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Ecole de Watsa .
Mes parents restèrent trois années à Zani, puis, en
1967, à la fin de mes études à Watsa, toute la famille est
rentrée en Belgique. Après 6 mois, mon père et ma
mère sont retournés au Congo, et moi je suis resté en
Belgique, "terre étrangère" afin d'y poursuivre mes
études. Une fois celles-ci terminées, mon frère et
moi devions rejoindre mon père en Afrique pour y
travailler avec lui.
L'école primaire officielle du régime métropolitain de
Watsa a été fondée par Mr Suain qui faisait fonction
d'administrateur de territoire. Mr Warnant a dû
prendre le relais dans le courant de l'année 1952.
L'école a été érigée dans des locaux provisoires et
anciens. Une nouvelle école fût construite deux ans
plus tard près du camp militaire sur la colline aux
oiseaux.
L’école se situait de part et d’autre de la rue principale
de Watsa.
D’un coté, les classes de 1ère et 2ème, puis les classes
de 3ème et 4ème année, les classes de 5ème et 6ème
étant séparées des autres par une grande cour en
terre battue. Accolée à la classe des 5ème
et 6ème, il y avait une petite pièce qui servait aux
travaux manuels.
Une fois la route traversée, à gauche, s'étendait le
dortoir des filles et à droite celui des garçons, construit
le long de la route principale tout en longueur .
Le dortoir commençait par un très long couloir qui
courait tout le long du bâtiment. Tous les éviers étaient
accrochés au mur côté route. Pour accéder au dortoir,
on tournait à gauche et on arrivait dans une immense
salle où pleins de lits étaient rangés comme à l’armée.
Les douches et toilettes se trouvaient à côté du dortoir.
Il suffisait de passer la porte pour s'y rendre.
L’infirmerie, la chambre du surveillant et les lits
d’isolement se trouvaient du côté opposé à l’entrée
du dortoir.
A cause d'une épidémie de grippe et de varicelle, une
grande partie des internes durent être mis en quarantaine
et, par manque de place, certains boutonneux se
retrouvèrent dans le même dortoir que les pensionnaires
en bonne santé.
Tous les soirs, nous étions badigeonnés au talc mentholé
de la tête aux pieds, ceci nous soulageait des démangeaisons
provoquées par ces charmantes pustules et puis, surtout,
il ne nous fallait pas les gratter, car il est bien connu que
cela laisse des traces pour toute la vie. On aurait dit une
armée de zombies qui circulait dans les chambrées !
Il n’était pas bon d’avoir de la température au pensionnat,
car le docteur Lubicz nous mettait au régime : le matin,
rien à manger.
Le midi et le soir, juste du thé à volonté pour se
"caler l’estomac". A ce régime-là, après deux jours,
même avec de la température, on reprenait les cours
tellement on avait faim.
En continuant de monter la route, à droite, au bas que
la route se situait le garage SEDEC-MOTORS (Chevrolet)
et à gauche le terrain de basket, juste à côté, le réfectoire,
le bureau du directeur et les cuisines. Pour se rendre au
réfectoire, il fallait monter de grands escaliers.
Toujours en continuant la route, à gauche, s'étendait un
terrain arboré qui se trouvait en pente qui nous servait
de terrain de foot. Ensuite, nous arrivions au préau,
fermé sur sa largeur côté "garçons" par des "matitis"
sur toute sa longueur coté forêt où il y avait une porte
pour se rendre au WC extérieur. Le côté "filles" était
au trois quart fermé mais cependant ouvert sur le
réfectoire.
La route et le terrain étaient bordés d’arbres fruitiers et
particulièrement de ces savoureuses mangues et goyaves…
QUEL REGAL!!!
Une journée commençait par le rituel "se lever, se laver ,
s'habiller, faire son lit ????", puis direction réfectoire,
où nous attendait l’éternel porridge (gruau d’avoine)
accommodé avec du sucre ou de la poudre de cacao
( Banania et Ovomaltine ) et puis, tartines à la confiture
( personnelle pour certains tandis que les autres
mangeaient ce qu'il y avait), fruit, café ou cacao
chaud. Chaque famille d’élèves laissait, en début
d’année, une certaine somme d’argent qui servait à acheter
savons, dentifrices, confitures, Ovomaltine, lacets,
…..etc.
Le déjeuner terminé, direction préau pour quelques instants de
détente. Puis, en rangs, direction les classes de l’autre
côté de la route. Nous nous souvenons tous de
Mademoiselle van Hullebusch qui fut notre institutrice
préférée et dévouée. Et pourtant, elle était exigeante
et sévère. Elle s'occupait des 3ème et 4ème années.
Outre un enseignement impeccable, elle pouvait jouer
du piano et nous apprenait des chansons dont les
paroles étaient consignées dans notre petit cahier de
chant. "Sur les bords de l'Ohio, sur les bords de
l'Ohio ô ô, petit zohio revenait en pirogue, en
chantant vogue, vogue….." Elle nous initiait également
au cours de flamand. . Qu'est-ce que j’ai pu en voir avec
elle quand elle a commencé à nous apprendre le poème
"la petite mésange" dans la langue de Vondel !!
A la récré, on jouait aux billes (aux pots, poissons,
tour de France) ou avec un canif que l’on tapait dans
un carré tracé à terre pendant que les filles jouaient
à la marelle en s'efforçant d'atteindre le "paradis".
On pratiquait du saut en longueur, on sautait à la
corde avec les filles, et surtout.... on les taquinait!
A midi, direction réfectoire, où on n'échappait pas à
la distribution de quinine, nivaquine et huile de
foie de morue en gélules, OUF!! Ah, les jours où l'on
nous servait de la purée…. Je me rappelle que les
cuillères nous servaient de catapultes pour envoyer
de la purée sur nos voisins de table ou ,éventuellement,
au plafond . Un de nos condisciples, puni par le
directeur, monsieur Aerts, a dû écrire 500 fois
"je ne peux pas lancer de la purée au plafond".
Après le repas de midi, un peu de préau et tous à la sieste.
Reprise des cours vers 14h45. Puis, vers 16 ou
17 heures, le goûter tartines confiture, ou biscuit,
grenadine ou cacao froid. Ensuite, étude et
éventuellement faire les punitions. Et j'en ai fait
un fameux paquet on aurait pût en remplir une malle
entière, tables de multiplication jusque
10 à faire 50 fois ou conjuguer des verbes à tous les
temps à faire X fois aussi. J'en ai encore le poignet
et les doigts tout engourdis!!!
En fin de journée, le repas du soir. Avant de se
diriger vers le dortoir, nous avions à nouveau droit
au préau. Et là enfin, nous passions les plus agréables
moments de la journée. On était libre de faire ce que
l’on voulait à condition évidemment que cela reste
" sérieux, sage, et tranquille". …Les activités
habituelles étaient la balle-chasseur, le saut à la
corde, les rondes enfantines ( la fête au village,
le fermier et sa femme…), le foulard, 1.2.3 piano.
Mais, bien sûr, ce que l'on préférait, nous les grands
et JP, c'était de chasser les rats, faire le tour du préau,
par le côté fermé, dans le noir, en évitant de se faire
attraper par le pion, et donner rendez- vous aux filles
près des WC à l’extérieur sans se faire surprendre ! .
Parfois, on jouait aux mousquetaires. Les épées, nous
les fabriquions avec un morceau de matiti, et la garde
de l’épée avec des boîtes à fromage. On confectionnait
également des tanks avec de vieilles bobines de fil à
coudre en bois, on bâtissait des talus, l'exercice
consistait à arriver le premier au sommet.
Anecdote: le cours de religion était donné par les
missionnaires dominicains : les pères Dockx, Pen,
Mercx ,Doutreloux. L'un deux, je crois que c'était
le père Pen, a été tellement chahuté qu'il est parti
un jour en claquant la porte et n'est jamais revenu.
En 3ème primaire, avec le père Antonin, nous devions
apprendre des tas de prières et lorsque nous étions
prêts, il nous faisait asseoir sur ses genoux
(on le traiterait de pédophile à l'heure actuelle)
et réciter la prière que nous avions mémorisée.
Si nous la récitions sans fautes, nous recevions
une image.
Le dimanche
Certains enfants restaient parfois plusieurs semaines à
l'internat sans rentrer chez leurs parents. C'était le cas
de beaucoup d’élèves qui retournaient chez eux
uniquement pour les vacances.
Je me souviens que la journée du dimanche commençait
réellement à midi, au réfectoire, car ce jour dominical
nous donnait droit à un verre de vin rouge et au
bouillon qui était délicieux. Le surveillant nous
racontait des histoires (Zorro, d’Artagnan, le dernier
des Mohicans, et d’autres) ou il nous faisait écouter
des disques sur le vieux gramophone. Ces jours-là,
je faisais toujours une superbe sieste grâce au vin.
L’après midi, soit on restait à l’internat, ou alors,
suivant le courage des surveillants, on faisait une
balade dans la région. Nous nous rendions au
terrain de foot de Watsa ou à la piscine du club.
Et à chaque fois, les tartines et la grenadine
suivaient le groupe.
La saint Nicolas à l’internat était un grand moment.
Les cadeaux étaient disposés dans le préau et rangés
par classe. Nous nous empressions de le déballer pour
en découvrir le contenu. Des jouets, des livres,
des jeux de société, une mini imprimerie, des patins
à roulettes, une tente indienne, etc., et …un gros
sac de bonbons pour chacun et chacune ce qui nous
réjouissait toujours... L'effet de surprise.....
Tous les cadeaux restaient la propriété de l’internat et,
si je me rappelle bien, étaient rangés dans des grands
coffres sous le préau.
Avec la mini imprimerie, nous avons, pendant une année,
édité un petit journal à l’internat.
Environs deux fois par an, nous avions droit à une
séance de cinéma sous le préau et là, pas de pitié pour
les punis…. Ils restaient dans le réfectoire à remplir
des lignes ou à faire des tables de multiplication.
J’en ai raté plusieurs. Mais chutttttttttt, on trichait...
Une fois par semaine, nous étions tenus d'écrire à nos
parents. Toutes les lettres étaient contrôlées par le
directeur et quand il y avait des passages critiques
envers un instituteur ou ne plaisant pas à la direction,
on était obligé de la recommencer.
Notre camarade Nico, qui était grec, avait trouvé
la parade en disant que ses parents ne savaient pas
lire le français ce qui l'obligeait donc à écrire dans
sa langue maternelle, au grand dam de la direction!!!
La vieille école au centre de la ville de Watsa où je fit
mes 4ème et 5ème années de 1955 à 1957 ensuite la
nouvelle école terminée, j’y fit ma 6eme année
en 1957/58
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Vieille école de Watsa . |
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Bâtiment qui servait de réfectoire, de cuisine et bureau administratif.
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Fête de l’école au club de Watsa nous avons dansé « Au joyeux Tyrol » à la distribution des prix de fin d'année au club de Watsa 1957/58
De gauche à droite : Mireille Hoyaux Gabriel Rahier Jeanine Havaux
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Fête chez nos instituteurs et
institutrices
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Classe
de 4eme année Gaby 1954.
Au tableau: Wanbecq Yves, au milieu Gabriel Rahier Barbier Robert
Nous descendons sur la gauche....
Baton Marc, Duchêne Robert,Cocquiart Jacques, Hensoul Richard,
Houbion MIchel, Banayi Nico
Nous remontons sur la droite au niveau du tableau...
Melle van Hullebush,et puis nous redescendons...
Dufrasnes Nadine, Deswert Ginette,Leruth Francis, Rétif André,
Moorgat Robert,
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classe de 4ème année avec mademoiselle Van Hullebusch RAHIER Gabriel, HENSOUL Richard, MOORTGAT ROBERT, BANAYI Nico, Leruth Francis, Wanbecq Yves, Rétif André,
BARBIER Robert, DESWERT Ginette, Melle Marie Lou Van HULLEBUSCH, DUFRASNES Nadine, DUCHAINE Robert
COQUIART Jacques, BATON Marc, HOUBION Michel
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Moi mes souliers ont beaucoup voyagés…
A l'époque de mes années à l'école de Watsa nos parents
sont venus passer un week-end pour être auprès de nous…
J'en fus très heureux car je ne les voyais plus qu'à
l'occasion de mes vacances scolaires. Et puis, cela me
permettait de "respirer" en dehors de l'internat
pendant deux jours… Nous avons logés au gîte de WATSA.
En voyant mes souliers plus que délabrés (Il faut
bien dire qu'ils avaient pris de biens mauvais coups
car les parties de foot étaient quotidiennes et sans
pitié!!!!!!!!!!!!) ma mère décida de renouveler ma
paire de chaussures au magasin Bovy C'est ainsi
que j'acquis de nouvelles sandales….
Des superbes sandales que je chaussai rapidement….!!!!!
Et comme chaque petit enfant ayant une nouvelle
paire de chaussures je suivais chacun de mes petits
pas du regard…
J'étais fier, j'avais bel allure….
Le lendemain après-midi de ce jour béni, mes parents
ont repris la route de Zani et moi la direction de
l’internat.
Dès mon retour à l'établissement, j’appris que les
surveillants avaient décidé d’aller au terrain de
foot de Watsa. Malgré le sol rendu boueux par
la pluie Je ne pu résister à la tentation et j'ai chotté
et chotté, de tout mon cœur et de toutes mes forces!!!!!
Lorsque nous sommes rentrés le soir, après avoir
décrotté mes "si belles" sandalettes" je m'aperçu qu'elles
étaient dans un état aussi pitoyable que les précédentes...
Elles n'avaient plus guère de formes, déchirées,
dans un état lamentable…..
Le lendemain, je repris la route, direction
magasin Bovy avec Mme Aerst pour acheter, à nouveau,
de biens jolis petits souliers…………
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La famille Rahier au gîte de WATSA. |
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Le préau avant 1955
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Le préau avant 1955, un nouveau préau fut mis en service en 1955 avec un sol en béton et le toit en tôle, et, de surcroit, UN WC !
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Rassembleme |
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Cours de religion A l'école de Watsa, les pères blancs nous enseignaient, bien évidemment, le cours de religion… Un de ceux –ci (je ne me souviens plus de son nom), arriva en pleine forme, majestueusement, sur son vélo. Tous bien installés dans la classe, chaque élève à sa place et lui au tableau, il commença à écrire énergiquement de sa craie grinçante, la leçon du jour… Un silence total s'installa et fut suivi après quelques secondes d'un immense éclat de rire… Toute la leçon se passa dans cette ambiance, fous- rire général lorsqu'il avait le dos tourné et silence total lorsqu'il se retournait subitement sur nous, interloqué et interrogatif… Cette situation, pour nous, fut on ne peu plus comique mais bien qu'un rien embarrassante… Et voici pourquoi… A l'arrière de sa soutane
un accros extraordinaire laissait apparaître son bien charmant fessier… Furieux de nous voir autant indisciplinés, il enfourcha son vélo, et reparti vers la mission sans avoir compris pourquoi nous étions aussi exaltés ce jour là…
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Terrain de foot de Watsa en 2009
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| Mme Aerst et Mme Gélise 1954 | Mr Gélise et ?? |
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Dortoir des garçons |
Dortoir des filles |
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