Bouddhisme tibétain Le bouddhisme indien, ésotérique, fit son entrée au Tibet au milieu du VIIe siècle, sous le règne du premier roi historique Srong-btsan sgam-po (mort en 649) qui avait réuni tous les petits royaumes indépendants. Mais ce n’est qu’au milieu du VIIIe siècle, avec l’arrivée de Padmasambhava, le maître tantrique originaire de l’Inde, que le bouddhisme connut un grand épanouissement. De nombreux dieux, esprits et démons indigènes furent invoqués afin de protéger la doctrine bouddhique. Cette floraison allait de pair avec la fondation des premiers monastères et les échanges avec les universités bouddhiques de réputation internationale de Nâlandâ et de Vikramashîla, au Bihâr, dans le nord de l’Inde.Au IX° siècle, le bouddhisme connut une période de déclin au Tibet. Le roi Glang-dar-ma, adepte de la religion indigène bön, fit même persécuter les bouddhistes. Un nouvel épanouissement marqua les Xe et XIe siècles. La noblesse dirigeante envoya des Tibétains en Inde pour y acquérir des livres et inviter des maîtres qui firent des traductions de textes bouddhiques sacrés. Avec l’arrivée, en 1042, du maître mahâyâniste indien, Atîsha (982-1054), le bouddhisme prit l’allure d’une religion confirmée au Tibet. De nombreux monastères furent patronnés par des familles aisées et ils attirèrent les moines en grand nombre. Aux environs du XIVe siècle, les Tibétains traduisirent deux ouvrages importants de la littérature bouddhique: le Kanjur ou « Traduction de la Parole de Bouddha » et le Tenjur ou « Traduction de l’Enseignement de Bouddha ».
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Mandala d'Akshobhya
(le cercle est la représentation symbolique de l'univers)
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Amitâyns
Vie éternelleAu début du XVe siècle apparut l’ordre des Gelugpa. Le fondateur en était Tsong-kha-pa (1357-1419) qui réalisa de profondes réformes. L’ordre devint dominant à partir du XVIIe siècle. Au sein de cet ordre, le titre de dalaï-lama fut instauré en 1578 et, à partir du cinquième Dalaï-Lama (1617-1682) en 1642, il n’impliqua plus seulement le pouvoir religieux mais également l’autorité temporelle. Les monastères des Gelugpa devinrent les plus importants lieux de pèlerinage et de grands protecteurs de l’art tibétain. A partir du XIXe siècle, le bouddhisme tibétain fut également appelé lamaïsme en raison du rôle important joué par les lamas en tant que guides spirituels pour la transmission de la connaissance qui n’était acquise que par l’initiation. La doctrine fut aussi désignée sous le vocable de bouddhisme vajrayâna ou « Véhicule de Diamant » d’après le vajra, le « foudre-diamant », l’objet rituel qui joue un rôle prédominant dans le bouddhisme tantrique.
Panthéon
De toutes les religions, c’est le bouddhisme tibétain qui possède le plus large panthéon. Ce monde des dieux, apparence chaotique, est pourtant finalement bien ordonné. Aussi nombreuses que soient les différentes interprétations des ordres monastiques concernant les apparences, les noms et le nombre des divinités, l’ordonnance en est cependant établie. Dans le bouddhisme mahâyâna, la connaissance de la doctrine des Trois Corps de Bouddha, ou Trikâya, est iportante pour la méditation et l’interprétation de la structure d’une peinture tibétaine à enrouler (thang-ka). Ce sont le Dharmakâya, le Sambhogakâya et le Nirmânakâya.
Le Dharmakâya est le corps pur, éternel, omniscient de l’entité bouddhique, identifié à l’Adi-Bouddha ou Bouddha Suprême (thog-ma’i sangs-rgyas). Tous les bouddhas sont, de l’une ou l’autre manière, une émanation de ce Bouddha Suprême qui est l’essence de toute chose. Il créa les Cinq jina ou bouddhas transcendants qui sont des aspects de sa sagesse supérieure.Le Sambhogakâya est le corps céleste de béatitude où résident les bodhisattvas. Ils sont des émanations de ces bouddhas transcendants. Ils sont vêtus comme des princes.
Le Nirmânakâya est le corps temporel du monde dans lequel résident les bouddhas terrestres, ou manushibouddhas, parmi lesquels le Bouddha historique Shâkyamuni et Maitreya, le Bouddha du Futur. Dès lors, ils portent tous deux la robe monacale et sont pourvus de l’usnisha, de l’ûrnâ et les lobes des oreilles allongés.Les principaux ordres monastiques tibétains
L’ordre monastique le plus ancien est celui des Nyingmapa ( les Anciens ), appelé aussi ordre des Bonnets Rouges. Son fondateur, Padmasambhava, fut appelé par le roi au Tibet au milieu du VIIIe siècle. Il peut prendre huit apparences différentes, pas toutes paisibles, par lesquelles il sera vénéré comme un bouddha ou un bodhisattva. Ses adeptes accordent un intérêt tout particulier aux rituels magiques et aux pratiques mystiques introduits par Padmasambhava. Un de leurs monastères les plus connus est Samye.
L’ordre des Kagyupa fut fondé par Sgam-po-pa (1079-1153). Leur lignée de transmission remontait aux mahâsiddha les plus importants, comme Tilopa (928-1009), Nâropa (956-1040), Mar-pa (1012-1096) et Mi-la ras-pa (1040-1123), qui professèrent plusieurs enseignements tantriques de base. La principale école Kagyupa est l’école Karma Kagyu dont le maître spirituel est le karmapa, et elle a joué un rôle politique important aux XVIe et XVIIe siècles. Les monastères les plus connus sont Taglung et Tsurphu.
L’ordre des Sakyapa fut fondé en 1073 par Dkon-mchog rgyal-po au monastère Sakya. Cet ordre, qui attachait une grande importance à ses constructions et à ses cérémonies fastueuses, joua un rôle politique et religieux dominant au XIIIe et début XIVe siècle. Au XIe siècle, Brom-ston (1005-1064), élève du maître indien Atîsha (982-1054), fonda l’ordre des Kadampa. Son monastère le plus important était Ratreng érigé en 1056. Cet ordre fut particulièrement influent durant les XIe et XIIe siècles. Au début du XVe siècle, cette école fut absorbée par l’ordre des Gelugpa qui allait devenir l’ordre monastique dominant.
Le fondateur de l’ordre des Gelugpa est le réformateur bouddhiste Tsong-kha-pa. À partir de 1642, les moines allaient non seulement prendre la direction religieuse mais également politique du Tibet. Leurs dirigeants, les dalaï-lamas et les panchen-lamas, furent désignés sur base de la croyance en la réincarnation et de signes manifestes. Pour se distinguer des autres ordres monastiques, qui portaient un vêtement rouge, Tsong-kha-pa adopta la couleur jaune. Les monastères les plus importants sont Ganden, Drepung, Tashilhunpo siège des panchen-lamas, et Sera
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Guhyasamâja
Tantra de la Révélation du SecretPeinture d’un thang-ka
L’art de la peinture bouddhique tibétaine s’exprime dans des fresques, des manuscrits et des oeuvres à enrouler ou thang-ka. Ce sont ces dernières qui peuvent être considérées comme le fleuron de la peinture tibétaine. Le mot thang-ka signifie « ce que l’on enroule ». Il s’agit d’une peinture à enrouler réalisée sur coton, lin ou jute, beaucoup plus rarement sur soie. Plutôt que d’être peint, un thang-ka peut également être brodé ou fait par applications. La technique de réalisation d’un thang-ka est très ancienne et est restée pratiquement inchangée depuis des siècles. Au fil du temps, à l’exception de certains matériaux, les matières premières synthétiques ont remplacé les naturelles. A première vue, cette tradition artistique ne laisse que peu de place à la création personnelle et à l’originalité du peintre. La valeur artistique d’un thang-ka réside parfois dans la manière dont l’original d’un autre est copié le plus fidèlement possible. Malgré la rigueur des règles iconographiques, une certaine liberté d’expression est possible. Celle-ci se remarque dans les scènes narratives ou biographiques ou dans le rendu d’expressions, de paysages, de vêtements, d’éléments décoratifs ou de détails.
Les thang-ka et la religion
Le fait de peindre un thang-ka est un acte religieux qui, non seulement, accroît les mérites du commanditaire ou du croyant concerné, mais favorise également ceux du peintre. La peinture des yeux des personnages divins, par exemple, n’a lieu qu’au tout dernier moment, lorsque l’oeuvre est entièrement coloriée. Ce n’est qu’alors que cette opération cérémonielle se déroule, elle est appelée « l’ouverture des yeux » (spyan-dbye). C’est à ce moment que le peintre gagne aussi ses mérites personnels parce que ce n’est qu’à cet instant que les yeux des bouddhas et des bodhisattvas, par l’intermédiaire de sa peinture, entrent en contact avec les hommes. Le nombre des mérites est également augmenté par la quantité d’or utilisée. Les thang-ka sont réalisés sous la surveillance d’un lama et n’obtiennent de valeur religieuse et ne sont prêts à être utilisés à des fins rituelles qu’à l’issue d’une cérémonie de consécration spéciale (rab-gnas) au cours de laquelle des noms, des textes de louange ou des formules magiques (mantras) sont parfois inscrits sur le revers de la peinture, comme le célèbre Om mani padme hûm (« hommage au joyau dans le lotus »). Il y a parfois aussi des empreintes de mains d’un lama ce qui représente une consécration particulière. Des empreintes de mains et/ou de pieds dorées apposées sur l’avant d’un thang-ka sont excessivement rares.
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Le Premier Dalaï-Lama
Océan de Sagesse
1391-1475In :
* Exposition : « Art sacré du Tibet. Voyage avec Alexandra David-Néel »
Valenciennes – 2005
* « Art sacré du Tibet » par Miriam Lambrecht
Musée des Beaux-Arts de Valenciennes - 2005