerger les images, on s'extasie peut-être à leur propos, mais, le plus souvent, on en reste là. On ne se donne pas la peine de les comprendre, et encore bien moins d'en tirer les conséquences éthiques qu'elles comportent. Ce faisant, on sollicite les potentialités négatives de l'inconscient. Même celui qui acquiert une certaine compréhension des images de l'inconscient, mais qui croit qu'il lui suffit de s'en tenir à ce savoir est victime d'une dangereuse erreur. Car quiconque ne ressent pas la responsabilité éthique qu'elles comportent succombera bientôt au principe de puissance. Des effets destructeurs peuvent en résulter, destructeurs pour les autres, mais aussi pour le sujet lui-même. Les images de l'inconscient imposent à l'homme une lourde responsabilité. Leur non-compréhension, autant que le manque du sens de la responsabilité éthique, privent l'existence de sa totalité et confèrent à bien des vies individuelles un caractère pénible de fragmentarité."


Semaine du 27 novembre au 3 décembre 2000

"Les pronostics de la fonction prospective du rêve sont souvent franchement supérieurs aux conjectures conscientes; on ne saurait s'en étonner puisque le rêve résulte d'un brassage d'éléments subliminaux, d'une conjonction de toutes ces sensations, de tous ces sentiments et de toutes ces pensées qui, du fait de leur relief estompé, ont échappé à la conscience. En outre, le rêve dispose encore de traces de souvenirs inconscients, qui ne sont plus en état d'influencer efficacement la vie consciente. Le rêve est donc, au point de vue du pronostic, dans une situation beaucoup plus favorable que le conscient."


Semaine du 20 au 26 novembre 2000

"Dans l'ombre de l'inconscient est caché un trésor, le "trésor difficile à atteindre", caractérisé tantôt par une perle brillante, tantôt , comme dit Paracelse, par un "mysterium", ce qui indique quelque chose de fascinant par excellence. Ce sont les possibilités d'une vie et d'un progrès spirituels ou symboliques qui constituent le but dernier, mais inconscient, de la régression. Les symboles, expressions, ponts et indications, ont pour effet d'empêcher la libido en régression de s'arrêter au corps physique de la mère réelle. Le dilemme n'est sans doute formulé nulle part avec plus de clarté que dans la conversation du Christ à Nicodème : d'une part, impossibilité de pénéter dans le sein maternel, d'autre part, renaissance par l'eau et l'esprit. Le héros est héros parce que dans chaque difficulté de la vie il aperçoit la résistance contre le but interdit et qu'il combat cette résistance avec toute son aspiration qui tend vers le trésor difficilement accessible ou impossible à atteindre; cette aspiration paralyse et tue l'homme du commun."


Semaine du 13 au 19 novembre 2000

"Dear Sir,

Dans les livres, vous pouvez apprendre beaucoup de choses sur la psychologie mais vous découvrirez vite que cette psychologie ne sert pas à grand-chose dans la vie pratique. Toute personne chargée de s'occuper des problèmes de l'âme devrait posséder une certaine sagesse de la vie, reposant non seulement sur les mots mais surtout sur l'expérience. La psychologie telle que je la comprends n'est pas seulement un quantum de savoir, c'est aussi une connaissance de la vie. Si tant est que l'on puisse inculquer une telle connaissance, ce n'est possible qu'à partir d'une expérience personnelle de l'âme humaine et cette expérience ne peut être acquise que par un enseignement personnel, c'est-à-dire individuel, et non collectif. En Inde, la coutume veut depuis fort longtemps que toute personne quelque peu cultivée ait un gourou, un guide spirituel qui lui apprenne, et à elle seule, ce qu'elle doit savoir. Tout le monde ne doit pas savoir la même chose, et le savoir en question ne peut jamais être transmis à tous de la même façon. C'est là ce qui fait totalement défaut dans nos universités: la relation entre l'élève et le maître. Et c'est aussi ce dont devraient disposer tous ceux qui, comme vous, souhaitent recevoir une formation en psychologie. Toute personne se sentant une vocation pour guider les âmes devrait d'abord se laisser guider par sa propre âme afin d'apprendre ce que signifie la rencontre avec l'âme humaine. Connaître la face obscure de sa propre âme est la meilleure préparation qui soit pour savoir comment se comporter face aux parties obscures des autres âmes. La simple étude des livres ne vous servirait pas à grand-chose, bien que ce soit aussi indispensable. Ce qui vous aidera le plus, c'est de pénétrer personnellement dans le secret des âmes humaines. Sans cela tout ne sera toujours qu'artifice intellectuel ingénieux, paroles creuses et discours creux. Peut-être essayez-vous de comprendre ce que je veux dire dans mes livres; si vous avez un bon ami, essayez donc de regarder ce qui se trouve derrière sa façade afin de vous découvrir vous-même. Ce serait un bon début.

Sincerely yours, C.G. Jung"


Semaine du 23 au 29 octobre 2000

"Dans de nombreux cas, les rêves ramènent d'abord au passé et rappellent ce qui a été oublié et perdu; car lorsque la conduite de la vie est devenue trop unilatérale on observe des arrêts et des désorientations. Il peut se produire ce qu'on appelle une "perte de libido"; toute activité antérieure devient alors sans intérêt, n'a plus de sens et les buts apparaissent soudain comme indésirables. Ce qui chez l'un n'est qu'une humeur passagère peut devenir chez un autre un état chronique. Dans ce cas-là, il arrive souvent que d'autres possibilités de developpement de la personnalité restent enfouies quelque part dans le passé, et personne n'en sait rien, pas même le patient. Le rêve peut en découvrir la trace."


Semaine du 16 au 22 octobre 2000

"Les rêves contiennent des images et des associations d'idées que nous ne créons pas consciemment. Ils naissent avec spontanéité, sans que nous ayons à intervenir, et ainsi représentent une activité psychique qui se dérobe à toute volonté arbitraire. Le rêve est un produit naturel et très objectif de la psyché. Il est permis d'attendre de lui des indications concernant certaines tendances fondamentales du processus psychique. Ce processus étant, comme tout processus vivant, non seulement une suite causale, mais aussi un processus orienté vers un but, on peut demander au rêve - qui est une auto-description du processus de la vie psychique - des indications sur les causes objectives de la vie psychique et sur les tendances objectives de celle-ci."


Semaine du 9 au 15 octobre 2000

"La psychothérapie n' a pas affaire à des névroses, mais à des êtres. C'est pourquoi elle doit se créer un cadre suffisamment vaste afin que se révèlent au regard du médecin, non seulement les errements maladifs d'un développement psychique perturbé, mais aussi les forces constructives et créatrices d'avenir."


Semaine du 2 au 8 octobre 2000

"De même que le corps réagit de façon adéquate à une blessure, à une infection ou à un mode de vie anormal, de même les fonctions psychiques réagissent à des troubles pertubateurs et dangereux par des moyens de défense appropriés. Le rêve fait partie, à mon avis, de ces réactions opportunes, en introduisant dans la conscience, grâce à un assemblage symbolique, les matériaux constellés dans l'inconscient par les données de la situation consciente. On trouve dans ces matériaux inconscients toutes les associations que leur effacement rendait subliminales, mais qui cependant possèdent assez d'énergie pour se manifester pendant le sommeil. Evidemment l'opportunité du rêve et de ses images ne saute pas aux yeux à première vue; l'analyse du contenu du rêve est nécessaire, pour dégager les éléments compensateurs de son contenu latent. La plupart des réactions de défense du corps humain sont aussi de nature obscure et en quelque sorte indirecte; il a fallu des connaissances approfondies et des recherches précises pour mettre à jour leur rôle salutaire. Rappelons-nous la signification de la fièvre et des suppurations dans une blessure infectée."


Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2000

"La perception n'a pas seulement lieu de l'extérieur vers l'intérieur; il peut aussi se produire une sorte de perception de l'intérieur vers l'extérieur. En effet, quand un processus intérieur n'est pas discerné, reconnu comme tel et intégré, il se trouvera fréquemment "projeté". Il est de même de règle que le conscient masculin projette toutes les perceptions et images qui émanent de son inconscient, fémininement personnifié, sur une figure ou un personnage qui incarne son anima, c'est-à-dire sur une femme réelle, de chair et d'os, à laquelle il se trouvera dès lors lié avec cette même intensité, cette même immédiateté, cette même force attractive qui relient conscient et inconscient. Telles sont les circonstances et les intrications qui donnent à l'anima sa valeur de destin, valeur esquissée par la question: "Comment accomplis-tu la tâche qui t'incombe, la "mission" qui est ta raison d'être, le sens et le but de ton aventure-vie ?" Ceci nous ramène à la question de l'individuation, qui est la question-clé par excellence, l'interrogation majeure du destin, celle dont Oedipe fut assailli sous la forme de l'énigme puérile et incompréhensible du Sphinx, et qu'il comprit tellement mal (...) Pour percer à jour cette énigme, si redoutable dans sa facilité même et dans sa simplicité enfantine, Oedipe n'a pas utilisé son intelligence; et c'est pourquoi il succomba à son tragique destin, alors qu'il pensait avoir répondu valablement. Or, c'est à sa propre potentialité féminine (son anima, ndlr), incarnée par la figure du Sphinx, qu'il importait de répondre; mais il se laissa prendre à des feintes miroitantes."


Semaine du 18 au 24 septembre 2000

"Peu importe ce que le monde pense de l'expérience religieuse; celui qui l'a faite possède l'immense trésor d'une chose qui, pour lui, est devenue une source de vie, de signification et de beauté qui a donné une nouvelle splendeur au monde et à l'humanité. Il a la foi et la paix. Quel est le critère qui permettrait de dire qu'une telle vie n'est pas légitime, qu'une telle expérience n'est pas valable, et qu'une telle foi n'est qu'une simple illusion ? Y a-t-il en fait une meilleure vérité sur les choses ultimes que celle qui nous aide à vivre ?"


Semaine du 11 au 17 septembre 2000

Madame,

Autant que je puisse comprendre à la lecture de votre lettre, il me semble que vous n'arrivez pas à saisir une pensée purement intellectuelle, sans lien avec le coeur. Comme je vous comprends bien ! Une telle pensée ne vient jamais de la totalité de la personne, ce qui la prive de sang et de vie. Une telle pensée ne peut non plus rien produire qui mérite d'être qualifié de vérité, alors que la pensée de l'homme dans sa totalité ne peut être qu'une vérité. Mais une telle pensée est aujourd'hui d'une grande rareté; car notre époque souffre, plus qu'aucune autre, d'une différenciation misérablement unilatérale, sur laquelle, je voudrais vous le confier avec ménagements, j'ai écrit un livre aussi épais que difficilement compréhensible (ndlr : Les Types Psychologiques). Je crois tout de même que vous pourrez en comprendre l'un ou l'autre chapitre. Cordiales salutations.

Votre dévoué C.G. Jung"


Semaine du 4 au 10 septembre 2000

"Je puis seulement espérer et souhaiter que personne ne devienne "jungien". Je ne défends en effet aucune doctrine, je ne fais que décrire des faits et avancer certaines idées qui me paraissent dignes d'être discutées (...) Je ne proclame aucun enseignement définitif, fermé sur lui-même et je déteste les "partisans aveugles". Je laisse à chacun la liberté de venir à bout des faits selon ses moyens propres, car, de mon côté, je prends également cette liberté."


Semaine du 28 août au 3 septembre 2000

"Quiconque veut interpréter un rêve doit posséder une envergure personnelle comparable à celle du rêve, car, et c'est absolu, on ne reconnaît jamais, en quoi que ce soit, davantage que ce que l'on est soi-même. L'art de l'interprétation des rêves ne s'apprend pas dans les livres; les méthodes et les règles ne sont bonnes que pour celui qui est capable de s'en passer. Seul dispose de la faculté réelle celui qui a la grâce du savoir, et de la compréhension vivante, seul celui qui, compréhensif, en a le don gratuit. Quiconque ne se connaît pas soi-même ne peut prétendre connaître autrui. Et en chacun de nous sommeille un étranger au visage inconnu. Il nous parle par l'intermédiaire du rêve et nous fait savoir combien la vision qu'il a de nous est différente de celle dans laquelle nous nous complaisons. C'est pourquoi, lorsque nous nous débattons dans une situation aux difficultés insolubles, c'est l'autre, cet étranger en nous, qui peut, à l'occasion, nous ouvrir les yeux et répandre les seules clartés susceptibles de transformer de fond en comble notre attitude, cette attitude qui nous a mené au coeur de cette situation inextricable et nous a fait échouer à la résoudre."


Semaine du 21 au 27 août 2000

"La numinosité particulière de chaque archétype reste un fait, et constitue sa valeur lorsqu'il se présente à l'esprit d'un individu. Il faut garder cette valeur affective présente à l'esprit, et en tenir compte pendant tout le processus intellectuel d'interprétation des rêves. On ne perd que trop facilement le contact avec elle, car penser et sentir sont deux opérations si diamétralement opposées que l'une exclut presque automatiquement les valeurs de l'autre et vice-versa. La psychologie est la seule science qui doit tenir compte de la valeur, c'est-à-dire du sentiment, parce que c'est le lien entre les faits psychiques et la vie. C'est pourquoi elle est souvent accusée de n'être pas scientifique. Ce que ses critiques ne comprennent pas, c'est la nécessité scientifique et pratique de donner au sentiment la considération qui lui est due."


Semaine du 14 au 20 août 2000

"Je me trouvai contraint de me poser très sérieusement la question: "Quel est le mythe que tu vis?" Je ne pus donner aucune réponse à cette question et dus, au contraire, m'avouer que je ne vivais ni avec, ni à l'intérieur d'un mythe, mais dans le nuage incertain d'opinions possibles que je considérais, il est vrai, avec une méfiance croissante. Je ne savais pas que je vivais un mythe et l'aurais-je su, que je n'aurais pas pour cela eu connaissance du mythe qui ordonnait ma vie à mon insu. Ainsi tout naturellement se formula en moi la décision de connaître "mon" mythe et je considérai cela comme le devoir par excellence, car - me disais-je- comment en présence de mes malades tenir compte exactement de mon facteur personnel, de mon équation personnelle si indispensable pour la connaissance d'autrui, si je n'en avais pas conscience?"


Semaine du 7 au 13 août 2000

"Nous n'appelons l'inconscient ainsi que parce que ce qu'il est nous est inconscient. Nous savons tout aussi peu ce qu'est la psyché que le physicien sait ce qu'est la matière."


Semaine du 31 juillet au 6 août 2000

"L'inconscient est inhumain; sans l'esprit humain, il ne peut se mettre au service de buts humains. La nature est un guide incomparable quand on sait comment il faut la suivre. Elle est semblable à une aiguille de boussole pointée vers le nord, ce qui est extrêmement utile quand on a un solide bateau et que l'on sait naviguer. C'est à peu près la situation. Si vous suivez le fleuve, vous finissez toujours par atteindre la mer. Mais prenez l'inconscient au mot, et vous vous retrouverez bientôt coincé dans une gorge et vous vous plaindrez alors d'avoir été induit en erreur. Sans l'esprit humain, l'inconscient n'a aucun sens. Il poursuit toujours ses propres buts qui sont de nature collective et ne se met jamais au service de la destinée personnelle. Votre destin est le résultat de l'action conjuguée de la conscience et de l'inconscient."


Semaine du 24 au 30 juillet 2000

"Les premières imaginations et les premiers rêves étaient comme un flot de basalte liquide et rougeoyant; sa cristallisation engendra la pierre que je pus travailler. Les années durant lesquelles j'étais à l'écoute des images intérieures constituèrent l'époque la plus importante de ma vie, au cours de laquelle toutes les choses essentielles se décidèrent. Car c'est là que celles-ci prirent leur essor et les détails qui suivirent ne furent que des compléments, des illustrations et des éclaircissements. Toute mon activité ultérieure consista à élaborer ce qui avait jailli de mon inconscient au long de ces années et qui m'avait d'abord inondé. Ce fut la matière première de mon oeuvre, l'oeuvre d'une vie."


Semaine du 17 au 23 juillet 2000

"Je sais seulement que je suis et que j'existe, et c'est comme si j'étais porté. J'existe sur la base de quelque chose, que je ne connais pas. Malgré toute l'insécurité, je sens une solidité de ce substrat et une continuité de mon être."


Semaine du 10 au 16 juillet 2000

"Le processus unificateur (entre le conscient et l'inconscient) ne dépend que pour une faible part de notre volonté; pour l'autre part, la plus grande, il est un déroulement involontaire. Tout ce que nous pouvons escompter et tenter avec le conscient consiste, au maximum, à nous glisser dans la proximité du déroulement inconscient; arrivés là, nous ne pouvons plus qu'attendre et nous efforcer d'observer la suite des événements."


Semaine du 3 au 9 juillet 2000

"Si le succès thérapeutique est suffisant, on peut en rester là. Mais s'il n'en est rien, le traitement, bon gré mal gré, doit s'orienter selon les données irrationnelles du malade. Ici il nous faut prendre la nature pour guide et ce que le médecin fait alors est moins un traitement qu'un développement des germes créateurs du malade. Ma contribution personnelle à la thérapeutique s'insère là où, le traitement cessant, le développement commence."


Semaine du 26 juin au 2 juillet 2000

"Infantile est non seulement celui qui persiste trop longtemps dans l'enfance, mais aussi celui qui, s'en séparant, prétend que ce qu'il ne voit plus n'existe pas. Mais quiconque s'en retourne au pays de l'enfance craint de redevenir infantile. C'est ignorer que tout ce qui est spontanément psychique revêt un double visage : l'un est tourné vers l'avenir et l'autre vers le passé, double visage équivoque et par suite symbolique, comme toute réalité vivante."


Un mandala, issu d'un dessin d'une patiente de Jung, représente "la Fleur d'Or", but du processus d'individuation. Selon Jung, il serait une image, émergeant de l'inconscient, de la personnalité totale, le Soi.


Semaine du 12 au 18 juin 2000

"Quand un cas est traité comme nous venons de l'indiquer (dans le processus d'individuation), la direction des opérations revient à l'inconscient du sujet, tandis qu'à son conscient incomberont la critique, le choix et les décisions. Si ces dernières sont pertinentes, on en aura bientôt confirmation par des rêves qui marqueront le progrès accompli; dans le cas contraire, l'inconscient procèdera à des réajustements et à des corrections. On peut donc dire que le cours du traitement est comparable à un continuel dialogue avec l'inconscient. Tout ce qui précède souligne, jusqu'à l'évidence, le fait qu'il faut attribuer un rôle majeur à l'interprétation exacte des rêves."


Semaine du 5 au 11 juin 2000

"D'après Ochwian Biano, un chef de la nation Pueblo, les Blancs étaient fous parce qu'ils prétendaient penser avec la tête, et qu'il n'y a que les fous pour penser ainsi. Cette affirmation du chef indien me surprit beaucoup et je lui demandai de me dire avec quoi il pensait, lui. Il me répondit qu'il pensait avec le coeur."


Semaine du 15 au 21 mai 2000

"L'ombre est cette personnalité cachée, refoulée, le plus souvent inférieure et chargée de culpabilité, dont les ramifications les plus extrêmes remontent jusqu'au règne de nos ancêtres animaux; elle englobe ainsi tout l'aspect historique de l'inconscient... Si l'on admettait précédemment que l'ombre humaine était la source de tout mal, on peut maintenant, si l'on y regarde de plus près, découvrir que l'homme inconscient, précisément l'ombre, n'est pas uniquement composé de tendances moralement répréhensibles, mais qu'il comporte aussi un certain nombre de bonnes qualités, des instincts normaux, des réactions appropriées, des perceptions réalistes, des impulsions créatrices, etc."


Semaine du 8 au 14 mai 2000

"Les rêves ne sont pas des inventions intentionnelles et volontaires, mais au contraire des phénomènes naturels et qui ne diffèrent pas de ce qu'ils représentent. Ils n'illusionnent pas, ne mentent pas, ne déforment ni ne maquillent; au contraire, ils annoncent naïvement ce qu'ils sont et ce qu'ils pensent. Ils ne sont agaçants et trompeurs que parce que nous ne les comprenons pas. Ils n'utilisent aucun artifice pour dissimuler quelque chose; ils disent ce qui constitue leur contenu à leur façon et aussi nettement que possible. Nous sommes à même de reconnaître pour quelle raison ils sont si originaux et si difficiles : l'expérience montre, en effet, qu'ils s'efforcent toujours d'exprimer quelque chose que le moi ne sait et ne comprend pas."


Semaine du 1er au 7 mai 2000

"Le rêve, extériorisation d'un processus psychique inconscient, involontaire, soustrait à l'influence consciente, représente la vérité, la réalité intérieure telle qu'elle est; non pas telle que je la suppose ou que je la désire, mais bien telle qu'elle est. C'est pourquoi je me suis fixé pour règle de considérer tout d'abord les rêves comme on considère des manifestations physiologiques : si du sucre apparaît dans l'urine, c'est de sucre qu'il s'agit et non d'albumine ou d'urobiline ou de tel autre corps qui répondrait peut-être mieux à mon attente. C'est-à-dire qu'à mes yeux le rêve est une donnée de valeur pour le diagnostic. Dans l'exemple que je viens de donner, ce rêve nous fournit non seulement l'étiologie (la cause) de la névrose, mais aussi un pronostic et, ce qui est mieux encore, nous indique où doit intervenir le traitement."


Semaine du 24 au 30 avril 2000

"Dès que la libido (l'énergie vitale)quitte le monde qu'éclaire le soleil, soit par une décision de l'individu, soit par une déperdition de force vitale, elle retombe dans sa propre profondeur, retourne à la source d'où elle a jailli naguère, à ce point de rupture, le nombril, par où elle a pénétré dans notre corps. Ce point de rupture, c'est la mère. C'est en elle que fut pour nous la source de la libido. Aussi quand l'homme faible, doutant de sa force, renonce à une grande oeuvre, la libido reflue à cette source; c'est l'heure dangereuse où il décide de son anéantissement ou d'une nouvelle vie. Si jamais la libido s'attarde au pays mirifique de son monde intérieur, alors l'homme n'est plus qu'une ombre pour le monde extérieur; il est pour ainsi dire mort ou condamné. Si au contraire, la libido réussit à se délivrer et à percer jusqu'au monde supérieur, alors se produit un miracle : ce séjour aux enfers a agi sur elle comme une eau de Jouvence, l'a métamorphosée, et de sa mort apparente, surgit une fécondité nouvelle."


Semaine du 17 au 23 avril 2000

"Il faut pouvoir laisser venir. L'Orient m'a appris ce qu'il exprime par "Wu Wei", c'est-à-dire l'action non agissante (qui n'est pas ne rien faire), le laisser advenir. D'autres aussi l'ont compris. Ainsi Maître Eckhardt quand il parle de "se laisser". L'endroit obscur auquel on se heurte alors n'est pas vide; on y rencontre la "mère dispensatrice", les "images" et la "semence". Quand la surface est déblayée, tout peut venir des profondeurs. Les hommes croient toujours qu'ils se sont trompés quand ils y aboutissent. Mais s'ils ne savent aller plus loin, le seul conseil qui ait un sens, c'est d'attendre ce que l'inconscient a à dire sur la situation. S'il y a une voie, c'est uniquement la voie que l'on ouvre soi-même et que l'on suit. Il n'y a par conséquent pas d'indications générales qui disent "comment on doit faire"."


Semaine du 10 au 16 avril 2000

"Ce qui doit passer aux yeux de l'homme jeune pour une régression, à savoir la féminité de l'homme (identité partielle à la mère) et la masculinité de la femme (identité partielle au père) prend un sens tout différent dans la deuxième moitié de la vie. L'assimilation de la tendance du sexe opposé devient une tâche qu'il faut résoudre pour maintenir la libido en progression. Cette tâche consiste à intégrer l'inconscient, c'est-à-dire à faire la synthèse du "conscient" et de l'"inconscient". J'ai appelé ce processus : processus d'individuation. "Rentrer dans la mère" signifie alors : établir une relation entre le moi et l'inconscient; à ce stade, le symbole maternel ne remonte plus en arrière vers les commencements; il va vers l'inconscient en tant que matrice créatrice de l'avenir."


Semaine du 3 au 9 avril 2000

"Les images originelles et l'essence des archétypes passèrent au centre de mes recherches et il devint pour moi évident qu'il ne saurait exister de psychologie, et encore moins de psychologie de l'inconscient, sans base historique.Certes, une psychologie de la conscience peut se suffire de la connaissance de la vie personnelle, mais démêler une névrose nécessite déjà une anamnèse qui fait appel à un sondage plus profond que celui du seul savoir de la conscience. Et lorsque, au cours du traitement, on en arrive à des moments où des décisions inhabituelles doivent être prises, apparaissent alors des rêves dont l'interprétation exige plus que des réminiscences personnelles."


Semaine du 27 mars au 2 avril 2000

"Tout individu a besoin de vivre une révolution, une division intérieure, de renverser l'ordre existant, et de connaître un renouveau, sans forcer les choses sur ses voisins, sous le manteau hypocrite de l'amour du prochain ou du sens de la responsabilité sociale... La réflexion personnelle sur soi, le retour de l'individu aux fondements de la nature humaine, à son être profond dans sa destinée individuelle et sociale, voilà le moyen de lutter contre l'aveuglement qui règne à l'heure actuelle."


 

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