Une expansion confirmée...


Rosace du pignon ogival

« 5 avril 1262, Robert de Saint-Léger fit savoir qu'il avait vendu aux frères du Temple le terrage d'un champ à Pierron et qu'il expansion
Une expansion confirmée...


Rosace du pignon ogival

« 5 avril 1262, Robert de Saint-Léger fit savoir qu'il avait vendu aux frères du Temple le terrage d'un champ à Pierron et qu'il devait garantir tous les usages et les coutumes.  Ce même jour, le seigneur Enguerrand de Lovencourt confirma cette vente. »
(Archives nationales, Paris.  M13, no 21)

On trouve encore, en avril 1270, le titre de vente du fief de la Douve, à Dottignies.  Ce fief comprenait un manoir, un étang, onze bonniers et douze verges de terre, et appartenait à la puissante maison des châtelains de Tournai, les Mortagne.  Le fief fut converti en franc-alleu par Jean, le châtelain à l'époque, et ses frères Raoul et Thomas confirmèrent cette vente en 1270 et en 1272.

« 1270 (avril) JEAN de Mortagne, châtelain de Tournai, fait savoir qu'il a donné et reporté en la main de Raoul, son frère, en accroissement de son fief, 1 1 bonniers et 12 verges à Dottignies en la Dove, et environ 13 bonniers à Saint-Léger, hameau de la Raspaille, devant ses hommes de fiefs, pairs de Raoul : Roger de Mortagne, seigneur d'Espierres, Thomas de Mortagne, Gillon du Lokeron, chevaliers, Arnoul de Mortagne, clerc, Ankiel Wavison.  Il a plu à mon frère de reporter le tout en mains des Templiers de Flandre, par vente.  Les frères tiendront ces biens en francs-alleux; comme ils tiennent tout ce qui leur est échu de Gossuin Fastret, plus 4 bonniers acquis dans la suite.  TEMOINS, les échevins de Tournai : OTTON le Brun, Arnoul d'Estaimbourg, Gossuin d'Espierres, Gauthier le Prouvost, chevalier. »
(Arch. nat.  Paris.  S.5210, liasse 45, n°3)


Au nord-ouest, un haut mur de pignon a gardé son ordonnance primitive,
il est éclairé à mi-hauteur par trois fenêtres égales, à arc aigu, surmontées d’une rose à redents.
Dans la partie inférieure du mur, les ouvertures sont plus récentes.

« 1272.  EVERARD RADOUS de Mortagne, chevalier, sire de Nevele, donne son accord pour la vente aux Templiers de 13 bonniers situés à la Raspaille à Saint-Léger.  Devant le châtelain de Tournai, son frère, Amaury Blauet, bailli, et Thierry le Hongrois.  Mardi après Pâques-closes. »
(Arch. nat.  Paris.  S.5210, liasse 43, n°3)

Paroisse de Saint-Piat

En décembre 1272, une paroissienne de Tournai, dame Julienne de Sainte-Colombe, donnait au Temple de Saint-Léger une maison, que certains historiens ont dit être leur refuge.  Selon des actes officiels retrouvés dans les archives par De La Grange, historien, il ressort que la maison qui leur servait de refuge se trouvait en la paroisse Saint-Piat, au quai des Poissonceaux. « En 1288, le Commandeur du Temple de Saint-Léger, Frère Jehans don Kieres, afferma à un certain Jehan Boinnekin, moyennant une rente de 12 livres, une maison tenant au four Crissembien de Saint-Piat. »
Le locataire était tenu, de plus, de fournir le logement, le feu, la lumière au Commandeur, lors de ses séjours à Tournai.  L'énumération de ces fournitures en nature est curieuse et prouve bien qu'il s'agissait d'un refuge.  Mais où était située cette maison ? L'acte de 1288 dit qu'elle était sur l'Escaut, au rivage; un autre acte de septembre 1325 est encore plus explicite : il fixe d'une façon complète la situation du refuge, qui était « sour Eskaut as Pissonciaus ».
Par conséquent, le refuge des Templiers, à Tournai, se trouvait bien en la paroisse Saint-Piat et non dans les paroisses de Saint-Brice ou de Saint-Jacques comme l'ont prétendu certains auteurs.

Au XVe siècle, un état bénéficial fut demandé par Jean Chevrot, évêque de Tournai, partisan du duc de Bourgogne pour donner un certain pourcentage des bénéfices ecclésiastiques à Philippe le Bon afin de recueillir des fonds pour la croisade.  Cet évêque voulait atteindre ainsi les bénéfices non taxés afin d'exiger d'eux un « subsidium caritativum » en rapport avec leurs fruits.  Il ordonna donc immédiatement (mai 1455) à tous les doyens de son vaste diocèse de faire une enquête soigneuse et de dresser un état complet et détaillé de tous les bénéfices situés dans leur ressort respectif, avec la désignation des titulaires, des charges et des revenus.  C'est cet excès de zèle qui nous a valu ce document concernant les possessions des Templiers et de l'église à cette époque


Au début du XX°siècle

Sanctus Leodegarius

" Ecclesia parochialis sancti Leodegarii sive cura, cujus possessor est dominus Johannes Juclantoris, habet terciam partem in decima magna parochie, valentem in censa singulis annis VI mod. bladi.  Item habet VI bonnaria terre arrabilis, que valent annuatim in censa XXVII ras. bladi.  Summa videlicet VIII mod. 111 ras.; qualibet extimata ad summam XVIII s. fland., est in summa VII 1. VIII s. VI den. grossorum.  Item habet ipsa ecclesia omnes minutas decimas parochie, valentes in summa de XXX lib. fland.  Item in uno prato, CXV s. fland.  Item in redditibus VII capones et VI ras. avene : extimatis caponibus ad IIII s. fland. et avena in summa CXVIIII s. fland.  Item habet in obitibus, redditibus, et obventionibus provenientibus infra muros ecclesie III lib. gross.  Summa tocius valoris ipsius ecclesie in residencia XIII lib.  XVII s. XI d. gross.  Sed tamen valuit annis nuper effluxis, in absencia, eidem Juclantori, cotere (coetere) domino Symone de Lille eamden ecclesiam regente ac summan predictam eidem Joclantori singulis annis solvente, videlicet IX lib. gross.
Templarii habent in dicta parochia domum sive curtem, terras, decimas, prata, silvas, redditus justiciales, molendinum, pre dominium temporale.  Ite m in ipsa domo est una capella, in qua celebrantur ebdomada qualibet tres misse ad onus firmarii sive censitoris, de quibus bonis omnibus et singulis supradictis est censitor Judocus Crage, qui inde tenetur solvere singulis annis vint et 1111 scuta aurea de cugno domini nostri Regis, valentes ad monetam fland.

XXXII lib.  XVI s. gross."

Traduction

« L'église paroissiale de Saint-Léger ou la cure dont le possesseur est maître Jean Juclantor possède le tiers de la grosse dime de la paroisse, valant en revenus chaque année VI muids de blé (muid Tournaisis : 8360 litres ou 6270 kg).
 1 hl blé = 75 kg - 1 hl avoine =  55 kg - 1 hl seigle = 65 kg .
De même, elle possède VI bonniers (Tournai 7 ha 5 ou Lille 8 ha 5) de terre arable qui valent annuellement en revenus XXVII rasières de blé (Tournai 3135 litres ou 2351 kg; Lille 1894 litres ou 1420 kg) à savoir une quantité de VIII muids Ill rasières chacune (Tournai 10. 104 l. ou 7578 kg; Lille 6.102 l. ou 4576 kg) estimée à la somme de XVIII s. de Flandre.  C'est en tout VII lib VIII s VI deniers de gros.
De même, cette église possède toutes les menues dîmes de la paroisse représentant la somme de XXX lib. de Flandre.
De même sur une prairie CXV s. de Flandre.
De même en revenus VII chapons et VI rasières d'avoine (Tournai 1132 l. ou 623 kg; Lille 470 l. ou 259 kg); les chapons sont estimés à IV s. de Flandre et l'avoine à la somme de CXVIII s. fland.
De même elle possède sur les obits, les revenus et les casuels perçus dans l'enceinte de l'église Ill lib. gros.
La somme de toute la valeur de l'église elle-même en résidence XIII lib.  XVII s. XI d. de gros, mais cependant elle a valu les années écoulées en absence au même Juclantor, les surplus à Monsieur Symon de Lille régissant cette même église et acquittant la somme pré-dite au même Juclantor chaque année, à savoir IX lib. gros.
Les templiers possèdent en la dite paroisse une maison ou court, des terres, des dîmes, des prairies, des bois, des revenus de justice, un moulin, à cause du droit temporel.
De même dans cette demeure il y a une chapelle en laquelle sont célébrées chaque semaine 3 messes à la charge du fermier ou censier de tout cela, qui se nomme Judocus Crage, qui de ce fait est tenu de régler chaque année 24 écus d'or de la frappe de notre seigneur Roi, valant en monnaie de Flandre XXXII lib. (livres) XVI sous de gros."



Ferme Mauroy
Proetorium de Moroy, in paroecie de St-Legier 
( château de Mauroy ) 
( Dessin pour A. Sanderus - vers 1640). 
A l’avant-plan: la route actuelle venant de Dottignies n’existait pas. 
Mur d’enceinte de la ferme avec entrée surmontée d’une tour. 
A l’arrière-plan: l’Espierres. 

 

Ce qui reste du mur d’enceinte de la ferme du château Mauroy (route venant de Dottignies à Saint-Léger) ( dite ferme Slots ). 
Le millésime 1762 marque sans doute une transformation de la ferme.
 On remarque encore l’arcade qui était jadis surmontée d’une tour.
[ photo 2002 ]