En tant que ville-frontière, Péruwelz connut quand même une certaine effervescence. L’émigration des familles françaises était signalée un peu partout, mais nulle part, elle ne fut aussi considérable qu’à Péruwelz. Les lundi et mardi 5 et 6 septembre 1870, ce fut une suite ininterrompue de voitures venant de Valenciennes et de Condé. Puis vint l’émigration beaucoup plus triste des familles villageoises de la frontière qui fuyaient l’invasion des Prussiens.1870... La guerre à nos frontières La France et l’Allemagne massèrent aux frontières belges plus d’un demi-million d’hommes décidés à envahir notre territoire si les circonstances et les nécessités de la guerre l’ordonnaient. Au début, le gouvernement ne put réunir qu’un faible contingent et ne put lui assurer un ravitaillement convenable. On s’est donc trouvé à un contre dix. Heureusement, les événements éloignèrent les belligérants et notre rôle se borna à la contemplation de l’affreux spectacle que produisit à diverses reprises le choc terrible de formidables armées.
Rien n’était aussi navrant que le spectacle de ces malheureux qui avaient dû tout quitter pour venir se réfugier sur notre sol hospitalier. Sur des chariots, sur des charrettes, on voyait entassés pêle-mêle, les femmes, les enfants, les meubles, les objets de ménage et de couchage, tout cela détrempé par une pluie battante. C’était à fendre le coeur et à maudire plus que jamais les horreurs de la guerre.Le 24 octobre 1870, l’escadron des gardes, cantonné à Leuze, arriva à Péruwelz pour s’y installer. Il était fort de 140 hommes. On avait transformé en écuries pour chevaux l’ancienne sucrerie de la Verrerie. Les guides firent des patrouilles vers Maubray et Péronnes-lez-Antoing où ils rejoignirent les patrouilles de Tournai et de Mons.
Le bruit courut à cette époque que les environs de la place de Condé allaient être inondés. Les habitants de Macou, hameau de Condé, fuyaient, dans la pensée que ce bourg allait être incendié. L’inondation de Condé devait s’étendre jusqu’en Belgique, notamment sur les territoires de Bernissart et de Blaton. Cette menace devait se réaliser et certaines localités belges y compâtir, notamment Bernissart et Hensies.Le 10 décembre 1870, à deux heures, arrivait à son tour, la 2e Compagnie du 4e Bataillon du 10e de Ligne, venant de Tournai à pied. Cette troupe avait pour mission de se mettre à la disposition du contrôleur des douanes, afin d’établir un cordon sanitaire sur la frontière, pour empêcher l’introduction de la peste bovine en Belgique.
On annonça le 29 janvier 1871, qu’entre la compagnie du 10e de Ligne, venue il y avait un mois pour seconder la douane dans son oeuvre de surveillance contre l’exportation des chassepots d’une part et l’importation de la peste bovine d’autre part, la ville avait reçu un renfort de garnison de 250 hommes du régiment des carabiniers et de 40 hommes environ du 3e régiment de Lanciers. Ces troupes qui faisaient partie de l’armée d’observation gardant la frontière française sur tout son parcours, avaient un service assez pénible pour les patrouilles, les reconnaissances, les postes avancés et autres qu’elles devaient fournir un peu dans toutes les directions et qui ne leur laissaient que peu de repos.Grâce à la Société des Six, la ville de Péruwelz avait été associée au noble mouvement charitable qui se propageait partout en Belgique pour venir en aide aux blessés français et allemands que les horreurs de la guerre avaient rejetés sur notre territoire.La guerre se termina. Notre territoire resta entier et inviolé. L’inquiétude disparut et la vie reprit normalement.
Quoique peu concerné par ces événements, il s’était créé une Société Philanthropique des Anciens Militaires ayant participé aux événements de la guerre franco-allemande de 1870-71 en Belgique. Elle donna une fête patriotique le dimanche 16 octobre 1898 et le général-major Boël, commandant la province de Hainaut lui remit un drapeau. Présidée par Duchesne et Blasin (secrétaire), son but était de supprimer le tirage au sort : les riches comme les pauvres devaient servir le pays en toute égalité.Se forma par la suite une Société Militaire de Secours Mutuel destinée à tous les militaires ayant servi sous Léopold I et Léopold II. Le local se trouvait au café de l’Union, rue de la Station à Péruwelz.