César Né en 1921 d’une famille modeste, dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille, César Baldaccini entra à l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille en 1935 et à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1943. Une période durant laquelle, par manque de moyens, il se frotta à la ferraille, aux restes d’usines, ces rebuts industriels qui furent déterminants dans son parcours, autant pour son travail direct du métal - très vite remarqué - que pour la préconception de ce qui fera sa renommée : la compression. Cet « âge du fer », particulièrement riche, sera suivi par des plâtres, des bronzes, des expérimentations de matières plastiques et synthétiques. De ses premières réalisations célèbres à ses compressions et « happenings » des années 60, César devint rapidement une vedette mondiale de l’art contemporain, distribuant des morceaux de ses coulées, représentant plusieurs fois la France à la Biennale de Venise, réalisant un monumental Centaure en hommage à Picasso. Sachant qu’il avait posé un geste provocateur en signant des compressions, il dira d’ailleurs: « La sculpture, ce n’est pas prendre un objet. J’appelle mes compressions des compressions, mes expansions des expansions. La Victoire de Villetaneuse, Ginette, l’Hommage à Léon, j’appelle ça des sculptures ». Mais au-delà de la figure marquante qu’il a laissé dans les médias, au-delà de son agrandissement de pouce gigantesque ou du célèbre trophée du cinéma, César fut avant tout un chercheur spontané, instinctif et enjoué. Au fil du temps, son travail grandit comme un axe incontournable de l’art du XXè siècle. A la fois démiurge fasciné par la matière et une certaine conception classique de la sculpture, à la fois avant-gardiste et metteur en scène de son propre rôle, César incarne une charnière, une dualité inhérente à son siècle. L’artiste ne peut être réduit aux seuls mouvements qu’il a accompagné, tel le Nouveau Réalisme (où l’on retrouvait Arman, Dufrêne, Hains, Klein, Tinguely). César est l’artiste protéiforme et généreux : le bon-vivant, l’homme passionné, l’ami sincère, le bricoleur génial, au meilleur sens du terme. Dessins, inventions quotidiennes, croquis du Centaure ou de son bestiaire, autoportraits, collages, combustions, expansions, sculptures ludiques ou plus élaborées, travaux en fer, en bronze, en plâtre, en carton ou en plastique ; photographies et vidéos : un portrait humain et nécessaire d’un travailleur hors du commun, à la fois fantasque et sérieux, dont l’agilité, le courage et le génie intuitif ont surpassé les catégories pour embrasser les multiples questionnements sur la démarche et l’avenir de la sculpture.
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Expansion Théière
Collection Jean Ferrero