Le temps des Généraux : Marius

100 : Saturninus

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100 - 63

Procès contre Rabirius

CICERON :M. Tullius Cicero fut avocat, homme politique, écrivain. Durant les dernières années de sa vie, aigri par son divorce et par sa mise à l'écart de la vie politique, Cicéron va se consacrer à la rédaction d'ouvrages théoriques sur l'art oratoire et sur la philosophie. Au fil de ses lectures, Cicéron choisit son bien où il le trouve ; il est en philosophie, un représentant de l'éclectisme.

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En 63, Rabirius est accusé d'avoir assassiné Saturninus.  Cicéron le défend.

[20] Fit senatus consultum ut C. Marius L. Valerius consules adhiberent tribunos pl. et praetores, quos eis videretur, operamque darent ut imperium populi Romani maiestasque conservaretur. Adhibent omnis tribunos pl. praeter Saturninum, <praetores> praeter Glauciam; qui rem publicam salvam esse vellent, arma capere et se sequi iubent. Parent omnes; ex aede Sancus armamentariisque publicis arma populo Romano C. Mario consule distribuente dantur. Hic iam, ut omittam cetera, de te ipso, Labiene, quaero. Cum Saturninus Capitolium teneret armatus, esset una C. Glaucia, C. Saufeius, etiam ille ex compedibus atque ergastulo Gracchus; addam, quoniam ita vis, eodem Q. Labienum, patruum tuum; in foro autem C. Marius et L. Valerius Flaccus consules, post cunctus senatus, atque ille senatus quem etiam vos ipsi, qui hos patres conscriptos qui nunc sunt in invidiam vocatis, quo facilius de hoc senatu detrahere possitis, <laudare consuevistis,> cum equester ordo--at quorum equitum, di immortales! patrum nostrorum atque eius aetatis, qui tum magnam partem rei publicae atque omnem dignitatem iudiciorum tenebant,--cum omnes omnium ordinum homines qui in salute rei publicae salutem suam repositam esse arbitrabantur arma cepissent: quid tandem C. Rabirio faciendum fuit?

Cicéron, pro Rabirio

 vocabulaire

20. Il y a un senatus-consulte pour que les consuls Caius Marius et Lucius Valerius appellent les tribuns du peuple et les préteurs de leur choix et pour qu'ils se consacrent à restaurer le pouvoir et la majesté du peuple romain. Ils font venir tous les tribuns de la plèbe sauf Saturninus, tous les préteurs sauf Glaucia. Ils demandent à ceux qui veulent sauver l'Etat de prendre les armes et de les suivre. Tous obéissent. Du temple de Sancus et des arsenaux publics Marius fait distribuer des armes au peuple romain. Ici donc, pour laisser tout le reste de côté, Labienus, je te pose une question à toi-même : quand Saturninus occupait en arme le Capitole, que Glaucia était avec lui, ainsi que Safeius et même ce Gracchus échappé aux fers et à l'ergastule, j'ajouterai, puisque tu le veux, ton oncle Q. Labienus; quand, sur le forum, les Caius Marius et Lucius Valerius Flaccus, ainsi que tout le Sénat que vous qui haïssez les pères conscrits d'aujourd'hui, vous avez l'habitude de louer pour pouvoir d'autant plus facilement rabaisser notre Sénat; quand l'ordre équestre, et quels chevaliers, dieux immortels - c'étaient nos pères, c'était cet âge qui occupait alors les postes les plus élevés de notre république et tout le prestige de nos tribunaux- ; quand tous les hommes de tous les ordres qui considéraient que leur salut reposait sur le salut de la république prirent les armes : que devait donc faire Rabirius?

Cicéron, pro Rabirio

 

Saturninus, pars II

par M. Horatius Piscinus

http://www.societasviaromana.yucom.be/Collegium_Historicum/saturninus1.htm

J'ai essayé, dans la mesure de mes modestes possibilités, de donner une traduction de cet excellent essai, sur les rapports entre l'année 100 et l'année 63 cad entre Saturninus et Rabirius.

de 100 à 63 : les personnages

Entre le meurtre de Saturninus et le procès de Rabirius il y a la guerre sociale, la grande guerre contre Mithridate et la guerre civile entre Marius et Sylla. Le fil conducteur qui lie ces événements et qui nous fait revenir à Saturninus, c’est le problème de la distribution des terres aux vétérans et l'octroi du droit de vote aux Italiens. Pour ne pas allonger notre histoire, nous devons laisser tomber toute cette période. Cependant deux hommes s’y distinguent : Crassus et Pompée. Crassus devient immensément riche en s’emparant des propriétés des gens proscrits par Sylla; Pompée parvient à se faire une réputation de héros militaire chez les partisans de Sylla.

Quintus Caelius Metellus Pius


Quelques années plus tôt, en 100, Quintus Caelius Metellus Numidius est envoyé en exil par Saturninus pour avoir refusé de prêter le serment de confirmer les lois des comices. Il est suivi dans son exil par son fils dont la dévotion à son père lui vaut le surnom de Pius.
Quintus Caelius Metellus Pius est préteur en 89 et combat durant la guerre sociale. 
En 87, quand Cinna et Marius reviennent à Rome, le sénat dominé par les partisans de Sylla invite QCM Pius à défendre la ville. Au lieu de cela il se sauve en Afrique du Nord.
Il revient en 83 pour se joindre à Sylla et est à la tête des armées qui battent les partisans de Marius en Ombrie et en Gaule Cisalpine. En 80 il devient consul avec Sylla.
Ensuite en 79 il est nommé proconsul en Espagne. Là pendant 8 ans il combat contre le meilleur général romain de l’époque, Sertorius. Pius ne s'avère pas meilleur général que son père. Mais Sertorius est assassiné par un de ses propres hommes et l'armée de Sertorius est finalement battue au moment où arrive une deuxième armée pour renforcer Pius, sous le commandement de Pompée. C’est Pompée qui a les honneurs.
QC Metellus Pius devient Pontifex Maximus.

Rullus

En 70 Crassus et Pompée sont tous les deux consuls. Ils rétablissent la puissance des tribuns que Sylla a supprimée. En 64 P. Servillius Rullus, tribun de la plèbe, propose une nouvelle réforme agraire. Il retire cependant sa proposition quand Cicéron qui vient d’être élu consul s’y oppose. Il y a à ce moment des rumeurs d'une conspiration pour assassiner le tribun sous prétexte d’un autre senatusconsultum ultimum. La même année un édile se fait un nom en érigeant dans le forum des statues consacrées aux victoires de Marius. Le sénat s’irrite de ce nouveau défi politique. L’édile par la suite ne se fait pas mieux voir par le Sénat quand un peu plus tard il se lève pour prononcer un discours funéraire pour l'épouse de Marius. Mais le sénat ne peut pas agir contre cet agitateur car le peuple soutiennent l’édile et ses actions peuvent être considérées comme de la piété familiale. L'épouse de Marius en effet est la tante de l'édile. L'édile s’appelle Jules César qui est également le beau-fils de Cinna.

63 : la conjuration de Catilina : le senatusconsultum ultimum

En 63 le grand pontife QCM Pius meurt. Un certain Catulus veut devenir le nouveau grand pontife et c’est un allié de Cicéron. Mais César, voyant là une occasion de protéger sa personne, parvient à se faire élire grand pontife à sa place. En octobre, Catalina tente sa conjuration. Il y a des fuites. Catilina se sauve vers le nord et le consul Cicéron fait arrêter six de ses partisans à Rome. Cicéron se rend alors devant le sénat pour demander ce qu'il doit faire de ses prisonniers. Les premiers sénateurs à prendre la parole exigent qu’ils soient mis à la mort mais quand vient le tour du jeune sénateur Jules César de prendre la parole, il rappelle au sénat la Lex Sempronia qui interdit d’exécuter des citoyens romains sans acte d'accusation.
Catulus, qui a gardé rancune à César de ne pas avoir été élu grand pontife, se lève à son tour et accuse César de faire partie de la conspiration de Catilina. Il est rejoint dans son accusation par Caton le jeune. Le sénat vote un senatusconsultum ultimum et donne son accord à Cicéron pour qu’il exécute les prisonniers sans procès. Quand il quitte le sénat, des hommes qui entourent Cicéron tirent l’épée et se dirigent vers César. César doit la vie sauve au tribun Curion qui couvre César de son manteau et lui accorde la protection des tribuns. Le jour suivant César revient devant le sénat pour répondre aux accusations. Dehors se rassemble une foule de partisans exigeant que le Sénat libère César. Ensuite, pour échapper aux poursuites, César se fait élire préteur. Le préteur plus âgé en 63 est QCM Celer, petit-fils du frère de Numidius, et cousin de QCM Pius.

Rabirius, Labienus

Entre les rumeurs d'un senatusconsultum ultimum contre la proposition de Servilius Rullus et le senatus consultum ultimum voté pour justifier l’exécution des partisans de Catilina, les populares tentent de remettre en cause la légitimité de l'utilisation par le sénat de telles mesures. Ils décident de faire un procès qui fera jurisprudence contre le vieux sénateur G. Rabirius pour le meurtre de Saturninus. Parmi tous les sénateurs impliqués dans cette affaire on choisit Rabirius sans doute parce qu'il a l’habitude de montrer la tête embaumée de Saturninus comme pièce maîtresse lors de ses banquets. Son rôle dans l'assassinat n'est pas bien connu mais nous pouvons supposer qu'il y joua un rôle pour avoir reçu un tel trophée. Mais lors de l’assassinat de Saturninus Rabirius n’était pas sénateur mais membre de l'ordre des Chevaliers. Il peut y avoir eu des raisons personnelles pour s’attaquer à Rabirius. Le tribun de la plèbe qui porte plainte contre Rabirius c’est Titus Labienus, dont l'oncle était un des partisans de Saturninus et qui fut tué lors des événements. Rabirius joua un rôle primordial lors les émeutes qui suivirent et plusieurs membres des populares lui en veulent personnellement à cause de cela. Il y a aussi deux autres personnes derrière ce procès et l'une ou l'autre peuvent également chercher une vengeance personnelle contre Rabirius.


                                                                      César, Crassus et Caton

Crassus est l'homme le plus riche de Rome et il a employé sa richesse pour aider beaucoup de politiciens : César et Caton en font partie. Il soutient également Catilina et peut-être souhaite-t-il tester l'autorité du senatusconsultum ultimum pour empêcher son utilisation contre lui à l'avenir. Rabirius fait partie des chevaliers arrivés au sénat grâce à Sylla et a amassé sa fortune ainsi que Crassus en s’emparant des propriétés de ceux qui ont été proscrits par Sylla. Il a fait tout cela tout en ayant une fonction administrative dans le sud : ses possessions se trouvent principalement en Apulie et en Campanie. Crassus n'a donc aucune influence politique ou financière sur Rabirius mais il a été le rival de Rabirius lors de l’acquisition de propriétés. Rabirius a utilisé sa fonction à son propre avantage et ainsi a contrecarré les intérêts de Crassus.

Pompée

Un sujet d’inquiétude plus immédiat c’est Pompée. Après avoir résolu les problèmes en Orient, il doit bientôt rentrer en Italie avec son armée. Ses succès en Orient l’ont rendu encore plus riche que Crassus. Son armée est également une menace potentielle pour le sénat comme Sylla l’a déjà prouvé auparavant. Il demande au sénat d’approuver sa politique en Orient et d’accorder des terres à ses soldats. Le Sénat fait tarder sa réponse et on pense que Pompée pourrait employer son armée pour arriver à ses fins. La possibilité de voter un senatusconsultum ultimum contre lui est à prendre sérieusement en compte. Les succès de Pompée en Orient ont fait augmenter le trésor romain de 40% mais il y est arrivé en diminuant les impôts collectés par les chevaliers dans les vieilles provinces, fondant 40 villes pour donner des terres à ses vétérans et à la population locale et en ayant des pays comme clients qui payent directement l’impôt à Rome. Sylla a remplacé la vieille aristocratie du Sénat en exécutant la moitié d'entre eux, en proscrivant la propriété de nombreux autres et en installant des chevaliers comme Rabirius dans un sénat augmenté où ceux-ci ont la majorité. Les autres chevaliers servent comme percepteurs d'impôts en Orient : ils reçoivent une part du bénéfice. Des terres qui auraient pu appartenir aux sénateurs sont données aux colonies de Pompée. Si bien que les dispositions prises par Pompée le rendent très populaire en Orient et très riche mais c’est aux dépens de beaucoup de sénateurs. Rabirius est un de ceux qui s’opposent aux demandes du Pompée d’approbation de sa politique.

Cicéron

Un autre personne qui va jouer un rôle prépondérant dans le procès de Rabirius c’est Cicéron. Dans son discours il mentionne sa longue amitié avec Rabirius. Un "homme nouveau" Cicéron est parvenu à être élu consul seulement parce que les partisans de Sylla comme Rabirius se sont joints aux sénateurs modérés pour le soutenir contre Catilina lors des élections de 64. Il y a également un autre protagoniste dans l'affaire, Jules César, dont l'influence politique croissante parmi le peuple fait de lui une cible potentielle d'un senatusconsultum ultimum. Aujourd'hui nous savons que Crassus, Pompée et César se réuniront pour former le premier Triumvirat trois ans après le procès de Rabirius. On propose à Cicéron d’en faire partie mais avec peu de pouvoirs. C'est dans ce procès que les intérêts disparates de ces hommes vont s’affronter.

Saturninus, pars III
by M. Horatius Piscinus

le procès : les chefs d’accusation

maiestas et perduellio

Enfin nous en arrivons au procès contre Rabirius ou plutôt aux différents procès contre Rabirius en 63. D’abord il y a une audition pour présenter plusieurs chefs d’inculpation indépendants. On veut juger Rabirius en vertu d'une ancienne loi devant un tribunal censé juger les cas de perduellio. L’accusation de perduellio est une accusation de trahison avec certaines connotations religieuses. C’est en 100 que Saturninus lui-même fait passer une loi redéfinissant la trahison comme maiestas en élargissant sa portée et en lui donnant une signification plus civile. Saturninus installe également un nouveau tribunal permanent pour juger de telles accusations. Mais on n’envoie pas Rabirius devant une cour criminelle ni devant une cour qui juge les cas de maiestas. Certains prétendent qu’on inculpe Rabirius de perduellio parce que ses accusateurs veulent un tribunal d’exception pour pouvoir priver le Sénat de son pouvoir suprême : le senatusconsultumultimum. Ce n'est probablement pas le cas. Une des raisons probables de cette façon de faire provient des règles de procédure du fonctionnement de ce tribunal (nous en parlerons plus bas). Une seconde raison c’est que ses accusateurs veulent le condamner à une peine capitale. Une peine capitale, du terme "caput" (tête), consiste à enlever à quelqu’un le statut de citoyen en tant que citoyen en le coupant de ses droits acquis à la naissance par la suppression pour sa lignée de la "caput" de la gens romaine. Sans citoyenneté Rabirius n’est plus protégé par la Lex Sempronia qui interdit de faire périr un citoyen sans procès : c’est la véritable issue de l’opposition des populares contre les senatusconsulta ultima.

Accusation d’immoralité

La première inculpation portée contre Rabirius est celle d’immoralité. On mentionne aussi les accusations portées contre lui dix ans plus tôt par Macer : Rabirius a profané des lieux saints et des bois sacrés. En 73 Macer a également poursuivi Labiénus pour immoralité pour avoir été un des amants de Clodia. Il y a des chances que cette Clodia est la Lesbie chantée par Catulle dans plusieurs de ses poèmes amoureux. Sans doute Catulle fait référence à Labienus quand il pleure le départ de celle-ci pour aller avec quelqu’un de basse condition. Labienus réussit à se disculper en faisant référence à la fausseté de l’accusation de Macer et en concluant que l’accusation portée contre lui est également fausse. Rabirius et Labiénus sont acquittés des accusations portées par Macer. A la suite de cela Macer lui-même est condamné pour vol et se suicide en 66. Il est amusant de constater qu’une accusation d’immoralité soit portée contre Rabirius. Mais il se peut que Rabirius soit un des nombreux amants de Clodia et que celle-ci a pu amener son mari à donner son accord à l’accusation, car celui-ci, QCM Celer, est préteur en 63 et deviendra consul en 60. [la soeur de Clodia, également appelée Clodia, est mariée à Licinius Lucullus (consul en 74), frère de M. Terentius Varro Lucullus (consul en 73) ]. Le défenseur de Rabirius lors son nouveau procès est Cicéron qui fait allusion à toutes ces affaires précédentes.

Pourquoi cette accusation? Pourquoi celle de profanation?

Pourquoi cette première accusation d’immoralité? C’est pour avoir l’occasion de faire un procès contre la "caput" de Rabirius. Au cours du procès on pourra porter d’autres accusations. Cela permet d’évoquer le procès de Macer contre Rabirius malgré son acquittement. Les chefs d’inculpation de Macer découlent des événements de 100. Nous verrons dans la suite la description par Cicéron de ces événement, mais quand on lit son discours il est clair que lors de ces événements Rabirius a pris des armes dans le temple de Sancus, les a distribuées à ses partisans pour attaquer Saturninus. Il a également coupé l'approvisionnement en eau du Capitole ce qui a eu comme conséquence immédiate la coupure de l’arrivée d’eau au temple de Jupiter OM. Le lendemain du meurtre de Saturninus sa maison est brûlée. Cicéron mentionne fièrement des conséquences : la possession d’images de Saturninus dans des larariums privés ou même une allusion à la gloire de Saturninus sont des raisons d’exil pour d’éminents citoyens. On peut aussi s’imaginer que l’élimination de Saturninus se soit prolongée même jusqu’aux tombes de ses ancêtres et que la propre tombe de Saturninus ait été profanée. Comment Rabirius a-t-il obtenu la tête de Saturninus qu'il est si fier de montrer? D'autres accusations sont portées contre lui comme celles de détournement de fonds et destruction par le feu d’archives publiques. L’accusation vise surtout le beau-frère de Rabirius, G. Curtius, qui est un des chefs des Equites, et G. Rabirius Postumus, fils de G. Rabirius, adopté par Curtius et lui-même spéculateur financier. Ce sont ces trois hommes qui ont le plus perdu lors des arrangements de Pompée en Orient.

Pour éliminer le chef de l’opposition

Attaquer Rabirius peut lui enlever sa protection politique et élimine le chef de l'opposition à Pompée au Sénat. Il peut y avoir aussi un lien avec la loi agraire de Servillius Rullus retirée au début de l'année. Son but est d’acheter des terres pour les redistribuer aux vétérans; la majeure partie des terres qu’il veut redistribuer se trouvent en Campanie où Rabirius possède de grands domaines. Il ne fait aucun doute que Rabirius va s'opposer à la loi agraire, comme Cicéron le dit dans ses quatre discours: Sur la loi agraire: contre Rullus.

Pour éliminer un financier rival

Derrière Rullus il y a peut-être Crassus qui espère ruiner économiquement un vieux rival. Si Cicéron est le porte-parole de Rabirius, César agit dans toute cette affaire au nom de Crassus. D'autres charges contre Rabirius portent sur une saisie d’esclaves et sur le châtiment de citoyens romains en leur refusant leur droit de provocatio, en vertu des lois proposées par Caton l’ancien et Tibérius Gracchus.

Le rôle de César


La procédure pour un tel procès veut que deux juges soient tirés au sort. Il y a beaucoup de chance que ce vote fut truqué. Le premier juge tiré au sort est le préteur élu Jules César. L'autre juge est son cousin L. Julius Caesar. L'arrangement est étrange du fait que deux sénateurs patriciens jugent un autre sénateur. C’est quelque chose que les lois de Saturninus et de Glaucia ont cherché à interdire.

Mais tout cela sert à montrer l’inutilité de la politique de réconciliation entre les ordres favorisée par Cicéron. L’ancienne constitution est un ensemble de compromis qui permettent avec le temps aux plébéiens d’obtenir l’entièreté des droits civiques. Un des résultats en est l'évolution des nobiles. Ce sont des patriciens et des plébéiens qui obtiennent leur statut social par leur lignée d’ancêtres qui ont servi l’Etat et le Peuple. A la fin de la République le statut de patriciens n’a plus guère de signification : il reste moins de quarante gentes de patriciens et il est difficile de trouver des candidats aux postes religieux qui sont encore tenus exclusivement par des patriciens. On peut également considérer comme nobiles ces familles nobles italiennes qui plus tard obtiendront la citoyenneté et qui ont une longue tradition de service dans les armées et dans l’administration romaine. Les nobiles à l’époque, peu importe à quel ordre ils appartiennent ou leur appartenance ethnique, ont comme tradition d'être les gardiens du peuple et sont connus aussi sous le nom de populares.
Les optimates d'autre part sont ceux qui ont tiré bénéfice des lois de Sylla. Ceux-ci sont composés de vieilles gentes aristocratiques comme les Caecilii ainsi que de nombreux chevaliers. Leur puissance est uniquement basée sur les richesses qu'ils ont acquises lors des proscriptions de Sylla et non sur l’honneur et la tradition. La Concorde entre les Ordres c’est l’entente entre les plus riches pour exploiter les autres. Leurs affirmations de défendre le rôle traditionnel du sénat de sauvegarde de l’Etat est sans fondement parce que le sénat qu'ils forment n'est pas le sénat traditionnel mais c’est le Sénat créé par Sylla et les pouvoirs qu’ils ont excèdent ceux qui sont prévus dans la constitution et ils ne tiennent aucun compte des lois traditionnelles qui prévoient des contrôles sur les abus de pouvoir. Le conflit entre les populares et les optimates n'est pas une lutte de classe, comme les historiens modernes l'ont interprété, mais une division dans la classe dirigeante pour savoir qui peut le plus prétendre à la tradition légale de Rome et une interprétation de ce qu'est cette tradition.

Le rôle de Cicéron

La tentative d'inculper Rabirius de perduellio avorte brusquement quand le consul Cicéron use de son droit de veto. Cette action met seulement fin aux préliminaires du procès. Le procès reprend alors devant une des assemblées. Le droit de provocatio à cette époque n’est plus guère utilisé. Mais l’addition de deux événements : le veto de Cicéron et le transfert du procès devant les comices ont pu amener un renouvellement de la provocatio : ce que les populares souhaitaient remettre en vigueur. Le problème c’est que la provocatio se fait devant les comices centuriates et que le discours de Cicéron pour Rabirius se passe devant les comices tributes. Les risques étaient plus grands. Avec l’inculpation initiale Rabirius risque une amende avec la possibilité que d’autres inculpations plus graves soient portées pendant le déroulement du procès. Maintenant que le procès se déplace devant les comices Rabirius risque la crucifixion. Labienus est non seulement l’accusateur dans ce second procès, il en est également le président. Ainsi en accusant d’abord Rabirius devant un des vieux tribunaux non-permanents ils l'empêchent d'être jugé par ses pairs equites du parti des optimates et ils manipulent le procès pour qu’il ait lieu devant les comices où les populares sont sûrs de dominer le jury.

Accusation du meurtre de Saturninus

Les charges contre Rabirius sont d’abord énumérées par le fils de Quintus Labienus qui a été tué le lendemain de la mort de Saturninus. Titus Labienus intente ce procès contre l'utilisation par le sénat d’un senatusconsultum ultimum contre Saturninus en y incluant Rabirius seulement par déduction. Il attaque également Cicéron lui-même pour avoir mis son veto sur les procédures précédentes et sur sa tentative de supprimer l’ancien tribunal de perduellio. Du côté de la défense Q. Hortentius Hortalus s’occupe du meurtre de Saturninus par Rabirius. Dans ce second procès Cicéron semble parler au nom de Rabirius, déclarant qu'il parle non seulement comme avocat de la défense mais aussi comme consul de la République. Cicéron écarte les accusations spécifiques contre Rabirius avec peu d'argument. Il écarte comme absurde l’accusation de meurtre de Saturninus en se rapportant à l'argument d’Hortentius qui dit que meurtrier s’appelle Scaeva, un esclave de Q. Croton à qui on a donné la liberté comme récompense.

Au lieu de cela le discours de Cicéron devient une déclaration politique. Il contient des attaques personnelles contre Labienus et contre son oncle Q. Labienus. Il énumère les droits des citoyens, la Lex Fabia contre l'enlèvement, la Lex Porcia de tergo (proposée par le censeur Caton en193) contre le supplice des citoyens romains et la Lex Sempronius de provocatione (par G. Gracchus). Ainsi pour défendre Rabirius Cicéron doit prendre en compte des droits que les populares essayent d'établir. Mais Cicéron va plus loin : "rien ne me satisferait davantage... que de proclamer que la main qui tué Lucius Saturninus... est la main de mon client!" La foule commence à hurler contre Cicéron. Dans la version du discours que nous possédons, écrite bien après le procès et complétée en plusieurs endroits pour améliorer son argumentation, Cicéron parle de cette interruption. Il continue de présenter sa version des événements du jour en question, félicitant Marius pour cet événement et pour ses victoires et présentant même ses observations sur la façon dont César a quelques années plus tôt a érigé des monuments pour honorer les victoires de Marius. Cicéron donne ensuite une liste de personnes qui ont soit-disant aidé Marius à arrêter Saturninus y compris le père de Labienus. Il nie que Marius a donné à Saturninus un sauf-conduit au sénat. Au lieu de cela il peint un tableau de Saturninus ouvrant les prisons, assiégeant le Capitole et massacrant les citoyens. Il est douteux que l'assemblée ait été si ignorante des événements ou si partiale vis-à-vis de la version de Cicéron au point d’accepter n'importe quel argument. La foule se montre hostile en paroles contre Cicéron, c’est une certitude, et continue probablement à hurler quand il proclame sa fierté pour la mort de Saturninus.

L’épisode du vexillum


La suite des événements est un des parties les plus étranges de l'histoire. Le praetor urbis QCM Celer est opposés au procès. Voyant la foule se retourner contre Cicéron, il monte jusqu’au sommet de l'Arx et abaisse le vexillum rossi coloris. C'est un signal antique pour prévenir de l’attaque de la ville par les Etrusques. La tradition soutient que quand on abaisse le drapeau rouge les assemblées du peuple doivent être congédiées et que le peuple en armes doit aller défendre la ville. Au temps de Cicéron on peut comparer cela à la Cour Suprême qui arrête ses débats parce que quelqu'un dans le port de Boston allume une lanterne pour avertir d'une invasion britannique. Le stratagème réussit. Les comices sont ajournées. Labienus n'e reprendra pas le procès bien que légalement il eût pu le faire. Il n’y a pas d’accord sur ce qui se serrait passé si le procès avait continué. Suétone prétend que César n’a pas permis à Labienus de continuer parce que Rabirius aurait été acquitté. Mais toutes les autres sources sont d’un avis contraire. Dans une tribune si politisée les faits du procès ont peu d’importance. Il n’y a pas beaucoup de preuves présentées par l'une ou l'autre partie, peu de témoignages et le jugement qui aurait été rendu aurait été totalement partisan. Le discours de Cicéron est tendancieux dans sa présentation. Il doit être apprécié par les optimates du sénat mais il est sûr de soulever la colère chez certains dans les comices. Mais au moment du vote on prendra en compte plus ce qui est de notoriété publique ou ce qui est généralement cru que les faits présentés devant le tribunal. Ce qui peut avoir sauvé Rabirius c’est que la condamnation qu’il obtiendra s’il est reconnu coupable : la crucifixion, est considérée comme une peine exagérée. Cicéron parle dans ce sens durant son discours. Mais alors, quel rapport entre une crucifixion publique et ce que le sénat a fait à Saturninus?

Le senatusconsultum ultimum


César et Labienus ont démontré une chose. Avec le procès de Rabirius ils ont forcé le sénat à reconnaître le droit de provocatio et toutes les leges qui ont été votées pour protéger ce droit, même si elles ont été votées par leurs adversaires politiques comme par exemple les Gracques. Ils ont forcé aussi les optimates à admettre que les meurtres des Gracques et de Saturninus sur ordre du sénat ont violé leurs droits de citoyens. La question n'est pas de savoir si le sénat peut publier un senatusconsultum ultimum mais si un senatusconsultum ultimum peut être utilisé pour exécuter des citoyens sans procès. Les populares considèrent avoir donné leur point de vue. Mais quelques mois plus tard quand éclate la conspiration de Catilina, Cicéron obtient du Sénat un senatusconsultum ultimum et l’utilise pour mettre à mort les partisans de Catalina sans procès. Les paroles prononcées par Cicéron lors du procès de Rabirius, se retourneront contre lui plus tard. Vers la fin de l'année QCM Nepos, le frère de Celer, interdit à Cicéron la possibilité de prononcer son discours traditionnel d’adieu à la fin de son consulat.

 

Saturninus, épilogue
by M. Horatius Piscinus

J'espère que vous avez aimé mon récit sur Saturninus et de Rabirius, malgré ses inexactitudes. Nous ne sommes pas très sûrs sur ce qui s'est produit en100 ou sur le rôle joué par Rabirius à ce moment. La raison des poursuites judiciaires relève de la politique de 63 plus que celle de 100. Que devons-nous penser de cela? Le procès est une de ces batailles politiques pour débutants; des arguments enflammés sur d’obscurs points de droit qui intéressent peu de personnes sauf ceux qui en sont de peu d’intérêt pour les gens sauf s’ils en sont affectés personnellement. Nous en savons plus sur les conséquences que sur les causes. Si César et Labienus s’appliquent à mettre en lumière un principe de la loi romaine, la leçon ne passe pas chez les optimates. Avant la fin de l'année, en octobre 63, la conspiration de Catilina est mise à jour et le consul Cicéron arrête six partisans de Catilina et les fait exécuter sans procès. Cela va ruiner la carrière de Cicéron; il perd ses défenseurs et devient une cible pour ses ennemis. Finalement Cicéron est exilé et plus tard exécuté par des soldats de Marc-Antoine.

Que pouvons-nous vraiment dire de Cicéron? C’est une figure politique tout comme Newt Gingrich (le président de la Chambre des représentants américaine). Il est venu à la politique par sa capacité d’attaquer verbalement ses adversaires mais avec peu ou pas de capacités politiques. Ses discours pompeux sont parfois un outil utile pour les conservateurs mais ses arrangements font perdre aux conservateurs les appuis qu'ils pourraient avoir avec les modérés et ainsi leur force au sénat diminue. Il se drape dans une fausse moralité. Ses adversaires et ses amis se rendent vite compte que c’est seulement une façade et cela fait douter de son intégrité dans chaque parti. Sa corruption est considérable mais modérée pour les normes de son temps. Avant de quitter son consulat à la fin de 63, Cicéron s’est aliéné ses défenseurs conservateurs: Catulus, QCM Nepos, QCM Celer, Caton, P.Servilius Vatia Isauricus. Cicéron n’a pas une idéologie assez constante pour apaiser les extrémistes parmi les optimates ni assez modéré pour établir efficacement une coalition politique. Il ne fait jamais partie des éléments conservateurs qu'il sert mais il les sert trop étroitement pour être accepté par aucun autre parti. C’est en cela qu’il y a un parallèle avec Gingrinch. En 60 quand il édite ses Catilinaires, il exagère son influence et tente pour justifier ses actions de gonfler le danger. Cela l’amène à s’aliéner Pompée qui plus tard se joint aux adversaires de Cicéron pour former un Triumvirat avec Crassus et César. En 60 Cicéron est abandonné par tout le monde. En 58 il quitte la ville plutôt que de faire face à un procès pour les meurtres des partisans de Catilina. Plus tard il est rappelé à Rome par le tribun des optimates Milon et continue à défendre les conservateurs, mais il est devenu un objet de moquerie pour les populares et un embarras pour les optimates.



Nous pourrions comparer le procès Rabirius à l'accusation contre Clinton. Malgré toute l'animosité qu’il a généré, aucun parti n’a gagné. Les conservateurs en énonçant leurs principes élevés ont seulement montré leur propre hypocrisie. La loi malmenée pour des raisons politiques et personnelles n'a rien résolu et a servi seulement à créer une plus grande animosité entre les parties rivales. La polarisation s’est accrue et un compromis est devenu impossible, les combats politiques se sont déplacés devant les tribunaux avec des accusations et les contre-accusations. Rien n’a été résolu jusqu’au moment où on en est arrivé au point de rupture : la guerre civile. Et que deviennent les deux partis dans tout cela? Les optimates prétendent défendre l'état. Leur idéal vient de Sylla qu’ils idolâtrent. Cela ne fait que les éloigner de tous ceux qui ont souffert des lois de Sylla. Ils considèrent leurs richesses et leurs positions politiques pour justifier leur droit d'exploiter les gens par la force car Sylla est leur exemple. En prenant Sylla comme exemple sans en avoir le pouvoir, ils se détruisent eux-mêmes. Au moment où Cicéron défend Rabirius en disant que celui-ci n'avait pas fait plus que les autres ce jour-là, en énumérant les noms des proconsuls associés au meurtre de Saturninus et de ses partisans, il ne fait que montrer du doigt les éléments conservateurs. Quand il fait appel à la mémoire des Gracques, disant qu’on refuse à Rabirius ses droits, comme aujourd’hui Gingrich essaye de faire appel à la mémoire des Kennedys et de Truman, il n’arrive qu’à montrer la différence sa politique et celle des conservateurs. Les populares ne valent pas mieux mais ils le font d’une façon différente. Ils font appel à des formes plus anciennes de tradition politique se rapportant aux institutions démocratiques, se posant comme protecteurs du peuple contre les abus des riches alors qu’ils sont eux-mêmes très riches. Peut-être le procès de Rabirius bénéficie-t-il à César?. Siégeant comme juge il n'a pas à exposer son point de vue et donne au public l’aspect d’un homme modéré. Et en ne continuant pas le procès il gagne l'appui des éléments les plus modérés du sénat. Les buts du procès semblent avoir changés en cours de route, d'une récusation du fondement de n'importe quel senatusconsultum ultimum à une position qu'un senatusconsultum ultimum ne peut être utilisé pour justifier des exécutions sans procès. Ainsi nous pouvons dire que César lors de cette lutte politique s’est tourné vers les modérés et que l'utilisation postérieure par Cicéron d'un senatusconsultum ultimum contraire à cette position modérée sert à souligner les différences entre la droite radicale et la gauche modérée : si nous pouvons employer ces termes. Les années suivantes, César est soutenu par Crassus et Pompée alors qu’aucun des deux n’ont de liens avec les partisans de Marius mais sont clairement des partisans de Sylla. César joue sur ses relations de famille pour se placer comme chef des partisans de Marius mais il semble contrarier Labienus pour paraître un Marianiste modéré modéré.

L’année suivante, en 62, QCM Nepos et Caton le jeune deviennent tribuns : ils soutiennent les optimates. Le préteur César part pour l'Espagne prendre ses fonctions de gouverneur. Pompée retourne en Orient et congédie son armée à Brudisium. On lui refuse le triomphe, on refuse des terres à ses vétérans et Cicéron, Celer et Lucullus s’opposent à ses arrangements en Orient. Lucullus est marié à Clodia, soeur de Clodia l'épouse de Celer et toutes les deux sont les soeurs de Clodius Pulcher. La même année Clodius Pulcher pénètre les cérémonies secrètes de la Bona Dea qui se tiennent dans la maison du préteur César. C'est Cicéron qui poursuit Pulcher pour sacrilège. Pulcher est acquitté et en 58 devient lui-même tribun; Il fait exiler Caton et Cicéron.

QCM Celer qui a perturbé le procès de Rabirius est nommé consul en 60. Mais en 59 son épouse Clodia l’empoisonne. Un des parents de Celer, M. Caelius Rufus, est jugé en 56 pour tentative d’assassinat contre Clodia; Cicéron est son défenseur.
Pulcher n’est pas non plus blanc comme neige. Le 18 janvier 52 avec une troupe des populares, il rencontre une troupe rivale d’optimates de Milon sur une route hors de Rome. Un combat s'ensuit et Pulcher est tué. Milon est accusé de meurtre, Cicéron est appelé de nouveau pour défendre les excès des optimates. Mais Cicéron est attaqué (en paroles) par le tribun Sallustius parce qu’il défend Milon et est averti par César de ne pas sortir de sa maison. Cicéron se cache pour ne pas prononcer son discours qui cependant nous est parvenu. Milon est condamné et envoyé en exil. Quand Cicéron propose par écrit ses excuses à Milon pour ne pas l’avoir défendu, Milon répond que cela a mieux valu et qu’il apprécie la cuisine de Marseille.

César est consul en 59. Un de ses premiers actes en tant que le consul est de vaincre son collègue pour pouvoir régner seul. Il propose une distribution de terres aux vétérans de Pompée. Elle est bloquée au Sénat par Caton, mais César la propose aux comices. Il parvient à payer ses dettes politiques, à faire attention et à protéger sa clientèle, tout en utilisant des voyous pour supprimer toute opposition. En même temps, même ses adversaires l’admettent, il se fait charmant et prévenant envers les personnes de tous les rangs de sorte qu'il gagne l'appui de beaucoup de gens. Il était le type même du mafioso. Le sénat pense le neutraliser en lui assignant la Gaule cisalpine pour son prochain proconsulat. On lui donne une charge légère alors que comme consul il peut s’attendre qu’on lui donne pour58 une province plus riche. Mais c'est là que Saturninus a installé les vétérans de Marius et où QCM Pius a fait campagne contre les partisans de Marius et s’est aliéné le peuple contre les optimates. La province fournit à César le support idéal d’une solide base politique pour lancer sa campagne en Gaule proprement dite. À Rome Celer est mort, Caton et Ciceron sont exilés. Les optimates sont sans chefs et dans le désarroi, alors que les alliés de César Crassus et Pompée commandent le sénat et Pulcher et les populares tiennent les comices. Mais on revient à lui par des voies détournées.

Lors des événements qui se sont passés entre 109 et 58 nous avons rencontré les nombreux membres de la famille de Caecilius Metellus. De l'autre côté il y a les Servilii. Servilius Glaucia est tué à côté de Saturnius. En 63 l’opposition de Cicéron à la loi agraire de Servilius Rufus amène le procès de Rabirius. Et quelque temps après César a une aventure avec Servila et par elle a un fils, L. Junius Brutus. Les derniers mots de César à Brutus sont en grec kai su technon ("et toi aussi, mon fils")?

addo, is, ere, didi, ditum : ajouter
adhibeo, es, ere, ui, itum : apporter, fournir, appeler, employer
aedes, is
, f. : la maison, le temple
aetas, atis, f. : 1. le temps de la vie, la vie 2. l'âge 3. la jeunesse 4. te temps, l'époque (in aetatem : pendant longtemps)
arbitror, aris, ari, atus sum : 1. être témoin de 2. penser, juger
arma, orum
, n. : les armes
armamentarium, i, n. : l'arsenal
armatus, a, um : en armes, armé
at, conj. : mais
atque, conj. : et, et aussi
autem, conj. : or, cependant, quant à -
C, = Caius, ii, m. : abréviation.
capio, is, ere, cepi, captum : prendre
Capitolium, ii, n. : le Capitole
ceteri, ae, a : pl. tous les autres
compes, edis, f. : (svt au pl.) les entraves
conscribo, is, ere, scripsi, scriptum : composer, rédiger
conservo, as, are
: garder, conserver
consuesco, is, ere, suevi, suetum : s'habituer
consul, is, m. : le consul
consulo, is, ere, sului, sultum : 1. délibérer, prendre des mesures, avoir soin de, veiller à 2. consulter
consultum, i, n. : le décret ; senatus - : le sénatus-consulte
cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec 2. conjonction + ind. = quand, lorsque, comme, ainsi que 3. conjonction + subj. : alors que
cunctus, ae, a : tous ensemble
de, prép. + abl. : au sujet de, du haut de, de
detraho, is, ere, traxi, tractum : tirer, enlever
deus, i, m. : le dieu
dignitas, atis, f. : la dignité, la considération, l'estime, le prestige, l'honorabilité
distribuo, is, ere, tribui, tributum : distribuer, répartir, partager
do, das, dare, dedi, datum : donner
eis, D. ou ABL. PL. de is,ea,is : le, la, les, ce,...
eius, Gén. Sing. de IS-EA-ID : ce, cette, son, sa, de lui, d'elle
eques, itis, m. : le chevalier, le cavalier
equester, tris, tre : équestre
ergastulum, i, n. : l'ergastule (atelier d'esclaves ou bâtiment où on les enfermait; on y enfermait aussi certains condamnés)
et, conj. : et. adv. aussi
etiam, adv. : encore, en plus, aussi, même, bien plus
ex, prép. : + Abl. : hors de, de
facilius, inv. : plus facilement
facio, is, ere, feci, factum : faire
fio, is, fieri, factus sum
: devenir
Flaccus, i, m. : Flaccus
forum, i, n. :le marché, le forum
Glaucia, ae, m. : Glaucia
Gracchus, i, m. : Gracchus
hic, haec, hoc
: adj. : ce, cette, ces, pronom : celui-ci, celle-ci
hic, adv. : ici
homo, minis,
m. : l'homme, l'humain
hos, ACC. M. PL de hic, haec, hoc : ceux-ci, ceux, ...
iam, adv. : déjà, à l'instant
idem, eadem, idem : le (la) même
ille, illa, illud
: adjectif : ce, cette (là), pronom : celui-là, ...
immortalis, e : immortel
imperium, ii, n. : le pouvoir (absolu)
in, prép. : (acc. ou abl.) dans, sur, contre
invidia, ae
, f. : la jalousie, l'envie, la haine
ipse, a, um : (moi, toi, lui,...) même
ita, adv. : ainsi, de cette manière ; ita... ut, ainsi que
iubeo, es, ere, iussi, iussum : 1. inviter à, engager à 2. ordonner
iudicium, ii, n. : le jugement, la décision
L, abrév. : Lucius
Labienus, i, m. : Labienus
laudo, as, are : 1. louer, approuver, vanter 2. prononcer un éloge 3. citer, nommer
magnus, a, um : grand
maiestas, atis, f. : la grandeur, la dignité, l'honneur (lex maiestatis : la haute trahison)
Marius, i, m. : Marius
noster, tra, trum : adj. notre, nos pronom : le nôtre, les nôtres
nunc, adv. : maintenant
omitto, is, ere, misi, missum : abandonner, laisser aller (omissus, a, um : négligent, insouciant)
omnis, e : tout
opera, ae, f. : le soin, l'effort (operam dare : se consacrer à)
ordo, inis, m. : le rang, l'ordre, la file (de soldats), la centurie
pareo, es, ere, ui, itum : paraître, apparaître, se montrer; obéir
pars, partis, f. : la partie, le côté
pater, tris, m. : le père, le magistrat
patruus, i, m. : l'oncle
pl,
abréviation de plebis (de la plèbe)
populus, i, m. : le peuple
possum, potes, posse, potui : pouvoir
post, adv. : en arrière, derrière; après, ensuite; prép. : + Acc. : après
praeter, adv. : sauf, si ce n'est prép. : devant, le long de, au-delà de, excepté
praetor, oris, m. : le préteur
publicus, a, um : public
Q, abr. pour Quintus
quaero, is, ere, sivi, situm : chercher, demander
quem, 4 possibilités : 1. acc. mas. sing. du pronom relatif = que 2. faux relatif = et eum 3. après si, nisi, ne num = aliquem : quelque, quelqu'un 4. pronom ou adjectif interrogatif = qui?, que?, quel?
qui, 1. n N.M.S ou N.M.PL. du relatif 2. idem de l'interrogatif 3. après si, nisi, ne, num = aliqui 4. Faux relatif = et ei 5. interrogatif = en quoi, par quoi
quid, 1. Interrogatif neutre de quis : quelle chose?, que?, quoi?. 2. eh quoi! 3. pourquoi? 4. après si, nisi, ne num = aliquid
quo, 1. Abl. M. ou N. du pronom relatif. 2. Abl. M. ou N. du pronom ou de l'adjectif interrogatif. 3. Faux relatif = et eo. 4. Après si, nisi, ne, num = aliquo. 5. Adv. =où ? (avec changement de lieu) 6. suivi d'un comparatif = d'autant 7. conj. : pour que par là
quoniam, conj. : puisque
quorum, 1. GEN. MASC. ou N. PL. du relatif. 2. GEN. MASC. ou N. PL. de l'adjectif ou du pronom interrogatif. 3. Après si, nisi, ne, num = aliquorum. 4. Faux relatif = et eorum
quos
, 1. ACC. MASC. PL. du relatif. 2. Idem de l'interrogatif. 3. après si, nisi, ne, num = aliquos. 4. faux relatif = et eos
Rabirius, i, m. : Rabirius
repono, is, ere, posui, positum : replacer, reposer, remettre
res, rei, f. : la chose, l'événement, la circonstance, l'affaire judiciaire; les biens
Romanus, a, um : Romain (Romanus, i, m. : le Romain)
salus, utis, f. : 1. la santé 2. le salut, la conservation 3. l'action de saluer, les compliments
salvus, a, um : en bonne santé
Sancus, us
: Sancus
Saturninus, i, m. : Saturninus
Saufeius, i, m. : Saufeius (nom d'homme)
se, pron. réfl. : se, soi
senatus, us, m. : le sénat
sequor, eris, i, secutus sum : 1. suivre 2. poursuivre 3. venir après 4. tomber en partage
sum, es, esse, fui : être
suus, a, um : adj. : son; pronom : le sien, le leur
tandem, adv. : enfin
teneo, es, ere, ui, tentum : 1. tenir, diriger, atteindre 2. tenir, occuper 3. tenir, garder 4. maintenir, soutenir, retenir 5. lier 6. retenir, retarder, empêcher
tribunus, i, m. : le tribun ; tribunus pl. : le tribun de la plèbe
tu, tui
: tu, te, toi
tum, adv. : alors
tuus, a, um
: ton
una, adv. : ensemble, en même temps
ut, conj. : + ind. : quand, depuis que; + subj; : pour que, que, de (but ou verbe de volonté), de sorte que (conséquence) adv. : comme, ainsi que
Valerius, ii, m. : Valerius
video, es, ere, vidi, visum : voir (videor, eris, eri, visus sum : paraître, sembler)
voco, as, are : appeler
volo, vis, velle : vouloir
vos, vestrum : vous
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