Philippe le Bon

Dynasties belges

Les ducs de Bourgogne

Charles Quint

Les archiducs Albert et Isabelle


Monarchie actuelle

 

 

Généalogie

 

 

 

Accueil
Remonter

Philippe 

le Bon

(1419 - 1467)

Philippe le Bon

Fils de Jean sans Peur, Philippe épouse Michelle de France, fille de Charles VI qui lui donne les villes de la Somme, le Boulonnais et la Picardie.   Mécène fastueux, il protégea les grands artistes flamands. 

C'est à Philippe le Bon que revient le titre d'unificateur des Pays-Bas. Dès le début, il se propose d'étendre son influence sur les régions néerlandaises. Pour atteindre cet objectif, il espère pouvoir faire appel à son neveu Jean IV, duc de Brabant. Jean IV a épousé Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut-Hollande-Zélande.

Toutefois, ces relations familiales ne suffisent pas à garantir le contrôle de l'autorité bourguignonne. Les Etats de Brabant, craignant pour leur autonomie, tentent par tous les moyens de contrecarrer les plans de Philippe le Bon. En 1420, Jacqueline de Bavière se sépare de Jean IV et se remarie avec un prince anglais. Ce dernier espère devenir le nouveau comte de Hainaut-Hollande-Zélande. En 1425, il lance ses troupes dans la conquête, mais son armée est défaite, et il se retire en Angleterre. En 1428, Philippe le Bon oblige Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut-Hollande-Zélande, à le reconnaître comme héritier. A la mort de Jacqueline, en 1436, ces trois comtés sont annexés à la maison de Bourgogne.

Entre-temps, Jean IV de Brabant meurt, en 1427, et son frère Philippe de Saint-Pol lui succède. Il meurt à son tour, en 1430, sans descendance. Parmi les différents candidats à la succession, les Etats brabançons donnent la préférence à Philippe le Bon, venu auprès d'eux plaider sa cause.

Dès 1420, le comte Jean III de Namur, sans héritier, vend ses droits à Philippe le Bon. A la mort du comte, en 1429, Namur rejoint les possessions de la maison de Bourgogne. En 1441, Elisabeth de Görltiz, duchesse de Luxembourg, fait de Philippe le Bon son successeur. A la mort de la duchesse, en 1451, le Luxembourg s'ajoute à la liste de ses Etats. A cette date, toutes les régions belges, à l'exception de la principauté de Liège, sont réunies sous l'autorité d'un seul souverain; ce qui fait de lui le « grand-duc du Ponant » (de l'Occident).

Les différents territoires des Pays-Bas ont premièrement été regroupés au sein d'une union personnelle. Dirigées par un seul souverain, le duc de Bourgogne, les régions gardent leurs institutions propres. Pour créer un état fort, une plus grande cohésion est néanmoins nécessaire. Le Grand Conseil des ducs de Bourgogne va jouer ce rôle d'institution centralisatrice. Le Conseil est présidé par le chancelier Nicolas Rolin. L'uniformité de la jurisprudence joue également un rôle important. La possibilité d'introduire un recours contre les jugements des échevinages auprès du Grand Conseil ducal limite la portée des jugements des tribunaux urbains.

Pour affermir son pouvoir dans les villes et les régions, le duc cherche à s'attirer la sympathie des responsables locaux, en distribuant présents ou titres de noblesse. Bruges et Gand résistent aux attaques portées contre leur autonomie. Bruges se soulève en 1436-38 et Gand en 1453. Les deux villes doivent néanmoins se soumettre au souverain, fort de sa domination sur les campagnes voisines.

Sur le plan financier, Philippe le Bon tente de s'assurer le contrôle des revenus. Il réussit à faire verser une grande partie des revenus des villes et communes au trésor public. Il dote également les diverses régions d'une monnaie commune. Ses tentatives pour lever une taxe sur le sel échouent cependant. Le sel constitue à cette époque un moyen de conservation indispensable. Grever ce produit d'une taxe aurait assuré à Philippe le Bon une rentrée financière stable. Devant la violence de l'opposition à ce projet, le duc renonce.

En favorisant la prospérité de ses fiefs, Philippe le Bon consolide sa puissance. Il mène donc sa politique économique en concertation avec les régions. Les trente dernières années de son règne ont été largement favorables aux habitants des anciens Pays-Bas. Mécène fastueux, il protégea les grands artistes flamands. 

Après le meurtre de son père (1419), il s'allie à Henri V d'Angleterre et contribue à faire reconnaître le fils de ce dernier comme héritier du trône de France par le traité de Troyes (1420). Contrairement à son père, Jean sans Peur, Philippe le Bon n'a plus guère d'espoir d'accéder au trône de France. Il ambitionne alors de jouer le premier rôle au niveau européen. Il cherche à régner sur le plus grand nombre de territoires possible. Pour montrer que sa puissance égale celle des rois, Philippe le Bon crée l'ordre de la Toison d'or. Son autorité grandissante inquiète ses voisins français et allemands. En outre, son règne coïncide avec la guerre de Cent Ans, qui oppose l'Angleterre à la France.

Philippe le Bon est partisan d'une politique de paix et il espère réconcilier les deux parties, sans succès. Pris dans l'étau franco-allemand, il se voit contraint, par le traité d'Arras en 1435, de soutenir les Français face aux Anglais. En échange, Philippe le Bon est déchargé des obligations qui incombent à tout vassal du roi de France. Sa puissance européenne est, de ce fait, explicitement reconnue.

Malgré le traité d'Arras, Philippe le Bon réussit à sauvegarder les relations économiques que ses fiefs entretiennent avec l'Angleterre, et à conclure quelques accords commerciaux. En 1440, la maison de Bourgogne est en paix avec ses voisins. La position de Philippe le Bon est unanimement reconnue. Le titre de roi, consécration de sa politique, lui sera refusé par l'empereur germanique, qui craint trop la puissance de Philippe pour accéder à sa demande.

L'ordre de la Toison d'or

L'ordre de la Toison d'or a été créé en 1430 par Philippe le Bon. Cet ordre est le pendant de l'ordre anglais de la Jarretière. Il souligne la position de Philippe le Bon, dont la puissance égale celle des souverains d'Europe.

L'ordre de la Toison d'or compte 30 chevaliers (50 à partir 1516) et 4 officiers : un trésorier, un héraut d'armes, un chancelier et un greffier. L'ordre est un club très fermé, destiné à honorer les plus valeureux gentilshommes et les alliés étrangers du duc de Bourgogne.

Les insignes de l'ordre consistent en un collier, ou en une chaîne, auquel pend un bélier d'or. Cet animal fait référence à la légende grecque des Argonautes, suggérant une symbolique selon laquelle la dynastie des Bourgogne remonte à la lignée des Troyens.

A la mort du dernier Habsbourg d'Espagne, en 1700, l'ordre est scindé en deux branches, pour exister simultanément en Espagne et en Autriche.

retour au menu principal