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Parlécrire, c'est ça!

C'est d'abord ne pas savoir jusqu'à ne plus soivoir. C'est ne laisser couler de soi que du vide et y noyer son trou. C'est nier qu'on a en nous ce trou, ce trou de mots, ou n'y voir que la mort. C'est d'abord ne plus faire ni aligner des bâtons, c'est d'abord un non.

A moins de cracher ces blessures qu'on nous a faites à la langue. A moins de saloper.

Et réveiller le stylet-plume.

Ecrire, c'est rassurer un espace, y enfourcher un objet, le cravacher dans les mots. Et passer la frontière.

C'est prendre le mot aux dents. Jusqu'à ce trou. Ecrire, c'est remplir les mots à son trou, les écritâter avec le plein de son trou. Son propre trou, et saloper le papier avec le sang coagulé sur son stylo.

Le beau vase de maman que j'ai cassé est devenu un objet quand j'ai reçu la baffe. Langue, objet fétiche qui nous colle au trou, trans-fer de langue même s'il rage! A califourchon sur les choses, on objaime et on objhait. Toi objet, moi sujet, nommé, modifié, toimoi obsujet, envoûté. Un corps murmure, une phrase. existe. Quelque chose commence.

C'est toujours la première fois, c'est toujours pour l'instant. Ecrire, c'est dépuceler les vies qui en soi choquent, y saisir des poussières, les coller sur des mots.

C'est plonger et éclater, seul. Avec l'écho d'un son. J'aimon, j'haïon, j'aimite! C'est le savoir avec le plein qui en soi blesse ou délice. C'est résonner unique dans ses champs d'univers.

Ecrire, c'est ça! Se désintextiquer! Sur ses bouts de vide, bégayer son désir. Bégayécrire. Ma grand-mère est méchanter... C'est parlécrire, écrirater, écriraturer des mots pour s'avoir. Loin les normes d'usure, loin le code de la joute polie des langues, qui nous ment sous serment, avec ses accents graves, qui nous fait bêtes à sang! Orreurtographe! Samanbète: juste autographe, psychographie correcte, et ma parole entre en écriture.

Ecrire, c'est peu français. C'est se triturgueuler le nombril qui nous démange le monde. Se le méta-phorer. Se le disptuer. C'est faire du cru, mais du fin, du cru qui compte. C'est se tiraillécrire entre le je et les us, entre le vide et le plein. C'est jouir de ses mottrippes et je me les paradoxe, et comme un oiseau butine et je te métonyme!

Tiens-me tu quand solitude? J'ai mal à l'écrit et c'est écrit. L'autre lit, touché dans sa chair. Ouvert et fermé, j'ai écrit. Sans savoir je sais. J'écris. Je détruis la voie royale des phrases lisses, je décroche mon wagon du long train des paroles vides. Mon savoir frétille. J'écrifouille des sentiers de sens. Je sue dans les mots, je jets dans la langue, je sue-jet, un texte naît. Cristal plein. A bon cueilleur... ça luit!

Ecrituriser, c'est ça!

C'est défier l'autre de s'écrire pour écrire. C'est lui donner un espace pour

d-écrire son je que jamais tu ne comprends. C'est bourrer d'objets cet espace, c'est jêtres à travers eux et chevaucher nos désirs à nous jeautres.

Ecrituriser, c'est ne plus se prendre pour le membre d'un autre. C'est le voir plein soleil, lui faire don de soi avant de ce qu'on sait, don de confiance avant que de grammaire.

C'est nous saisir de nos blessures, mettre en jeu nos croûtes et nos sèves enfouies, mêlées, pour recevoir les fonds noirs de ses écrits. Jusqu'à sa résistance. Jusqu'à ses fautes. C'est faire vibrer son écrit comme un do qui chante domisol.

L'écriturisation, c'est se trans-faire canal de lettres d'inconscient.

C'est entrer en spirale dans ces espaces de jécritautres, se personnâmiser et s'ouvrir pour sêtre mieux.

La parlécriture, c'est pas tout ça!

C'est un os par qui et par quoi on l'a dans l'os!

 

(Ecrire, c'est plagier! Ici, en tous cas, Jean-Pierre Verheggen, Henri Bauchau, les participants et formateur des ateliers de formation et d'écriturisation. Katia De Brabandere.)

 

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