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Phèdre
Fables de Phèdre
 trad. nouvelle par M. Ernest Panckoucke
 C. L. F. Panckoucke, 1834.

TÉMOIGNAGES DES AUTEURS ANCIENS ET MODERNES SUR PHÈDRE.

MARTIALIS, III, Epigr. 20, de Canio.

An aemulatur improbi jocos Phaedri ?

AVIENUS, in praefat. fabularurn suarum.

Phaedrus etiam partem aliquam quinque in libellos resolvit.

SEPTIM. FLORENS. CHRISTIANUS, in Carm. ad Pithaeum, de Phaedro loquens..

. . . . . De stylo atque tempore,
Par proximusve Laberio vel Publio.

RITTERSHUSIUS, in Epist. dedicatoria Phaedri

Fabellas continet opusculum, expositas sermone latino et puro atque genuino, in quo multas antiquae elegantiae notas impressas cernere est, multas legere sententias, ad quaslibet vitae partes utilissimas.

IDEM, in Epist. ad Camerarium, ubi et de Camerarii Bongarsiique judicio, hoc modo.

De hoc libella idem ego tecum, et cum politissimo viro Jacobo Bongarsio, sentio, elegantem esse cumprimis, et florente etiam, ac pura lingua latina scriptum, ac supparem esse judico hunc Phaedrum Laberio ac Publio Syro mimographo.

LIPSIUS, ad Senec. Consol. Polyb., c. XXVII.

Phaedrus, Tiberii libertas, jam condiderat (logos Aesopi) et pulcherrimis versibus latinos fecerat, qui exstant.

RIGALTIUS, in Dedic. ad Thuanum.

Haec ratio fabulares liberti jocos, vernula urbanitate amabiles argutias , placere tibi posse persuasit.

IDEM, paulo post.

Habe igitur imperatorium libertum, quem inter rusticandum suaviter fabulantern , imo graviter, et quidem paucis pliilosophantem admireris.

LAUR. PIGNORIUS, Epist. XIII.

Etiam ego venire possim in litterarum plausum, velut loquitur elegantissimus fabulator Phaedrus.

BARTHIUS, XXXV, Adver., c. XX.

De Phaedri fabulis ita judicant doctorum plerique, esse ingenuae latinitatis , neque. mentiri aevum Tiberii. In quorum ego prorsus opinione sum , licet unam et alteram subdititiam et insititiam esse jam olim notarim.

IDEM, de latinae linguae scriptoribus, p. 216.

In Phaedri fabulis nativa indoles est latini sermonis, egoque fere cum Catullo aut Lucretio ponam hunc scriptorem , neque inscius, esse dodos viros, quibus secus videatur ; sed talia argumenta forte a nobis producentur, ut illi malint deinceps nobiscum sentire. - Vide et BARTH., Advers., VII, 7 ; XVI, 14 ; XXI, 3 ; XXX, 22 ; XXXVI, 8 ; XLII, 10.

SCHOTTUS, Observ. Humanar. II, c. 19.

Adjicio, pereruditos exstitisse libertos Tiberii, Phaedrum, Aesopoarum lepidum scriptorem.

SCHIOPPIUS, in Paradox. litter.

Similiter apud Phaedrum, cultissimum fabularum scriptorem, legimus.

IDEM, in Infamia Famiani, p. 86.

Eum tamen scriptorem (Phaedrum) velut domo barbarum, et sermone non parum saepe plebeium, non nisi cura discrimine ac delectu imitandum intelligo.

IDEM, in Consultatione II.

Phaedrum tamen et Hyginum, velut elegantiae minus studiosos, plebeia plusculum usurpasse apparet.

DEMSTERUS, ad Rosinum.

Phaedrus Thrax, Tiberii libertus, fabularum luculentus scriptor.

TANAQUILLUS FABER, in Praef. ad Notas Phaedr.

De dicendi genere si roges, quid sentiam, dicam equidem, et quasi me censor rogaret, ex animi sententia : Neminem arbitror a felici illa Terentii simplicitale propius abesse .... Nemo e veteribus ingenio fuisse videtur ad illam Terentii semper lenitatem magis facto, quam Phaedrus, quod et necesse fuerat ; ea enim est apologorum, atque adeo fabellarum omnium natura, ut sermone non debeant, nisi facili placidoque, tractati.

RHODIUS, ad Scribon. Larg., p. 5.

Eloquentiam post Ciceronem se retro dedisse, conqueritur Seneca Controversiarum libr. I; nec ullus paullo cultior, qui ejus generis plura in Phaedro Augusti liberto non animadvertet.

BROUKHUSTUS, ad Tibull. I. Eleg. V, v. 13,

Lepidissimus fabulator, quo amabiliorem alium numquam extulit tellus thracia ; ne Linum ne Orphea quidem.

LA FONTAINE, Préface de ses fables.

Socrate n'est pas le seul qui ait considéré comme soeurs la poésie et nos fables. Phèdre a témoigné qu'il était de ce sentiment, et, par l'excellence de son ouvrage, nous pouvons juger de celui du prince des philosophes.

IDEM, ibid.

On ne retrouvera pas ici l'élégance ni l'extrême brièveté qui rendent Phèdre recommandable... Si l'on y veut prendre garde , ou reconnaîtra dans cet auteur le vrai caractère et le vrai génie de Térence.

IDEM, liv. III, fab. 10.

Phèdre était si succinct, qu'aucuns l'en ont blâmé, Ésope, en moins de mots, s'est encore exprimé.

LA MOTTE, Préface de ses fables.

Phèdre a voulu faire un livre. On sent dans sa composition un soin continu d'élégance, et quoiqu'il soit simple et facile, il n'en est ni moins poli ni moins mesuré. Ésope est un philosophe, et Phèdre un auteur.

IDEM, ibid.

Phèdre ne donne guère d'étendue à ses fables ; mais, à tout prendre, il est encore prolixe auprès d'Ésope. Sa brièveté est toujours fleurie : il peint avec des épithètes convenables, et ses descriptions, renfermées souvent dans un seul mot, ne laissent pas de semer dans son ouvrage des grâces inconnues à l'inventeur.

LA HARPE, Cours de littérature, chap, 7, tome I.

Apres Ésope, le fabuliste qui a eu le plus de réputation, c'est Phèdre, qui, à la moralité simple et nue du récit du Phrygien, joignit l'agrément de la poésie. Son élégance, sa pureté, sa précision, sont. dignes du siècle d'Auguste.

F. SCHOELL, Histoire abrégée de la littérature romaine.

Phèdre eut le mérite d'avoir fait le premier connaître aux Romains les fables d'Ésope; non que toutes ses fables soient des traductions de celles du philosophe phrygien; mais les deux tiers, qui ,paraissent originales, ou dont du moins nous ne connaissons pas les originaux grecs , sont dans la manière d'Ésope. Dans les fables même qui sont imitées du grec, Phèdre a le mérite de l'invention par la façon dont il les a arrangées, et il est un poète aussi original que La Fontaine, qui, comme lui, a pris ailleurs le sujet d'une grande partie de ses fables. Phèdre se distingue par une précision, une grâce et une naïveté qui n'ont pas été surpassées. Sa simplicité est le plus sûr garant de l'authenticité de ses fables , que quelques critiques out contestée. Sa diction n'en est pas moins élégante, quelquefois même un peu trop recherchée.

WALCKENAER, Essai sur la fable et les fabulistes.

Phèdre, qui excite aujourd'hui notre admiration par son exquise élégance et sa concision classique, fut peu connu de son temps.

 

DES NOUVELLES FABLES ATTRIBUÉES A PHÈDRE.

EN parlant du manuscrit Perotti, nous avons dit qu'il existait dans ce recueil trente-deux fables dont le nom de l'auteur était inconnu. Plusieurs savants (01), alléguant que le manuscrit Pithou était mutilé, et qu'il devait contenir un plus grand nombre d'apologues, n'ont pas hésité à les attribuer au fabuliste romain.
M. Adry, dans son Examen sur les nouvelles Fables de Phèdre, a révoqué en doute leur authenticité, et nous allons rapporter ce qu'il dit à ce sujet (02) :
« Que penser de ces nouvelles fables ? Qu'on les examine attentivement : il n'y en a que douze, à ce qu'il m'a paru, qui soient de véritables apologues. Peut-être en trouverait-on encore deux ou trois autres, mais qui sont fort obscures. Si on me demande ce que je pense, j'avouerai que je trouve une si grande différence entre cinq ou six fables, récits ou moralités (comme on voudra les appeler) de cette collection, et presque toutes les autres fables, que je ne puis croire que l'auteur de ces dernières ait été capable de composer les cinq ou six dont je veux parler. Il me semble, en un mot, reconnaître deux mains, s'il n'y en a pas davantage. Perotti aurait-il tiré les nouvelles fables de différents manuscrits et de différents auteurs, dont il ignorait le nom ? Je le répète, il ne dit nulle part que les nouvelles fables soient de Phèdre ; il n'en nomme point l'auteur, ou les auteurs. Mais doit-on attribuer à Phèdre celles qui ont quelque mérite ? Je ne vois point de preuves bien solides, ni pour ni contre. Si on pouvait fixer exactement le temps où Pétrone a vécu, on serait peut-être fondé à en tirer une induction pour admettre ou pour rejeter les nouvelles fables ; mais ce ne serait point une preuve complète. M. Cassitto, dans l'embarras où il était, a trouvé, plus simple de trancher le noeud. Selon lui, Pétrone n'a jamais existé, et le véritable auteur du Satyricon est Canius Rufus, chevalier romain, ami de Martial, et qui s'est amusé à faire une amplification en prose de l'histoire en vers de la Matrone, laquelle est de Phèdre, selon Cassitto, qui s'appuie sur le vers de Martial, où celui-ci dit, en parlant de Canius Rufus :
An aemulatur improbi jocos Phaedri ?
« M. Cassitto ne s'arrête pas en si beau chemin ; et, d'après une imagination encore plus singulière, Phèdre n'est plus Phèdre, ou du moins il n'est que le masque qu'a pris le véritable auteur des fables, Julius Polybius, affranchi de l'empereur Claude ; et comme il n'y a rien qu'on n'appuie sur des raisons, bonnes ou mauvaises, il cite Sénèque, Qui, dans sa Consolation à ce même Polybe, l'engage, pour faire diversion à sa douleur, - à composer Aesopos logos, intentatum romanis ingeniis opus, passage qui a donné lieu à différentes explications très peu satisfaisantes pour la plupart, etc., etc."
Mais maintenant, de qui sont ces nouvelles fables ? nous demandera-t-on. On ne peut faire à ce sujet que des conjectures ; aussi laisserons-nous parler, en terminant, M. Vanderbourg, qui a publié sur les fables attribuées à Phèdre des Observations pleines de science et de justesse (03).
"J'observerai, dit-il, en premier lieu, qu'il n'est nullement nécessaire d'attribuer les trente-deux fables nouvelles à un seul et même auteur ; elles sont très différentes en mérite. Toutes ne supposent pas dans le fabuliste les mêmes principes ni les mêmes sentiments. On ne peut rien conclure contre notre hypothèse, de ce que le prologue ne nomme qu'Ésope, Avien et Phèdre, parmi les auteurs mis à contribution dans le recueil, puisqu'on y trouve des vers de Prudence, dont le prologue ne parle pas. Il se pourrait donc que les meilleures de ces fables nouvelles, telles que les quatre dont nous possédons les originaux en grec, la Matrone d'Éphèse, l'anecdote de Pompée et le Soldat, fussent l'ouvrage de quelque fabuliste contemporain d'Avien et d'Ausone. Il se pourrait que les autres, et surtout les plus mauvaises, comme la Térranéole et le Renard, le Papillon et la Guêpe, etc. , appartinssent à quelque auteur de l'époque intermédiaire entre le moyen âge et la renaissance des lettres, c'est-à-dire au siècle de Perotti. M. Jannelli s'est beaucoup trop avancé en assurant qu'à cette époque il n'existait aucun poète latin capable de versifier les fables qui nous occupent. Il suffirait, pour le réfuter, de citer Pontanus, né en 1426 ; Antoine de Palerme, né en 1393 ; Nicolas de Clémengis, mort en 1430. Les autres raisons qu'il apporte pour faire remonter ces opuscules jusqu'à Phèdre ne sont pas meilleures. Ce sont, il est vrai, les moeurs et la mythologie antiques qui y règnent ; mais une foule d'auteurs modernes ont cru devoir s'y conformer, même dans les poèmes originaux écrits en langue vulgaire. Il serait bien étonnant qu'un imitateur, et souvent même un traducteur de fables grecques en langue latine, eût songé à les adapter à notre religion et à nos moeurs. M. Cassitto cite en particulier quelques circonstances prises dans la fable de Pompée et le Soldat, dans celles de la Jeune Fille et les deux Amants et du Papillon et la Guêpe, comme ignorées jusqu'à nos jours, ou connues seulement de quelques savants. Mais la fable de Pompée peut être, comme nous l'avons vu, d'une ancienneté assez grande, sans appartenir à Phèdre ; celle du Papillon est trop absurde pour lui avoir jamais appartenu ; et un auteur moderne de la fable des deux Amants pourrait avoir appris, comme M. Cassitto, de Pétrone et de Plaute, que, chez les anciens, les écuries étaient placées aux portes des villes, si toutefois il ne faut pas entendre les mots portae in limine, de la porte de l'amant pauvre, comme d'autres l'ont prétendu. Enfin M. Jannelli a été jusqu'à faire valoir en faveur de son opinion cette circonstance, bien frivole sans doute, que les fables de Phèdre sont entremêlées d'anecdotes, et que les fables nouvelles le sont aussi. Un imitateur de Phèdre a pu chercher à se donner cette ressemblance avec son modèle, dans quelque siècle qu'il ait écrit.
"Pour me servir aussi de tous mes avantages, j'observerai encore que plusieurs des fables nouvelles me paraissent déceler une origine moderne. Nous avons remarqué que celle du Mensonge et la Vérité semble être en contradiction avec les idées reçues, en ce qu'elle peint le mensonge comme ayant beaucoup de peine à circuler. Notre savant confrère M. Visconti m'a fourni un proverbe italien où cette idée se retrouve : La bugia ha le gambe corte. Il existe un proverbe français qui revient à la fable de Vénus et la Poule, et qui dit à peu près que la poule qui a gratté grattera toujours. Nous avons loué plus haut le mot qui termine la fable XXVIII : un jeune homme a été trompé vingt fois par une courtisane ; elle lui fait cependant de nouvelles protestations de fidélité. "Je t'entends avec plaisir," répond le jeune homme, "non que tu me sois fidèle, mais parce que tu me plais : "
Non quod fidelis, sed quod jucunda es mihi.
C'est à peu près le mot d'un prince de la maison de Médicis à l'un de ses courtisans : « Tu me flattes, mais cela me plaît. » Tu m'aduli, ma mi piace.
« La fable intitulée De la signification des peines du Tartare, tire une morale toute chrétienne du tableau de l'enfer païen. Elle finit par dire que l'antiquité a enveloppé tout exprès la vérité de fictions, afin que le sage pût la comprendre, mais que l'ignorant se trompât :
Consulto involvit veritatem antiquitas,
Ut sapiens intelligeret, erraret rudis . . . .

et tel est souvent le but avoué des paraboles de l'Évangile. Enfin le nom de la terranéole est inconnu à tous les auteurs latins ; mais nous apprenons de M. Jannelli que cet oiseau est du genre des alouettes, et que les paysans de la contrée qu'il habite le nomment encore ainsi de nos jours : Hanc avem ex genere alaudarum isto nomine etiam modo nuncupant nostri rustici. Ne pourrait-on pas inférer de ces observations, que les fables nouvelles qui les ont fournies, au lieu d'être d'un auteur ancien et païen, appartiennent à un chrétien et à un Italien moderne ? L'esprit d'un ouvrage est d'un tout autre poids dans la question que ses formes extérieures.
"Mais, si les fables nouvelles appartiennent à un chrétien et à un Italien moderne, ce ne peut guère être qu'à un homme du siècle de Perotti. Plus tôt, l'Italie n'avait pas encore de latiniste assez habile pour les écrire ; plus tard, la poésie latine y était trop cultivée, pour que personne, à moins que ce ne fût l'auteur lui-même, eût daigné les recueillir. Tout me porte à croire que ces fables sont du siècle de Perotti ; et, ce point une fois admis, de fortes raisons se présentent pour les attribuer à Perotti lui-même. En effet, dans cette supposition, et en prenant le prologue de ce savant dans le sens le plus naturel, il devient encore plus facile de lever toutes les difficultés qui ont embarrassé l'éditeur. L'avertissement contenu dans ce vers,
Saepe versiculos interponens meos,
s'explique plus naturellement encore que je ne l'ai fait précédemment : il ne se rapporte plus uniquement au prologue de la fable des Mulets et les Voleurs et aux morceaux que tout le monde adjuge à Perotti ; mais il embrasse aussi les fables nouvelles. Nous observerons même qu'un petit nombre seulement de ces pièces de Perotti pouvait embarrasser le jugement de son neveu et tendre un piège à ses oreilles, puisque la plupart, soit par le sujet qu'elles traitent, soit par les noms des personnages à qui elles sont adressées, ne pouvaient être attribuées par Pyrrhus ni à Avien ni à Phèdre. En récapitulant ce que j'ai dit dans le cours de ce mémoire, et en le faisant valoir dans cette hypothèse, je pense donc que l'on arriverait facilement à prouver que les fables nouvelles, à l'exception peut-être de l'anecdote de Pompée et le Soldat, sont de notre archevêque. Cependant une objection de ses éditeurs m'avait d'abord embarrassé et me semblait insurmontable. MM. Cassitto et Jannelli ont affirmé que Perotti avait fort peu de talent pour la versification, et surtout pour la facture du vers ïambique. Leurs preuves se trouvent dans les vers de cette espèce que renferme le manuscrit qu'ils ont publié, et elles sont frappantes. Mais d'abord ces vers sont en petit nombre ; ils se bornent au prologue du recueil et à celui de la fable des Mulets et les Voleurs, et sont suivis, dans ces deux morceaux, de vers aujourd'hui bien connus pour appartenir à Phèdre. Quoi donc de plus naturel que d'attribuer l'irrégularité des débuts de ces deux prologues, non à l'ignorance, mais au dessein formellement annoncé par Perotti de tendre des embûches aux oreilles de son neveu, d'éprouver si Pyrrhus distinguerait des vers conformes aux lois de la prosodie, de vers où elles sont violées à chaque instant ? Cela paraît d'autant plus probable, qu'on ne peut guère supposer que Perotti ignorait les règles de la quantité, lui qui a composé un traité des Mètres d'Horace, que les Aldes ont reproduit dans deux éditions (1519 et 1527).

On objecterait en vaut que cette explication ne saurait s'adapter au prologue de la fable des Mulets, attendu qu'il est adressé à Contrarius, savant Vénitien (04), et que Perotti dut mettre en usage tout son talent et tout son savoir en écrivant à un littérateur distingué, juge compétent en cette matière. Nous répondrions que Perotti, suivant toujours son idée d'éprouver l'oreille de Pyrrhus, ne copia point pour lui son prologue tel qu'il l'avait écrit pour Contrarius, et qu'il le traita comme les professeurs traitent les vers de Virgile, qu'ils dictent comme matière à leurs écoliers. Si cependant on nous montrait des vers de Perotti pris ailleurs que dans ce recueil ; et où les lois de la versification fussent enfreintes, nous renoncerions à cette hypothèse, et nous nous bornerions à celle que nous avons exposée plus haut ; savoir, que toutes ces fables pourraient fort bien n'appartenir ni au même écrivain ni à la même époque. Au reste, nous regretterons toujours que Perotti n'ait pas terminé son manuscrit, où il est resté plusieurs feuillets vides. Sans doute il y aurait donné le mot de son énigme ; il aurait surtout soigneusement distingué les vers de sa composition d'avec ceux dont il n'était que le copiste, afin de se soustraire à l'accusation de plagiat. Mais il paraît qu'aujourd'hui nous devons nous résigner à ne former que des conjectures. Il nous suffira d'avoir rempli l'objet de ce mémoire, en montrant que les fables que l'on voulait attribuer à Phèdre, ne peuvent, sous aucun rapport, lui appartenir. »

NOTICE SUR LES PRINCIPAUX FABULISTES QUI ONT PRÉCÉDÉ OU SUIVI PHÉDRE.

ÉSOPE.

( 580 avant Jésus-Christ.)

D'après l'opinion de Quintilien (05), nous devons regarder Hésiode comme l'inventeur de l'apologue. On trouve dans son poème Des Travaux et des Jours (06), la fable la plus anciennement connue dans l'Occident. Cependant c'est à Ésope que l'on attribue généralement l'invention de la fable. Il était Phrygien, et florissait du temps de Solon, vers la cinquantième olympiade (07). La Fontaine rapporte la vie d'Ésope (08), telle, dit-il, qu'elle a été composée par Planude (09) ; mais les nombreux travaux littéraires de ce moine, son érudition, sa gravité, prouvent assez qu'il n'a pu être l'auteur de ce roman, rempli d'absurdités et d'anachronismes (10).
Il serait bien difficile aujourd'hui de dire si Ésope a composé ses fables dans l'intention de faire un recueil d'apologues, une espèce de code qui pût renfermer dans des fictions allégoriques toute la morale qu'il voulait enseigner, ou bien si ses fables faisaient partie de discours prononcés, dans des occasions difficiles, pour entraîner le peuple; quoi qu'il en soit, il paraît qu'elles avaient été réunies en corps d'ouvrage, et qu'elles étaient si familières aux Grecs, que, pour taxer un homme d'ignorance, il avait passé en proverbe de dire : Il ne sait pas sort Ésope (11).
Le docteur Coraï, recherchant avec soin toutes les fables qui passent pour être de l'invention d'Ésope, en a publié la collection la plus complète: c'est elle qui nous a servi pour nos indications. (Voyez Ésope du docteur Coraï.
Mæyvn AÞsvpeÛvn sunagog®. Paris, 1810, in-8°.)

GABRIAS, BABRIAS ou BABRIUS.

(30 avant. Jésus-Christ.)

L'incertitude complète où nous sommes sur le nom de ce fabuliste vient de ce que les copistes ont souvent confondu un B avec un G. Thomas Tyrwhit, savant anglais, qui a donné sur ses fables une très-bonne dissertation, pense qu'il vivait du temps d'Auguste. Ce poète (12) avait mis en vers coriambiques les fables d'Ésope, et les avaient divisées en dix livres. Son ouvrage était tellement estimé, que Sénèque (13) conseillait à un de ses amis de le traduire en latin : aujourd'hui il est presque entièrement perdu. On croit que les fables en prose que nous possédons sont celles de Gabrias , que plus tard des écrivains barbares ont dénaturées et défigurées en voulant les rendre plus claires. C'est le sort qu'ont éprouvé les fables de Phèdre; elles furent oubliées pour les plagiats du XIIe siècle.
Dans le IXe siècle, un moine, nominé Ignace, s'imagina d'abréger les fables de Gabrias; il en fit des quatrains qui nous sont restés, et qui ont usurpé le nom du fabuliste grec (14).
Nous nous sommes servi , dans nos citations, de l'édition intitulée : Gabriae mythologia Aesopica, etc. Francof., 1810 , in-8°.

HORACE.

(25 avant Jésus-Christ.)

Phèdre ayant imité plusieurs apologues que l'on trouve dans les divers poèmes d'Horace, nous avons crut devoir l'ajouter aux auteurs dont le fabuliste latin s'est servi comme modèles. La vie d'Horace est tellement connue, qu'il est inutile de la rapporter ici. Nous rappellerons seulement qu'il est mort 8 ans avant Jésus-Christ.

APULÉE.

(147 après Jésus-Christ.)

L. S. Apulée, philosophe platonicien, natif de Madaure, ville d'Afrique, vivait dans le ne siècle, sous l'empire d'Antonin et de Marc-Aurèle.
On trouve quelques fables dans son ouvrage intitulé Florida. (Voyez APULEIUS, Opera omnia ; in-4°. Parisiis, 1688.)

APHTHONE.

(190 après Jésus-Christ.)

Aphthone, sophiste ou rhéteur d'Antioche, vivait vers la fin du IIe siècle. Sa rhétorique a été longtemps enseignée dans les écoles. Il a composé quelques fables.
La meilleure édition de son ouvrage est celle d'Amsterdam, in-12, 1624, Elzévirs, intitulée : Aphthonii progymnasmata, partim a Rodolpho Agricola, partim a G. M. Catanaeo latinitati donata, cum scholiis R. Lorichiï.

THÉON.

( 330 après Jésus-Christ.)

Théon, rhéteur grec, vivait dans le ive siècle de l'ère chrétienne. Il nous reste de lui un ouvrage remarquable sur la rhétorique. Nous n'avons que trois fables de cet auteur; ce sont des amplifications dont celles d'Ésope ou de Phèdre ont fourni les thèmes.
Son livre fut imprimé à Bâle, avec la version latine de J. Camerarius, en 1541. Daniel Heinsius en a donné, en 1626, à Leyde, une meilleure édition. (Voy. THEONIS sophistae Exercitationes ; in-8°. Basilicae, 1545.)

AVIENUS ou AVIANUS.

(369 après Jésus-Christ.)

Avienus vivait sur la fin du IVe siècle, sous l'empire de Gratien et de Théodose l'Ancien. On dit qu'il avait mis en vers ïambiques toute l'histoire romaine de Tite-Live ; mais cet ouvrage est perdu, et il ne nous reste de ce poète que quarante-deux fables en vers élégiaques. Son style annonce la décadence de la langue latine. Dans sa dédicace à Théodose, qui n'est autre que Macrobe, il nous donne quelques détails sur Gabrias et sur Phèdre. (Voyez AVIANUS (F. Rufus), Fabulae ; in-8°. Biponti, 1784.)

ROMULUS.

Nous ne savons rien de certain sur ce Romulus : Marie de France, dans son Introduction (15) lui donne le titre d'empereur, tandis que d'autres écrivains prétendent que ce nom est de pure invention (16). M. de Roquefort, dans sa notice sur ce fabuliste (17), donne quelques éclaircissements que nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici en partie (18).
« On n'est pas plus instruit de l'âge de ce fabuliste que de son nom et de sa patrie; ce qu'il y a seulement de certain, c'est qu'il vivait avant le XIIIe siècle, puisqu'il en est fait mention dans le Miroir historial de Vincent de Beauvais, écrivain célèbre qui florissait sous Louis IX ; ce qui se trouve confirmé encore par le recueil manuscrit de Dijon, qui remonte à cinq cents ans et plus, au rapport de Gudius, auteur irrécusable dans cette partie. D'après ce qui vient d'être exposé, il est lors de doute que Romulus, écrivain du siècle de fer, n'ait existé avant le XIe oit le XIIe siècle. Dans une si grande obscurité, qui pourrait se permettre de fixer le temps où cet auteur a vécu"
« Quoi qu'il en soit, ce Romulus, sur l'existence duquel on est si peu instruit, a composé, ou plutôt écrit en prose quatre livres de fables d'Ésope, qui en comprennent quatre-vingts ; et ces fables, au sentiment de plusieurs savants, ont été prises de Phèdre, malgré le témoignage de l'auteur, qui, dans la préface du livre Ier, dit : Moi Romulus, je les ai traduites du grec en latin.
« Mais on aura beau dénaturer, disséquer les meilleurs poèmes, les phraser en prose, il sera toujours aisé de s'apercevoir que dans le principe on a écrit en vers. Cela est si vrai, qu'on ne peut douter un instant que Romulus n'ait eu entre les mains un manuscrit des fables de Phèdre, puisqu'il a conservé la plupart des expressions que l'on voit dans les compositions de l'affranchi d'Auguste qui nous sont parvenues. C'est pourquoi Romulus est appelé par Gudius le traducteur des fables de Phèdre, ou plutôt le Phèdre barbare. Ce qu'il y a de certain, c'est que les fables de Romulus ont été, on ne sait d'après qui, imprimées à Ulm, chez Jean Steiner, avec une traduction allemande de Henri Steiner Welius, sans indication d'année, mais qu'on présume être de 1476 à 1484. M. Schwabe a donné une édition du recueil manuscrit de Dijon des fables de Romulus, d'après le premier exemplaire de Gudius, avec quelques variantes sur l'édition d'Ulm. Enfin il y en a eu, en 1709, une édition à Leyde, d'après celle de J.-F. Nilantius, mais tronquée et pleine de fautes. Elle ne contient que soixante fables, tandis que les recueils d'Ulm et de Dijon en renferment quatre-vingts. Au reste, la copie dont Nilantius a fait usage ne contenait que quarante-cinq fables, auxquelles il en a ajouté quinze, tirées de l'exemplaire d'Ulm, pour en compléter les soixante. Ce qui est prouvé par ce passage extrait de Nilantius : « Les fables suivantes se trouvent dans l'édition de Romulus, et pour ne rien laisser à désirer, et parce qu'on y reconnaît aisément des phrases de Phèdre.» Dans son excellente édition des productions du fabuliste romain, M. Schwabe les a toutes placées à la fin de son travail. »
Nous nous sommes servi, pour les indications, de l'édition donnée par M. Lemaire à la suite du Phèdre, dans les Classiques latins.

MARIE DE FRANCE.

(XIIIe siècle.)

Les poètes anglo-normands, parmi lesquels Marie de France tient un rang si distingué, ne nous donnent aucun renseignement sur cette femme remarquable et réellement supérieure à son siècle par ses lumières et son talent. Elle-même, dans ses ouvrages, ne nous apprend rien sur sa vie. Aussi les critiques ne sont-ils pas d'accord sur l'époque à laquelle elle a vécu. L'opinion la plus répandue est que Marie naquit en France, sans doute en Normandie, feudataire alors de l'Angleterre, et que ce fut après la prise de cette province par Philippe-Auguste, qu'elle alla s'établir dans la Grande-Bretagne, où elle se fit connaître par la publication de ces longues romances que l'on nommait lais ou laiz.
Sollicitée par le comte Guillaume, Marie traduisit en vers français les fables de Romulus, et intitula son recueil, le Dit d'Ysopet.
Ses fables, dit un écrivain moderne (19), composées avec cet esprit qui pénètre dans les secrets du coeur humain, se font remarquer surtout par une raison supérieure, un esprit simple et naïf dans le récit, par une justesse fine et délicate dans la morale et les réflexions. Car la simplicité du ton n'exclut point la finesse de la pensée ; elle n'exclut que l'afféterie. On y retrouve cette simplicité de style particulière à nos romans anciens , et qui fait douter si La Fontaine n'a pas plutôt imité notre auteur que les fabulistes d'Athènes et de Rome. L'inimitable Bonhomme n'aurait point trouvé dans Ésope et dans Phèdre les avantages qui lui ont été offerts par Marie. A la moralité simple et nue des récits du fabuliste phrygien, l'affranchi d'Auguste joignit l'agrément de la poésie. On connaît la pureté de son style, sa concision, son élégance. Marie écrivait en français, dans un temps où la langue, encore dans son enfance, ne pouvait offrir que des expressions simples et sans art; elle y joignit des tournures agréables, et une manière naturelle de tourner la phrase sans laisser apercevoir le travail; Ésope et Phèdre, ayant au contraire écrit en grec et en latin , n'ont pu fournir à La Fontaine que des sujets et des idées , tandis que Marie, lui présentant les uns et les autres, a pu lui suggérer aussi des expressions, des tournures et même des rimes. Il est inutile de faire remarquer que, dans les ouvrages de La Fontaine, il se trouve une foule de mots anciens qui , sans un commentaire , seraient inintelligibles.
La dernière production de Marie est l'histoire, ou plutôt le conte du Purgatoire de Saint-Patrice (20), traduit du latin et mis en vers français. On connaît trois textes latins du récit de cette fable, composés par les moines Henri, de Saltrey et Josselin de Citeaux.
Marie a dédié son poème à un prud'homme qui, l'honorant de son estime et de son amitié, répand sur elle ses bienfaits. Le peu de détails que donne cette femme relativement à cet hommage, ne permet pas de faire connaître le personnage auquel elle s'est adressée (21).
Il est possible que Marie soit encore auteur de quelques autres poésies; nos recherches ont été vaines à cet égard.
Nous avons suivi, pour nos citations, l'édition des poésies de Marie de France, publiée par M. de Roquefort, en 1832 , Paris.

ABSTÉMIUS.

(1490 après Jésus-Christ.)

Vers la fin du XVe siècle, Abstémius écrivit quelques fables en prose latine. Son style est simple, mais parfois barbare. La Fontaine a puisé dans Abstémius plusieurs sujets. (Voyez ABSTÉMIUS (Laur.), Hecatomythium, etc.; in-4°. Venetiis, 1495.)

CAMÉRARIUS (JOACHIM).

(1530 après Jésus-Christ.)

Camérarius (en allemand Cammer-meister) naquit à Bamberg, ville d'Allemagne, en 1500. Il a fait honneur, dit Turnèbe, non-seulement à sa patrie, mais encore à toute l'Europe, dont il a été un des plus beaux ornements. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on remarque un recueil très considérable de fables, que Desbillonse garde comme la mine la plus riche que les amis de l'apologue puissent exploiter. (Voyez AESOPUS-CAMERARII, Fabulae Aesop. plures quingentis, etc., stud. et dilig. J. Camerarii ; in-8°. Lipsiae, 1564.)

FAERNE (GAB.).

(1550 après Jésus - Christ.)

Faërne, mort à Rome en 1561, a écrit en vers latins une centaine de fables. Elles ne furent publiés que trois ans après sa mort. Comme il a puisé plusieurs sujets dans Ésope, quelquefois il s'est rencontré avec Phèdre (22) : mais il ne peut pas être comparé à ce poète. (Voy. FAERNE (Gab.), Fabula; in-12. Parisiis, 1697.)

LA FONTAINE.

(Né en 1621, mort en 1695. )

Les ouvrages et la vie du bon La Fontaine sont tellement connus, qu'il est inutile d'en parler ici. Dans les notes qui sont à la fin de ce volume, nous avons cité tous les passages de La Fontaine qui offrent une imitation des vers de Phèdre, et qui souvent même en sont une traduction parfaite. Nous n'avons point fait ce rapprochement dans le but d'une comparaison, car elle est impossible. Phèdre se piquait d'être concis ; il a même poussé ce mérite trop loin ; tandis que La Fontaine, ajoutant de la gaîté et de la grâce à tous les sujets qu'il a imités, brille par une foule de détails que l'on ne retrouve pas dans le poète latin.
Pour nos citations , nous renverrons le lecteur à l'excellente édition de La Fontaine donnée par M. Walckenaer en 1822.

(01) M. Cassitto, Jannelli, etc. Voyez Phaedri fabularum liber novus : c MSS. cod. Perottino regiae bibli. nunc primum edidit .J. A. Cassitto. Nap. 1808.

(02Examen de nouvelles fiables de Phèdre, par J. F. Adry, Classiques latins de Lemaire, Phèdre, page 209.

(03 Voyez Mémoires de l'Institut royal de France, académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. VIII, p. 356, 1827.

(04) Andrea Contrario, Vénitien, fut employé par le pape Nicolas V à corriger la traduction latine de la Préparation évangélique d'Eusèbe de Césarée, faite par George de Trébizonde. Il se lia, à Rome, avec Laurentius Valla, dont il contracta le penchant à la médisance et à la satire. Il fut banni de Rome par le pape Pie II, et se retira à Naples, où il jouit de l'amitié du célèbre Pontanus, qui lui donne de grands éloges en divers endroits de ses ouvrages. (Voyez Giov. degli Agnostini, Notizie istorico-critiche intorno la vite e le opere degli scrittori veniziani, tom, II, pag. 420 et suiv.

(05Voyez QUINTILIEN, Inst. Oratoire, liv. V, c. 9 , tome III, pag. 12 ( Bibliothèque Latine-Française, 1831). - "Illae quoque fabellae, quae, etiamsi originem non ab Aesopo acceperunt, nam videtur earum primus auctor Hesiodus, nomine tamen, Esopi maxime celebrantur ducere animos solent, praecipue rusticorum, et imperitorum : qui et simplicius, quae ficta sunt, audiunt, et capti voluptate facile iis, quibus delectantur, consentiunt."

(06Vers 202.

(07L'an de Rome 174 , fin du règne de Tarquin l'Ancien.

(08Tout ce que l'on sait sur la vie dÉsope a été recueilli par M. de Méziriac, qui en a publié un petit volume en 1632.

(09 Maxime Plantule, moine de Constantinople, envoyé comme ambassadeur à Venise en 1327, par l'empereur Andronic Palaeologue l'Ancien, apporta en Italie plusieurs ouvrages. Il fit un recueil d'épigrammes en sept livres.

(10)  Voyez l'ouvrage de M. de Méziriac.

(11Plutarque, dans plusieurs de ses ouvrages, parle du fabuliste grec. - Voyez in Conv. Sapientium, page 150 ; de Audiendis poetis, page 16 ; in Vita Solonis, page 94 ; de sera Numinis vindicta, page 396. -- Voyez aussi SUIDAS, ÉTIENNE LE CLERC, Questions académiques ; Discours de Lamothe sur la Fable, page 37 ; Dict. De littérat. de Sabatier, art. ÉSOPE ; Essai sur les fabulistes, par M. C. A. Walckenaer, page 15, dans les Oeuvres de La Fontaine.

(12 On croit que cet auteur vivait avant le Xe siècle : il a composé un lexicon, qui nous a été conservé par les soins de G. Wolfins, d'Emilius Portus. Kuster nous en a donné une édition. Cambridge, 1704.

(13 SÉNÈQUE, Consolat. à Polybe, c. XXVII ; voyez aussi QUINTILIEN, Instit. Oratoire, liv. I, c. 9.

(14) La Fontaine désigne Gabrias, lorsqu'il dit :
Mais surtout certain Grec renchérit et se pique
D'une élégance laconique ;
Il renferme toujours son conte en quatre vers,
Bien ou mal : je le laisse à juger aux experts.
(Lib. VI, fab. I.)
Desbillon disait de Gabrias : "Il affecte un style précis et serré qui souvent nuit au sens, le comprime et l'étrangle."(Préface de ses Fables, page 17).
On voit bien que La Fontaine et Desbillons ont voulu, parler des quatrains du moine Ignace.

(15) Édit. de M. de Roquefort, tome II, page 60

(16) Nilantius ou Le Nilant-Gudius-Eschembourg.

(17Dans les poésies de Marie de France, poète anglo-normand du XIIIe siècle. Roquefort Paris, 1832.

(18Notice de M. de Roquefort, pages 52 et suiv.

(19 M. de Roquefort, Poésies de Marie de France, tome I, page 21.

(20) Bibliothèque du Roi, manuscrit N , n° 5, f° 102 - 122. , V° fonds de l'Église de Paris ; cette pièce contient 2302 vers ; Museum Britannicum, Bibl. Cottonière, A. VII. Dans cette copie, la version contient près de 1800 vers , et Marie n'y est pas nommée.

(21) Voyez la notice placée en tête du Purgatoire de Saint-Patrice.

(22)  Quelques savants ont pensé que Faërne avait eu connaissance des fables de Phèdre. Voici ce que dit M. de Thon à ce sujet : "Il aurait été plus estimé, s'il n'eût point caché le nom de Phèdre sur lequel il s'est formé, ou s'il n'eût pas supprimé les écrits qu'il avait entre ses mains."