Pour aller à notre site principal, cliquez ici.


LIVRE DE RUTH
Version Synodale de la Bible, 8e édition, 1975
  Fichier Word en téléchargement
 
La Bible :
source de joie pour ta vie
Chapitre 1

1 1 AU TEMPS des Juges, une famine étant survenue dans le pays, un habitant de Bethléem en Juda partit, avec sa femme et ses deux fils, pour aller séjourner dans la campagne de Moab. 2 Il s'appelait Elimélec, sa femme Noémi, et ses deux fils Madon et Kiljon ; c'étaient des Ephratiens, de Bethléhem en Juda. Arrivés dans la campagne de Moab, ils s'y établirent. 3 Elimélec, mari de Noémi, mourut, la laissant avec ses deux fils. 4 Ceux-ci épousèrent des Moabites, dont l'une s'appelait Orpa, et l'autre Ruth ; et ils demeurèrent là environ dix ans. 5 Puis Madon et Kilion moururent aussi, et Noémi survécut à ses deux fils et à son mari.
 
6 Alors elle se leva, avec ses belles-filles, pour revenir de la campagne de Moab ; car elle y avait entendu dire que l'Eternel prenait soin de son peuple et lui donnait du pain. 7 Elle quitta donc le lieu où elle avait habité, et, accompagnée de ses deux belles-filles, elle se mit en chemin pour retourner dans le pays de Juda.
 
8 Cependant Noémi dit à ses deux belles-filles : « Allez, retournez chacune dans la maison de votre mère. Que l'Eternel vous traite avec la bonté que vous avez montrée pour nos morts et pour moi-même ! 9 Que l'Eternel vous donne à chacune de trouver le repos dans la maison d'un mari ! » Et elle les embrassa. Mais elles élevèrent la voix et pleurèrent ; 10 et elles lui dirent : « Nous irons avec toi chez ton peuple. » 11 Noémi répondit : « Retournez, mes filles : pourquoi venir avec moi ? Ai-je encore en mon sein des fils qui puissent devenir vos maris ? 12 Retournez, mes filles, allez. Je suis trop âgée pour me remarier. Alors même que je dirais : J'ai de l'espoir, et que, dès ce soir, j'aurais un mari ; quand même j'enfanterais des fils, 13 voudriez-vous attendre qu'ils fussent devenus grands et vous abstenir d'un autre mariage ? Non, mes filles ; mon chagrin est beaucoup plus amer que le vôtre, car la main de l'Eternel s'est abattue sur moi. » 14 Alors elles élevèrent la voix et se mirent encore à pleurer. Puis Orpa donna le baiser d'adieu à sa belle-mère ; mais Ruth refusa de se séparer d'elle.
 
15 Noémi dit à Ruth : «Voici que ta belle-sœur est retournée auprès de son peuple et de son dieu : retourne avec elle. » 16 Ruth répondit : « Ne me presse pas de te quitter pour m'éloigner de toi ; car où tu iras, j'irai ; où tu demeureras, je demeurerai. Ton peuple sera mon peuple, ton Dieu sera mon Dieu ; 17 où tu mourras, je veux mourir et être ensevelie. Que l'Eternel me traite avec la rigueur la plus extrême, si rien d'autre que la mort me sépare de toi ! » 18 Noémi, voyant qu'elle était fermement résolue à la suivre, renonça à l'en dissuader.
 
19 Elles firent donc ensemble le voyage et arrivèrent à Bethléhem. Leur arrivée mit toute la ville en émoi. Les femmes dirent : « Est-ce bien Noémi ? » 20 Elle leur répondit : « Ne m'appelez pas Noémi, appelez-moi Mara  ; car le Tout-Puissant m'a remplie d'amertume. 21 Je suis partie dans l'abondance, et l'Eternel me ramène les mains vides. Pourquoi m'appeler Noémi, puisque l'Eternel s'est prononcé contre moi, et que le Tout-Puissant m'a rendue malheureuse ? » Ainsi revinrent de la campagne de Moab, Noémi et Ruth la Moabite, sa belle-fille. Elles arrivèrent à Bethléem au commencement de la moisson des orges.   Noémi signifie douceur; Mara, au contraire, amertume. La forme Noémi est une transcription plus exacte que Naomi, de l'hébreu Noomi.
 

Chapitre 2 : Ruth va glaner dans le champ de Booz.

2 1 Noémi avait un parent de son mari, homme puissant et riche, de la famille d'Elimélec ; son nom était Booz.
 
2 Ruth la Moabite dit à Noémi : « Laisse-moi aller dans les champs, pour glaner des épis à la suite de celui qui voudra bien me le permettre. » Elle lui répondit : « Va, ma fille. » 3 Ruth alla donc glaner dans un champ, derrière les moissonneurs. Et il se trouva justement qu'elle était dans une pièce de terre appartenant à Booz, de la famille d'Elimélec.
 
4 Or, voilà que Booz arrivait de Bethléem. Il dit aux moissonneurs : « Que l'Eternel soit avec vous ! » Ils lui répondirent: « Que l'Eternel te bénisse ! » 5 Puis Booz dit au serviteur qui surveillait les moissonneurs : « A qui est cette jeune fille ? » 6 Le serviteur, surveillant des moissonneurs, répondit : « C'est la jeune Moabite, qui est venue avec Noémi de la campagne de Moab. 7 Elle nous a dit : Permettez-moi de glaner et de ramasser entre les gerbes, derrière les moissonneurs. Depuis le matin qu'elle est venue, elle a été debout jusqu'à présent ; elle se repose maintenant un peu sous la tente. » 8 Booz dit à Ruth : « Ecoute, ma fille, ne va pas glaner dans un autre champ ; et même ne t'éloigne pas d'ici ; reste avec mes servantes. 9 Regarde où sont les moissonneurs dans le champ, et suis-les. J'ai défendu à mes serviteurs de te toucher. Si tu as soif, tu iras boire à la cruche l'eau qu'ils auront puisée. »
 
10 Alors Ruth, tombant à ses pieds et s'inclinant jusqu'à terre, lut répondit : « D'où vient cette faveur avec laquelle tu m'accueilles, moi, une étrangère ? » 11 Booz lui dit : « On m'a raconté tout ce que tu as fait pour ta belle-mère, depuis la mort de ton mari, et comment tu as quitté ton père, ta mère et le pays où tu es née, pour venir chez un peuple que tu ne connaissais pas auparavant. 12 Que l'Eternel te rende ce que tu as fait, et que ta récompense soit entière de la part de l'Eternel, le Dieu d'Israël, sous les ailes duquel tu es venue te réfugier ! » 13 Elle répondit : « Puissé-je trouver grâce à tes yeux, mon seigneur, toi qui as consolé et encouragé ta servante, bien que je ne sois pas même au rang de tes servantes.
 
14 Booz lui dit encore, au moment du repas : « Approche-toi, mange de ce pain, et trempe ton morceau dans le vinaigre. » Elle s'assit donc à côté des moissonneurs. Il lui présenta du grain rôti. Elle en mangea jusqu'à ce qu'elle fût rassasiée, et elle garda le reste. 15 Puis elle se leva pour glaner. Booz donna cet ordre à ses serviteurs : « Laissez-la glaner, même entre les gerbes, sans lui faire d'affront. 16 Tirez même des javelles quelques épis ; laissez-les tomber, pour qu'elle les ramasse, et ne lui faites aucun reproche. » 17 Ruth glana donc dans le champ jusqu'au soir, elle battit ce qu'elle avait glané, et elle recueillit environ un épha d'orge. 18 Elle l'emporta, rentra dans la ville, et sa belle-mère vit ce qu'elle avait glané. Puis, sortant le reste du repas, Ruth le lui donna.
 
19 Sa belle-mère lui dit : « Où as-tu glané aujourd'hui ? Où as-tu travaillé ? Béni soit celui qui t'a fait bon accueil ! » Elle apprit à sa belle-mère chez quel maître elle avait travaillé. « Celui chez qui j'ai travaillé aujourd'hui, dit-elle, s'appelle Booz. » 20 Noémi répondit à sa belle-fille : « Qu'il soit béni de l'Eternel, puisque celui-ci ne cesse de témoigner sa bonté aux vivants et aux morts ! Cet homme est notre parent, continua­t-elle ; il est de ceux qui ont sur nous le droit de rachat . » 21 Ruth la Moabite ajouta : « Il m'a dit encore : Reste avec mes serviteurs jusqu'à ce qu'ils aient achevé toute ma moisson. » 22 Noémi dit à Ruth, sa belle-fille : « Ma fille, il est bon que tu ailles avec ses servantes et qu'on ne te rencontre pas dans un autre champ. » 23 Elle resta donc avec les servantes de Booz, pour glaner jusqu'à la fin de la moisson des orges et de la moisson des blés ; et elle habitait chez sa belle-mère.   Ce droit est mentionné dans Lévit. 25 : 25. Nous voyons, par la suite du récit, qu'il se complétait parfois d'une sorte de lévirat (Deut. 25: 5-10).
 

Chapitre 3 : Ruth dans l'aire de Booz.

3 1 Noémi, sa belle-mère, lui dit : « Ma fille, il faut que je t'assure une existence tranquille et qui te rende heureuse. 2 Or, Booz, avec les servantes duquel tu es allée, se trouve être notre parent. Cette nuit même, il doit vanner l'orge de son aire. 3 Lève-toi, oins-toi, mets tes beaux vêtements, et descends dans l'aire ; mais ne te fais pas reconnaître de lui avant qu'il ait achevé de manger et de boire. 4 Quand il se couchera, remarque la place où il dort ; puis va, soulève la couverture de ses pieds, et couche-toi ; lui-même te dira ce que tu auras à faire. » 5 Elle lui répondit : « Tout ce que' tu m'as dit, je le ferai. »
 
6 Elle descendit dans l'aire et fit tout ce que sa belle-mère lui avait commandé. 7 Lorsque Booz, après avoir mangé et bu, alla se coucher, le cœur gai, auprès d'un tas de grain, elle vint doucement, souleva la couverture de ses pieds et se coucha. 8 Au milieu de la nuit, Booz eut peur : il se pencha, et voilà qu'une femme était couchée à ses pieds. 9 « Qui es-tu ? » lui dit-il. Elle répondit : « Je suis Ruth, ta servante. Etends ta couverture sur ta servante ; car tu as sur moi le droit de rachat. » 10 Il dit : « Ma fille, que l'Eternel te bénisse ! Ce dernier trait de générosité vaut encore mieux que le premier ; car tu n'as point recherché les jeunes gens, pauvres ou riches. 11 Maintenant donc, ma fille, ne crains point : je ferai pour toi tout ce que tu me diras ; car toute la porte  de mon peuple sait que tu es une femme de bien. 12 Maintenant, s'il est vrai que j'ai le droit de rachat, il existe pourtant quelqu'un qui est pour toi un parent plus proche que moi. 13 Passe ici la nuit. Au matin, s'il veut user de son droit à ton égard, eh bien ! qu'il le fasse ; mais s'il ne lui plaît pas de te racheter, je te rachèterai, moi, aussi vrai que l'Eternel est vivant ! Reste couchée jusqu'au matin. » 14 Elle resta donc couchée à ses pieds jusqu'au matin ; elle se leva avant qu'il fût possible à deux personnes de se reconnaître ; car Booz disait : « Il ne faut pas qu'on sache qu'une femme est entrée dans l'aire. » 15 Il lui dit encore : « Donne le manteau que tu portes, et tiens-le bien. » Elle le tint étendu ; il y versa six mesures d'orge qu'il lui fit emporter ; puis il se rendit à la ville.   La porte des villes, en Orient, était l'endroit où se traitaient les affaires publiques et privées. L'expression signifie donc : Tous ceux qui s'occupent de ce qui se passe dans la ville ...
 
16 Ruth revint chez sa belle-mère, qui lui dit : « Est-ce toi, ma fille ? » Ruth lui raconta tout ce que cet homme avait fait pour elle, 17 et elle ajouta : « Il m'a donné ces six mesures d'orge ; car il disait : Tu ne retourneras pas les mains vides auprès de ta belle-mère. » 18 Celle-ci répondit : « Ma fille, reste ici, en attendant de savoir comment la chose tournera ; car cet homme n'aura point de repos qu'il n'ait terminé cette affaire dès aujourd'hui. »
 

Chapitre 4 : Mariage de Ruth et de Booz. Naissance d'Obed. - Aïeux de David.

4 1 Booz se rendit à la porte et s'y assit. Alors celui qui avait le droit de rachat, et dont Booz avait parlé, vint à passer ; et Booz lui dit : « Toi, un tel, approche-toi, et assieds-toi ici. » Il s'approcha et s'assit. 2 Booz choisit alors dix hommes, parmi les anciens de la ville, et leur dit : « Asseyez-vous ici. » Ils s’assirent. 3 Puis il dit à celui qui avait le droit de rachat : « Noémi, qui est revenue du pays de Moab, met en vente la pièce de terre d'Elimélec, notre frère. 4 J'ai voulu t'en informer et te dire : Acquiers-la, en présence des assistants et des anciens de mon peuple. Si tu veux faire valoir ton droit de rachat, fais-le ; si tu ne veux pas, déclare-le-moi, afin que je le sache. Car il n'y a personne avant toi qui possède le droit de rachat, et ce droit me revient après toi. » Il répondit : « Je rachèterai. » 5 Alors Booz dit : « En achetant le champ de la main de Noémi, tu l'achètes en même temps de Ruth la Moabite, femme du défunt, à condition de conserver le nom du défunt à son héritage. » 6 Celui qui avait le droit de rachat répondit : « Je ne puis le racheter pour mon compte : je ferais tort à mon propre héritage. Prends pour toi mon droit de rachat ; car je ne puis en profiter. » 7 Or, autrefois en Israël, en cas de rachat et d'échange, pour valider toute transaction, l'un ôtait sa chaussure et la donnait à l'autre. C'était en Israël la manière de ratifier une convention. 8 Celui qui avait le droit de rachat dit donc à Booz : « Fais l'achat pour ton compte. » Et il ôta sa chaussure.
 
9 Alors Booz dit aux anciens et à tout le peuple : « Vous êtes aujourd'hui témoins que j'ai acquis de la main de Noémi tout ce qui appartenait à Elimélec, à Kiljon et à Maclon, 10 et que j'acquiers aussi pour femme Ruth la Moabite, femme de Maclon, pour conserver le nom du défunt à son héritage, et afin que le nom du défunt ne s'éteigne point parmi ses frères ni parmi les habitants de sa ville ; vous en êtes témoins aujourd'hui. » 11 Tout le peuple, présent à la porte, et les anciens répondirent : « Nous en sommes témoins ! Que l'Eternel rende la femme qui entre dans ta maison semblable à Rachel et à Léa, qui fondèrent à elles deux la maison d'Israël ! Montre ta force en Ephrata  , et fais-toi un nom dans Bethléhem ! 12 Puisse la postérité que l'Eternel te donnera par cette jeune femme rendre ta maison semblable à celle de Pérets, que Tamar enfanta à Juda  ! »   Ephrata: district dans lequel se trouvait Bethléhem.  Genèse 38: 29.
 
13 Ainsi Booz prit Ruth pour femme ; il alla vers elle, et l'Eternel fit à celle-ci la grâce de concevoir et d'enfanter un fils. 14 Et les femmes disaient à Noémi : « Béni soit l'Eternel, qui ne t'a pas refusé aujourd'hui un libérateur ; que son nom devienne célèbre en Israël ! 15 Il consolera ton âme et soutiendra ta vieillesse; car c'est ta belle-fille qui l'a enfanté, elle qui t'aime et qui vaut mieux pour toi que sept fils. » 16 Noémi prit l'enfant, le mit sur son sein, et elle l'éleva. 17 « Un fils est né à Noémi », disaient les voisines ; et elles donnèrent à l'enfant son nom, en l'appelant Obed . Ce fut le père d'Isaï, père de David.   Serviteur.
 
18 Voici la postérité de Pérets : 19 Pérets fut père de Hetsron ; Hetsron fut père de Ram; Ram fut père d'Amminadab ; 20 Amminadab fut père de Nahasson ; Nahasson fut père de Salmon ; 21 Salmon fut père de Booz ; Booz fut père d'Obed ; 22 Obed fut père d'Isaï, et Isaï fut père de David.
 

 Haut de page
 
 Retour à l'index général
 

 
 
Notice sur le Livre de RUTH

par le pasteur William Henri GUITON (1880-1968)
"Introduction à la Bible", 1923, 6e édition 1973

  Lire sa notice biographique et une autre étude

 

Plan du Livre de Ruth :
— Ruth accompagne Naomi à Bethléem (I)
— Ruth dans le champ de Booz (II)
— Ruth et Booz (III)
— Booz épouse Ruth. (IVa)
— Généalogie de David (IVb).

Le livre de Ruth, dans le canon hébraïque, faisait partie des « meguilloth », ou cinq rouleaux, qui comprenaient le Cantique des Cantiques, Ruth, les Lamentations, l'Ecclésiaste et Esther. Ces livres étaient mis à part pour être lus, dans les synagogues, aux cinq grandes solennités de l'année. Lors de la Pâque, on lisait le Cantique des Cantiques; à la fête de la moisson ou des semaines, on lisait tout naturellement le livre de Ruth; à l'anniversaire de la destruction du temple, en 586, on lisait le livre des Lamentations; l'Ecclésiaste était lu à la fête des tabernacles et Esther à la fête de Pourim. Ce sont les traducteurs alexandrins qui ont placé le livre de Ruth après celui de Josué, sans doute parce que ce livre fait allusion à la période des Juges et sert en quelque sorte de transition entre cette période et celle de la royauté.

Nous ne savons rien de l'auteur de ce livre. Mais nous ne risquons pas de nous tromper en disant que ce livre a été écrit après l'élévation de David au trône, puisqu'il fait allusion à David comme descendant de Ruth et que l'auteur a manifestement le désir de faire connaître la généalogie du grand roi. Mais rien ne nous autorise à croire que ce livre ait été composé après David, ni surtout après l'exil, comme le veut une certaine école. Il n'y a, en effet dans ces pages, aucune allusion à la décadence du peuple et au terrible châtiment de la déportation. L'auteur s'occupe uniquement de David et de ses ancêtres, et non point de ses descendants. Il s'arrête au nom même de David. Plusieurs, d'accord en cela avec le Talmud, ont attribué cette idylle à Samuel. Cette opinion est tout à fait vraisemblable. Ce qui est certain, c'est que l'auteur devait être un ami intime de David et tenir sans doute de David lui-même les détails si précis qu'il raconte. On a l'impression d'un homme qui connaît parfaitement Bethléem et peut facilement se reporter par la pensée aux événements qui s'y sont passés, environ un siècle auparavant.

Si Samuel n'est point l'auteur du livre, c'est du moins l'un des prophètes qui ont puisé dans ses écoles l’inspiration du pur judaïsme, le respect de l'histoire du peuple et surtout la foi au Dieu qui veille sans cesse sur ses destinées. On ne peut nier, en effet, l'intention nettement religieuse de ce livre. L'auteur sacré, en donnant un aperçu de la généalogie de David, a pour but essentiel d'exalter le Dieu d'Israël. C'est « sous les ailes de l'Eternel, le Dieu d'Israël », que Ruth est venue se réfugier (II, 12). C'est pour Lui surtout qu'elle quitte son pays et accompagne Naomi. C'est Lui qu'elle veut suivre plutôt que les faux dieux de sa jeunesse. (I, 15 -17). C'est Lui qui la protège et incline le cœur de Booz à la pitié, puis à l'amour. C'est Lui que les anciens invoquent, lorsque Booz leur apprend son mariage avec la Moabite : « Que l'Eternel, disent-ils, rende la femme qui entre dans ta maison semblable à Rachel et à Léa, qui toutes les deux ont bâti la maison d'Israël. » (IV, 11). C'est Lui, enfin qui daigne bénir cette union si étrange au premier abord et la rendre féconde. C'est Lui qui fait de Ruth, mère d'Obed, l'ancêtre de David et, par David, l'ancêtre du Seigneur.

Comme nous l'avons vu pour tous les livres précédents, nous trouvons ici la véritable pensée prophétique, la glorification du Dieu qui veille sans cesse à l'accomplissement de Sa promesse. Et ici apparaît d'une manière particulièrement touchante la grande vérité que la vocation d'Israël est pour le salut de toutes les nations, qu'un jour les païens seront eux aussi appelés, comme Ruth, « à se réfugier sous les ailes du Dieu d'Israël ». La fille de Moab devient une fille d'Israël, parce qu'elle a cru au Dieu d'Israël. Elle aussi a triomphé par la foi, comme plus tard Naaman, la veuve de Sarepta, et, plus tard encore, la Cananéenne.

Il va sans dire qu'une certaine critique a nié l'historicité du livre de Ruth et n'a voulu voir ici qu'une fantaisie poétique. Il est telle école qui se donne la tâche de presque tout nier dans l’Ancien Testament et de réduire ce recueil unique, admirable, don inestimable de l'inspiration divine, à une collection de faux ou de légendes. Que cela ne nous trouble point. Ces négations viennent se briser contre le témoignage de l'histoire, à mesure que l'histoire nous révèle de plus en plus son secret.

Qui aurait pu inventer un épisode tel que celui de Ruth ? Et dans quel but cet épisode aurait-il été imaginé ? Il ne peut être le fruit de l'orgueil dynastique, ni de l'orgueil national. L'auteur n'aurait eu aucun intérêt à donner un tel rôle à une étrangère. Dans le choix de ce récit, comme dans la manière si simple, si délicate de le raconter, nous reconnaissons l'influence directe de Celui qui aime à se servir des choses faibles et à étendre ses compassions sur toutes ses créatures; de Celui qui a dit : « Or, je vous déclare que plusieurs viendront de l'Orient et de l'Occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux. » (Matthieu, VIII, 11). Le fils de David est le fils de Ruth; la « gloire d’Israël » est aussi la « lumière des nations » et sur les champs de Bethléem où glane la Moabite auprès de Naomi, retentira un jour le cantique des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, bienveillance envers les hommes. »

 
Versets bibliques de référence
 

 Que chacun de nous recherche la satisfaction de son prochain pour le bien de celui–ci, en vue de l’aider à grandir dans la foi. (Épître aux Romains 15.2 – version Parole vivante)

 

 Prenez soin les uns des autres comme au sein d'une famille qui s'aime. Faites beaucoup d'efforts pour vous respecter les uns les autres. (Épître aux Romains 12.10 – paraphrase).

 

 Soyez donc miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. (Évangile selon Luc 6.36).

 

 Et quand vous êtes debout pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi le mal que vous avez fait. (Évangile selon Marc 11.25 – version Bible en Français Courant).

 

  Lire la Bible en ligne dans cinq versions

 
 
 

 Haut de page
 
 Retour à l'index général