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A peine remis de la folle gaieté
qui salua la libération le dimanche 3 septembre, on apprend le mardi
matin avec stupéfaction, la présence d’Allemands à
la «Pierre». La nouvelle se répand bien vite. D’après
les «on dit», il y en aurait une centaine (on apprit hélas
trop tard que leur nombre était de beaucoup plus élevé).
Les gens de la Résistance ne font qu’un bond. Leur amour de la patrie
et la haine du nazi les précipitent vers l’ennemi. Malgré
les exhortations à la prudence, ils avancent et livrent combat à
des forces très supérieures en nombre et en matériel.
L’ennemi, qui avait camouflé deux mitrailleuses sur le grenier de
la ferme MICLOTTE, surprend les vaillants combattants du maquis, les fauchant
comme des épis mûrs.
6 Ellezellois,
5 Renaisiens, 2 Lessinois, 2 habitants de La Hamaide, un de Dergneau et
un maquisard Polonais tombent sous les balles.
Six hommes, à bout de munitions,
sont faits prisonniers. Ce sont le sous-lieutenant Masure, les soldats
Paul Derobertmasure, Edgard et Jules Haustrate, Arthur Sadaune et Jean
Van Zele. Masure est emmené chez le Major allemand et ne doit qu’à
son uniforme d’avoir la vie sauve. Les cinq autres Ellezellois tombent
bientôt en héros, fusillés devant ce mur. Par une chance
providentielle, Jules Haustrate, une balle dans l’épaule, n’est
pas touché mortellement. Faisant preuve d’un courage sans égal,
il simule la mort pendant 3 heures.ll sera le seul survivant de ce massacre
commandé par un officier allemand, qui n’ignorait pas à ce
moment qu’il y avait suspension d’armes, suite à l’intervention
de parlementaires.
A
ce propos, De Maesschalk, directeur à l’époque, de l’Ecole
Normale de Blankenberge, a rapporté ces faits dans «La Voix
des Résistants» - n° 26 (11 août 1945) ; n°
27 (25 août 1945) ; n° 28 (1 septembre 1945).
«Ce
jour-là, à peine revenu de la folle joie d’être enfin
libéré, (j’avais quitté depuis la mi-juin déjà
la région de la côte trop dangereuse pour un officier de réserve
dont la loyauté était par trop connue des «collaborateurs»)
j’étais allé dire bonjour de grand matin à l’ami et
voisin Noël pour échanger impressions et espoirs. Le bruit
courait déjà que des Allemands étaient arrivés
en assez grand nombre à Wodecq. Au moment où je causais avec
Noël sur le pas de sa porte, voilà qu’une petite auto des gars
de l’A.S. s’arrête devant sa demeure. Les occupants - cinq ou six
braves garçons sommairement armés - stoppèrent pour
saluer celui qu’ils avaient connu et respecté comme le chef de la
résistance locale durant les sombres années de l’occupation.
Ils avaient un prisonnier allemand, un jeune Alsacien parlant bien le français.
Ils
nous racontent qu’ils s’en vont à Wodecq avec l’intention de se
servir du prisonnier comme parlementaire auprès des Allemands. J’avais
déjà eu l’occasion d’admirer le cran et le courage de ces
vaillants jeunes gens, mais, en même temps, de me rendre compte de
leur inexpérience militaire. Ma femme, enfant de Flobecq, m’avait
exhorté de leur offrir mes services ; seul le désir de ne
pas m’imposer m’avait retenu. C’est donc de bon coeur que je leur dis :
«Voulez-vous que je vous accompagne ? Je parle l’allemand et l’anglais,
je pourrais très probablement vous être utile.» Ma proposition
fut acceptée d’emblée. Noël et moi, nous nous hissâmes
dans la petite voiture, déjà bien chargée, et nous
voilà partis.
Arrivés sur la route
de Brunehilde, au hameau de La Pierre, l’auto est garée à
l’abri d’une petite ferme dans un chemin creux de traverse. Je me munis
d’un manche à balai pourvu d’un essuie-mains blanc et nous voilà
en route, Noël et moi, le prisonnier alsacien, au milieu de nous deux.
A peine avons-nous avancé de cent mètres, que nous voyons
un Allemand s’amener à vélo dans notre direction. Je lui
crie en allemand de s’approcher ; le prisonnier joint ses appels aux miens.
L’Allemand descend de bécane, hésite quelque peu, puis s’en
retourne d’où il était venu.
Nous continuons. Tout
d’un coup, mon attention est attirée par l’extrême pâleur
du prisonnier alsacien qui ne semblait qu’avancer avec difficulté.
«Tu as peur ? - Oui. - Pourquoi ? Crains-tu qu’ils te maltraitent
? - Oui ! ils me fusilleront, car ils me traiteront comme déserteur
- Au fait, dis-je à mon ami, pourquoi le prenons-nous avec nous
? Je sais parler l’allemand comme lui, nous pouvons nous en passer. »
Nous renvoyons le prisonnier, visiblement soulagé, qui marcha du
coup bien plus facilement dans l’autre sens, et nous continuons à
deux. Hâtivement.
Noël et moi arrêtons
notre dispositif : je le présenterai comme colonel de la résistance,
et nous demanderons qu’ils se rendent. Bientôt nous remarquons du
feldgrau dans deux prairies, bordant la route et nous distinguons un canon
pointé, entouré de plusieurs soldats.
Brusquement,
on nous interpelle et on nous somme de nous arrêter. Nous stoppons.
«Qui êtes-vous ? - Des parlementaires. - Que voulez-vous ?
- Parler à votre chef. - Attendez.» Un sous-officier et deux
soldats s’approchent de nous, après nous avoir commandé de
lever les bras. On nous fouille assez rapidement. « Pourquoi voulez-vous
parler au chef ? – Au nom de la résistance. – Pourquoi ? – Pour
lui demander de se rendre. – Hein ? Qui êtes-vous donc ? – Lui (indiquant
Noël) est le chef de la résistance, moi je suis un officier
de réserve, parlant l’allemand. Où est donc votre chef ?
» Devant notre décision, ils se calmèrent et nous indiquèrent
la maison où le chef se tenait, à quelque cent mètres
de là. «Qui est-ce, votre chef ? – C’est un major. – Voulez-vous
nous conduire près de lui ? – Jawohl».
Dans
la maison Cantraine, nous trouvons les gens en émoi. Nous avions
eu, avant d’y pénétrer, l’occasion de voir que les Allemands
étaient plus nombreux que l’effectif d’une compagnie, et les soldats,
couchés le long du trottoir, nous avaient dévisagés
avec une curiosité qui ne nous parut pas sympathique.
On nous mène à
l’étage, dans une chambre où quatre officiers allemands,
dont un major, nous reçoivent. «Vous voulez me parler ?, nous
dit le major, courtois, mais arrogant tout de même. – Oui. – Qui
êtes-vous ?» Je déclinai nos identités, ajoutant
que je ne menais pas le combat, mais que j’avais offert mes services aux
gens de la résistance. «La résistance, qu’est-ce ?
– Ce sont des troupes régulières, formées sous l’occupation
au nez et à la barbe des Allemands. – Ce sont des ignobles terroristes,
comme nous en avons vu tirer sur nous ; plusieurs, parmi eux, sont encore
des enfants, sans uniforme, sans signe distinctif, ce sont des bandes de
civils s’attaquant aux soldats – Ce ne sont pas des enfants et s’ils ne
portent pas d’uniforme, ils portent tous un brassard comme signe distinct.
Londres vous a avertis que vous deviez les considérer comme des
troupes régulières. Ils sont d’ailleurs commandés
et dirigés par le Haut Commandement allié. – Et que me voulez-vous
? – Nous venons vous demander de vous rendre et de cesser un combat sans
espoir. – Me rendre ? A qui ? A ces terroristes ? Sachez que je suis un
major, commandant un régiment, et que je désire parler à
un égal en grade». J’indique Noël et lui dis : «Monsieur
est colonel de la résistance». Le major et Noël se toisent
du regard. S’adressant à moi de nouveau : «Puisque vous êtes
offficier, vous devez comprendre qu’un officier ne se rend pas, mais combat
à la tête de ses troupes jusqu’à la fin. – Oui, major,
je comprends ce raisonnement, je respecte même votre attitude et
j’agirais peut-être comme vous, mais seulement dans le cas où
je verrais que cette résistance a quelque utilité. Or, dans
ce cas-ci, elle me paraît tout à fait inutile et ne peut avoir
comme résultat : 1) la perte d’hommes parmi les vôtres ; 2)
la perte d’hommes parmi les nôtres ; 3) des souffrances et des pertes
parmi la population civile...
- Il n’y a que ce dernier
point qui pourrait me faire réfléchir, car le sort de ces
populations civiles ne nous laisse pas indifférents. Quant à
mes hommes, ce sont des soldats et ils savent mourir quand c’est le devoir
de la guerre. - Vous comprendrez, Major, que le sort de ces populations
civiles nous préoccupe bien davantage que vous, puisqu’il s’agit
de nos gens. Mais pour bien vous faire comprendre que toute résistance
est inutile, me permettez-vous de vous faire connaître la situation
dont vous êtes sans doute ignorant ?»
Un
signe de la tête de la part du major, toujours très arrogant,
tout en étant correct, et ne nous quittant pas un instant du regard
: «Savez-vous que vous formez une troupe tout à fait isolée,
qu’à des kilomètres d’ici aucune autre force allemande organisée
ne se maintient, que vous êtes donc complètement seuls et
sans la moindre liaison avec qui que ce soit ? Quelle est la force de votre
unité ? (Pas de réponse). Savez-vous qu’à 8 km d’ici
les colonnes alliées, avec lesquelles nous sommes en liaison, passent
sans arrêt et qu’à notre premier signe, des tanks bien armés
viendront jusqu’ici - Oui, tout cela est possible, mais nous sommes des
soldats et nous voulons nous battre. - Entendu. Mais connaissez-vous la
situation générale ? Savez-vous que Bruxelles est libéré
par les Alliés ? (Signe affirmatif de la tête). Savez-vous
que Louvain, Liège, Courtrai, Gand le sont également ? Savez-vous
qu’Anvers est pris et que le port est tombé intact entre les mains
des alliés ?» (Ici le major et sa suite eurent un haut-le-corps
qu’ils ne purent réprimer et la surprise se lisait sur leur figure
; ce coup avait manifestement porté). «Savez-vous que les
Alliés sont entrés en Allemagne ? (La radio avait annoncé
la nouvelle au matin). - Non, cela n’est pas vrai. - La radio nous l’a
annoncé ce matin. - De quel côté ? - Si j’ai bon souvenir,
c’est du côté d’Aix-la-Chapelle. - Je n’en crois rien. - Comme
vous voulez, Major, mais la vérité est telle».
Je vis néanmoins que
la logique de mon exposé faisait fléchir le chef orgueilleux
qui, visiblement, était ébranlé. Noël et moi
restions calmes et froids. Après nous avoir dévisagés
de nouveau et nous avoir répété ses plaintes et ses
récriminations sur la façon indigne dont ces terroristes
faisaient la guerre sournoise à des soldats, à quoi je répondis
que c’étaient des jeunes gens aimant leur pays et la liberté
et dirigés par Londres comme des troupes régulières,
le major me dit : «Voilà, Monsieur, ce que vous me proposez
est une affaire importante qui engage tout mon honneur, mon honneur d’homme
tout court et mon honneur militaire, mon honneur d’officier. Je ne puis
vous répondre sur le champ : je vous demande 40 minutes de réflexion.
- Entendu, Major, mais en attendant ? On arrête les hostilités
? - Oui, mais vous comme nous, vous ne tirerez plus. - Evidemment, permettez-moi
d’aller avertir mes hommes. - Deux de mes hommes vous accompagneront jusqu’à
nos lignes, puis vous reviendrez. - Ça va, Major, au revoir ».
Nous voilà partis
sous bonne escorte. Nous avions le temps de voir que les Allemands étaient
nombreux, qu’ils disposaient de diverses mitrailleuses et paraissaient
bien armés. Nous avions nettement l’impression qu’il s’agissait
des restes d’un régiment et qu’il aurait été pure
folie de la part de nos gens de les attaquer avec le peu d’armes dont ils
disposaient. Aussi fut-ce avec conviction que nous dîmes à
nos hommes, à qui nous avions rendu compte de notre démarche
: «Surtout, garçons, ne bougez pas. Ils sont très nombreux
et bien armés. Tenez-vous cois et patientez. Nous avons la presque
certitude qu’ils finiront par se rendre».
Revenus à la maison
Cantraine, après avoir dit aux soldats allemands de quoi il s’agissait,
ce qui les fit trépigner de joie et claquer des mains, à
la perspective d’une reddition, nous ne tardions pas à voir du changement.
Les parlementaires se multipliaient, très affairés, ne s’exprimant
souvent que fort difficilement en allemand et n’attachant qu’une importance
toute secondaire au «pékin» inconnu que j’étais.
Je parvenais néanmoins à me faire écouter par eux
et à me mêler à leur conversation avec le major, clairement
mis en méfiance par la multiplicité de ces interventions.
Finalement,
l’officier allemand nous dit qu’il ne voulait se rendre à la résistance,
aux terroristes, mais désirait parler à un officier allié.
Nos camarades d’Ellezelles, sous la conduite du Vicaire Vandeput et de
deux officiers de réserve en tenue, s’empressèrent de filer
à Renaix pour mander un officier allié.
Sur
ces entrefaites, des coups de feu retentirent. Peu après, le major
me fait chercher et me dit, en colère : «Vous voyez, vous
autres Belges, vous êtes toujours les mêmes. Vous n’avez pas
de parole. Nous convenons d’arrêter les hostilités et vous
tirez tout de même ». Il me fallait bien répondre :
«Ce ne sont pas nos hommes, Major, les nôtres sont avertis
et ne tireront pas. Nous ne pouvons être responsables des agissements
d’autres groupements venant d’autres villages qui n’ont probablement et
malheureusement pas été avertis». Par après,
nous devions apprendre les suites tragiques d’un comportement certes courageux,
mais téméraire.
Je m’empressai d’aller plaider
la cause d’un jeune homme soupçonné d’avoir tiré.
Ce ne fut pas facile. A force de plaider la cause du jeune homme, j’obtins
finalement sa libération.
Après son départ,
j’eus l’occasion de m’entretenir avec un lieutenant allemand, nazi cent
pour cent. Je lui ai dit de dures vérités, au point que,
par après, je me suis rendu compte avoir été trop
téméraire, surtout lorsque j’appris le lendemain, l’atroce
histoire des fusillés.
Il m’est impossible de
raconter par le menu les événements tragiques qui se sont
déroulés par la suite jusque vers 3 heures 30 de l’après-midi,
quand nous nous décidons Noël et moi, à regagner notre
domicile. Je rappellerai donc que, lorsque les chefs ellezellois revinrent
avec deux officiers anglais, le major allemand ne voulut pas délibérer
avec eux ; je fus appelé comme interprète.
Le major allemand commandant
un régiment, ne voulait s’entendre qu’avec un colonel anglais, commandant,
comme lui, un régiment. Les camarades d’Ellezelles partirent immédiatement
en chercher un ; vers 1 heure, un colonel anglais, flanqué d’un
autre officier anglais, s’amena en voiture. Je l’introduisis chez le major
allemand, qui lui demanda «only fünf minutes» (sic) pour
parler avec ses officiers. J’accompagnai les officiers anglais sur le palier
; ils étaient peu loquaces ; brusquement le colonel regarda sa montre-bracelet
et dit : «Ten minutes already». Il s’avança résolument
vers la chambre, y entra sans frapper et l’entretien entre les officiers
allemands et les deux officiers anglais, auquel je ne pus assister, commença
et se prolongea pendant une heure et demie environ.
Entre-temps,
les évènements, tantôt joyeux, tantôt graves,
se succédaient au rez-de-chaussée.
Nous
y avons vu venir des prisonniers, deux gros Anglais très sympathiques,
évadés d’un petit tank mis en flammes par une grenade, un
officier de réserve d’Ellezelles, chef de la Résistance,
cependant que la plupart des soldats et sous-officiers allemands se frottaient
les mains à l’idée de la reddition, tandis que d’autres avaient
un regard méchant.
Vers
3 heures, un colonel anglais et son aide de camp, que Noël était
allé chercher, entrèrent en coup de vent. Les prisonniers
anglais me priaient de leur demander quand ils pourraient s’attendre à
être libérés. Le colonel me répondit : «Dites-leur
qu’ils seront libérés vers les 7 heures et qu’ils n’ont qu’à
attendre patiemment jusque-là.»
Après
le départ des officiers anglais, le major allemand m’annonça
qu’il avait décidé de se rendre vers 6 heures, mais pas dans
ce village et à l’armée anglaise.
Ayant
hâte de retrouver les miens, je ne me suis plus guère attardé.
La ferme Liénard nous réserva bon accueil et bientôt,
nous étions entourés sur la grand route par de nombreux curieux,
avides de nouvelles. Peu après, on entendit de nombreuses explosions.
C’étaient les Allemands qui faisaient sauter la majeure partie de
leur matériel avant de se rendre. Nous apprîmes le même
soir qu’ils étaient au nombre de 1600 environ.
Je suis heureux que notre
intervention ait, du moins, eu ce résultat d’épargner à
Flobecq, le sacrifice inutile de jeunes vies courageuses.»
Maxence estime que cette
narration est objective, car se trouvant fortuitement sur place, De Maesschalk
n’avait à prendre, délibérément ou inconsciemment,
le parti d’aucun des protagonistes. Il était au-dessus des rivalités
qui avaient pu se manifester.

Dans ce récit,
il est fait allusion à Noël. Celui-ci était sous le
nom de Myrtil, le chef du Secteur Flobecq du MNB, relevant de la Zone I,
confiée à Maxence. Quelle a été l’attitude
du MNB Renaix dans l’affaire de Wodecq ? A part un ou deux éléments
isolés qui se sont portés en avant, le MNB Renaix n’a pas
paru en première ligne. La raison en est simple. Blessé la
veille de deux balles dans la jambe en même temps qu’un déserteur
alsacien (Pierre Michel) se trouvant à ses côtés, Maxence
était ce 5 septembre 1944 en traitement à l’Hôpital
Civil de Renaix. Il avait pu mesurer ainsi combien il était difficile
de maîtriser l’élan de ses camarades face à des unités
résolues et organisées. D’autre part, les éléments
allemands organisés en îlots de résistance lui paraissaient
condamnés sans retour : il était inutile de sacrifier des
vies pour obtenir des redditions. Il donna comme consigne de ratisser les
éléments isolés et de ne s’attaquer aux colonnes importantes
que dans la mesure où, constituant une menace, elles pouvaient être
contenues.
C’est
dans ces circonstances qu’il reçut la visite de Georges Van Coppenalle,
Lucien Hoefman et Georges Van Herpe. Un problème de conscience se
posait pour eux : l’A.S. d’Ellezelles était aux prises avec les
Allemands à Wodecq et se trouvait en difficulté. Ils se mirent
d’accord sur la tactique suivante :
1°
ne pas attaquer les troupes retranchées dans les fermes ;
2°
se tenir en soutien des groupes déployés par l’A.S. autour
des fermes ;
3°
intervenir si la sauvegarde de ces camarades en dépendait et pour
empêcher la troupe allemande de reprendre sa progression.
C’est
ainsi qu’une importante colonne MNB fut transportée immédiatement
entre Ellezelles et Wodecq où elle se tint en position de défense.
Cette position conciliait les règles de la prudence et celles de
la loyauté.
Elle
n’impliquait aucune critique et aucun désaveu de ceux qui étaient
restés dans le feu de l’action. Il faut se reporter dans le climat
de l’époque et savoir qu’il n’est pas facile de faire passer du
coup de main à la bataille rangée une troupe formée
dans la clandestinité.
De
nombreux éléments disputaient aux chefs la maîtrise
des opérations : la jeunesse et la soif d’action des combattants,
les rivalités entre groupements, parfois même l’esprit local.
Un souvenir de Maxence montre
bien qu’il ne cherche pas à critiquer ses amis de Wodecq. La simple
arrivée de la colonne du MNB Renaix à Oudenaarde le 4 septembre,
coïncidant avec la progression de deux chars anglais jusqu’au Hoogbrug,
déclencha une poussée en avant qu’aucun des responsables,
à commencer par lui-même, ne put contenir. Une fois prise
et connue la décision d’occuper la ville, rien ne put empêcher
les groupes du MNB Oudenaarde de foncer en avant, au nez de la colonne
renaisienne ! Le sentiment local avait joué, et les Oudenaardais
avaient tenu à être les premiers à passer l’Escaut
et à traverser leur ville. Qui le leur reprochera ? Mais si les
choses avaient mal tourné...
Château
de Calmont à Kwaremont/Quaremont
(actuellement
entité de Kluisbergen ou Mont-de-l'Enclus)
du
Chevalier Behaghel de Bueren
(3/9/1944)
V1
à Quaremont
Documents
communiqués par Lise LECOCQ
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