Le temps des généraux : Marius

Guerre contre Jugurtha

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107

Marius consul pour la première fois

SALLUSTE :  C. Sallustius Crispus se lança dans la politique dès sa jeunesse. Sa carrière fut brisée par l’assassinat de César. Suspecté d’avoir pactisé avec le parti populaire, il se retira dans ses célèbres jardins. Il écrivit de coniuratione Catilinae, Bellum Iugurthinum et Historiae (cette dernière oeuvre est perdue).

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En 109, Marius est emmené en Afrique pour lutter contre Jugurtha par L. Caecilia Metellus avec le titre de légat. Mais il se brouillera avec Metellus car il veut se présenter aux élections du consulat en 108. Il passe outre les ordres de Metellus, et il est élu pour l'année 107 par une alliance entre chevaliers et populares. Cette élection fut triomphale. En trois ans il met fin à la guerre en faisant capturer Jugurtha par son questeur Sylla. La guerre prend fin en 105 et Rome établi sur la Numidie un roi docile, vassal de Rome.

Et Romae plebes litteris, qua de Metello ac Mario missae erant, cognitis volenti animo de ambobus acceperant. Imperatori nobilitas, quae antea decori fuit, invidiae esse; at illi alteri generis humilitas fauorem addiderat. Ceterum in utroque magis studia partium quam bona aut mala sua moderata. Praeterea seditiosi magistratus uulgum exagitare, Metellum omnibus contionibus capitis arcessere, Mari virtutem in maius celebrare. Denique plebes sic accensa, uti opifices agrestesque omnes, quorum res fidesque in manibus sitae erant. relictis operibus frequentarent Marium et sua necessaria post illius honorem ducerent. Ita perculsa nobilitate post multas tempestates nouo homini consulatus mandatur. Et postea populus a tribuno plebis T. Manlio Mancino rogatus, quem vellet cum Iugurtha bellum gerere, frequens Marium iussit. Sed paulo ante Metello decreverat: ea res frustra fuit.

SALLUSTE, Bellum Iugurthinum, 73.

   vocabulaire

A Rome la plèbe savait ce qui se passait par les lettres à propos de Métellus et de Marius et elle avait accepté volontiers ce qu'on disait des deux. La noblesse du général en chef qui auparavant était un atout pour lui, devint une tare. La basse origine de Marius augmenta la sympathie qu'on avait pour lui. De plus pour l'un et pour l'autre c'était l’appartenance à un parti politique qui comptait plus que leurs qualités ou leurs défauts. Des magistrats subversifs excitaient le peuple, accusaient dans toutes les réunions Métellus de crime capital, exagéraient le courage de Marius. Finalement, le peuple fut tellement excité que tous les ouvriers et les paysans dont les biens et le crédit se trouvent dans leurs mains, abandonnèrent leur travail pour suivre Marius et mirent leurs besoins de l'existence pour la gloire de celui-ci. C'est ainsi que la noblesse fut ébranlée et après beaucoup de remous le consulat fut confié à un homme nouveau. Ensuite le tribun de la plèbe T. Manlius Mancinus demanda au peuple à qui la guerre contre Jugurtha devait être confiée. Le peuple répondit en choeur "A Marius". Mais un peu plus tôt le Sénat l'avait confiée à Métellus : ce fut en vain.

SALLUSTE, Bellum Iugurthinum, 73

 

Plutarque, vie de Marius

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9. Conduit aux comices par un des tribuns, après avoir présenté plusieurs chefs d'accusation contre Métellus, il demanda le consulat, en promettant de tuer de sa main Jugurtha, ou de l'amener prisonnier à Rome. Il fut nommé consul sans opposition, et aussitôt, au mépris des lois et des coutumes des Romains, dans les nouvelles levées qu'il fit, il enrôla des esclaves et des gens sans aveu. Tous les généraux, avant lui, n'en recevaient pas dans les troupes ; ils ne confiaient les armes, comme les autres honneurs de la république, qu'à des hommes qui en fussent dignes, et dont la fortune connue répondit de leur fidélité. (suite)

a, prép. : + Abl. : à partir de, après un verbe passif = par
ac, conj. : et, et aussi
accendo, is, ere, di, sum : embraser, allumer, exciter, attiser
accipio, is, ere, cepi, ceptum : recevoir, apprendre (acceptus, a, um : bien accueilli, agréable)
addo, is, ere, didi, ditum : ajouter
agrestis, e : relatif aux champs, agreste, rustique, peu évolué, grossier
alter, era, erum : l'autre (de deux)
ambo, ambae, o : les deux ensemble
animus, i, m. : le coeur, la sympathie, le courage, l'esprit
ante, prép. : +acc., devant, avant ; adv. avant
antea, adv. : auparavant
arcesso, is, ere, iui, itum :1. faire venir, mander (arcessitus, a, um : cherché, peu naturel) 2. citer en justice, accuser
at, conj. : mais
aut, conj. : ou, ou bien
bellum, i, n. : la guerre
bonus, a, um : bon (bonus, i : l'homme de bien - bona, orum : les biens)
capio, is, ere, cepi, captum : prendre
caput, itis, n. :1. la tête 2. l'extrémité 3. la personne 4. la vie, l'existence 5. la capitale
celebro, as, are : visiter en foule, pratiquer (arts), célébrer, fêter
ceterum, adv. : du reste
cognosco, is, ere, novi, nitum : 1. apprendre à connaître, étudier ; pf. : savoir 2. reconnaître 3. instruire (une affaire)
consulatus, us, m. : le consulat
contio, onis, f. : la tribune, l'assemblée
cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec 2. conjonction + ind. = quand, lorsque, comme, ainsi que 3. conjonction + subj. : alors que
de, prép. + abl. : au sujet de, du haut de, de
decerno, is, ere, crevi, cretum : décréter, décider
decus, oris, n. : la gloire, l'honneur
denique, adv. : enfin
duco, is, ere, duxi, ductum : I. tirer 1. tirer hors de 2. attirer 3. faire rentrer 4. compter, estimer II. conduire, emmener, épouser
ea, 1. ABL. FEM. SING - NOM-ACC. N. PL. de is, ea, id (ce, cette, le, la...) 2. adv. : par cet endroit
et, conj. : et. adv. aussi
exagito, as, are : agiter, critiquer, harceler, inquiéter
favor, oris, f. : la faveur, la sympathie
fides, ei, f. : 1. la foi, la confiance 2. le crédit 3. la loyauté 4. la promesse, la parole donnée 5. la protection (in fide : sous la protection)
frequens, entis : fréquenté, populaire
frequento, as, are : fréquenter, être assidu
frustra, adv. : en vain
genus, eris, n. : la race, l'origine, l'espèce
gero, is, ere, gessi, gestum
: 1. porter 2. exécuter, faire
homo, minis
, m. : l'homme, l'humain
honos, oris, m. : l'honneur, l'hommage, la charge, la magistrature, les honoraires
humilitas, atis, f. : la bassesse, la faiblesse
ille, illa, illud : adjectif : ce, cette (là), pronom : celui-là, ...
imperator, oris, m. : le général, l'empereur
in, prép. : (acc. ou abl.) dans, sur, contre
invidia, ae, f. : la jalousie, l'envie, la haine
ita, adv. : ainsi, de cette manière ; ita... ut, ainsi que
iubeo, es, ere, iussi, iussum : 1. inviter à, engager à 2. ordonner
Iugurtha, ae, m. : Jugurtha
littera, ae, f. : la lettre
magis, adv. : plus
magistratus, us, m. : la charge, la fonction publique, la magistrature
maius, adv. : comparatif neutre de magnus ou adverbe : plus grand
malus, a, um : mauvais, malheureux, méchant (malum, i, n. : le mal, le malheur, les mauvais traitements)
Mancinus, i, m. : Caius mancinus (consul)
mando, as, are : confier
Manlius, i, m. : Manlius (nom d'homme)
manus, us, f. : la main, la petite troupe
Marius, i, m. : Marius
Metellus, i, m. : Métellus
mitto, is, ere, misi, missum
: I. 1. envoyer 2. dédier 3. émettre 4. jeter, lancer II. laisser aller, congédier
moderor, aris, ari : imposer une limite, diriger
multus, a, um : en grand nombre (surtout au pl. : nombreux)
necessarius, a, um : inévitable, indispensable, intime
nobilitas, atis, f. : la réputation, la noblesse
novus, a, um : nouveau
omnis, e : tout
opifex, ficis, m. : l'artisan
opus, operis, n. : le travail (opus est mihi = j'ai besoin)
pars, partis, f. : la partie, le côté, le parti politique
paulo, adv. : un peu
percello, is, ere, culi, culsum : renverser, culbuter
plebes, ei, f. : la plèbe
plebs, plebis, f. : la plèbe
populus, i, m. : le peuple
post, adv. : en arrière, derrière; après, ensuite; prép. : + Acc. : après
postea, adv. : ensuite
praeterea, inv. : en outre
qua, 1. ABL. FEM. SING. du relatif. 2. Idem de l'interrogatif. 3. après si, nisi, ne, num = aliqua. 4. faux relatif = et ea 5. adv. = par où?, comment?
quae, 4 possibilités : 1. N.F.S. N.F.PL. N.N.PL., ACC. N. PL. du relatif = qui, que (ce que, ce qui) 2. idem de l'interrogatif : quel? qui? que? 3. faux relatif = et ea - et eae 4. après si, nisi, ne, num = aliquae
quam, 1. accusatif féminin du pronom relatif = que 2. accusatif féminin sing de l'interrogatif = quel? qui? 3. après si, nisi, ne, num = aliquam 4. faux relatif = et eam 5. introduit le second terme de la comparaison = que 6. adv. = combien
quem, 4 possibilités : 1. acc. mas. sing. du pronom relatif = que 2. faux relatif = et eum 3. après si, nisi, ne num = aliquem : quelque, quelqu'un 4. pronom ou adjectif interrogatif = qui?, que?, quel?
quorum, 1. GEN. MASC. ou N. PL. du relatif. 2. GEN. MASC. ou N. PL. de l'adjectif ou du pronom interrogatif. 3. Après si, nisi, ne, num = aliquorum. 4. Faux relatif = et eorum.
relinquo, is, ere, reliqui, relictum
: laisser, abandonner
res, rei, f. : la chose, l'événement, la circonstance, l'affaire judiciaire; les biens
rogo, as, are : demander
Roma, ae, f. : Rome
sed, conj. : mais
seditiosus, a, um : subversif
sic, adv. : ainsi ; sic... ut : ainsi... que
situs, a, um : placé, situé
studium, ii, n. : 1. le zèle, l'ardeur 2. l'affection, l'attachement 3. l'intérêt, la passion, l'étude
sum, es, esse, fui : être
suus, a, um
: adj. : son; pronom : le sien, le leur
T, n. pr. : abréviation de Titus
tempestas, atis, f. : le temps, le mauvais temps
tribunus, i, m. : le tribun ; tribunus pl. : le tribun de la plèbe
uterque, utraque, utrumque
: chacun des deux
uti, = ut

virtus, utis, f. : le courage, l'honnêteté
volens, entis : qui veut bien, de son plein gré, bénévole, bienveillant, volontiers
volo, vis, velle : vouloir
vulgus, i, n. : la foule, le commun des hommes (in vulgus : dans la foule, dans le public)
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