Les cartes de Paul Nougé
| Un tas de cartes comportant des phrases. Il y a aussi des cartes blanches. Chacun tire une carte dans le tas S'il a carte blanche, |
Ci-dessous, les .
Plus bas, les 
| Carte blanche Café froid, café chaud, comment faire en ce jour si froid pour réchauffer un corps refroidi quoi qu'il en soit des curés de campagne au cur chaud? Que faire d'ailleurs des curés, puisque Dieu est mort ce matin dans la salle de bain entre midi et cinq heures? Qu'importe puisque la carte reste blanche et le thermos vide tandis que l'écriture ne sait plus si elle a encore quelque chose à dire, si elle a jamais eu quelque chose à dire, à moins que tantôt.
Les paroles de ta bouche sont douces, évidemment, c'est toujours ce' qu'on dit au début. Après ça change. Demande au curé de campagne. Il n'en sait rien, mais il t'en dira tout. Les paroles de ta bouche agacent, évidemment, c'est toujours ce qu'on dit après, après les paroles douces, les mêmes qu'agacent. Doux agace, agace doux, agaga doudoudou, c'est l'doudou, c'est l'doudoud. Doudoudou.
Le mur blanc devant moi à un mètre de mon visage, de mon nez, de mes yeux, obsédant, carrément blanc, pas un point de couleur, pas une ride, blanc, plus blanc que blanc, lessivé, délavé, javelisé, aseptisé, gratté. Tout ce blanc jusqu'à l'horreur. Un peu de nuit, s'il vous plaît je voudrais un peut de nuit dans cet aveuglement de clarté. Au secours! Donnez-moi mon noir quotidien.
L'on t'abandonne, plus rien on est, que I'on croit au début, ensuite, une renaissance plus belle que la première, la vraie, celle où l'on quitte le ventre de sa mère., on se découvre soi, non plus l'autre d'abord, mais la valeur de son soi primordial avant toute chose. Le rire sur tes lèvres revient à coup sûr, en s'accordant du temps, et une nouvelle vision de ce qu'on croyait être vrai.
Carte blanche Détourne, tourne, tourne-toi, tourne et vissée tourne et bride, tourne encore, joue détours.. Attends ton tour.
Froidure de l'automne, morsure du froid, perdu dans l'immensité désertique, entouré de glaciers, l'alpiniste progresse pas à pas. D'un pas monotone, rythmé par sa propre respiration, il s'avance vers le sommet. Arrivé au pied de la falaise il pourra reprendre son souffle, se réchauffer avant d'aborder dans un ultime effort l'escalade du dernier pic. Il est le premier, le seul à être venu jusque là. C'est un véritable exploit qu'il est en train d'accomplir mais à quel prix... C'est pour demain sans doute se dit-il après avoir reçu les premiers flocons... Aujourd'hui, c'est foutu... Je n'ai emporté avec moi que l'essentiel et si cette neige continue de tomber jusque je n'aurai sans doute pas la possibilité de poursuivre. Je dois vite m'abriter si je veux espérer essayer de continuer et simplement survivre... A la recherche d'une faille quelque part dans la falaise, il découvre une petite grotte bien protégée. Il se glisse rapidement dans son sac de couchage et s'endort profondément. Tout est perdu le lendemain matin lorsqu'il se réveille. Il est 4 heures du matin et l'ouverture de la grotte est à moitié obstruée par les congères. il est tombé plus d'un mètre de neige cette nuit et cela continue de plus belle. Il sait que tout est perdu et que même son retour sera très périlleux. Il est vraiment passé près de l'exploit mais continuer serait du suicide. C'était sans doute la dernière possibilité avant l'année prochaine. Les larmes lui viennent aux yeux. Dans la descente, il se retourne régulièrement pour voir la fin de son périple...
La nuit sans contour, le vide, le noir comme ma mémoire. Pourquoi ? Pour refouler quelque méchante chose que je veux oublier ou pour laisser place à tout ce qui peut me combler ? Je ne sais encore...
Carte blanche C'est à moi de voir. Lendemains gais ou noirs, c'est à moi de gérer la vie, le futur...
Carte blanche Fatalité, détresse, problèmes, non je n'en veux pas.
Ton corps déployé libre, tellement mobile et
animé. Tu roules, tu te mets en boule, tu t'étends à nouveau puis tu te relèves.
C'est la ville aux mille portes dans laquelle une
ribambelle de mille-pattes déambulent et distribuent mille et une nuit à qui veut en
prendre.
Au travers des fenêtres de sa cage, il voit passer des gens, petits, emmitouflés, riants, ... Ces passants qui le regardent, mais ne prêtent pas grande attention à la douleur qu'il vit, cette douleur qui se traduit dans son regard et que personne ne voit. En ce jour d'automne, une petite fille s'arrête, le regarde, voit ce regard et le réchauffe par ce sourire innocent. Les mains tendues de cette petite fille, vers la vitre, illuminent ce regard, qui se métamorphose. Un message passe : lui pour avoir été vu différemment, elle pour avoir apporté une lueur d'espoir, dans une vie bien triste. Mais moi qui suis là, moi qui le vois chaque jour,
trois fois par jour et qui regarde la scène.
Le vent sur toi me fait une impression bizarre. Je ne te reconnais pas, tu es toute cramoisie, échevelée, défaite, petite, enfin tu es laide. Moi par contre le vent me vivifie.
Mais moi qui suis /à dans cette rue, je cherche quoi? Au juste, je ne me souviens plus pourquoi je suis sorti de chez moi. Je m'arrête au coin de la chaussée et je réfléchis, mais oui bien sûr, je suis sorti pour
Carte blanche Blanche de Castille n'était pas toute blanche, il y avait dans sa vie des tas de blancs impossibles à vérifier. Son teint d'une blancheur de porcelaine faisait blêmir de jalousie toutes ces femmes perettes.
Carte blanche A la dernière minute, j'ai trouvé la réponse à la question. Mais il était trop tard pour répondre. Déjà, je vois l'examinateur, pincé, qui s'avance vers moi, prêt à arracher ma feuille. Et pourtant, je la connais la réponse. Ah. Quel malheur! Depuis le temps que j'étudie, c'est trop injuste.
Les couteaux luisent, la nuit des longs couteaux se prépare; que de sang va couler cette nuit! des têtes vont tomber...
Tes mains tendues vers le ciel, tu implores le
pardon et demande, implore... l'extrême onction.
Rien n'est perdu, rien n'est gagné, tout se mélange,
se transforme.
Détourne-toi du toi de toi quoi pois.
Le soleil s'est levé
Carte blanche, j'avais carte blanche, c'est la cheffe qui l'avait dit. OK, alors je décide de jeter le contenu de ce pot de peinture couleur cuisse de nymphe dans l'égout. Quelle idée de choisir une couleur pareille pour peindre des classes, franchement! Mais je pense au brave mons...
Le salut au drapeau, le salut éternel, le salut des
damnés de la terre... salut mon vieux!
Les paroles de ta bouche sont à ravaler tout de
suite.
Les couteaux luisent alors que la cuisinière
reluit des nuits de fêtes nuisibles au voisinage si néfaste, au nez ravagé de
névralgie.
Dans le passé de mes arrières pensées passent et
repassent les impasses de sa carapace.
A la dernière minute, mon teint culbute, la chute
est déroutée, je me permets de tout réfuter.
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