Eglise du XIII°siècle
L’église gothique, classée en 1936, est bâtie en pierre calcaire de Tournai, à l’exception de reprises en briques dans certaines parties hautes. A première vue, son plan ne présente rien qui puisse surprendre : il comporte une nef et deux bas-côtés, un transept et un chœur à pans coupés; la belle tour hors-oeuvre qui se dresse en façade se situe dans l’axe de la nef et du chœur. 
On notera que le bas-côté nord est plus large que son pendant sud. Deux rangs de colonnes divisent la nef centrale en trois travées, mais les collatéraux ne longent que les deux premières tandis que la troisième travée, sensiblement plus large, prolonge en fait le transept. L’arc triomphal, d’autre part, ne s’ouvre pas sur une croisée de transept au sens propre du mot, mais sur une structure qui fait corps avec celle du chœur : une même voûte à croisée d’ogives lie intimement les deux espaces, ce qui revient à dire que la croisée constitue en réalité un avant-choeur.
Le monument résulte de plusieurs campagnes de construction. Le fait se confirme à l’extérieur où l’on observe une alternance singulière de pans de murs en petit appareil irrégulier et de parties à grand bloc de taille soignée. Nul vestige apparent ne semble appartenir à l’église romane attestée en 1108 déjà et mentionnée à nouveau en 1190 dans une bulle du pape Clément III confirmant une donation d’autel («altare Sancti Leodegaii»).

Il convient de mettre au point un détail historique. Certaines personnes du village ou de la région pensent, à cause de la proximité immédiate de la «Ferme du Temple», que l’église de Saint-Léger devait faire partie autrefois du domaine des Templiers. Plusieurs motifs font mettre en doute une telle croyance. Le fief seigneurial de l’ordre des Templiers fut établi à Saint-Léger dans le courant du XIIIe siècle alors que le village possédait déjà son sanctuaire : la date de 1108 qui s’y rapporte est antérieure à celle de la fondation même de l’ordre du Temple, à savoir 1119.
D’autre part, deux chroniqueurs du XIVe siècle, Jacques Muevin et Gilles Li Muisis, ne situent pas au même endroit la signature à Saint-Léger d’un traité de paix du 15 août 1319 entre Gui de Boulogne, les députés du roi de France et ceux de Robert, comte de Flandre; selon Muevin, cette paix fut signée à la maison du Temple, tandis que Li Muisis place les négociations dans l’église paroissiale, qui ne peut être que le monument étudié ici. Enfin, certains auteurs font part de l’existence d’une chapelle qui fit probablement partie de la maison des Templiers. Hoverlant note : « L’ordre de Malthe, possédoit une belle ferme à Saint-Léger, dite la ferme du Temple, avec 70 bonniers de terre. L’on y voiyoit autrefois une chapelle, où l’on célébrait trois messes la semaine. » Il est hors de doute que l’église de Saint-Léger, quoique toute proche du domaine des Templiers, n’en dépendait en aucune façon, et que ce domaine comportait sa chapelle particulière.

La première église gothique

Si l’on entame l’examen extérieur de l’édifice par l’angle sud-ouest, à droite de la tour et de la tourelle d’escalier, on s’aperçoit que les murs du bas-côté sont en pierres de petit appareil, assez irrégulières - du type des moellons équarris qui caractérisent le XIIe siècle et le début de la période gothique dans l’architecture tournaisienne.
Au bas des murs court un soubassement dont le sommet se profile en doucine; plusieurs blocs moulurés de ce soubassement ont été remplacés, mais il reste encore de nombreux exemples originaux.
Les parties hautes des maçonneries furent refaites en briques après 1693 de sorte que l’on ne.peut juger de la manière dont elles se terminaient. Cependant le pan ouest de cet angle fournit un précieux élément de datation : il comporte, à côté de la tourelle d’escalier, une petite fenêtre très étroite, bouchée avec des briques; deux colonnettes minces surmontées de petits chapiteaux à crochets constituent l’encadrement. Ce type de fenêtre apparaît au XIIIe siècle tournaisien (on le rencontre notamment à Sainte-Marie-Madeleine à Tournai, construite à partir de 1252); les colonnettes sont à assises maçonnées et reliées par un cavet aux blocs de l’encadrement extérieur, en un mouvement continu. L’arc brisé de la fenêtre consiste en un petit tore surmonté d’une gorge, réunissant les deux chapiteaux.

Ce pan ouest, qui mesure 2,57 mètres de long, ne comporte pas d’autre percement. Cependant le mur sud du même collatéral possède deux grandes baies surmontées chacune d’un cordon formant archivolte. Ces deux fenêtres appartiennent visiblement à une tout autre époque que celle de la face ouest du bas-côté. Elles furent percées ultérieurement, remplaçant probablement les premières baies gothiques du XIII° siècle jugées trop étroites : l’aspect de la maçonnerie à cet endroit témoigne clairement du bouleversement qu’elle a subi. Elles ont l’ouverture assez large, de 1,75 à 1,80 mètre (la seconde, près du transept, est légèrement plus étroite), les ébrasements révèlent des amorces de remplage (sauf pour les meneaux, car les glacis ont été sensiblement remontés) et se profilent en double tore reliés par un cavet selon le principe que l’on retrouvera au choeur, mais le tore intérieur y est plus mince, tout comme celui de la fenêtre de la tour; le tore extérieur ne possède ni base, ni chapiteau, sa ligne est donc continue. L’archivolte en larmier isolé, dite « retournée », se termine par de courtes sections horizontales.
Il faut encore mentionner, à l’extrême gauche de ce mur sud, une porte bouchée qui paraît contemporaine de la maçonnerie; elle interrompt le soubassement sur une largeur de 0,94 mètre. On en distingue parfaitement les piédroits, ainsi que les claveaux du cintre qui la couronnait.
Les caractères du collatéral sud - appareil irrégulier et soubassement amorti en doucine - ne se retrouvent qu’en un seul point de l’église : lors de l’agrandissement du bas-côté nord, une petite portion du soubassement original a été conservée en face ouest, entre le pied d’un Calvaire et la tour.
A l’intérieur, les deux colonnades qui délimitent les nefs sont enfin redevenues apparentes, depuis les travaux de 1987. Les colonnes en pierre de Tournai possèdent des chapiteaux de belle facture, à tailloir octogonal sur corbeille à deux rangs de feuilles jadis à crochets; bases, tambours et chapiteaux témoignent de l’intensité de l’incendie de 1693, sans doute responsable de la perte de tous les crochets. Les arcs qui relient ces supports sont d’une mouluration très poussée : leur profil général est en amande à base très large, travaillé d’une série de tores et de gorges et terminé par un méplat dit « listel ». Ce profil, qui caractérise aussi l’arc triomphal plus épais, pourrait dater de la deuxième moitié du XIIIe siècle ou de la première moitié du siècle suivant, période qui s’accorde avec la qualité encore excellente des chapiteaux.
Les nefs de la première église gothique de Saint-Léger conservent donc des vestiges assez importants pour permettre d’en imaginer l’état originel. Les couvrements devaient être en berceau lambrissé au-dessus de la nef et en demi-berceau sur les bas-côtés, vraisemblablement sous appentis.

Le chœur et la sacristie

Comme en d’autres monuments scaldiens tels Saint-Jacques ou Saint-Quentin à Tournai, le chœur à chevet polygonal et à croisée d’ogives de l’église remplace une construction soit romane, soit déjà gothique mais probablement à chevet plat et voûte en berceau lambrissé. On peut penser que le chœur actuel a pu reprendre la largeur de son prédécesseur. Entièrement bâti en assises régulières de calcaire, il compte quatre contreforts dont deux partiellement dissimulés par les sacristies et on en découvre un cinquième appuyé à l’angle nord-ouest de la sacristie sud. L’un, de ce même côté, a été restauré à la fin du XIXe siècle en même temps que celui du sud-ouest de la tour et avec la même raideur d’exécution.

La tour occidentale

La tour de l’église s’élève contre la façade ouest du monument, dans l’axe de la nef et du choeur. Sa construction ne semble pas avoir causé de grand bouleversement à l’édifice, car il a suffi de l’accoler à la façade après en avoir abattu le centre sur la largeur voulue. Tout repose sur des murs. L’angle nord-ouest indique clairement ce qui s’est passé : on y distingue les grandes pierres de taille du contrefort, qui continuent le mur du XIII°siècle auquel elles s’adossent sans former de ressaut intérieur. Au côté opposé, c’est la tourelle d’escalier qui forme la limite entre la construction nouvelle et les petits moellons du collatéral sud.
Construite en assises régulières de pierre calcaire, la tour est de plan rigoureusement carré (elle mesure intérieurement cinq mètres sur cinq) et ses quatre angles sont flanqués de contreforts perpendiculaires très saillants (1,50 mètre). L’un d’eux fut restauré à la fin du XIXe siècle, celui du sud, à l’angle sud-ouest. Les deux contreforts vers l’est forment une saillie puissante à l’intérieur même de la nef.
La tourelle d’escalier circulaire qui s’inscrit dans l’angle du collatéral sud et de la tour présente le même appareil de construction que cette dernière et grimpe jusqu’au niveau des ouïes.
Le soubassement amorti en cavet prend son départ au collatéral nord, avec le contrefort encastré dans le mur du XIIIe siècle, pour aboutir au sud de la tourelle d’escalier qu’il ceinture entièrement. Ici encore ce soubassement est utilisé à des fins décoratives grâce à sa chute à angle droit de part et d’autre de la porte d’entrée dont il souligne les piédroits (un tore s’ajoute au cavet dans le jambage vertical).
La porte centrale (2 mètres d’ouverture), est surmontée d’une archivolte en larmier; ses piédroits présentent une mouluration absolument identique à celle que l’on rencontre à Evregnies et à Pecq au même endroit : une gorge reliant deux tores, le tore extérieur étant aminci et coupé d’un méplat, soit un « tore à listel ».
La tour de l’église possède au complet ses contreforts terminés en encorbellements arrondis. Ceux-ci font corps avec la corniche, formée d’un cavet posé sur un quart-de-rond (la tourelle d’escalier possède une corniche identique). Chaque encorbellement soutient un petit clocheton pyramidal à six pans couverts d’ardoises. Une belle flèche hexagonale de ligne effilée couronne la construction : cette partie de la tour ne paraît pas avoir souffert des agressions subies par l’église aux XVIe et XVIIe siècles.
Les parements intérieurs sont en briques, ainsi que dans la tourelle d’escalier; celle-ci conserve presque toutes ses marches en pierre de Tournai. A l’intérieur, la grande arcade ouverte sur la nef paraît être le point de l’édifice le plus touché par l’incendie en 1693; on distingue de nombreux éclats aux claveaux mutilés; ces claveaux sont très larges, d’épannelage assez carré, avec petit bandeau central longé par deux tores, encadrés eux-mêmes de cavets aux formes un peu molles.
Compte tenu de l’appareil de construction, de la mouluration de l’arcade intérieure et de l’encadrement des fenêtres, il semble que la tour ait pu s’élever dès la seconde moitié du XV° siècle, et que sa construction se soit faite en même temps que l’agrandissement des bras de transept et du collatéral nord, ou qu’elle les ait suivis de très peu.
Conclusion

On peut restituer comme suit l’histoire de l’église. Du sanctuaire mentionné en 1108 dans une bulle du pape Pascal II, il ne nous est resté aucune trace apparente. Il est par contre relativement aisé de se faire une idée du premier édifice gothique qui lui a succédé et dont la date de construction pourrait se situer entre 1250 et 1350. Il comportait une nef principale dont les deux rangs de colonnes sont toujours en place, et des bas-côtés dont le flanc sud conserve des éléments importants tandis qu’il ne subsiste qu’un bien mince fragment de son pendant nord. L’existence d’un transept ne saurait être attestée que par des sondages archéologiques, tout comme le plan du choeur : ce dernier était-il à chevet plat, possédait-il déjà l’écartement du choeur actuel, qui a peut-être remployé une partie de ses maçonneries ?
Il faut alors attendre le XV° siècle pour assister à de nouvelles campagnes de construction, couronnées par l’adjonction d’une belle et robuste tour occidentale. L’ordre de succession des transformations est malaisé à établir, mais toutes semblent se produire au cours du même siècle : construction d’un choeur à croisée d’ogives flanqué d’une sacristie, construction des bras du faux transept puis, sans doute assez tôt, doublement vers l’ouest de ces bras par empiètement sur la dernière travée des bas-côtés, dans l’intention probable de les utiliser comme chapelles, enfin élargissement du collatéral nord avec création d’une porte dans la façade ouest.
Les réparations ultérieures nécessitées par les malheurs survenus aux siècles suivants n’affecteront ni le plan, ni la structure du monument : seules les parties supérieures de la maçonnerie ainsi que les voûtes, charpentes et toitures, devront être refaites après 1693 : c’est alors que l’édifice fut couvert d’une énorme toiture unique à deux versants et croupe qui en modifie totalement l’allure d’origine.

Les fouilles dans l’église

Au cours des travaux intérieurs de restauration en 1987 et 1988 ont eu lieu des découvertes intéressantes. Elles remettent en question les conceptions que l’on avait de l’église d’autrefois.
Outre la découverte de plusieurs squelettes, dont un avec une arme, des fondations de murs et des restes de pavements ont été mis à jour. On a retrouvé des fondations d’un mur implanté une cinquantaine de centimètres en retrait (vers l’intérieur du bâtiment) de celui situé à gauche de l’entrée. Les fondations découvertes pourraient être celles du mur qui existait avant l’un des incendies de l’église. D’autres fondations démontrent également que l’église primitive était en fait plus étroite et moins longue que l’actuelle. Il subsiste encore dans l’un des murs des gongs et un renforcement qui pouvaient accueillir la porte originelle.
Il faut noter qu’excepté les tombes, tout ce qui a été retrouvé dans les fouilles le fut dans des remblais et par conséquent très fortement perturbé. On ne peut pas faire une datation exacte de l’église par rapports aux objets trouvés. Néanmoins, on peut avancer une constatation : les différentes découvertes datent pour la plupart des XV° et XVI° siècles. A noter qu’il semblerait que la sacristie de gauche ait été construite plus tard par rapport à l’église primitive.
Dans celle-ci, on a retrouvé des fragments de poteries en terre cuite vernissée intérieurement du XVe ou XVIe siècle. Il s’agit de récipients communs à usage culinaire.

On a également mis à jour des fragments de carrelage en céramique vernissée de la même époque dans le remblai de la sacristie et du choeur ainsi que des fragments d’un bord de céramique romaine du 2e siècle (dans la sacristie) présentant une patine de brûlure suite à un des incendies de l’église. Il s’agit de la seule pièce romaine trouvée dont on ne connaît pas l’origine. Dans le choeur, une pierre présentant deux creusets fut mise à jour. A l’origine, cette pierre était scellée dans une niche du mur. A l’époque, le prêtre descendait de l’autel et allait y laver les mains durant les offices. La tranche de face est bien taillée tandis que les autres tranches n’ont pas été travaillées. On y a également exhumé un squelette. Est-ce les restes d’un corps faisant partie d’un cimetière qui venait auparavant contre un mur aujourd’hui disparu de l’église ? Il devait y avoir vraisemblablement un mur. On a relevé l’existence d’un mur négatif et des traces de fondation qui passent à l’aplomb de la tombe. Au milieu de la porte de la sacristie, on a pu voir une cassure et une fondation de pierre d’angle très bien travaillée, ce qui indique qu’il devait y avoir auparavant un mur. Ou alors est-ce les ossements d’un prêtre qu’on a enterré dans le choeur ? La question est posée. Cette dernière hypothèse est aussi vraisemblable. On a retrouvé des débris de chapelet autour des mains. La tête est tournée vers l’autel et les pieds vers les fidèles.
Des restes d’enfants ont été mis à jour dans la sacristie. En tenant compte que celle-ci a été rajoutée par après par rapport à l’église primitive, il se pourrait donc bien qu’il s’agisse de restes provenant du cimetière venant contre le mur initial. Non loin de l’entrée, on a exhumé des ossements d’un noble (?), un bras le long du corps et l’autre sur le cœur.
L’église actuelle se trouve au moins un mètre plus haut que le premier édifice. Les colonnes s’enfoncent d’autant dans le sol. C’est ce qui explique comment le bénitier situé à droite de l’entrée dans la partie la plus ancienne se trouve si bas.
 


Vers 1935

 
Le premier incendie de l’église

L'église de Saint-Léger fut réduite en cendres vers 1566 par les Huguenots, dits « Hurlus » ( ils incendièrent également quatre maisons religieuses aux portes de Tournai et plusieurs autres églises des environs, dont celle d’Evregnies ). Ils s’emparèrent du curé de Saint-Léger pendant qu’il récitait des litanies de tous les saints dans son église; ils le dépouillèrent de ses vêtements, l’emmenèrent avec eux, les pieds liés et ce prêtre ne rentra plus dans sa paroisse. L’église ne fut reconstruite que vers 1600. En effet, le vitrail qui se trouvait alors au fond du choeur, derrière l’autel, portait la date de 1601 et représentait une vierge assise sur une église à cinq clochers, laissant supposer que ce furent les chanoines du Chapitre de Notre-Dame de Tournai qui, en tant que possesseurs de ladite église, en entreprirent la reconstruction. Les mêmes détails se retrouvent dans le testament de Messire Léon de Maulde, décédé à Saint-Léger en 1601 et qui fut enterré dans le choeur de l’église. 

Le second incendie de l’église

En 1658, le village de Saint-Léger fut pillé. L’extrait suivant d’un registre des baptêmes de cette paroisse en rappelle quelques particularités intéressantes : « Mémoire que le 29 septembre 1658, qui étoit le dimanche de la dédicace de l’église paroissialle dudit lieu, et le lendemain, les soldats de l’armée fraçoise campée vers le pont d’Espierre et commandée par le maréchal de Turenne, pillèrent et saccagèrent entièrement la susdite église d’une horrible manière, en telle sorte que tous les archives et registres d’icelle église furent deschirez, perdus ou emportez, à la réserve de quelques comptes d’église et des pauvres, que Monsieur Charles Beghin, alors pasteur du dit lieu, avoit transportés alleurs en seureté. »

L’église une troisième fois incendiée

L’église de Saint-Léger (ainsi que 28 maisons) fut une nouvelle fois pillée et incendiée, le 19 juillet 1693 par un détachement de l’armée des Alliés ennemis de la France, commandés par le duc Ferdinand-Guillaume de Wurtemberg, qui avait passé et forcé les lignes entre le pont d’Espierres et Menin, le jour précédent et qui avait campé à Dottignies. Louis XIV avait érigé une ligne de fortification hérissées de 30 redoutes. Le registre des baptisés, commencé en l’an 1659, fut de nouveau déchiré par la fureur des soldats dont la plupart étaient huguenots, anglais, hollandais, danois, allemands, etc...; par chance, l’on trouva épars dans les campagnes quelques cahiers du dit registre qui furent remis au pasteur d’alors, Bernard Cappelier. Des cavaliers français vinrent mettre le comble à la ruine des habitants les 15 et 16 octobre suivants.
L’église fut reconstruite dès 1694. Cette même année, le choeur fut réparé et rétabli par les chanoines de Notre-Dame de Tournai. Un différend apparut entre le Chapitre de Tournai et Saint-Léger. L’Electeur de Bavière, gouverneur des Pays-Bas et des Etats Généraux des Provinces-Unies avait accordé pour la reconstruction des églises de Saint-Léger, Evregnies et Estaimpuis, 6.000 patacons ou 14.400 florins à prélever sur la contribution de guerre due par le Tournaisis. Les Etats perçurent cette somme mais lorsque Saint-Léger voulut recevoir sa quote-part fixée à 6.363 florins 3 patars, le Chapitre de Tournai soutint que l’allocation avait été attribuée aux décimateurs au prorata de leurs dîmes pour être employée par eux dans la même proportion; il s’empara des deniers destinés à l’église de Saint-Léger pour se couvrir d’avoir rebâti le choeur, ainsi qu’il y était tenu comme décimateur et n’abandonna que 400 florins à la commune qui avait reconstruit le reste de l’église, les deux chapelles latérales en dur et la moitié de l’église en paillots en attendant mieux.
Les trois nefs furent reconstruites par Pierre de Rache, charpentier à Leers. Antoine Delberghe et sa femme Marie Bulteau firent don d’un gros chêne dont le bois servit à la charpente du clocher. En 1698, le grand portail fut rétabli par Antoine Bourghois et le porche de la petite porte de l’église par le même Pierre de Rache. La couverture en ardoises fut confiée à Pierre Brunfaut et la plomberie à Jean-Baptiste du Mazis; la vitrerie provint de Jacques Hellin, vitrier à Tournai. Ce fut un autre vitrier de Pecq qui livra les deux grosses serrures, l’une pour la porte de la sacristie et l’autre pour la petite porte de l’église. Les cloches refondues en juillet 1696 par Toussaint et Jean Aubertins, furent remontées par Jean-Baptiste de le Vinquier d’Antoing. En 1701, l’église était entièrement meublée.