Sultanes en Turquie Les femmes dans le monde des arts et de la culture
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Poétesse Nigar Hanim
1895Durant l’époque ottomane, il n’existe pas de système éducatif institutionnalisé dans les villages d’Anatolie et là où il y a des écoles, nous ignorons dans quelle mesure les filles peuvent en tirer avantage. La plupart des écoles pour enfants situées dans les villes sont destinées aux garçons. Certaines sont cependant mixtes et d’autres pour filles uniquement. Dans les classes supérieures et en particulier dans les familles de membres du clergé et des ordres mystiques, les filles sont éduquées à domicile et certaines d’entre elles atteignent un très haut niveau culturel. Mais aucune femme n’est admise dans les collèges où les juristes et les membres du clergé sont formés.
En littérature, et en particulier en poésie, une série de femmes laisseront une marque durable. L’exemple le plus ancien est celui de Mihri Hatun d’Amasya, une figure célèbre du début du 16e siècle. Ayant écrit des poèmes pour Bayezid II, elle les envoie au palais et reçoit en remerciement divers présents. En1508, elle adresse au sultan son divan - un recueil de poèmes - et est récompensée par un don généreux de 3.000 akçe. Mihri Hatun, qui ne s’est jamais mariée, écrit des poèmes d’amour qui ne sont pas interdits et qui expriment plutôt des vues « féministes», perçues alors comme choquantes. Ses poèmes gagnent une belle popularité bien que des critiques contemporains expriment des opinions très contrastées quant à son oeuvre. Sehi Bey et Lâtîfî se montrent admiratifs tandis qu’Âsik Çelebi compare son style à de la broderie de jeune fille et condamne sa poésie comme étant «débauchée» et se montre particulièrement choqué par le vers: «La femelle d’un lion n’est-elle pas aussi un lion ? »
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Femme au foulard de tulle
1720![]()
Hürrem Sultan
19°siècleLa tradition des femmes poétesses se poursuit avec Ayse Hubbî au cours du 16e siècle, avec Fitnat Hanim au 18° siècle ou encore avec Adile Sultan, Nigar Hanim et Leyla Hanim au 19e siècle. Elles font toutes partie des plus célèbres poètes ottomans de divan. Parmi les compositeurs célèbres, relevons la présence de deux femmes: Dilhayat Kalfa au 18e siècle et Leyla Saz durant la seconde moitié du 19°siècle, qui est également écrivaine et poétesse. Formées à la musique occidentale, les filles du sultan Murad V, Behice Sultan et Fehime Sultan, deviendront des artistes talentueuses. Certaines de leurs compositions leur ont d’ailleurs survécu.
Si l’on excepte ces noms célèbres, il est clair que d’autres femmes ottomanes voient leurs réalisations sur le plan littéraire et artistique rester anonymes. C’est particulièrement le cas dans le vaste champ créatif de la littérature populaire où les femmes doivent être nombreuses parmi les auteurs des chants populaires ou de contributions aux histoires traditionnelles tels les récits populaires et les menkibe - mettant en scène des personnages célèbres du passé. Parmi les poètes mystiques Bektasi, il y a aussi un certain nombre de femmes dont les noms ont été conservés.Enfin, des femmes - connues sous le nom de Baciyan-i Rum (Les soeurs du pays de Roum) font également partie des communautés derviches qui jouent un rôle important dans la diffusion de la culture islamo-turque en Anatolie à partir des 13° et 14° siècles. Entre le 13° et le 16° siècle, l’existence de femmes seyh - les dirigeants de loges derviches - est mentionnée dans des sources contemporaines. Une étude portant sur l’ordre Mevleli des derviches a révélé que des femmes seyh ont dirigé diverses communautés mystiques jusqu’au 16° siècle mais qu’après cette époque, elles n’ont plus été en mesure d’accéder à des fonctions dirigeantes au sein de l’ordre. Les femmes mystiques ont néanmoins continué à avoir une grande popularité.
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Marie et l'enfant Jésus
17°siècle(Falname)
Source :
Mères, déesses et sultanes.
Les femmes en Turquie de la préhistoire à la fin de l’Empire ottoman
Palais des Beaux-Arts et Fonds Mercator
Exposition Palais des Beaux-Arts Bruxelles 2004-2005