Au début du XX°siècle, l’Art nouveau se distingue comme un style puissant et original de rénovation du langage architectural et des arts décoratifs. En corollaire aux innovations de la science et de l’industrie, à l’urbanisation et à la construction de nouveaux quartiers, au désir de modernité de la bourgeoisie industrielle, à l’émergence d’une avant-garde politique et esthétique, l’Art nouveau, inauguré au plan architectural par Victor Horta avec la construction de l’hôtel « Tassel » à Bruxelles en 1893, s’essouffle déjà à l’approche de la grande guerre. C’est donc à Bruxelles, capitale géographique et culturelle que naît l’Art nouveau. La ville est à la fin du 19ème siècle riche et prometteuse, c’est une terre d’expression et de liberté qui accueillera en 1897 l’exposition universelle. L’attraction culturelle en fait un creuset de création unique en Europe. L’explosion démographique de la fin du siècle est en outre propice à l’avènement de ce courant. Ce style s’étend à toute l’Europe. On le trouve jusqu'en Chine ( grâce à la construction du transsibérien ) et en Argentine où l’influence Art nouveau arrive en même temps que les immigrants et se développe à Buenos Aires, ville riche en pleine expansion.
Au plan social, le style Art nouveau prône le beau à la portée de tous. Il défend le postulat selon lequel l’esthétique doit faire partie intégrante du quotidien.
L’Art nouveau se développe entre les Etats-Unis et la France grâce à la collaboration de deux hommes : Louis Comfort Tiffany (1848-1933) et Siegfried Bing (1838-1905). Samuel Bing est souvent considéré comme l’inventeur du terme. S’il est vrai qu’en 1895, ce marchand, spécialisé dans les arts d’Extrême-Orient, ouvre un magasin à Paris à cette enseigne, il a toutefois emprunté ce vocable aux fondateurs de la revue belge " L’Art Moderne ", créée en 1881 par les avocats Octave Maus et Edmond Picard. De fait, dès 1884, ceux-ci parlent d’un art nouveau, c’est-à-dire un art rejetant en tout domaine l’historicisme ( tendance en architecture à s’inspirer des époques passées ) et le passéisme alors ambiants.

En France

Paris tint un rôle de premier plan dans le développement de l’Art nouveau, en raison de son prestige de « capitale du bon ton ». Cependant, les artistes parisiens sont souvent assez conventionnels dans leurs inventions. Hector Guimard (1867-1942) constitue une exception qui en obtenant, en 1899, la commande des entrées du Métropolitain, assurait la plus remarquable publicité pour l’Art nouveau. A Nancy, une nouvelle orientation s’affirme et s’épanouit dans l’œuvre d’Emile Gallé (1846-1904), dont la longue formation technique de verrier lui permet d’innover dans la création de formes. En 1885, il associe à sa verrerie une fabrique de meubles et poursuit dans ce domaine la même recherche de renouveau, tout en ayant recours à des décors le plus souvent empruntés au règne végétal dans une facture marquée par le Japonisme. A côté de lui, des artistes comme George De Feure (1868-1928), peintre aussi bien que créateur de meubles, de vitraux et de tapisserie, Alexandre Charpentier (1856-1909), sculpteur, ou le créateur Eugène Gaillard (1862-1933) sont plus effacés.
C’est dans le domaine de l’affiche que l’Art nouveau parisien connaît encore de brillantes créations. Eugène Grasset (1841-1917), d’origine suisse, installé à Paris à partir de 1871, a une manière un peu précieuse, par l’abondance de détails. Le Tchèque Alfonso Maria Mucha (1869-1939) réussit des créations plus fortes où lignes et couleurs sont mises en service du thème : ses affiches pour Sarah Bernhardt (1894) consacrent son nom.

En Belgique

L’Art nouveau connaît de brillants créateurs, notamment à Bruxelles. Les quatre architectes belges ont été parmi les meilleurs créateurs de l’Art nouveau. Victor Horta en est le protagoniste. Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910) est surtout un créateur de meubles, dont les formes grêles se rapprochent de celles de Guimard. Henry van de Velde (1863-1957) avait commencé une carrière de peintre et adopté la technique pointilliste. Il se tourne aux environs de 1890 vers les métiers d’art et d’architecture. Sa propre maison, édifiée et meublée en 1895, lui sert de banc d’essai et lui vaut ensuite de nombreuses commandes, notamment en Allemagne. Il se révèle à travers son architecture et ses meubles, dont son célèbre bureau en arc de cercle. Ses réalisations architecturales sont moins originales et présentent un caractère plus massif : le traitement des volumes est très dépouillé et ne fait intervenir qu’un petit nombre de courbes. Paul Hankar (1859-1901), moins connu, est influencé par l’art japonais et par l’Angleterre. Il travaille moins le volume que la surface et joue de contrastes, de formes circulaires et de rectangles en introduisant fréquemment dans les façades une certaine polychromie.

Maison Victor Horta
Bruxelles - 1898-1901
 

Art Nouveau 1890 - 1914

Art Nouveau à Tournai

Art Déco

Wiener Werkstätte

Palais Stoclet à Bruxelles

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