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En 1958, mes années primaires enfin terminées, je suis rentré en Belgique afin d'y poursuivre mes études. Je ne suis retourné qu'une seule fois au Congo, en 1960. Certains de mes copains et copines ont continué leurs études au Congo. (Quelques uns seulement, suite aux événements de l’indépendance en 1960)

Ouverture de l'école pour l'année scolaire 1957/1958.

 

                                      Nouvelle école de Watsa .

Une nouvelle école fut construite sur la colline aux

oiseaux en dehors de l'agglomération de Watsa, non

loin du camp militaire. C'est là que j'ai effectué ma

dernière année primaire. Notre instituteur, un Liégeois,

s'appelait Monsieur Simon. Quand on répondait bien,

il inscrivait un "BN" (Bonne Note) dans le journal de

classe. Mais gare au bavardage ! Il raturait, d'un geste

rageur, les "BN" durement acquis en ajoutant "pie".

Peu de changement dans notre vie de pensionnaires, sinon un nouveau jeu. Environ une fois par mois, avec la complicité de notre surveillant et de la surveillante des filles, la nuit, on pénétrait dans le dortoir des jeunes demoiselles par une fenêtre laissée ouverte par leur surveillante et on " virait" tous les lits pendant leur sommeil… Quel plaisir…! Quelques jours plus tard, ces charmantes personnes, tentaient de nous rendre la pareille.   Mais nous avions vite repérés leur manège, on les entendait venir de loin car elles étaient incapables de se déplacer en silence à cause de leurs chuchotements mélangés à des éclats de rire qu'elles essayaient d'étouffer.

A l'heure de la "sacro-sainte" sieste, pendant que mes

copains se reposaient, moi, je devais faire du

rattrapage, notamment en français, avec

Mademoiselle Van Hullebushe et cela me faisait

évidemment râler. Mais je lui dois aujourd'hui un

grand merci pour tout ce temps qu'elle m'a consacré.

La nouvelle école voyait le jour sur la colline aux

oiseaux avec son internat et son château d'eau,

jouissant enfin du confort de l'électricité et de l'eau

courante, l'une étant fournie par la société des

mines d'or de Kilo Moto, l'autre des sources captées

et pompées jusqu'au château d'eau, rendue potable

dans un filtre à UV, captée à un dénivelé de 90 mètres

par rapport à notre colline. Tout fonctionnait bien,

sauf en saison sèche.
 

Les habitants voisins de la station étaient alimentés

 en eau par un trop-plein. Si celui-ci s'arrêtait, ils

il endommageait inéluctablement  les tuyaux d'adduction et la

colline était à sec. Branle-bas de combat, les travaux

publics du territoire aidés par les policiers remettaient

en ordre la plomberie et la précieuse eau coulait à

nouveau sur la colline pour l'école, mais par pour nous.

 Pendant quelques longues semaines, pas d'eau ni

d'électricité. L'eau arrivait par porteur dans une

demi touque, rougeâtre, puisée dans un marigot

formé par un ruisseau, qui servait aussi aux ablutions

des habitants des environs. L'éclairage était constitué

d'une lampe Coleman à pétrole, le frigo provisoire

fonctionnait aussi au pétrole. Enfin, le confort s'est

mis en place.

 
Monsieur Marcel SIMON pris l'habitude chaque

week-end d'aller vérifier le bon fonctionnement de

la station de pompage à travers la brousse.

La 22 longue en bandoulière, ma femme tremblait,

 me croyant à chaque fois dévoré par un fauve

durant la visite. Courageusement, elle m'y a

accompagné une fois et n'a plus renouvelé la

promenade assez escarpée au retour.
 

Ensuite, il y a eu pour Monsieur Aerst et moi,

l'apprentissage de mise en action du groupe

électrogène qui devait pallier les éventuelles

pannes de la haute tension fournie par la mine

d’or de Watsa (Kilo Moto). Il fallait en premier

couper le circuit de raccordement; juchés sur un

support isolé, les mains gantées de caoutchouc

généreusement talqué, pas très rassurés vu les

conseils de précaution des électriciens de la mine.

 

Ceci fait, il y avait à mettre le monstre en route.

Un petit moteur type hors-bord qu'on lançait et

qui devait entraîner le diesel du groupe électrogène

de secours.
Celui-ci démarrait dans un vacarme de tonnerre : ouf !

On était encore vivants.
Ainsi, les instituteurs étaient aussi amenés à s'occuper

d'une foule d'autres choses qu'on n'enseigne pas à l'école

normale …
Les souvenirs de Mr Simons se bousculent de ces trois

années (de 1957 à 1960) que je voudrais partager avec

vous et qui furent les plus heureuses de ma carrière au

Congo. Ma femme et moi, comme notre fils Jean, faisons

souvent des rappels du passé à Watsa, son soleil, son

climat : le paradis !
J'ai surtout apprécié la proximité de l'école et de nos

habitations : une vraie famille, notre colline de la

"sapience" ainsi que nous l'avions rebaptisée. Je me

plais à souligner que l'ensemble du personnel

enseignant et de surveillance a accompli, chacun dans

son domaine, un travail remarquable, palliant par leur

inventivité le peu de moyens dont ils disposaient.
Monsieur, Madame Aerst et moi formions une équipe

remarquable.

 

Ecole en 1958

 

Ecole en 2009

Dortoir des garçons, ma

chambre 1ere fenêtre

à gauche

 

Les dortoirs ont été

transformé en classe

 

 

Les classe et dans le fond

le préau couvert

 

Les classes et ce qui

reste du préau

couvert les pilliers

 

Classes, préau,

château d’eau

 

Classes, préau,

château d’eau

 

Maison des instituteurs

en 1958

Maison des instituteurs

Congolais en 2009

 

 

 

 

 

Mais où sont donc passées les petites (grandes)

 

                culottes de madame X ??? 

 

Ce mystère c'est  passé à la nouvelle école de watsa.   Par

respect (hum...) je ne citerai pas le nom de l’institutrice

ni de celui qui à fait ce coup, à vous de deviner.   

Un beau jour, l’élève Y se fit punir injustement par madame X.

Las de toujours être accusé de faire des bêtises il décida de

se venger.

 Il patienta un peu jusqu'au jour où l’occasion se présenta

après un cours de rattrapage avec mademoiselle VHB,

cours exceptionnellement donné dans sa maison de la

colline aux oiseaux...

La leçon terminée, en quittant les lieux, il repéra du linge

mis à sécher sur un fil dans le jardin de l'austère madame X.  

Des petites culottes (quoique bien grandes...) attirèrent particulièrement son attention... .   Il élabora aussitôt

un plan machiavélique!   Comme c'était l'heure de la sieste,

il ne risquait pas d'être vu, il avait le champ libre...  

Il entra furtivement dans la propriété de la dame et

subtilisa trois à quatre sous-vêtements, cacha sont

précieux butin sous sa chemise et s'empressa de  l’enterrer

derrière le dortoir des garçons!!!   Il fut très satisfait

de sa terrible vengeance et en rigole encore 50 ans

plus tard...

Voila madame X, si vous voulez les récupérer vous

savez ou elles se trouvent...

En tout bien tout honneur.... 

Signé Gaby.....

 

Internat de Watsa, dortoir des petites de Jacqueline Catoul.

En fin de journée, quand on rentrait au dortoir, les plus grandes (dont je faisais partie) s'occupaient des petites pour les préparer à se mettre au lit.  Nous les aidions à se laver, se brosser les dents et à mettre leur pyjama.

Un soir, je crois que j'ai eu une des plus grosses frayeurs de ma vie…

En fermant les tentures, quelque chose de froid me glaça le dos!   Je me suis mise à hurler, me demandant ce qui m'arrivait, ce qui effraya les plus jeunes qui se réfugièrent dare-dare au fond du dortoir.   Paniquée, je me déshabille précipitamment pour m'apercevoir en fin de compte qu'un petit lézard, tout aussi terrifié que moi, s'enfuyait à toute vitesse sans demander son reste…

Mais ce soir- là, j'ai bien cru qu'un SERPENT  me tombait dessus !!!

Moi qui n'appréciais guère ces petites bestioles, vous pensez bien qu'après ça, il ne fallait plus m'en parler !!!

 

Villes de Watsa

Centre ville et ces doukas

 (magasins) en 1958

 

 

Centre ville et ces doukas

 (magasins) en 2009

 

 

 

Le bar du club de Watsa en 1958

 

 

 

Le bar du club de Watsa en 2009

 

 

 

Club de Watsa 2009

 

 

Club de Watsa 1958

 

 

 

Terrain de tennis 1954 ?

 

 

 

Terrain de tennis 2009 il ne reste que le piquet du

 filet !

 

 

 

 

 

Le bowling en 1958

 

 

 

Ce qu'il reste du bowling en 2009

 

 

Les femmes à plateaux de la région

 

de Kilo Moto

 

Dès leur jeune âge, les lèvres supérieures et inférieures de la bouche des jeunes filles étaient perforées. Parfois, seule la lèvre inférieure était incisée. Cela ce pratiquait de cette manière : avec une épine d’arbre ils "fendaient" la chair, ensuite, dans cette plaie, ils y plaçaient des brins de pailles fines qu'ils remplaçaient après deux ou trois semaines par des morceaux de bois d’un diamètre de plus en en plus gros jusqu'à en arriver au format désiré…
Une fois l'extension des chairs terminées, ils pouvaient donc y incérer le plateau circulaire fait de bois ou de terre
Cette mutilation devenait rare au Congo Belge, nous n'y voyions plus que de très vielles femmes ayant subit ces anciennes coutumes… . 

Mais ceci nous impressionnait  fortement, et lorsque nous leurs demandions à quoi cela pouvait servir ils nous répondaient qu'il s'agissait d'une protection à l'encontre des marchands d'esclaves arabes mais cela n'avait plus lieu d'être, cette période pénible étant terminée... Cependant, la tradition était installée...

 

Cela nous désolait quand elles enlevaient ces parures bien inutiles, leurs lèvres pendaient et ils leurs fallait bien du courage et de la dextérité pour pouvoir s'alimenter.............

 

 

Femme à plateau

 

Femme à plateau

 

 

 

 

Femme sans le plateau

 

 

 

 

 

L’invasion des fourmis

 

 rouges SIAFU en kiswahili.

Lorsqu'il y avait une invasion de fourmis on sonnait le branle-bas de combat car rien ne pouvait les arrêter,  même pas  l’eau.   Quand elles devaient traverser un ruisseau les premières se jetaient dans l’eau en s’accrochant l'une à l'autre et finissaient par se noyer mais le reste de l'expédition persévérait ce qui  n'empêchait aux  autres petites bêtes  de ces colonies de poursuivre courageusement leur travail.

Méthodiquement, elles finissaient par se regrouper, tout en restant accolées entre elles, elles formaient ainsi une colonne bien serrée et solide qui se transformait  en un pont et pouvaient alors accéder à l'autre rive...

Nos seuls moyens, pour les dérouter, étaient d'allumer un feu, qui les déviait de leur chemin.  Il nous  fallait faire des rigoles tout autour de la maison et du poulailler car ces bestioles dévoraient tout sur leurs passages (herbes, animaux, insectes, et même des personnes.)   On vidait de l’essence puis on y mettait le feu en priant le ciel pour que ses flammes brûlent assez longtemps pour laisser passer la colonne de fourmi.

Les piqûres de ces fourmis étaient très douloureuses. MAIS IL FAUT DIRE QUE....
Dans ces colonnes de fourmis il y avait les fourmis "soldats" beaucoup plus grosses que les autres, des armées bien plus dévastatrices que les précédentes. Ces "fourmis soldats" (termites) caste d'individus à tête et à mandibules énormes veillaient aussi à la bonne marche de la colonne. Lorsque les fourmis quittaient leur rang, elles étaient de suite ramenées sur la même ligne. AU PAS CAMARADES!!!!!!!!!!!!!!!
Le plus insolite, c'est que d'autres insectes, un peu niais, participaient à ces manœuvres sans se rendre compte qu'ils pourraient leur servir de repas en cas de pénurie alimentaire.
 

 

Fourmis "soldats"

Marche de la colonne de siafu

 

Histoires de fourmis rouges, "Siafu" en kiswahili.

Tout en se promenant par une belle journée ensoleillée, mon frère "Colodi", vraisemblablement distrait, posa le pied sur une colonne de fourmis rouges.    Comme chacun le sait, lorsque ces insectes se déplacent, les "fourmis soldats" les protègent en formant une espèce de barrière de protection de chaque coté de la troupe n'hésitant pas à attaquer au moindre mouvement les dérangeant sur leur chemin.  

Et voici donc que mon frère fut, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, assailli par ces bestioles euphoriques qui envahirent ses jambes, se répandant à une vitesse incroyable sous ses vêtements le mordant, de-ci de-là, à qui mieux-mieux.

Heureusement, un ruisseau canalisé par la société kilo moto frétillait près de là…    Mon frangin n'attendit pas son reste et plongea sans hésiter dans le liquide salvateur que lui offrait gracieusement la nature…   L'histoire ne dit pas s'il en est sorti dans le plus simple appareil…

Imaginons à présent que la reine des fourmis le réprimande….

"Dis-moi cher enfant?    Que faisais-tu par ce temps chaud ? "

"Je chantais ne vous déplaise"

"Ha ! Vous chantiez et bien dansez maintenant !"

 

Les fourmis rouges et LE VOISIN………

Après une soirée bien arrosée chez des amis du poste d'Izuru, nos parents, accompagnés d'un voisin, décidèrent de rentrer chacun dans leurs pénates…   Mais en Afrique, il n'y avait pas d'éclairage dans les rues et les déplacements s'effectuaient à la lampe de poche ou à pétrole…    La situation n'étant déjà pas évidente avec un verre dans le nez, ne voilà-t-il pas que "l'ami voisin" de nos parents fut pris d'espèces de convulsions, courant dans tous les sens en émettant des cris intempestifs…

Dans un premier temps, l'alcool aidant, tous crurent qu'il faisait le singe.   

MAIS NON !  MAIS NON !  

 Encore un qui s'était pris une colonne de fourmis rouges !

Solidarité, compassion et noblesse oblige, il fallut à tous témoins de cet épisode, malgré tout assez comique, de dévêtir totalement l'imprudent, afin, en pratiquant de cette manière, de le débarrasser de ces intrus pernicieux…

AÏE, ça PÎÎÎÎQUEEEEEEEEEEEEE…………….