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Lâcher prise

Articles de presse

Lâcher prise: volonté mentale ou abandon total ?
par Myriam Lebrun
- Revue Recto Verseau – décembre 2007

Pourquoi y a-t-il tant de difficulté à lâcher prise ?
Le problème est l’attachement.
L’attachement est l’identification à ce que vous croyez être.
Vous êtes très attachés à votre mode de pensée qui constitue une grande part de votre personnalité. Vous êtes attaché à vos vérités, vos biens, vos enfants, vos partenaires, vos valeurs, vos religions…Vous cherchez à vous définir, à vous identifier pour avoir la sensation d’exister ou d’être quelqu’un. Vous forgez ainsi une vie faites de concepts, de croyances et de dogmes.
Vous pensez pouvoir gérer, contrôler votre existence par la lutte, la volonté, la résistance, tout en posant des conditions à la Vie elle-même:« Cela n’aurait jamais du arriver.», «Ce serait mieux si…», «Si seulement il/elle était différent…» etc…).
Quand lâcher prise?
Prenez l’exemple de la souffrance, quelle qu’elle soit. Vous pouvez la voir, l’identifier et…la refuser, la fuir, vous bloquer ou vous révolter, et en vouloir au monde entier lorsque vous n’arrivez pas à changer la situation. Et plus vous vous révoltez, plus vous renforcez cette souffrance, allant jusqu’à éprouver impuissance et désespoir.
En fait ce n’est pas tant la réalité qui vous fait mal, c’est votre refus de cette réalité.
Vous souffrez de vouloir les choses comme vous voudriez qu’elles soient et non comme elles sont.
Tout ceci constitue une grande pression qui puise beaucoup d’énergie en vous (pouvant mener jusqu’à une déficience immunitaire, source d’affaiblissement et porte ouverte aux malaises et «mal à dit»).
Résister renforce, fait persister et perdurer le "problème" jusque dans des proportions parfois démesurées, produisant des tensions extrêmes, voire des maladies.
C’est ainsi que se passent les choses pour la plupart des gens.
Le lâcher-prise ne "marche" pas
Alors, lassés, vous voulez lâcher-prise
En faisant appel à votre volonté, vous créez une nouvelle pression «Je dois lâcher, je sais que je dois lâcher…». Vous avez l’habitude de vouloir maîtriser votre existence et agissez selon ce fonctionnement.
Parce que vous cherchez le confort et l’apaisement, ainsi que la sécurité, vous avez créé une multitude de schémas rassurants qui vous confinent peu à peu dans une prison mentale que vous renforcez à coup de «j’ai raison», «j’ai le droit», «Oui mais…». Et lorsque la Vie vous impose une situation qui vous dérange, vous repartez de plus belle dans un cercle vicieux de réactions qui vous éloignent de plus en plus de votre sérénité et de votre clarté d’esprit.
Comment lâcher prise ?
Lâcher prise est un abandon total et sans conditions à Ce Qui Est. Ceci n’a rien à voir avec une soumission ou une résignation, c’est la pure acceptation de la réalité, telle qu’elle se présente. Ce n’est pas un "faire".
Dans un premier temps, lâcher prise peut passer par l’acceptation, la reconnaissance, l’observation et la compréhension de ce qui est.

Or, toute réalité extérieure et la façon dont vous en êtes affecté vient de votre réalité intérieure, dont elle est le reflet. Toute souffrance mentale ou émotionnelle vient de votre monde intérieur et de l’attachement à vos croyances par rapport à la réalité subjective. Toute souffrance que vous ressentez quelle qu’en soit la cause est due au monde qui réside en vous (Loi d’attraction).
C’est l’observation de vous-mêmes qui permet de reconnaître votre peine, votre chagrin, votre colère ou votre confusion. En allant au plus profond de vous-même, vous découvrez l’enfer que
vous avez créé. Un enfer issu de l’attachement aux gens, aux valeurs, aux choses etc…et aux réactions que vous y avez appliqués.

Paradoxalement, c’est en acceptant de ressentir la douleur sans chercher à l’atténuer, sans la fuir ou y résister que celle-ci peut se dissoudre.
Pour ce faire il s’agit d’accueillir et d’accepter ce qui vous fait souffrir, c'est-à-dire prendre la mesure de votre ressenti, sans réaction, sans faire quoi que ce soit. C’est cette acceptation sans résistance qui permet l’observation de soi et des phénomènes.

En investiguant alors toutes les vérités auxquelles vous tenez mais qui vous font souffrir, vous constatez que, le plus souvent, elles ne vous servent plus.
Ce qui fut une aide est devenu un obstacle. Ce qui était une stratégie du mental pour survivre produit la destruction et l’entrave à la Vie elle-même..

En questionnant le système de pensées appliqué à la situation, en le mettant en doute, en remarquant les réactions inadaptées qu’il engendrait, disparaît la confusion au profit de la clarté mentale.

La paix intérieure, source de créativité
La compassion pour soi et pour les autres est le résultat de cet éveil à la réalité. le plus étonnant est que c’est la chose la plus ordinaire qui soit. Vous réalisez que vous étiez aveugle et qu’à présent vous voyez la vérité sous un angle totalement neuf. Ce n’est que cela l’illumination. Le simple constat d’un état interne erroné qui peut être rectifié par la conscience éveillée.
Le retour à la quiétude du moment présent procure une gratitude infinie pour cette clarté et la vie dans sa totalité et son unicité retrouvée.
Dans cette sérénité, se présente les solutions, se pose l’action juste, le pas à franchir sur un autre chemin. Non plus le chemin des «je veux», «J’ai besoin», «J’ai raison», «J’ai le droit», «Je suis victime»; mais celui du «Oui à la vie», du «Quelle est mon option à présent», du «Qu’est-ce que cela m’apprend» qui éveille au pas suivant, et au suivant et au suivant…
L’abandon total à la Vie elle-même (
la Vie elle m’aime) et son infinie bonté engendre une confiance renouvelée à chaque étape de ce processus libératoire.
Cette foi grandissante est le ciment nouveau pour accueillir - et non plus affronter – le défi de la vie.

"Que ta volonté soit faite "
C’est alors que le miracle peut se produire, que l’énergie se mue en un océan de paix, source de toute créativité, d’amour, de joie qui n’exclut pas les émotions mais les transforme en sentiments plus profonds, car mieux ressentis et vécus, accueillis enfin complètement. Et ce à chaque fois que surgit une souffrance, un stress, une pensée «négative»…

L’unité, le processus d’individuation, qui est le but de l’humain sur terre, se met en place et s’effectue dans l’harmonie générée par l’acceptation et l’abandon - non dénuée d’action – et contribue à la présence consciente de l’Être, l’accès à sa vraie nature. .

En somme, la souffrance est une option: elle est nécessaire jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’elle est inutile.

Myriam Lebrun


Extraits du livre e Myriam Lebrun : " Mais de quoi donc avons-nous si peur?"

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