Nandy

Nandy fut reconnu comme le plus grand invalide de la Résistance belge. Genotte Fernand dit Nandy, étudiant en médecine était né le 15 août 1923 (il avait 20 ans quand il fut paralysé) à Gand et était domicilié Chaussée n°4 à Moustier. Très tôt, son patriotisme éclata. Il refusa de s’inscrire pour le travail obligatoire. Il quitta l’université de Louvain et rentra chez lui à Moustier. Il commença immédiatement à faire de la Résistance active (journaux, propagande). Il fut dénoncé par deux lettres anonymes. Arrêté, il se justifia, fut relâché mais refusa de donner la main à l’officier allemand enquêteur. Il fut arrêté de nouveau. Quinze jours après, il refusa à nouveau de donner la main à l’officier. Il tenta une évasion. Il fut « mouché » et envoyé en Allemagne, étant considéré comme dangereux et mauvaise tête. Là-bas, il travailla dans une usine fabriquant des tanks. Il sabota toutes les pièces qu’il fraisait et finit par se faire exclure de l’usine. Au bout de quatre mois, il rentra en Belgique pour faire partie des Partisans Armés. Il abattit un traître, et participa à trois autres exécutions. Diverses actions importantes furent également à son actif: nombreux sabotages sur les voies de chemin de fer, coups d’argent, transports de matériel, d’armes, sabotages de l’Industrielle Boraine à Quiévrain, du pont sur le canal à Montreuil-sur-Haine. Il attaqua deux fois le charbonnage d’Hensies et travaillait souvent habillé en Allemand.

Survint le parachutage à Braffe dans la nuit du 5 au 6 juin 1944

Douze containers furent lancés: un vent violent déporta les parachutes et les containers atterrirent cinq cents mètres au delà du terrain. Trois d’entre eux restèrent accrochés dans les branches de peupliers. Pour enlever les parachutes, Nandy grimpa aux arbres et fit choir les colis. Au cours de la seconde opération, la branche sur laquelle il se trouvait, cassa brusquement et tomba en même temps que le container. Il fut relevé avec la colonne vertébrale atteinte. Cette chute fut certainement due à l’empressement, à la hâte fébrile pour enlever les parachutes qui eussent été aperçus par l’ennemi s’ils avaient séjourné sur les arbres. Le parachutage en soi fut réussi, un poste émetteur fut largué ainsi que des armes et des munitions en quantité. Tout fut transporté par Vermeersch Walter dans une camionnette à Frasnes. Pour l’autorité allemande, celle-ci avait été « volée » à la boulangerie Eugène Deneubourg à la Neuve-Chaussée à Péruwelz, et ce avec le consentement de ce dernier. 
Nandy blessé réclama sa mère et un prêtre. Un compagnon alla la chercher et Devaux Marcel de son côté manda le curé de Brasménil. Le docteur Delangre de Baugnies vint sur le terrain et prodigua les premiers soins. Il conseilla l’hospitalisation. Nandy fut conduit chez le docteur Amillia qui dirigeait une petite clinique à Braffe. Celui-ci dut répondre de la vie du blessé sur celle de sa femme et de la sienne. Il y fut transporté sur une échelle provenant de la ferme Allard. Amillia établit un diagnostic très pessimiste.
Le 15 juin 1944, Nandy quitta la clinique pour se rendre à la Faculté de Médecine de Louvain pour tenter une intervention chirurgicale. Il y fut conduit dans la voiture de Deneubourg maquillée en ambulance de la Croix-Rouge allemande. Nandy resta peu à Louvain. Le professeur lui avait donné à peine deux mois à vivre. Sa mère prévenue de son état, préféra le faire rentrer à Moustier. Il était convenu qu’en cas de perquisition allemande, il était tombé d’un arbre en voulant cueillir des fruits. Quelque temps après la Libération, un vendredi, il fut assailli par une forte fièvre. Le docteur Morelle vint le soigner et selon lui, seule la pénicilline qui venait d’être découverte pouvait le sauver. Celui-ci n’en obtiendrait que le dimanche suivant. C’eût été trop tard et il fallait craindre d’ici là une issue fatale. Reth (Henneghien Arthur) et Scarlett (Emilia Bachy) partirent pour Chièvres au champ d’aviation. Ils se rendirent dans un café fréquenté par des officiers américains. Le gérant leur conseilla de contacter un capitaine. Ils le rencontrèrent sur la route. Il ne voulut tout d’abord pas en délivrer car estimait-il, ce médicament était réservé à ses soldats.
Après de multiples palabres, il en donna finalement. A onze heures, Nandy reçut sa première piqûre et le soir, il était momentanément sauvé. 
Il fallut beaucoup d’argent pour l’aider. Bien sûr après la Libération, la chose fut aisée. Des galas furent organisés…