Le temps des Gracques

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Gens Sempronia - Gens Cornelia

187

Une longue inimitié

TITE-LIVE : Tite-Live est né à Padoue, mais a vécu à Rome au temps d'Auguste. C'était un honnête homme, un patriote enthousiaste, un admirateur du temps passé; il est l'auteur d'une Histoire Romaine en 142 livres allant des origines de Rome jusqu'à 9 PCN et dont il reste 35 livres.

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Chronologie

209

PRISE DE LA NOUVELLE CARTHAGE

SCIPION L'AFRICAIN

205 SCIPION ELU CONSUL SCIPION L'AFRICAIN
204 SIEGE D'UTIQUE SCIPION L'AFRICAIN
202 ZAMA SCIPION L'AFRICAIN
HANNIBAL
187 PROCES DE CONCUSSION
TIBERIUS GRACCHUS TRIBUN DE LA PLEBE
SCIPION L'AFRICAIN
TIBERIUS GRACCHUS
187? MORT EN EXILA LITERNE  

 

Tibérius et Caius Gracchus appartenaient à une des plus grandes famille de Rome. La gens Sempronia. Leur grand père avait été consul, leur père Tiberius Sempronius Gracchus avait fait une carrière militaire remarquable dans l'orbite des Scipions : il avait épousé Cornelia, la seconde fille de Scipion l'Africain. Les Gracques étaient donc apparentés aux plus grandes familles de Rome. Leur sœur Sempronia épousera Scipion-Emilien, fils de Paul-Emile.
Selon la tradition, la gens Sempronia et la gens Cornelia étaient ennemies; le mariage de Cornélie et de Tibérius (père) a été un sujet souvent traité par les Romains pour montrer la réconciliation d'anciens ennemis. Voici ce qu'en disent Tite-Live, Aulu-Gelle et Valère-Maxime :
187 : Scipion le premier Africain est accusé de malversations comptables et d'autres griefs. Dégoûté, il se retire à Literne et y meurt.
A son tour son frère Lucius, l'Asiatique est accusé et emprisonné.
Il y a dans la version de Tite-Live un anachronisme puisque Publius devait être mort lors de l'incarcération de son frère Lucius.

Huic Graccho minorem ex duabus filiis (nam maior P. Cornelio Nasicae haud dubie a patre collocata erat) nuptam fuisse convenit ; illud parum constat utrum post mortem patris et desponsa sit et nupserit, an verae illae opiniones sint, Gracchum cum L. Scipio in vincula duceretur nec quisquam collegarum auxilio esset, iurasse sibi inimicitias cum Scipionibus quae fuissent manere, nec se gratiae quaerendae causa quidquam facere, sed in quem carcerem reges et imperatores hostium ducentem vidisset P. Africanum, in eum se fratrem eius duci non passurum.  Senatum eo die forte in Capitolio cenantem consurrexisse et petiisse ut inter epulas Graccho filiam Africanus desponderet. Quibus ita inter publicum sollemne sponsalibus rite factis cum se domum recepisset, Scipionem Aemiliae uxori dixisse filiam se minorem despondisse. Cum illa muliebriter indignabunda nihil de communi filia secum consultatum, adiecisset non si Ti. Graccho daret expertem consilii debuisse matrem esse, laetum Scipionem tam concordi iudicio ei ipsi desponsam respondisse.

cenantem : banquet traditionnel offert par les magistrats mineurs lors des jeux Romains.

TITE-LIVE, XXXVIII, LVII, 2-7.

  vocabulaire

On s'accorde que la plus jeune des deux filles fut mariée à ce Gracchus (car l'aînée fut sans aucun doute donnée par son père à P. Cornelius Nasica). On s'accorde peu pour savoir si elle fut mariée après la mort de son père ou si ce qu'on raconte est vrai : Alors que Lucius Scipion était conduit en prison et qu'aucun des collègues de Gracchus ne lui offrait de l'aide, celui-ci aurait fait le serment que les désaccords avec les Scipions restaient ce qu'ils avaient été, qu'il ne faisait rien pour rechercher de la reconnaissance mais que la prison dans laquelle il avait vu Publius l'Africain conduire des rois et des généraux ennemis, il ne souffrirait pas qu'y soit conduit le frère de celui-ci.
Ce jour-là, alors que par hasard, le Sénat dînait au Capitole, il se leva en chœur et demanda que l'Africain fiance sa fille avec Gracchus au milieu du banquet. Ainsi les fiançailles se firent selon les rites au milieu de la solennité publique. En rentrant chez lui, Scipio dit à sa femme Aemilia qu'il venait de fiancer sa plus jeune fille. Aemilia, s'indigna d'une façon bien féminine du fait qu'il ne lui avait pas demandé son avis au sujet de leur fille commune. Elle ajouta que, même si on la mariait à Tibérius Gracchus on ne devait pas se passer de l'avis de la mère. Scipion, heureux de cet accord si parfait lui répondit que c'est avec celui-là même qu'il l'avait fiancée.

TITE-LIVE, XXXVIII, LVII, 2-7.

 

 

Version un peu différentes données par AULU-GELLE et VALERE-MAXIME

P. Africanus superior et Tib. Gracchus, Tib. et C. Gracchorum pater, rerum gestarum magnitudine et honorum atque vitae dignitate illustres viri, dissenserunt saepenumero de republica, et ea sive qua alia re non amici fuerunt. Ea simultas cum diu mansisset et solemni die Iovi epulum libaretur atque ob id sacrificium senatus in Capitolio epularetur, fors fuit ut apud eandem mensam duo illi iunctim locarentur. Tum quasi diis immortalibus arbitris in convivio Iovis optimi maximi dexteras eorum conducentibus, repente amicissimi facti. Neque solum amicitia incepta, sed affinitas simul instituta : nam P. Scipio filiam virginem habens iam viro maturam, ibi tunc eodem in loco desponsit eam Tib. Graccho, quem probaverat elegeratque exploratissimo iudicii tempore, dum inimicus esset.

AULU-GELLE, Les nuits attiques, XX, 8.

Clarum etiam in Africano superiore ac Tib. Graccho depositarum inimicitiarum exemplum. Siquidem ad cuius mensae sacra odio dissidentes venerant, ab ea amicitia et affinitate iuncti discesserunt. Non contentus enim Scipio auctore senatu in Capitolio, Iovis epulo, cum Graccho concordiam communicasse, filiam quoque ei Corneliam protinus ibi desponsit.

VALÈRE MAXIME, IV, II, 3.

Le père des Gracques : TIBERIUS SEMPRONIUS GRACCHUS

Homme politique romain, père des Gracques (Tiberius et son frère Caïus) (210 ? — 150 ? av. J.-C.).Il fut légat en 190, ambassadeur en 185, tribun de la plèbe en 187 (ou 184 ?), triumvir pour la déduction d'une colonie en 183, édile curule en 182, préteur en Espagne Citérieure en 180, consul en 177, censeur en 169, consul II en 1e 63, proconsul en 162, et encore ambassadeur en 162-161. Il entra dans la famille des Scipions en épousant Cornelia, fille de Scipion l'Africain, dont il eut deux fils : Tiberius Sempronius et Caïus, connus sous le nom des Gracques.

 

a, prép. : + Abl. : à partir de, après un verbe passif = par
adiicio, is, ere, ieci, iectum : ajouter
Aemilia, ae, f. : Aemilia
Africanus, a, um : africain
an, conj. : est-ce que, si (int. ind.), ou (int. double)
auxilium, ii, n. : l'aide, le secours (auxilia, orum : les troupes de secours)
Capitolium, ii, n. : le Capitole
carcer, eris, m. : la prison, le box de départ (course)
causa, ae, f. : la cause, le motif; l'affaire judiciaire, le procès; + Gén. : pour
ceno, as, are : dîner
collega, ae, m. : le collègue
colloco, as, are : placer
communis, e : 1. commun 2. accessible à tous, affable
concors, cordis : uni, en accord
consilium, ii, n. : le projet, le plan, le conseil
consto, as, are : 1. se tenir d'aplomb, exister, se maintenir, être d'accord, coûter ; impers. constat + prop. inf. : il est établi
consulto, as, are : délibérer mûrement, consulter, interroger
consurgo, is, ere, surrexi, surrectum : se lever brusquement
convenio, is, ire, veni, ventum : 1. venir ensemble, se rassembler 2. convenir, s'adapter 3. être l'objet d'un accord 4. convenit : il y a accord
Cornelius, i, m. : Cornélius
cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec 2. conjonction + ind. = quand, lorsque, comme, ainsi que 3. conjonction + subj. : alors que
de, prép. + abl. : au sujet de, du haut de, de
debeo, es, ere, ui, itum : devoir
despondeo, es, ere, di, sum : promettre en mariage, fiancer
dico, is, ere, dixi, dictum : dire, appeler
dies, ei, m. et f. : le jour
do, das, dare, dedi, datum : donner
domus, us, f. : la maison
dubie, inv. : de manière douteuse ; non - : certainement
duco, is, ere, duxi, ductum : I. tirer 1. tirer hors de 2. attirer 3. faire rentrer 4. compter, estimer II. conduire, emmener, épouser
duo, ae, o : deux
ei, DAT. SING ou NOM. M. PL. de is,ea,id : lui, à celui-ci, ce,...
eius, Gén. Sing. de IS-EA-ID : ce, cette, son, sa, de lui, d'elle
eo, 1. ABL. M-N SING de is, ea, is : le, la, les, lui... ce,..; 2. 1ère pers. sing. de l'IND PR. de eo, ire 3. adv. là, à ce point 4. par cela, à cause de cela, d'autant
epulae, arum, f : les aliments, la nourriture, le repas, le festin, le banquet
et, conj. : et. adv. aussi
eum, ACC M SING. de is, ea, id : il, lui, elle, celui-ci...
ex, prép. : + Abl. : hors de, de
expers, ertis : qui n'a pas de part à, privé, dépourvu
facio, is, ere, feci, factum : faire
filia, ae, f. : la fille
forte, adv. : par hasard
frater, tris, m. : le frère
Gracchus, i, m. : Gracchus
gratia, ae, f. : la grâce, la reconnaissance (gratias agere = remercier)
haud, inv. : vraiment pas, pas du tout
hic, haec, hoc : adj. : ce, cette, ces, pronom : celui-ci, celle-ci
hostis, is, m. : l'ennemi
ille, illa, illud : adjectif : ce, cette (là), pronom : celui-là, ...
imperator, oris, m. : le général, l'empereur
in, prép. : (acc. ou abl.) dans, sur, contre
indignabundus, a, um : plein d'indignation
inimicitia, ae, f. (souvent au pluriel) : la haine, l'inimitié
inter, prép. : + Acc. : parmi, entre
ipse, a, um : (moi, toi, lui,...) même
ita, adv. : ainsi, de cette manière ; ita... ut, ainsi que
iudicium, ii, n. : le jugement, la décision
iuro, as, are : jurer
L, abrév. : Lucius
laetus, a, um : 1. joyeux 2. agréable 3. favorable 4. plaisant 5. riche, abondant
maior, oris : comparatif de magnus. plus grand. maiores, um : les ancêtres)
maneo, es, ere, mansi, mansum : rester
mater, tris, f. : la mère
minor, oris : plus petit (comp. de parvus)
mors, mortis, f. : la mort
muliebriter, adv. : en femme, à la manière des femmes
nam, conj. : de fait, voyons, car
Nasica, ae, m. : Nasica (cognomen de Scipion)
nec, adv. : et...ne...pas
nihil, indéfini : rien
non, neg. : ne...pas
nubo, is, ere, psi, ptum : se marier
opinio, onis, f : l'opinion, l'idée préconçue, le préjugé, l'illusion
P, abréviation de Publius
parum, adv. : peu
pater, tris, m. : le père, le magistrat
patior, eris, i, passus sum : supporter, souffrir, être victime de, être agressé par
peto, is, ere, iui, itum : 1. chercher à atteindre, attaquer, 2. chercher à obtenir, rechercher, briguer, demander
post, adv. : en arrière, derrière; après, ensuite; prép. : + Acc. : après
publicus, a, um : public
quae, 4 possibilités : 1. N.F.S. N.F.PL. N.N.PL., ACC. N. PL. du relatif = qui, que (ce que, ce qui) 2. idem de l'interrogatif : quel? qui? que? 3. faux relatif = et ea - et eae 4. après si, nisi, ne, num = aliquae
quaero, is, ere, sivi, situm : chercher, demander
quem, 4 possibilités : 1. acc. mas. sing. du pronom relatif = que 2. faux relatif = et eum 3. après si, nis, ne num = aliquem : quelque, quelqu'un 4. pronom ou adjectif interrogatif = qui?, que?, quel?
quibus, 1. DAT. ou ABL. PL. du relatif. 2. Idem de l'interrogatif 3. faux relatif = et eis 4. après si, nisi, ne, num = aliquibust
quisquam, quaequam, quidquam ou quic- : quelque, quelqu'un, quelque chose
recipio, is, ere, cepi, ceptum : 1. retirer, ramener 2. reprendre 3. recevoir, accepter, admettre 4. se charger de
respondeo, es, ere, di, sum : répondre
rex, regis, m. : le roi
rite, adv. : selon les rites
Scipio, onis, m. : Scipion
se, pron. réfl. : se, soi
secum, = cum se : avec soi
sed, conj. : mais
senatus, us, m. : le sénat
si, conj. : si
sollemne, is, n. : la solennité, la fête, la cérémonie
sponsalis, e : de fiançailles (sponsalia, ium, n. : les fiançailles)
sum, es, esse, fui : être
tam, adv. : si, autant
Ti, abréviation de Tiberius
ut, conj. : + ind. : quand, depuis que; + subj; : pour que, que, de (but ou verbe de volonté), de sorte que (conséquence) adv. : comme, ainsi que
utrum : est-ce-que, si
uxor, oris, f. : l'épouse, la femme
verus, a, um : vrai
video, es, ere, vidi, visum : voir (videor, eris, eri, visus sum : paraître, sembler)
vinculum, i, n. : le lien, la chaîne
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