La disparition de l'Ordre

L'Ordre du Temple fut aboli en 1312, par le roi de France Philippe-le-Bel et le pape Clément V qui, au rapport de Saint-Antonien, archevêque de Florence, faisait un scandaleux trafic des choses saintes.  Leurs richesses, leur indépendance et leur aurorité inspirèrent de la jalousie au roi qui obtint l'assentiment du pape.  Le concile de Vienne (Dauphiné) composé de plus de 300 évêques ne voulut point les condamner.  Saint-Foix dit que seulement deux ou trois voix s'élevèrent contre eux.  Clément, étonné de cette opposition, passa outre et les condamna d'autorité apostolique.

Le 13 octobre 1307, les Templiers de France furent arrêtés et jugés. Le grand maître de l'Ordre Jacques de Molai, fut sommé de répéter en public les aveux que la peur lui avait arrachés.  A noter qu'en 1306, il s'était opposé au projet de fusion avec les Hospitaliers, dont les biens étaient encore plus considérables.  L'avenir allait en décider autrement.  Il fut brûlé sur le terre-plein du Pont-Neuf, à la place où depuis s'élève la statue d'Henri IV.  Quelques jours avant, cinquante-quatre Templiers avaient subi le même supplice derrière l'abbaye St-Antoine à Paris; environnés de flammes, tous protestèrent de leur innocence jusqu'au dernier moment.

Néanmoins, les Templiers ne furent guère inquiétés en dehors du royaume de France.  Mieux, dans les limites mêmes du domaine royal, la contrée où l'Ordre était le plus riche et le plus puissant fut épargnée par les instructions de Philippe-le-Bel.  Il s'agissait du comté de Flandre qui avait été par ailleurs le berceau des Templiers en Occident.

A la suppression de l'Ordre des Templiers, le domaine de Saint-Léger passa, jusqu'à la Révolution française de 1789, aux chevaliers de Malte, héritiers du Temple par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et devint un membre de la commanderie de Haut-Avesnes.


L’entrée de la ferme du Temple. 
Elle est ornée d’un écusson taillé dans la pierre. 
Nous ne saurions dire si ces armes sont celles des Templiers ou des Chevaliers de Malte

Ainsi, lorsque fut dressé l'inventaire, vers 1370, Saint-Léger ( 80 bonniers de prés et terres arables ) et Cobrieux faisaient partie de ce baillage de Haut Avesnes, dans le diocèse d'Arras.

Cette commanderie comprenait outre les maisons de Godiempré et Lupcheu, « Hôpital ancien », celles du TEMPLE-lez-ARRAS, de HENIN-LIETARD, de SAINT-SAMSON de DOUAI, de la HAIE (Lomme) Lille, de SAINT-LEGER, toutes, jadis « Temple ancien ».

Le Temple de Saint-Léger avait aussi, dans ses dépendances, une maison à Anzegem, près d'Audenarde.  Elle en fut détachée en 1550 et réunie à la commanderie de Caestre.

Tant la maison de Saint-Léger que celle d'Anzegem avaient droit propre et entier de rendre la justice sur leurs domaines, elles présentaient aussi le caractère indiscutable d'exploitation agricole, les mêmes constatations peuvent être effectuées au sujet de la Maison de Pérenchie et Grand-Maisnil.

Le livre vert de 1373 (inventaire des biens de l'Hôpital Saint-Jean de Jérusalem, par ordre du pape Grégoire XI) donne la nomenclature des biens et revenus de ce qui était jadis au Temple, par diocèse :

« A Anseghien, y a maison et chapelle qui doit trois messes la sepmaine, et est des membres de Saint-Légier, et y appartient XVIII bouniers de terres arables, une petite disme à Russelende, une autre à Portes ( Ruien - Pottes ), X livres par an de rentes à Tournai, XVII rasières d'avoine aussi de rente, XXXVII chapons et autres menues rentes, c solz et VII bonniers de bos à Wastures »


La grange était un ancien grenier collectif, dont les dimensions originelles
étaient plus respectables que celles d’aujourd’hui. 
Lors des travaux effectués en 1919, on a découvert des fondations qui laissent supposer
que certains bâtiments ont disparu

Un inventaire du mobilier de l'église de Saint-Léger fut dressé le 26 octobre 1424.  Il s'exprimait ainsi :

« En la maison de Saint Légier et Ozenguien, que tient à présent à censse Estène de Raisse : en la cappelle dudit lieu de Saint-Légier, une pierre d'autel bénite, trois nappes d'autel, ung messel non complet sans notte, ung ornemens casuble, aube, amit, estole et fanon, uns corporaulx et le boursse, ung calice et platine de laiton doré avec une cuillière d'argent, deux buirette d'estaing, une petite cloquette et une grande, une crois de cuivre, deux ymages d'angles servant sur l'autel. »


Grange

Les Templiers modernes en coisade !