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SEQUENCE I

La ville étrangère

Texte I : Atticus à Athènes

 ATHENES

Cité grecque dont l'apogée politique se situe au Ve siècle av. J.-C. Par la suite, Athènes restera un grand centre de culture (écoles philosophiques). Son patrimoine artistique était et reste considérable (entre autres, l'Acropole).

Me quidem ipsae illae nostrae Athenae non tam operibus magnificis exquisitisque antiquorum artibus delectant, quam recordatione summorum virorum, ubi quisque habitare, ubi sedere, ubi disputare sit solitus, studioseque eorum etiam sepulcra contemplor.

CICÉRON, de legibus, 2, 2, 4

exquisitus,a,um : distingué, raffiné
artes : les oeuvres d'art
recordatio,onis : le souvenir
studiose : avec passion
contemplari,or : contempler

Quelques questions ...

1) A quoi Atticus accorde-t-il son attention?
2) Parmi les choses qui mobilisent son attention, lesquelles Atticus privilégie-t-il?
3) Quand Atticus évoque les grands hommes, à qui pense-t-il particulièrement?
4) Quel comportement, apparemment inhabituel, Atticus met-il en valeur?

Texte II : Sidoine Apollinaire fait étape à Ravenne.

 RAVENNE

Ville proche de l'Adriatique; son importance commence sous le règne d'Auguste qui en fait un des ports d'attache de la flotte; Ravenne devient résidence impériale au Ve s. ap. J.-C. Elle atteint son apogée du Ve au VIIe s. (époques gothique et byzantine).

Quo loci veterem civitatem novumque portum media via Caesaris ambigas utrum conectat an separet. Insuper oppidum duplex pars interluit Padi, cetera pars alluit. (...) Hic cum peropportuna cuncta mercatui, tum praecipue quod esui competeret, deferebatur; nisi quod, cum sese hinc salsum portis pelagus impingeret, hinc, cloacali pulte fossarum discursu lintrium ventilata, ipse languidus lapsus aquae nauticis cuspidibus foraminato fundi glutino sordidaretur, in medio undarum sitiebamus, quia nusquam vel aquaeductuum aquae integer vel cisterna defaecabilis vel fons inriguus vel puteus inlimis.

SIDOINE APOLLINAIRE, Lettres, 1, 5, 5 - 6

eo (quo) loci : à cet endroit
ambigere,o,igi,actum : se demander
conectere,o,nexui,nectum : attacher, lier
insuper : de plus, en outre
duplex,icis : double
interluere,o : couper (en parlant d'un cours d'eau)
Padus,i : le Pô
alluere,o : baigner
peropportunus,a,um : très approprié
mercatus,us : le commerce
praecipue : principalement
esus,us : la nourriture
competere,o,ivi,itum : convenir
salsus,a,um : salé
pelagus,i n. : la mer
impingere,o,pinxi,pictum + D : frapper contre
cloacalis,e : de l'égout
puls,pultis f. : la bouillie
discursus,us : le va-et-vient
linter,tris : la barque
ventilare,o : remuer
languidus,a,um : paresseux
lapsus,us : l'écoulement
nauticus,a,um : du batelier
cuspes,idis : la gaffe
foraminatus,a,um : percé
fundus,i : le fond
glutinum,i : la colle
sordidare,o : salir
sitire,io : avoir soif
aquaeductus,us : l'aqueduc
cisterna,ae : la citerne
defaecabilis,e : qu'on peut nettoyer
inriguus,a,um : approvisionné en eau
puteus,i : le puits
inlimis,e : limpide

 

 

Quelques questions ...

1) Quels sont les aspects de Ravenne que Sidoine juge dignes d'intérêt ?
2) Quelle impression globale se dégage du tableau ?
3) A quel propos l'auteur se manifeste-t-il dans la description ?

 

Texte III : Sénèque s'adresse à quelqu'un qui s'apprête à partir pour Syracuse.

SYRACUSE

Cité grecque de Sicile; son apogée politique se situe au Ve et IVe s. av. J.-C.; elle exerce à cette époque l'hégémonie en Sicile. Cicéron la décrit ainsi :

La ville de Syracuse est la plus grande des villes grecques et la plus belle de toutes. Car forte par sa position, elle est belle à voir, qu'on l'aborde par la mer ou du côté de la terre.
de signis, 117

Si quis Syracusas petenti diceret : "Omnia incommoda, omnes voluptates futurae peregrinationis tuae ante cognosce, deinde ita naviga. (...) Videbis celebratissimum carminibus fontem Arethusam, nitidissimi ac perlucidi ad imum stagni, gelidissimas aquas profundentem (...). Videbis portum quietissimum omnium quos aut natura posuit in tutelam classium aut adiuvit manus, sic tutum ut ne maximarum quidem tempestatum furori locus sit. Videbis ubi, Athenarum potentia fracta, tot milia captivorum ille excisis in infinitam altitudinem saxis nativus carcer incluserat; tepidissima hiberna et nullum diem sine interventu solis. Sed cum omnia ista cognoveris, gravis et insalubris aetas hiberni caeli beneficia corrumpet; erit Dionysius illic tyrannus, libertatis, iusititiae, legum exitium(...). Hanc imaginem agedum ad totius vitae introitum referamus. An Syracusas viseres deliberanti tibi quicquid delectare poterat, quicquid offendere exposui; puta nascenti me tibi venire in consilium : "Intraturus es urbem diis hominibusque communem, omnia complexam, certis legibus aeternisque devinctam, indefatigata caelestium officia volventem. (...) Sed istic erunt mille corporum, animorum pestes, et bella et latrocinia et venena et naufragia et intemperies caeli corporisque et carissimorum acerba desideria, et mors, incertum facilis an per poenam cruciatumque. Delibera tecum et perpende quid velis : ut ad illa venias, per illa exeundum est."

SÉNÈQUE, Consolation à Marcia, 17 -18 (partim)

Syracusae,arum : Syracuse
peregrinatio,onis : le voyage
Arethusa,ae : Aréthuse
nitidus,a,um : clair
perlucidus,a,um : limpide
stagnus,i : le bassin
tutela,ae : la protection
classis,is : la flotte
excidere,o,cidi,cisum : tailler, couper
nativus,a,um : naturel
tepidus,a,um : tiède
interventus,us : l'apparition
insalubris,e : insalubre
Dionysius,i : Denys
agedum : eh bien donc
introitus,us : l'entrée
visere,o,visi,visum : visiter
deliberare,o : délibérer
devincire,io,vinxi,vinctum : lier
indefatigatus,a,um : infatigable
istic : là
naufragium,i : le naufrage
intemperies,ei : l'intempérie
cruciatus,us : la torture
perpendere,o,pendi,pensum : peser attentivement


Quelques questions ...

1) Quels sont les indices qui permettent de se rendre compte que Sénèque décrit un voyage hypothétique d'abord, imaginaire ensuite ?
2) Sénèque présente-t-il sa vision de Syracuse comme une "chose vue" ?
3) Quels sont les aspects de Syracuse mis en valeur?
4) A quoi sert la description de Syracuse?

 S Y N T H E S E

1. L'auteur et l'objet de son évocation

a) Atticus a vécu longtemps à Athènes.
b) Sidoine ne fait que passer à Ravenne.
c) Sénèque évoque un voyage hypothétique à Syracuse (il n'est pas sûr qu'il y soit lui-même allé).

2. L'auteur évalue ce qu'il évoque

a) Atticus manifeste de l'intérêt pour les aspects culturels d'Athènes (monuments, oeuvres d'art et surtout souvenirs des grands hommes).
b) Sidoine note l'organisation générale de Ravenne, son activité portuaire et son insalubrité.
c) Sénèque énumère les avantages et les inconvénients de Syracuse; il note les sites célèbres (la fontaine d'Aréthuse), les commodités remarquables (le port), les souvenirs historiques, le climat, le régime politique.

3. L'auteur et la perception

a) Atticus parle essentiellement de lui, de ce qu'il ressent moralement.
b) Sidoine décrit ce qu'il voit, ce qu'il ressent physiquement.
c) la description de Sénèque est le point de départ d'une comparaison à connotation philosophique.

4. L'auteur et le temps

a) Atticus voit en Athènes le témoin d'un passé glorieux.
b) Sidoine décrit les réalités contemporaines.
c) Sénèque évoque à la fois le passé (la défaite athénienne, Denys) et le présent (la fontaine d'Aréthuse, le port, le climat).

5. L'auteur et la culture

a) Atticus apprécie Athènes par philhellénisme.
b) Ravenne ne fait pas partie du cadre culturel gréco-romain (ville récente).
c) Syracuse fait partie du cadre culturel gréco-romain (guerre du Péloponnèse, Denys, Platon (évoqué dans un passage coupé ici)

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