La vie en symbiose     

 

Depuis quelques années, je partage ma demeure avec une kyrielle de perroquets en tous genres. Celle-ci va crescendo de l’inséparable au cacatoès en passant par le gris du Gabon (communément appelé Jaco) au youyou du Sénégal. Une pièce en pleine lumière leur est réservée et ils y vivent dans des cages ou des volières. Au cours de la journée je fais sortir une partie d’entre eux afin qu’ils se dégourdissent les ailes. C’est un spectacle magnifique de les voir voler dans toute la maison. Tantôt de couleur blanche issue des plumes des cacatoès tantôt de la couleur irisée des amazones. Nous pourrions comparer ces vols aux splendeurs des spectacles de sons et lumières. Ils planent à certains moments et battent des ailes à d’autres, tout ceci dans un vacarme incessant de cris ou de sifflements. Toutefois nous profitons de quelques mélodies plus douces à nos oreilles.  

"Bea uty" et "Gastounet" les amazones, sont les premières arrivées dans ma demeure, j’ai eu un coup de foudre il y a quelques années pour leurs plumages colorés. Ils sont d’une douceur agréable et sont très câlins. Bizarrement je suis la seule à pouvoir m’en approcher. Souvent les perroquets n’ont qu’un maître et les amazones n’échappent pas à la règle. Le plus grand problème avec eux, sont leurs cris perçants. Mais j’ai trouvé la solution, je les vaporise d’eau tiède et comme ils adorent cela, ils ouvrent leurs ailes afin de bien s’humidifier. Ainsi le calme revient et tout le monde est content.

Ils vivent dans la même cage comme un vrai couple, ils se chamaillent, se gratouillent partagent leur nourriture et dorment toujours côte à côte  chaque nuit à la même place depuis des années.

Ils ne parlent pas, ils se contentent de siffler, imiter des sonneries et surtout des rires, ce qui amène une chaîne sans fin de fou rire et donne une bonne ambiance parmi la maisonnée.

La raison pour laquelle j’ai deux femelles, est la grande difficulté à reconnaître les mâles des femelles. Pour ce faire, il faut procéder à un « sexage ADN »  et leur arracher une plume afin d’analyser le sang contenu dans celle-ci. Une autre méthode consiste à endormir le perroquet (mais là, il y a un risque que l’animal ne se réveille pas ) pour faire une endoscopie. Je préfère de loin la première solution.

 

Le gris du Gabon nommé "Charlie" se contente de voyager sur sa cage et tente parfois de renverser celles de ses compagnons juste pour le plaisir. Je le soupçonne d’une pointe de jalousie, car il n’est pas le seul a recevoir mes attentions et mes câlins. Comme tous ceux de sa race, il aime à imiter nos voix ou les bruits environnants, ce qui me met parfois dans des situations comiques voire même embarrassantes. Je pourrais écrire un roman sur lui, mais je vais me contenter de quelques anecdotes qui prêtent à sourire:

Au cours des premières semaines qui suivirent sa venue, j’ai souvent entendu des bruits incongrus. Imiter le bruit des flatulences, était son but favori ! Imaginez-vous ma tête quand je me trouvais au téléphone. Comment faire comprendre à votre interlocuteur que c’est bien votre perroquet qui fait ce bruit et pas vous ? Heureusement, tout c’est toujours bien passé et depuis lors, il a perdu cette vilaine habitude !

Maintenant, il me fait souvent courir, en imitant la sonnerie du téléphone à la perfection ! Surtout quand je prends ma douche, eh oui c’est un petit malin ! D’autres fois, il s’amuse à faire le bip du micro-onde ou encore à appeler ma fille jusqu’à ce qu’elle montre le bout de son nez ! 

 

"Pepette" le cacatoès à huppe jaune, est le plus bruyant de tous, mais d’une gentillesse inégalable. C’est une grande boule de plumes adorable qui quémande des caresses à longueur de journée.

Je suis parfois obligée de le changer de pièce quand lui prend l’envie de faire des vocalises. Nous sommes obligés de crier pour nous faire entendre, il n’a pas son pareil pour monter dans les décibels. Malgré tout rien, ni personne ne pourra remplacer sa compagnie pleine d’affection et d’amour. Il est majestueux par moment et peut faire le pitre à d’autres.. Il joue à Tarzan avec sa corde en criant tant et plus, la tête à l’envers il se balance encore et encore. Son jeu favori est de faire tenir en équilibre sur sa nuque des noisettes, des amandes, des bouts de bois et même ses graines de tournesol soit tout ce qui lui tombe sous la patte. Résultat, il devient chauve pour un temps mais heureusement les plumes repoussent régulièrement.

 

"Channel" est un cacatoès Ducorps, c’est une des dernières arrivées. Elle ne mesure que 30 centimètres, c’est un des plus petits spécimens du genre. Pour des familles possédant des enfants, c’est le perroquet idéal, elle ne crie pas trop ni trop fort, elle vole avec élégance et légèreté. Sa tête est munie d’une houppette d’une couleur orange saumon qu’elle ne montre  que pour exprimer une émotion, comme le contentement, la peur, l’envie de caresses. Sinon elle paraît toute blanche avec juste un cercle bleu autour de ses yeux. "Channel" est le perroquet préféré de ma fille, elle est tellement douce et ses pincements sont à peine perceptibles et comme tout cacatoès elle est avide de caresses et de câlins.

Elle a pourtant ses défauts, quand on lui remplit son bol de graines le matin, elle a un malin plaisir à trier et jeter hors de sa cage toutes celles qui ne lui plaisent pas. Son autre défaut est d’attraper tout ce qui passe à proximité de sa cage, elle a déjà démoli quelques-uns de mes pulls ou t-shirts et pour lui faire lâcher prise, il faut une bonne dose de patience et parfois quelques réprimandes. Je dois dire que mes réprimandes doivent faire leurs effets, car elle s’empresse de recommencer deux secondes plus tard. Mais quand on aime, il faut faire des concessions dans tous les domaines ! 

 

Ensuite viennent les inséparables, ils sont quinze à vivre dans une volière qu’ils partagent  avec deux perruches ondulées l’une blanche et l’autre bleue ainsi qu’un Toui ( petit perroquet-perruche de couleur vert et bleu).

 

La volière mesure deux mètres de hauteur sur un mètre de large et un mètre cinquante de long. Des nids sont mis à leurs dispositions, il faut au minimum mettre deux  nichoirs par couple, les inséparables changent souvent de nid. Ils passent la majorité de leur temps à aménager ceux-ci, il faut mettre des morceaux de bois de sapin à leurs dispositions, pour qu’ils les réduisent en copeaux ou sciure dans leurs nids, des brins de noix de coco, des branches de millet et d’autres matériaux du genre. Ils leur arrivent  souvent de récupérer des plumes, voire même de s’en arracher pour rendre le nid le plus douillet possible.  

Leurs couleurs chatoyantes rendraient jaloux les peintres tant elles sont diversifiées, elles vont du vert foncé au bleu en passant par le jaune ou le blanc pour le corps du rouge vif au noir ou au gris pour la tête. 

Ces petits perroquets mesurent  en moyenne 12 centimètres, ils se reproduisent deux à trois fois par an. Dans la volière ils pondent entre deux et trois œufs mais peuvent aller jusqu’à cinq. Au bout d’une vingtaine de jours de couvaison, on peut admirer les bébés sortant de l’œuf. Il ne faut pas trop les déranger car il faut maintenir une certaine chaleur autour d’eux.  

Généralement je laisse les parents s’en occuper jusqu’à ce que les oisillons sortent du nid et se nourrissent par eux-même. Il est déjà arrivé que je sois obligée de prendre la relève quand les parents, trop jeunes, abandonnent leurs bébés, chose assez rare fort heureusement.

Dans ce cas j’ai aménagé un aquarium qui sert de couveuse, une lampe chauffante en grès suspendue  par-dessus garde une chaleur constante pour les bébés. Il faut prévoir un bol d’eau afin de préserver l’humidité pour ne pas dessécher la peau des bébés. Les oisillons  doivent être nourris toutes les deux heures, d’une pâtée spéciale à base de jaune d’œuf, de graines finement broyées, de vitamines, de calcium et sans oublier le pro-biotique, substance qui aide les oisillons à digérer, que l’on donne à l’aide d’une seringue. Normalement, vers  l’âge de 43 jours, ils sont autonomes et très attachés à leur « mère » nourricière. Le plus difficile est de se séparer d’une partie de cette progéniture, mais il faut faire un choix, on ne sait pas agrandir une maison à l’infini pour y mettre des cages !

 

J’espère vous avoir communiqué ma passion  tout au long de mon récit, le perroquet est un animal qui gagne à être connu. Surtout renseignez-vous avant l’achat de cet oiseau exotique. C’est  un animal de compagnie pendant une cinquantaine d’années voire plus, réfléchissez ce n’est pas un jouet et il déprimera s’il doit changer de maître. Ceci s’applique aussi aux autres animaux en général.

La relève est assurée par ma fille, elle les aime autant que moi, elle estime que ces animaux qui nous rendent un tant soit peu d’affection, méritent d’être pris en charge. Ainsi se transmet l’amour.

Amarange