Réalisation d’un chauffage pour calibreuse-graisseuse type « Lyman » ou « RCBS »

 

 

 

 

Il suffit de naviguer sur nos forums préférés pour de suite constater que le sujet du graissage des ogives fait couler beaucoup d’encre. Si la fabrication de graisse « maison » n’est pas directement le sujet de cet article, la température de la graisse lors de son application peut être un des passages obligé si l’on veut adapter le graissage à une munition donnée!

 

En fait plusieurs paramètres caractérisent la graisse utilisée pour une munition donnée. Sans entrer dans les détails, un paramètre important est la température de fusion de cette graisse. S’il est possible de fabriquer une graisse à température de fusion voulue (dans une certaine fourchette), les choses se compliquent lorsque cette température est volontairement choisie haute car son application dans les gorges de l’ogive devient problématique.

 

La solution simpliste consiste a faire un apport supplémentaire de graisse animal ou minéral mais le revers de la médaille est de « fabriquer » beaucoup de fumée lors du tir, de laisser un dépôt de graisse dans le canon après chaque tir … et surtout, ce qui est plus dangereux, de courir le risque de « graisser » (par phénomène de « transpiration) la poudre contenue dans l’étui, modifiant ses caractéristiques au point de rendre l’utilisation des munitions dangereuse voir mortelle dans des cas extrêmes. 

 

Depuis plusieurs années, Lyman a développé une résistance chauffante à appliquer sous la recalibreuse et permettant, en la chauffant à la température voulue, l’application de graisse sans apport supplémentaire de graisse animal ou minéral.

 

Si l’achat de cette résistance a un certain coût pour ne pas dire un coût certain …,  il faut d’abord parvenir à dénicher la chose sur notre continent … bonne chance !

 

Je vous propose donc une solution simple, efficace et à un prix défiant toute concurrence pour équiper votre recalibreuse.

 

 

Réalisation.

 

Il vous faut un fer à souder électrique de +/- 40W. Soit vous en possédez déjà un, soit vous vous rendez au « brico » du coin ou vous en trouverez pour moins de 5€. L’avantage, si vous n’en possédez pas encore, est que le fer est utilisable en tant que fer à souder lorsqu’il n’est pas nécessaire au graissage des ogives … d’une pierre deux coups !

 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Empruntez le régulateur de tension de la lampe de chevet de Madame. Si d’aventure Madame ne possède pas ce petit objet sympathique, voici une chouette idée de cadeau pour son anniversaire ou pour la prochaine fête des mères … ça ne coûte que quelques euro ! En effet, en plus du plaisir de la lecture nocturne à éclairage adapté, cet équipement permet de créer des ambiances feutrées dans la chambre conjugale … oui, je sais, je suis affreux … mais ne dit-on pas que la fin justifie les moyens !

 

Trêve de plaisanterie, démontez la panne du fer et mesurez son diamètre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Une fois la mesure faite (pour mon cas 4,77mm), récupérez une chute de tige filetée de diam 6mm et de 80mm de long . Bloquez-la dans le mandrin d’un foreuse et faites tourner. A l’aide d’une lime, réduisez le diamètre de la tige filetée jusqu’à obtenir le diamètre voulu. En fait, c’est le tour des pauvres … mais qu’est-ce que ça marche bien ! Désolé que ma seconde mais n’apparaisse pas pour maintenir correctement la lime mais j’en avais besoin pour faire la photo …J

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Forez un trou de 6,5mm dans la partie basse de la presse. J’ai choisis de faire celui-ci à 5 mm du N de LYMAN afin de profiter du relief du N pour que l’écrou bloque sans clef ! Oui, je sais … mais ce n’est pas un coup de bol, c’est juste que, comme je suis fainéant de nature, c’était plus simple pour moi de trouver une solution pour ne prendre qu’une seule clef de 10mm plutôt que deux pour bloquer tout ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Voilà, il ne reste plus qu’à plier la tige filetée a 90° et à la boulonner fermement sur la presse. J’ai choisis de placer la tige horizontalement , car en position verticale non seulement le fer est dans le « chemin » de la poignée de mise sous pression de la graisse mais de plus la poignée plastique du fer risque d’accumuler la chaleur montante.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est préférable de placer la presse sur un élément isolant thermique. J’ai choisis un bout de panneau aglo, c’est pas que la température est élevée mais ça ne sert à rien d’avoir des pertes de chaleur inutiles qui ne permettraient pas une température constante sur l’ensemble de la presse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Réglages de la température.

 

La question cruciale que vous vous posez est : A quelle température faut-il mettre la presse ? 

 

En fait le principe de réglage est très simple. Si la graisse utilisée est suffisamment fluide naturellement pour graisser vos ogives, pas besoin de chauffer ! Par contre, si il vous semble que ça devient un poil dur pour comprimer la graisse, chauffez par palier et arrêtez-vous quand la compression de la graisse vous paraît normal. De toute façon, vous allez très vite vous apercevoir qu’en fait le graissage au niveau des ogives est de bien meilleure qualité lorsque la température est idéale. Ca se joue a 2-3°C près, mais c’est ce qui fait que le graissage est parfait.  N’essayez pas de monter juste pour voir ce que ça donne … je l’ai fait et … ça commence a coller partout et à graisser tout… je ne vous dis pas …

 

Pour me simplifier la vie, j’ai juste placé un voltmètre sur le fer. Et pour mon fer d’une puissance de 40W, j’obtiens une température idéale de la presse de 27°C (pour une graisse « maison » donnée) avec une tension d’alimentation de +/- 29Volts. Une fois quelques tests fait, l’utilisation est très simple car il suffit d’un préchauffage d’une dizaine de minutes pour que la presse soit à température de travail. Il est certain qu’un petit thermostat d’ambiance de récup placé sur la presse serait l’idéal pour simplifier l’utilisation mais celui-ci serait tout de même « attaquer » avec une tension réduite, celle-ci permettant de diminuer les variations de température en évitant les pics violent qu’engendrerait inévitablement les apports « massifs » de calories. Je vous complèterai cet article une fois que j’aurai trouvé un thermostat de récup.

 

 

 

Il reste à écrire un article sur la fabrication des graisses pour ogives pour que le sujet soit complet. Celui-ci n’est pas encore terminé car il me reste encore quelques essais à réaliser. Mais pour pouvoir « voir » le graissage d’une autre façon, il était important de se trouver un moyen d’adapter la méthode de graissage pour s’ouvrir de nouveaux horizons qui, au vu des essais que je suis en train de réaliser, sont des horizons permettant de simplifier la formule de la graisse pour atteindre le but recherché qui est le graissage idéal : pas de fumée, pas de dépôt de graisse ou de plomb dans le canon, … la quête du Grall quoi ! Pas si Grall que ça, sinon Lyman n’aurait pas « pondu » son socle chauffant …

 

 

 

Bon rechargement

 

RAMSES