Le temps des généraux : Pompée

Guerre contre César

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Devant le Rubicon : posopopée de la patrie

LUCAIN : M. Annaeus Lucanus est le fils de M. Annaeus Méla, le frère cadet de Sénèque. Né à Cordoue en 39, il vint à Rome avec sa famille dès 40. Parmi ses maîtres on trouve le philosophe stoïcien Cornutus. Parmi ses condisciples figurait le poète Perse, un peu plus âge que lui.
Son milieu social et sa précocité littéraire aidant, Lucain devint vite un protégé de Néron qui lui accorder la questure avant l'âge légal ainsi que l'augurat. Lors de sa première apparition en public, le poète obtint le premier prix aux Neronia de 60, en présentant un éloge de l'empereur.
Mais la disgrâce n'allait pas tarder, provoquée par la jalousie de Néron, qui se croyait des talents littéraires, ou peut-être par des raisons politiques, puisqu'on assiste alors à la mise à l'écart de Sénèque et de tout le clan des Annaei. Impliqué dans la conjuration de Pison en 65, Lucain fut contraint au suicide : il avait 26 ans.  Son oeuvre se confond pour nous avec une épopée dont il nous reste dix livres (le dixième est incomplet ou inachevé) : la Pharsale. Ce titre est incorrect et résulte d'une mauvaise interprétation du vers 9,985, où figure l'expression Pharsalia nostra ; Lucain avait intitulé son poème Bellum civile. Mais nous continuons, par habitude, à l'appeler la Pharsale.

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Le RUBICON est un petit fleuve côtier qui au nord d'ARIMINUM (RIMINI)sépare la Province de l'ITALIE.Les ROMAINS l'ont investi d'une importance presque sacrée car il représente plus qu'une frontière ; c'est la limite qu'aucun général ROMAIN n'a le droit de franchir à la tête de ses troupes sans y être expressément invité,faute de quoi le général en question est déclaré rebelle et ennemi de la Patrie.  La loi ROMAINE assimile cet acte au crime suprême et la punition en est la peine de mort. A l'aube du 12 janvier (17 déc 50) CESAR accomplit le pas décisif et, en traversant le RUBICON, il occupe avec la XIII ème légion ARIMINIUM sans résistance.Il avait dit auparavant en entendant un homme de belle taille qui jouait du chalumeau sur l'autre rive "Allons où nous appellent le langage des dieux et l'injustice de nos ennemis, les dés sont jetés"
Iam gelidas Caesar cursu superaverat Alpes
ingentesque animo motus bellumque futurum
ceperat. Ut ventum est parvi Rubiconis ad undas,
ingens visa duci patriae trepidantis imago
clara per obscuram voltu maestissima noctem
turrigero canos effundens vertice crines
caesarie lacera nudisque adstare lacertis
et gemitu permixta loqui: «Quo tenditis ultra?
Quo fertis mea signa, viri? Si iure venitis,
si cives, huc usque licet.» Tum perculit horror
membra ducis, riguere comae gressumque coercens
languor in extrema tenuit vestigia ripa.
Mox ait: «O magnae qui moenia prospicis urbis
Tarpeia de rupe, Tonans, Phrygiique penates
gentis Iuleae et rapti secreta Quirini
et residens celsa Latiaris Iuppiter Alba
Vestalesque foci summique o numinis instar
Roma, fave coeptis. Non te furialibus armis
persequor. en adsum victor terraque marique
Caesar, ubique tuus - liceat modo, nunc quoque - miles.
Ille erit ille nocens, qui me tibi fecerit hostem.»
Inde moras solvit belli tumidumque per amnem
signa tulit propere: sicut squalentibus arvis
aestiferae Libyes viso leo comminus hoste
subsedit dubius, totam dum colligit iram:
mox, ubi se saevae stimulavit verbere caudae
erexitque iubam et vasto grave murmur hiatu
infremuit, tum torta levis si lancea Mauri
haereat aut latum subeant venabula pectus,
per ferrum tanti securus volneris exit.

LUCAIN, Pharsale, I, 183 - 212

  vocabulaire

Dans sa course, César avait déjà vaincu les glaces des Alpes. En lui-même il projetait d’immenses changements et une guerre future. Quand il atteignit les flots du petit Rubicon, le général crut voir l’apparition immense de la patrie tremblante. Elle brillait dans la nuit obscure. Le visage décomposé, elle répandait ses cheveux blancs autour de sa tête recouverte de tours. Elle s’arrachait la chevelure et se dressait les bras nus. Elle prit la parole tout en gémissant :"Soldats, où allez-vous trop loin? Où portez-vous mes étendards? Si vous venez dans le respect de la loi, si vous êtes de bons citoyens, la frontière se trouve ici."
Alors un sentiment d’horreur s’empara des membres du général. Sa chevelure se hérissa. Une soudaine faiblesse arrêta sa marche et retint ses pas au bord du Rubicon. Alors César dit :
"O toi qui contemples les remparts de la grande ville du haut de la roche tarpéienne, toi Jupiter Tonnant et vous pénates phrygiennes de la gens Iulia, vous mystères de l’enlèvement de Quirinus, toi Jupiter Latial qui réside sur les hauteurs d’Albe, vous foyers des Vestales et toi Rome, l’égale de la plus grande divinité, favorisez mes projets. Je ne t’attaque pas avec les armes des Furies. Je suis là, vainqueur sur terre et sur mer, moi César, ton soldat en tout lieu quand on me le permet et maintenant encore. Celui-là sera coupable, celui qui fera de moi ton ennemi."
Alors il rejeta tout retard et porta aussitôt ses enseignes dans le fleuve bouillonnant.
C’est ainsi que dans les rudes plaine de la brûlante Libye, le lion, à la vue de sa proie, reste un moment sur place, comme s’il hésitait, pour rassembler toute sa colère. Bientôt il s’excite en donnant de sauvages coups de queue, sa crinière se hérisse et il pousse un rugissement énorme de sa vaste gueule. Alors si la lance tournoyante du Maure agile l’atteint et si l’épieu entre dans son large flanc, sans se soucier d’une telle blessure, il s’en va malgré le fer.

LUCAIN, Pharsale, I, 183 - 212

 

Pénates phrygiennes

César naquit dans une vieille famille patricienne, la gens Iulia, qui prétendait descendre de Iule, fils d'Énée et par là de Vénus elle-même.

Albe et César 

Selon la vulgate, Énée aurait fondé la ville de Lavinium; son fils, Ascagne appelé aussi Iule (d'où prétendait descendre la gens Iulia, on le verra plus loin), aurait fondé plus tard la ville d'Albe-la-Longue, sur laquelle auraient régné pendant plusieurs siècles une dynastie de rois albains jusqu'à Numitor, le dernier roi légitime d'Albe dont la fille, Rhéa Silvia, donnera naissance à Romulus et Rémus. Ces derniers seront les fondateurs de Rome.

PROSOPOPÉE, rhétorique

http://www.ulb.ac.be/philo/prosopopee/proso4.html

Terme qui désigne l'un des procédés de la rhétorique, et que recense déjà Philodème le Philosophe dans son traité Sur les poèmes . Le terme est forgé sur prosôpon , «ce qui se tourne vers, se présente à (pros ) la vue (ôps )», donc la face, le front, le visage, puis la personne, et même le masque, et sur poieïn , «faire». La prosopopée fait parler, donc donne visage, à un mort par exemple, tel Fabricius dans le Discours sur les sciences et les arts  de Rousseau, ou à une allégorie, comme la Patrie, par la bouche de qui Cicéron adjure l'ennemi public dans la première Catilinaire . Les premières prosopopées furent sans doute celles, grecques, où parlèrent les dieux et les muses : ainsi, dans le Poème  de Parménide, les routes sont dites par la déesse qui se tourne vers le jeune homme (fragment 1, v. 22 sq.). La poésie grecque étant «enthousiaste», bien des poèmes peuvent, comme L'Iliade  ou la Théogonie  d'Hésiode, être considérés comme une longue prosopopée, où poète et muse n'ont qu'un visage et chantent par la bouche l'un de l'autre. Aussi réserve-t-on alors souvent le terme aux passages où le poète présente précisément les muses : «Les Muses héliconiennes, commençons par les chanter, elles qui tiennent la grande et toute divine montagne d'Hélicon» (début de la Théogonie ).

Suétone

XXXI. Il s'avance la nuit jusqu'au Rubicon

(1) Donc, quand il apprit qu'on n'avait tenu aucun compte de l'opposition des tribuns, et qu'eux-mêmes étaient sortis de Rome, il fit prendre aussitôt les devants à quelques cohortes, et dans le plus grand secret, pour n'éveiller aucun soupçon. Puis, pour donner le change, il assista à un spectacle public, examina le plan d'une école de gladiateurs qu'il voulait faire construire, et se livra, comme de coutume, à la joie d'un grand festin. (2) Mais, après le coucher du soleil, il fit atteler à un chariot les mulets d'une boulangerie voisine et, suivi de fort peu de monde, il prit les chemins les plus détournés. Les flambeaux s'éteignirent; il se trompa de route et erra longtemps au hasard. Enfin, au point du jour, ayant trouvé un guide, il suivit à pied des sentiers étroits (3) jusqu'au Rubicon, limite de sa province, et où l'attendaient ses cohortes. Il s'y arrêta quelques instants, et, réfléchissant aux conséquences de son entreprise: "Il est encore temps de retourner sur nos pas, dit-il à ceux qui l'entouraient; une fois ce petit pont franchi, c'est le fer qui décidera tout."

XXXII. Un prodige le détermine à passer ce fleuve

(1) Il hésitait; un prodige le détermina. (2) Un homme d'une taille et d'une beauté remarquables apparut tout à coup, assis à peu de distance et jouant du chalumeau. Des bergers et de très nombreux soldats des postes voisins, parmi lesquels il y avait des trompettes, accoururent pour l'entendre. Il saisit l'instrument d'un de ces derniers, s'élança vers le fleuve, et, tirant d'énergiques accents de cette trompette guerrière, il se dirigea vers l'autre rive. (3) "Allons, dit alors César, allons où nous appellent les signes des dieux et l'injustice de nos ennemis: le sort en est jeté!"

XXXIII. Sa harangue et ses promesses à ses soldats

(1) Quand l'armée eut ainsi passé le fleuve, César fit paraître les tribuns du peuple, qui, chassés de Rome, étaient venus dans son camp: alors il harangua ses troupes assemblées et invoqua leur fidélité, en pleurant et en déchirant ses vêtements sur sa poitrine. (2) On crut aussi qu'il avait promis à chaque soldat le cens de l'ordre équestre. Mais ce qui donna lieu à cette erreur, (3) c'est que, dans la chaleur du discours, il montra souvent le doigt annulaire de sa main gauche, protestant qu'il était prêt à donner tout, jusqu'à son anneau, pour ceux qui défendraient sa dignité; en sorte que les derniers rangs, plus à portée de voir que d'entendre, prêtèrent à ce geste une signification qu'il n'avait point; et le bruit ne tarda pas à se répandre que César avait promis à ses soldats le droit de porter un anneau et les revenus des chevaliers, c'est-à-dire quatre cent mille sesterces.

Plutarque :

XXXVI. César n'avait auprès de lui que cinq mille hommes de pied et trois cent chevaux. Il avait laissé au delà des Alpes le reste de son armée, que ses lieutenants devaient bientôt lui amener. Il vit que le commencement de son entreprise et la première attaque qu'il projetait n'avaient pas besoin d'un grand nombre de troupes ; qu'il devait plutôt étonner ses ennemis par sa hardiesse et sa célérité, et qu'ils les effrayerait plus facilement en tombant sur, eux lorsqu'ils s'y attendraient le moins, qu'il ne les forcerait en venant avec de grands préparatifs. Il ordonna donc à ses capitaines et ses chefs de bande de ne prendre que leurs épées, sans aucune autre arme ; de s'emparer d'Ariminium, ville considérable de la Gaule, mais d'y causer le moins de tumulte et d'y verser le moins de sang qu'ils pourraient. Après avoir remis à Hortensius la conduite de son armée, il passa le jour en public à voir combattre des gladiateurs ; et un peu avant la nuit il prit un bain, entra ensuite dans la salle à manger, et resta quelque temps avec ceux qu'il avait invités à souper. Dès que la nuit fut venue, il se leva de table, engagea ses convives à faire bonne chère, et les pria de l'attendre, en les assurant qu'il reviendrait bientôt. Il avait prévenu quelques-uns de ses amis de le suivre, non pas tous ensemble, mais chacun par un chemin différent ; et, montant lui-même dans un chariot de louage, il prit d'abord une autre route que celle qu'il voulait tenir, et tourna bientôt vers Ariminium.

XXXVII. Lorsqu'il fut sur les bords du Rubicon, fleuve qui sépare la Gaule cisalpine du reste de l'Italie, frappé tout à coup des réflexions que lui inspirait l'approche du danger, et qui lui montrèrent de plus près la grandeur et l'audace de son entreprise, il s'arrêta ; et, fixé longtemps à la même place, il pesa, dans un profond silence, les différentes résolutions qui s'offraient à son esprit, balança tour à tour les partis contraires, et changea plusieurs fois d'avis. Il en conféra longtemps avec ceux de ses amis qui l'accompagnaient, parmi lesquels était Asinius Pollion. Il se représenta tous les maux dont le passage de ce fleuve allait être suivi, et tous les jugements qu'on porterait de lui dans la postérité. Enfin, n'écoutant plus que sa passion, et rejetant tous les conseils de la raison, pour se précipiter aveuglément dans l'avenir, il prononça ce mot si ordinaire à ceux qui se livrent à des aventures difficiles et hasardeuses : « Le sort en est jeté ! » et, passant le Rubicon, il marcha avec tant de diligence qu'il arriva le lendemain à Ariminium avant le jour et s'empara de la ville. La nuit qui précéda le passage de ce fleuve, il eut, dit-on, un songe affreux : il lui sembla qu'il avait avec sa mère un commerce incestueux.

César, la guerre civile

Il ne parle pas du passage du Rubicon :

VIII Ayant pris connaissance de la volonté de ses soldats, César part pour Arminium avec cette légion et il vient à la rencontre des tribuns de la plèbe qui avaient fui chez lui. Il rappelle le reste des légions des quartiers d’hivers et ordonne qu’elles le rejoignent.

http://services.worldnet.fr/~larane/histoire01110.htm#Marius

11 janvier de l'an 49 avant JC

Jules César franchit le Rubicon

Jules César traverse le Rubicon le 11 janvier de l'an 49 avant JC.
En franchissant ce petit fleuve côtier d'Italie centrale avec son armée, le conquérant des Gaules entre sur le territoire administré en direct par les magistrats romains. Il viole la loi de Rome.
«Anerrifthô Kubos» (Que soit jeté le dé!), aurait-il alors lancé... en grec, la langue des élites romaines de l'époque. La traduction latine de cette formule nous a été léguée par l'historien Suétone: «Iacta esto alea», ou, selon l'opinion commune, «Alea jacta est» (Le dé est jeté).
La traversée du Rubicon avec une armée constitue une déclaration de guerre à la République sénatoriale.

Une réforme impossible

Quand Jules César traverse le Rubicon, la République romaine agonise depuis déjà plusieurs décennies.
En l'an 146 avant JC, après leur victoire sur Carthage, les légions de Rome conquièrent Corinthe et la Grèce... Celle-ci se venge à sa manière en transmettant à Rome une part de sa culture, selon le mot du poète Horace: «Graecia capta ferum victorem fecit» (La Grèce a soumis son vainqueur).
Mais les sénateurs se montrent incapables de gérer un État qui s'étend désormais tout autour de la Méditerranée.
En l'an 106 avant JC, Marius, un patricien proche du parti démocratique, commence de réformer les institutions en créant une armée de métier pour épargner les astreintes du service militaire aux plébéiens de Rome et aux paysans des campagnes italiennes.
En 82 avant JC, Sylla, qui fut l'adjoint de Marius dans la guerre contre les Numides avant de devenir son ennemi, devient dictateur.
Jusqu'à sa mort, trois ans plus tard, il pourchasse les partisans de Marius. Le jeune Caius Julius Caesar, né en 100 et neveu par alliance de Marius, figure parmi les proscrits et doit s'enfuir de Rome.L'homme fort de Rome est désormais Pompée le Grand (Cnaius Pompeius Magnus).
Né en 106 avant JC, cet ancien lieutenant de Sylla s'est acquis une immense popularité en combattant Marius, puis en nettoyant la Méditerranée infestée par les pirates et en conquérant l'Orient grec par une victoire sur le roi Mithridate du Pont.
Mais le héros, fort de ses succès en Orient, n'ose pas réformer l'Etat, qui se remet avec peine d'une conjuration conduite par un factieux, Catilina, et dénoncée par Cicéron.
Ayant imprudemment licencié ses légions, Pompée est mis sur la touche par le Sénat. Il se rapproche alors du riche Crassus et de... César, formant avec eux en l'an 59 un gouvernement à trois.
Crassus s'est illustré en massacrant Spartacus et sa bande d'esclaves révoltés. César, quant à lui, est surtout connu pour sa vie dissipée et ses frasques de dandy. Il a donné sa fille Julia en mariage à Pompée.
On invente pour l'occasion l'appellation de triumvirat. L'entente entre les trois hommes n'est que de façade. Chacun aspire à prendre le pas sur les autres et le meilleur moyen d'y parvenir est la gloire militaire.
Tandis que Crassus trouve la mort en allant combattre les Parthes du Moyen-Orient, Pompée reçoit le gouvernement de l'Espagne et César celui de la Gaule Cisalpine.
Au bout de huit longues années passées à éteindre les révoltes des tribus gauloises les unes après les autres, César, couvert de gloire et de richesses, prend la route de Rome où Pompée l'a devancé.
La mort de Julia, fille de César et épouse de Pompée, précipite la brouille entre les deux hommes.

Coup d'État

Pompée, qui a obtenu le titre de consul, bénéficie du soutien des sénateurs (parmi lesquels l'orateur Cicéron). Il se fait couramment appeler «princeps», ce qui signifie le premier des citoyens (d'où nous vient le mot prince). Mais il n'ose pas intervenir avec ses troupes à l'intérieur de Rome pour imposer ses volontés au Sénat et mettre fin aux luttes de factions.
En 50 avant JC, il convainc le Sénat de lancer un sénatus-consulte contre César, enjoignant à celui-ci de prendre congé de son armée!
C'est le retour des guerres civiles!
César, ayant franchi le Rubicon avec la XIIIe Légion, entre dans la Ville éternelle, en chasse Pompée et soumet en neuf semaines l'Italie entière. Il met le siège devant Massilia (Marseille) qui a pris parti pour son rival.
L’année suivante, il poursuit Pompée en Épire et écrase son armée à Pharsale. Pompée, en fuite, se réfugie en Égypte où il est assassiné sur ordre du jeune pharaon Ptolémée VI.
César arrive à son tour en Égypte, réprime une révolte à Alexandrie et se rend bientôt aux charmes de la jeune reine Cléopâtre, issue d’une série de mariages incestueux des Ptolémées.
Là-dessus, iI soumet Pharnace, roi du Pont (l'actuel détroit du Bosphore) à Zéla en -47. C’est l’occasion d’un communiqué expéditif: «Veni, vidi, vici!» (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu!).
S'arrêtant à peine en Italie, il passe en Afrique et écrase une armée de partisans de Pompée à Thapsus, puis une autre en Andalousie en -45.
Outre ses quatre triomphes, il obtient l’inviolabilité tribunicienne et la dictature à vie. Il a désormais partie gagnée contre ses adversaires et devrait pouvoir se reposer sur ses lauriers... Toujours généreux, César n’oublie pas de distribuer toutes sortes de prébendes pour s’assurer ce que l’on appelle ouvertement une clientèle.
Il entreprend aussi des réformes civiles pour étendre le bénéfice de la citoyenneté à de nouvelles catégories et limiter l’accès aux distributions de subsides publiques. Il s’essaye enfin à une politique de réconciliation nationale après cinquante ans de guerre civile.
Sans rien changer à la forme des institutions, César met ainsi en place une monarchie inavouée pendant les cinq années qui lui restent à vivre jusqu'à son assassinat.

ad, prép. : + Acc. : vers, à, près de
adsto, as, are, stiti, stitum
: se tenir auprès de, (en poésie : atterrir)
adsum, es, esse, adfui
: être présent, assister, aider

aestifer, era, erum
: brûlant
ait
, vb. irr. : dit, dit-il

Alba, ae
, f. : Albe
Alpes, ium
, f. :les Alpes
amnis, is,
m. : la rivière, le fleuve

animus, i
, m. : le coeur, la sympathie, le courage, l'esprit
arma, orum
, n. : les armes
arvum, i
, n. : la terre, le champ, la plaine
aut
, conj. : ou, ou bien
bellum, i,
n. : la guerre
Caesar, aris
, m. : César
caesaries, ei
, f. : la chevelure
canus, a, um
: blanc (en parlant des cheveux ou de la barbe)
capio, is, ere, cepi, captum
: prendre
cauda, ae
, f. : la queue
celsus, a, um
: haut, élevé, grand
civis, is
, m. : le citoyen
clarus, a, um
: célèbre

coepio, is, ere, coepi, coeptum
: (plutôt avec rad. pf et supin) : commencer

coerceo, es, ere, cui, citum
: enfermer, contenir, maintenir

colligo, is, ere, legi, lectum
: ramasser

coma, ae,
f. : la chevelure, les cheveux
comminus
, adv. : de près
crinis, is
, m. : le cheveu, la chevelure
cursus, us
, m. : la course, le parcours, le trajet
de
, prép. + abl. : au sujet de, du haut de, de
dubius, a, um
: douteux
dum
, conj. : 1. + ind. = pendant que, jusqu'à ce que 2. + subj. : pourvu que, le temps suffisant pour que
dux, ducis,
m. : le chef, le guide
effundo, is, ere, fudi, fusum
: répandre, disperser
ego, mei
: je
en
, suivi du nom. ou de l'acc. : voici

erigo, is, ere, rexi, rectum
: dresser, élever (erectus, a, um : élevé, dressé, droit, fier, attentif)

et
, conj. : et. adv. aussi

exeo, is,ire, ii, itum
: 1. sortir de, aller hors de 2. partir

extremus, a, um
: dernier

facio, is, ere, feci, factum
: faire

faveo, es, ere, favi, fautum
: être favorable à, s'intéresser à

fero, fers, ferre, tuli, latum
: porter, supporter, rapporter

ferrum, i
, n. : le fer (outil ou arme de fer)
focus, i
, m. : le foyer, l'âtre, la maison, l'autel
furialis, e
: qui concerne les Furies, atroce
futurus, a, um,
part. fut. de sum : devant être
gelidus, a, um
: gelé, glacé
gemitus, us
, m. : le gémissement, la plainte
gens, gentis
, f. : la tribu, la famille, le peuple
gravis, e
: sérieux, triste, lourd, alourdi
gressus, us
, m. : marche, démarche, allure
haereo, es, ere, haesi, haesum
: être attaché
hiatus, us
, m. : 1. l'action d'ouvrir 2. l'ouverture, la fente 3. l'action de désirer avidement
horror, oris
, m. : l'horreur
hostis, is
, m. : l'ennemi
huc
, adv. : ici (question quo)
iam
, adv. : déjà, à l'instant
lle, illa, illud
: adjectif : ce, cette (là), pronom : celui-là, ...

imago, inis
, f. : l'imitation, l'image

in
, prép. : (acc. ou abl.) dans, sur, contre
inde
, adv. : de là, donc
infremo, is, ere, ui, -
: frémir, gronder
ingens, entis
: immense, énorme
instar
, prép. : + Gén. = à la manière de
ira, ae
, f. : la colère
iuba, ae
, f. : la crête, la crinière, la chevelure
Iuleus, a, um
: Julien, de la gens Iulia
Iuppiter, Iovis,
m. : Jupiter
iure
, inv. : à bon droit
lacer, era, erum
: mutilé, déchiré, mis en pièce
lacertus, i
, m. : le muscle, le bras
lancea, ae
, f. : la lance
languor, oris,
m. : l'épuisement, la faiblesse, l'abattement

Latiaris, e
: (Latialis) : Latial (surnom de Jupiter, fêté chaque année par les Latins)

latus, a, um
: large
leo, onis
, m. : le lion
levis, e
: léger
Libya, ae
, f. : la Libye
liceo
, v. impers. : il est permis ; conj. + subj. : bien que
loquor, eris, i, locutus sum
: parler
maestissimus, a, um
: superlatif de maestus, a, um : triste
magnus, a, um
: grand
mare, is,
n. : la mer
Mauri, orum
, m. : les Maures (habitants de la Mauritanie)
membrum, i
, n. (généralement au plur) : le membre, l'organe
meus, mea, meum
: mon
miles, itis
, m. : le soldat
modo
, adv. : seulement ; naguère, il y a peu (modo... modo... tantôt... tantôt...)
moenia, ium
, n. : les murs, les murailles
mora, ae
, f. : le délai, le retard, l'obstacle
motus, us,
m. : le mouvement
mox
, adv. : bientôt
murmur, uris
, n. : le murmure, le grondement
nocens, entis
: nuisible, coupable
non
, neg. : ne...pas
nox, noctis,
f. : la nuit
nudus, a, um
: nu
numen, inis
, n. : l' assentiment, la volonté ; la volonté des dieux, la puissance divine; un dieu, une divinité
nunc
, adv. : maintenant
o
, inv. : ô, oh (exclamation)
obscurus, a, um
: obscur
parvus, a, um
: petit
patria, ae
, f. : la patrie
pectus, oris
, n. : la poitrine, le coeur, l'intelligence
penates, ium
, m. pl. : les pénates
per
, prép. : + Acc. : à travers, par
percello, is, ere, culi, culsum
: renverser, culbuter
permisceo, es, ere, miscui, mixtum
: mêler, mélanger
persequor, eris, i, persecutus sum
: 1. suivre jusqu'au bout, poursuivre 2. s'attacher à
Phrygii, orum
: les Troyens, les Phrygiens
propere
, adv. : à la hâte, vite
prospicio, is, ere, spexi, spectum
: regarder au loin, avoir vue sur, prévoir
qui
, 1. n N.M.S ou N.M.PL. du relatif 2. idem de l'interrogatif 3. après si, nisi, ne, num = aliqui 4. Faux relatif = et ei 5. interrogatif = en quoi, par quoi
Quirinus, i,
m. : Quirinus (Romulus)
quo
, 1. Abl. M. ou N. du pronom relatif. 2. Abl. M. ou N. du pronom ou de l'adjectif interrogatif. 3. Faux relatif = et eo. 4. Après si, nisi, ne, num = aliquo. 5. Adv. =où ? (avec changement de lieu) 6. suivi d'un comparatif = d'autant 7. conj. : pour que par là
quoque
, adv. : aussi
rapio, is, ere, rapui, raptum
: 1. emporter 2. ravir, voler, piller 3. se saisir vivement de
resido, is, ere, sedi, sessum
: s'asseoir
rigesco, is, ere, ui, -
: se raidir, se durcir, se hérisser (les cheveux)
ripa, ae,
f. : la rive
Roma, ae
, f. : Rome
Rubico, onis
, m. : le Rubicon
rupes, is,
f. : la paroi de rocher, l'antre, la caverne
saevus, a, um
: cruel
se
, pron. réfl. : se, soi
secretum, i,
n. : le secret, la retraite, la solitude
securus, a, um
: tranquille, sûr
si
, conj. : si
sicut
, inv. : comme
signum, i,
m : le signe, l'enseigne, l'oeuvre d'art
solvo, is, ere, ui, utum
: détacher, payer, dénouer (- navem = lever l'ancre)
squaleo, es, ere
: être hérissé, sale, négligé
stimulo, as, are
: aiguillonner, tourmenter, stimuler, exciter
subeo, is, ire, ii, itum
: aller sous, se présenter à, entrer dans
subsido, is, ere, sedi, sessum
: 1. se baisser, s'accroupir 2. s'arrêter, faire halte 3. tendre des embûches à
sum, es, esse, fui
: être
summus, a, um
: superlatif de magnus. très grand, extrême
supero, as, are
: vaincre
tantus, a, um
: si grand ; -... ut : si grand... que
Tarpeia, ae
, f. : Tarpeia
tendo, is, ere, tetendi, tensum
: tendre
teneo, es, ere, ui, tentum
: 1. tenir, diriger, atteindre 2. tenir, occuper 3. tenir, garder 4. maintenir, soutenir, retenir 5. lier 6. retenir, retarder, empêcher
terra, ae
, f. : la terre
Tonans, antis
: tonnant (surnom de Jupiter)
tortus, a, um
: tordu, sinueux
totus, a, um
: tout entier
trepido, as, are
: trembler, s'agiter, de démener
tu, tui
: tu, te, toi
tum
, adv. : alors

tumidus, , a, um
: gonflé, enflé

turriger, era, erum
: porteur de tours, garni de tours
tuus, a, um
: ton
ubi
, adv. : où; conj. quand
ubique
, adv. : partout
ultra
, adv. : au delà, plus loin ; prép. + acc. : plus loin que, plus que

unda, ae,
f. : l'onde, l'eau, le flot

urbs, urbis
, f. : la ville
usque
, prép. : usque ad, jusqu'à
ut
, conj. : + ind. : quand, depuis que; + subj; : pour que, que, de (but ou verbe de volonté), de sorte que (conséquence) adv. : comme, ainsi que
vastus, a, um
: vide, désert, désolé, vaste
venabulum, i
, n. : l'épieu

venio, is, ire, veni, ventum
: venir

verbera, um
, n. : les coups (parfois au singulier : verber, eris)
vertex, icis,
f. : 1. le tourbillon 2. le sommet, la tête 3. le plus haut degré
vestalis, e
: de Vesta ; n. : vestale

vestigium, ii,
n. : la trace de pas, la trace

victor, oris,
m. : le vainqueur
video, es, ere, vidi, visum
: voir (videor, eris, eri, visus sum : paraître, sembler)

vir, viri
, m. : l'homme, le mari

voltus, us,
m. : = vultus, us, m. : regard

vulnus, eris
, n. : la blessure
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