Affiches et lithographie
Dans la période allant de 1796 à 1805, l’imprimeur praguois établi à Munich, Aloys Senefelder (1771-1834), inventa la lithographie (du grec lithos: pierre) ou "gravure à plat". L'incompatibilité entre la graisse et l'eau est la base de ce procédé: l'encre, corps gras, ne se dépose pas sur une surface humide mais est attirée par une surface grasse. En dessinant à l'encre ou au crayon gras directement sur la pierre, l'artiste graisse la pierre à certains endroits. Le thème terminé, il utilise divers produits (solution d'acide nitrique, gomme arabique, térébenthine) qui fixent le dessin gras d'une part, et obtiennent une meilleure hydrophilie des parties vierges d'autre part. Après nettoyage de la pierre à l'aide d'une éponge humide, on passe un rouleau encreur. L'encre adhère sur le dessin sans se déposer sur les parties vierges. Il ne reste alors plus qu'à passer une feuille de papier sur la pierre encrée pour imprimer le dessin.
Senefelder rechercha également un métal dont les propriétés seraient équivalentes à celles de la pierre. Après plusieurs essais, il retint le zinc. Les deux matériaux sont encore utilisés actuellement. Comme pour les autres procédés de gravure, il est nécessaire de dessiner autant de pierres ou de zincs que de couleurs. C'est la décomposition en couleurs.
Le comte de Lasteyrie, qui s'était initié dans l'atelier même de Senefelder, ouvrit une imprimerie lithographique en 1816 à Paris. Très vite, de nombreux artistes se sont intéressés au procédé qui leur permettait d'obtenir des effets nouveaux, beaucoup plus riches et rapides que la gravure à l'eau forte. Citons Goya, Gericault, Delacroix, Daumier, Toulouse-Lautrec, Steinlen…La plupart d'entre eux imprimaient leurs épreuves chez Joseph Lemercier qui avait ouvert la plus importante imprimerie litho de Paris en 1828. En 1830, Paris comportait 20 ateliers lithographiques employant 450 ouvriers. C'est en 1837, grâce à l'invention par Engelmann du cadre de repérage, que l'on put réaliser les premières impressions en couleur. Vers 1870, le gouvernement français déclara libre la profession d'imprimeur et c'est alors que l'on vit se répandre les machines semi-automatiques à cylindre construites par H. Voirin, Marinoni, Brisset qui supplantèrent les presses à bras vouées aux essais et aux reports.
![]()
Andalousie au temps des Maures
Exposition de 1900 à Paris
Grasset
Café Jacqmotte
- 1895
Toussaint
La Réforme
Le masque anarchiste
- 1895
Livemont