Jeu de balle pelote
Le jeu de balle que les Espagnols pratiquaient déjà dans notre région au 16° siècle connut une place plus qu’honorable dans l’éventail sportif de Péruwelz. Les gens du Val de Verne aiment les rondeurs. Et pas seulement les boules, qui sollicitent tout la force de la main, mais aussi les balles qui réclament d’elles promptitude et réflexe.
On compta de nombreuses sociétés jouant à la paume ou au tamis. Triompha également la petite balle au gant que les «joueus d’balle» frappaient avec un gant creux. Leur sanctuaire, ce fut d’abord la Grand-Place, puis le ballodrome du Square ; devant une foule attentive et passionnée, les équipes s’affrontaient avec leurs cinq joueurs respectifs : les deux cordiers, le p’tit mitan ou p’tit milieu, le grand mitan ou grand-milieu et le fond ou grand-arrière.
Déjà donc, en 1867, des personnes passèrent avec une liste de souscription pour organiser un jeu de balle sur la Grand-Place, mais il n’y avait pas encore de société constituée. Le Journal de Péruwelz du 15 décembre 1872 annonça que la Ville allait subsidier en 1873 des luttes de jeu de balle : «Ne serait-ce pas le moment de fonder à Péruwelz une société de jeu de balle comme il en existe à Tournai, à Binche et ailleurs, pour favoriser ce jeu si cher à notre population ?» Effectivement, fin juin 1873, une équipe se forma et joua contre des équipes des villages environnants. En 1887, un groupe de personnes désireuses de faire revivre ce sport forma un comité. Celui-ci demanda des subsides au Collège qui lui attribua 500 francs. Le 29 juilet 1888, un tournoi fut organisé à l’occasion des fêtes de Sainte-Anne. Y participa l’équipe de Péruwelz, les Alliés, avec comme joueurs : Léon Hainaut, Emile Deverchain, Désiré Blanchart, Pierre Meunier de Lessines et Victor Auquier de Cuesmes. Près de deux mille personnes se massèrent sur la Grand-Place pour voir les vingt joueurs de balle les plus renommés du pays.


" A la Taverne "
Café du Square Albert 1°
Lieu de nombreuses sociétés sportives péruwelziennes...
A gauche, la brasserie dite " Anonyme ", 
puis dépôt de la brasserie De Haecht 
et aujourd'hui bâtiment détruit...vestiges d'un ancien château obligent !

En 1902, une nouvelle société fit son apparition «La Société PéruwelzBonsecours» qui décida de valoriser ce sport. Le président en était Henri Baugnies et la commission se composait de Gaston Demarbre, Alfred Hainaut, Eugène Courtin, Eugène Nicaise, Louis Lannoy, Lucien Desclée (secrétaire), Paul Destrebecq, Hector Deterck, Léon Hainaut, Victor Lepreux et H. Cappe. Ils organisèrent de multiples luttes où l’on vit évoluer des joueurs locaux et étrangers.
Les hameaux étaient également férus de ce sport. Bon-Secours avait sa Balle d’Or présidée par A. Mercier et Pilverdier, commissaire. L’assemblée générale se déroulait chez Marie Cappe, Grand-Rue et les réunions se faisaient chez J. Gobert, rue Royale. Les luttes avaient lieu sur le terrain dit «de la Perche». Le Mont-de-Péruwelz était représenté par la société «L’Alliance franco-belge» dont les adhésions devaient être envoyées à Joseph Délécaut.
Le groupe Péruwelz-Sportif organisa aussi des parties de balle avant 1914. Incontestablement, cette société présentait une organisation interne remarquable : Péruwelz-Sportif (2e catégorie) : grand-derrière : Bruno, grand-milieu : Loiselet, petit-milieu : C. Etienne, cordiers : Léon Monniez et Léon Pierrot ; Péruwelz-Sportif A : A. Delorme, E. Dubreucq, E. Calonne, G. Procureur, J. Chéron; Péruwelz-Sportif B : L. Didry, B. Pottiez, L. Cocu, L. Guérin, A. Pavot ; Péruwelz-Sportif C : J. Delbecq, E. Loiselet, E. Meurez; J. Hommerin, A. Loutre ; Péruwelz-Sportif D : W. Huez, L. Semaille, G. Lenglez, E. Semaille, J. Taverne.


Le jeu de « petite balle », la balle dure avec gant au poignet (31 juillet 1904). 
On reconnaît : Louis Wallon, président (au centre), Alfred et Léon Hainaut, Louis Debauche, 
Albert Pottiez, Louis Homerin, Charles Lombard, Eugène Nicaise...

Parallèlement à ces compétitions, le jeu de balle de gomme (sport considéré comme mineur par certains) fut également apprécié dans notre ville. C’est ainsi qu’à la fin du siècle, le «Pneu-Ball», formé de cinq joueurs cyclistes lança un défi à toute partie composée de cinq autres joueurs locaux. Le défi consistait en une lutte à la balle de gomme en dix ou douze jeux à jouer sur la Grand-Place. Il fallait s’adresser chez Georges Demasure, rue de la Station ou chez Alphonse Deflinne, Grand-Place. Le défi fut relevé par les Invincibles de la Verte-Louche. En 1921, à l’occasion de la ducasse de la Roë, un «grand défi» opposa Célestin l’Aiguilleur, Charron et les jeunes Lekeu frères. Le 10 octobre 1926 se disputa une finale entre les équipes de Bon-Secours, Péruwelz et Bury chez Marcel Lekeu, rue de la Station.

Les socialistes pratiquèrent ce sport chez Lekeu, F. Bargibant et à la Maison du Peuple, alignant des équipes composées de Victor Bouton, Oscar Duroisin, Merlin, Nopenaire, Maurice Patris, Emile Dubois, Léon Demarlière, J. Rossy, Robert Moulin, Etienne Célestin.
En mars 1927, «La Balle Elastique Péruwelzienne» patronnée par le Cercle l’Avenir entra en compétition. Son local était situé chez Omer Aubert à la Verte-Louche. Une entente fut créée entre les huit meilleures parties de la ville et communes limitrophes : Gadrouillet, Verte-Louche, Pont-à-la-Faulx, place Deflinnes, Square, Outre-l’Eau, rue de Roucourt et Vert-Coron (Pacot). Son but était de rénover la pratique de ce jeu. La réunion générale des chefs de partie se fit chez Augustin Renard (la Taverne) sur le Square pour établir un calendrier des concours et critérium. Un comité cimenta cette intention : président : Adolphe Poulain ; secrétaire : Léon Pottiez ; trésorier : Omer Aubert ; membres : Marcel Delrue, Charles Dethy, Augustin Renard et Jules Rossy ; joueurs : Largepret, Brasseur, Tonneau, Aubert, Bouton-Dubois, Demarlier, Jules Colin, Prud’homme, Victor Bouton, Léon Bargibant, Joseph Vilain, «Popol», «Figaro», Désiré Colin...


La belle époque du sport ballant (ici : le championnat du Peuple en 1923 sur la Grand-Place de Péruwelz).
A noter la présence d’une musique bénévole et des principaux responsables : Jules Maillard, Alfred Hainaut et Valentin Calonne

Quant au sport ballant proprement dit, il faut bien reconnaître qu’après 1918, il avait presque complètement disparu à Péruwelz et l’ancienne société avait cru nécessaire de supprimer ses programmes de luttes de jeu de balle qui étaient devenus trop onéreux. Nombre d’amateurs, émus de la disparition de ce jeu si populaire décidèrent de le relever et se formèrent en société le 1 mai 1920. Ils firent la demande à l’ancienne société à seule fin de pouvoir disposer de son matériel. Il fut répondu par une fin de non-recevoir. Les Amis de la Balle ne se découragèrent pas. Se mettant en contact avec Quevaucamps, ils se mirent d’accord pour la location de leur matériel et purent ainsi finir le programme qu’ils avaient élaboré pour 1922. Présidée à sa fondation par deux anciens joueurs Emile Hainaut et Célestin Etienne, la société sous l’impulsion de son secrétaire-trésorier Valentin Calonne, organisa sur le Square, sur la Grand-Place et à la Roë des luttes de première catégorie. En 1922, Camille Merlin fut nommé président d’honneur. Il fut aidé par Victor Patris, puis Victor Cretteur, Henri Duc, Maurice Carton, Emile Liégeois, Gaston Gallez, Léon Vandrepotte et plus tard Ernest Raingo, Lucien Gobert, Sylas Blois, François Durieu, etc... La société organisa lors des ducasses de septembre un championnat d’excellence et à partir de 1926, le championnat de Péruwelz.
Pour 1923, la situation devait changer. La société acheta du matériel. On fit appel aux membres qui versèrent de 25 à 200 francs. Elle décida de donner l’accès gratuit aux invalides de guerre ainsi qu’aux vieux pensionnés de la ville. En 1924, vingt-quatre luttes de première catégorie furent mises sur pied et la société patronna une équipe de seconde spéciale qui se produisit huit fois sur les ballodromes de la ville (Emile Cocu, Maurice Meurez, Jules Colin, Emile Dubois et Isidore Vandelsunde).
En la séance du conseil communal du 26 janvier 1924, les Amis de la Balle demandèrent de réfectionner la place du Square. Celle-ci n’était plus en état de recevoir les luttes de jeu de balle ; par les pluies, c’était un véritable cloaque. Victor Cretteur, Monier et Calonne soutinrent vigoureusement cette proposition. Le sport ballant connaissait alors une nouvelle jeunesse.
En 1926, les Amis de la Balle patronnèrent «La Pelote Jeunesse Sportive». Celle-ci organisa un championnat de juniors (13 à 18 ans). Les inscriptions étaient reçues au local de la Maison du Peuple. Les éliminatoires eurent lieu en août sur la Grand-Place entre la Roë (Liégeois, M. Renard, P. Caucheteux, L. Leturcq), Sondeville (E. Crudenaire, Nauwelaers), le Bas-Coron (L. Brabant) et le Noeu-Moulin (A. Carlier).
La Jeune Garde Socialiste eut également son équipe et évolua dès 1928 sur la place du Préau (inscriptions chez Meurez ou au secrétaire Lucien Michez, rue du Bosquet). Quant à «La Pelote de l’Avenir», elle monta dès 1924 un championnat de l’Avenir (place de la Gare) avec les frères Coulon, Lekeu, Menu, Picas, Cambier, Delcourt, Demarlier, Homerin et Philippe.
L’Union Sportive ne demeura pas en reste et présenta dès 1929 une équipe composée de Lekimpe, Taffin, Coupez, Bachy, Cocheteux, Hannot, Vinchent, Deplus et Kensier.


Les Amis de la Balle de Péruwelz, photographiés au Parc Simon le 1 mai (1930?) De g. à dr. : assis : Jules Rossy, Sylas Blois, Nève, Valentin Calonne, Marcel Homerin, 
accroupi : Max Caucheteux; debout : Léon Denis, Léon Pierrot, Camille Merlin, Baptiste Marlot, Zéphyr Tuncky et Alfred Hanarte

Quelques années avant la guerre, les promotions régionales vinrent souvent affronter les joueurs des Amis de la Balle. Durant l’occupation, la société organisa différentes luttes dont le bénéfice intégral fut versé au Secours d’Hiver.
Fin 1944, une équipe fut nouvellement constituée et en 1945, elle figura en division I avec aux cordes Alfred Lekeu et Emile Leclercq, au petit-milieu, Marc Etienne, Josse Normand et Marcel Henton ; réserves : M. Carrette, A. Cretteur, R. Duwelz et A. Calonne. Le dimanche 22 avril 1945, se déroula la première lutte de la saison sur le ballodrome du Square contre une forma¬tion militaire. L’équipe locale se composait de Lekeu, Leclercq, Van Ceunebroeck, Normand et Léon Boitte.
Après consultation préalable des membres des deux sociétés, les Amis de la Balle et le Péruwelz Pelote Club fusionnèrent lors de l’assemblée générale du dimanche 10 février 1946. La nouvelle société conserva le nom des Amis de la Balle et le local resta à la Maison du Peuple. Le comité se forma comme suit : président d’honneur : Victor Cretteur ; président : Albert Calonne ; secrétaire : Valentin Calonne et secrétaire-adjoint : Charles Semaille. La société patronna une équipe de division I formée exclusivement de joueurs locaux : Claude Bachy, Charles Semaille, Paul Vangansberg, Serge Tonneau, Marcel Duroisin, René Duwelz et Marc Etienne. S’alignèrent également les équipes du Mont-de-Péruwelz («La Jeune Paume» avec Emile et Robert Leclercq, Roger Cuignet, Jean Cocu et Joseph Liégeois) et de la Roë («La Jeunesse Sportive de la Roë») avec Maurice Bachy, Joseph Colinet, Marcel Marlier, Léon et Lucien Colin, ainsi qu’une équipe de jeunes avec R. Gossart, A. Hansart, G. Questienne, Y. Carlier, L. Annet, G. Delbecq et A. Detournay.
Le mardi 3 septembre 1946, fusionnés donc avec la jeune formation du Pelote-Club, les Amis de la Balle fêtèrent leur 25e anniversaire d’existence à l’occasion de la lutte d’excellence de Braine-le-Comte contre Harchies.


Le crossage en ville du Mercredi des Cendres. Ici, l’équipe du café Valentin à l’angle de la rue des Tanneurs et Albert 1° (1930) 
De g. à dr. : Marcel Loutre, Louis Arbon, Maurice Fastrez, Georges Crunelle, Maurice Decourrière, Valentin Calonne, Armand Saudemont, 
Octave Bodecot, Léon Monniez, Georges Lekeu, Camille Vivier, Emile Hocquet, Pierre Debauche, René Meurisse, Georges Bascourt 
et à la « cholette », Ponchau

Dans le domaine des fanatiques de la balle, rappelons que Péruwelz eut son Ping-Pong-Club au début des années 1930. Le local se situait au café de la Verte-Chasse et on y disputa la coupe André Dumont.

Quant au Tennis-Club Péruwelzien, il fut créé en 1931 avec Jean Fondu, Robert Waucampt, Marcel Telle, Mme René Destrebecq, Rachel Courtin, Mlle Tiébaut, A. Eloy-Viseur, H. Colin, J. Thiébaut et R. Gosselin. On retrouvera une autre équipe en 1947 avec M. Carrette, H. Carrette, E. Didry, L. Bauduin, Geubel, Brulard et R. Waucampt. 

Le vieux jeu de «chole» ou de «cholette», terme picard qui désigne une balle de buis, fut très répandu dans notre région. Il s’agissait de chasser à l’aide d’un maillet appelé crosse (d’où le nom de jeu de crosse ou crossage) la balle vers un but quelconque en un minimum de coups. C’était en somme l’ancêtre du golf ou, si l’on veut, le golf du pauvre ; ce jeu exigeait une grande endurance, car le parcours pouvait couvrir quinze à vingt kilomètres. Un bon crosseur lançait à deux cents mètres une «cholette, de près de cent grammes. Une grande partie de crosse fut organisée au Vermontois et à la Loquette le lundi 28 mars 1864. Elle se déroula au milieu d’une affluence de curieux accourus de partout; on évalua à un millier le nombre de personnes qui escortèrent les joueurs sur les champs. Les parties de Roucourt et de la Roë se disputèrent le premier prix. Roucourt gagna la première manche, mais elle perdit successivement les trois autres.
Dans la période de l’entre-deux-guerres, la société «La Crosse d’Or» organisa des journées sportives de crossage, notamment les 22 et 23 mars 1931 (chez Léon Huon, dit Papillon). La commission était représentée par Huon, Largepret, Deleuze, Hornebecq, Devaux, Aubert, Museur et Paul; elle mit sur «crosse» le championnat officiel du Hainaut. «Les Amis Réunis» de la Roë pratiquèrent également ce sport, de même qu’à Bon-Secours (chez Lucien Tonneau, rue P. Taillez).