Parti communiste de la région du Centre

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LE DRAPEAU ROUGE MAGAZINE (hebdomadaire édité par le Parti Communiste) n° 8,  du samedi 19 février 1966 titrait :

Un grand militant ouvrier disparaît. René Beelen, vice – président du Parti Communiste est mort.

Ci-dessous, la biographie de René Beelen, telle qu’elle était écrite en page 20 …

La mort a frappé René Beelen à la tribune d’un meeting ouvrier.

Né dans un quartier ouvrier de Paris en novembre 1913, il est mort mardi dernier à la tribune d’une assemblée ouvrière dans une usine de Moscou. Ainsi, de son premier à son dernier souffle, René Beelen aura vécu et vibré avec sa classe, cette classe ouvrière dont il fut dès sa prime jeunesse, un militant particulièrement enthousiaste et clairvoyant.

Où qu’il se trouvât, René Beelen était toujours avec les travailleurs dont il partageait les soucis et les expériences en pensant spécialement aux luttes et à l’avenir de notre mouvement ouvrier belge et particulièrement à ses camarades des usines liégeoises.

La mort de René Beelen est une perte immense pour le Parti communiste de Belgique dont il était vice – président et pour tout notre mouvement ouvrier. On a peine, en effet, à mesurer l’apport qu’il ne cessa de donner à l’élaboration d’une politique ouvrière active, démocratique, efficace et humaine.

C’était un grand militant ouvrier. C’était un homme juste, un homme de cœur.

René Beelen était né en 1913 à paris de père belge et d’une mère française. Son père était ouvrier mineur et émigra avant la guerre de 14 – 18. Il revint au pays en 1926. Il fut tué dans un accident de la mine au charbonnage du Bois d’Avroy en 1934.

Dès son retour en Belgique, Beelen, qui a 14 ans, entre dans les usines. Partout avec ses compagnons de travail, il lutte pour le salaire et très souvent dans les petites usines où il n’y a pas de syndicat, avec en retour le climat patronal. Il est chassé d’une usine à l’autre. Partout, il reprend la lutte. En 1930, il adhère aux Jeunesses Communistes. En 1936, il sera parmi les militants syndicaux de la région qui dirigent la lutte des travailleurs pour les congés payés et l’augmentation des salaires. Il en deviendra un des principaux artisans. En 1936 encore, il participe à l’union de la jeunesse communiste et de la jeune garde socialiste fondant ainsi les jeunes gardes socialistes unifiées qui joueront un grand rôle dans le développement de la lutte de la jeunesse contre le rexisme et pour la solidarité avec l’Espagne.

Au début de 1940, il travaille à Herstal mais, très rapidement recherché par l’occupant, il doit quitter son entreprise et partir dans la clandestinité. Il s’occupe alors des mouvements de jeunesse, puis devient un des dirigeants clandestins du parti communiste. Tout au long de la guerre, il organise la résistance. Il est arrêté en 1943 en compagnie de sa femme ; l’un et l’autre iront dans les camps de concentration.

A la fin de la guerre, rentré au pays, il est dirigeant du parti communiste dans la région du Borinage puis Huy et puis enfin à Liège. Il est élu au bureau du parti communiste en 1954 au congrès de Vilvorde.

On le retrouve dans tous les combats ouvriers ; non seulement en 1936, mais lors des grèves , en 1941, contre l’occupant, et aussi dans les grèves de 1950, au côté de Julien Lahaut.

Mil neuf cent cinquante et un le retrouve à la présidence de la Jeunesse Populaire de Belgique. Cela répondait à une aspiration de René Beelen. Le gouvernement avait imposé les 24 mois de service militaire et la lutte pour la paix allait prendre le caractère concret qu’affectionnait Beelen.

La jeunesse de notre pays lui doit d’avoir su, en dépit des difficultés de l’époque, animer la résistance aux 24 mois et en organisant l’action des jeunes préparer les conditions qui devaient permettre de revenir au service de 12 mois que nous  connaissons aujourd’hui.

Des manifestations de jeunes et de soldats bientôt appuyées par des grèves ouvrières forcèrent le gouvernement à la diminution du service militaire à 21 puis à 18 mois. Le chemin de la victoire était pris.

Mais notre Parti, encore, prisonnier des schémas préconçus, clamait à la ronde le mot d’ordre – juste certes mais pour l’avenir – du retour aux 12 mois au moment où les grèves se développaient pour les 18 mois. Cependant la réflexion faisait son chemin, la discussion se développait dans le Parti.

En juin 1954, René Beelen entrait au Bureau politique.

Un immense travail de correction commençait sous l’impulsion dynamique du camarade Beelen. Il fut véritablement l’animateur convaincant de l’effort de recherche, de discussion, de remise en cause des schémas sectaires.

C’est à Vilvorde que triompha la thèse de l’importance capitale de la FGTB dans le rassemblement de toutes les forces syndicales et ouvrières.

C’est à Vilvorde que triompha la thèse du respect complet, scrupuleux, de la solidarité syndicale, de la lutte pour sa démocratie interne la plus large. Les communistes devaient cesser d’être les censeurs omniscients, de se décréter l’avant – garde pour prendre leur place modestement aux côtés des autres militants ouvriers, entreprendre avec eux une discution patiente, lutter pour que souffle à l’intérieur des syndicats un vent nouveau de confiance dans la force ouvrière par le développement de leur démocratie interne.

C’est à Vilvorde que triompha la thèse de la nécessité pour les partis ouvriers d’être les porte – parole fidèles de la volonté non des minorités éclairées, mais des masses ouvrières s’exprimant dans les assemblées de syndiqués.

C’est à Vilvorde que triompha l’idée que les militants ouvriers y compris les communistes acquérant des mandats syndicaux doivent être les porte – parole de tous les syndiqués.

Cette ligne politique qui se dégage lentement parmi les communistes, qui gagne tous les secteurs de leur activité, on doit beaucoup à René Beelen d’en avoir frayé le chemin.

C’est une ligne de confiance inébranlable dans la classe ouvrière, dans son bon sens, dans sa capacité de rassembler toutes les forces ouvrières, populaires, démocratiques.

En 1960, il prend une part très large à la grève contre la loi unique ; au lendemain de celle – ci, au moment où le Mouvement Populaire Wallon se fonde, il participe à la lutte pour son organisation.

Il est un combattant de la Wallonie convaincu et chaque fois que le Mouvement Populaire Wallon l’appelle, il répond « présent » .

Il a été élu vice – président du parti communiste au congrès d’Anvers en 1963, et, enfin, il fut membre du conseil général du MPW.

La caractéristique essentielle de son activité fut une lutte passionnée pour l’unité ouvrière et syndicale. Pour donner aux syndicats la place qui leur revient dans la nation.