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Hommages - Poème de
Norman Rosten
Version française
du poème
de Norman Rosten |
| (ami du couple Marilyn-Miller) |
Qui a tué Norma Jean
?
Moi, dit la Ville.
C'était mon devoir civique.
J'ai tué Norma Jean.
Qui l'a vue mourir ?
Moi, dit la Nuit,
Et une lampe de chevet,
Nous l'avons vue mourir.
Qui en a volé le sang ?
Moi, dit le Fan,
J'ai petit à petit
Volé son sang.
Qui fera son linceul ?
Moi, dit son amant,
Pour dissimuler ma culpabilité,
Je ferai son linceul.
Qui creusera sa tombe ?
Le touriste viendra
Se joindre à la fête.
Il creusera sa tombe.
Qui seront les pleureurs ?
Nous qui la représentons
Et perdons nos dix pour cent.
Nous serons les pleureurs.
Qui portera le cordon du poêle ?
Nous, dit la Presse.
Dans la douleur et dans la détresse;
Nous porterons le cordon du Poêle.
Qui sonnera le glas ?
Moi, hurla la Mère
Enfermée dans sa tour.
Je sonnerai le glas.
Qui oubliera bientôt ?
Moi, dit la Une des journaux
Commençant à s'estomper.
Je serai la première à oublier.
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Impossible d'agréer l'entièreté de ce poème
; mais n'oublions pas que l'artiste qui
l'a écrit venait alors de perdre une fidèle
amie. Sa fille Patricia figurait d'ailleurs
sur le testament de Marilyn. En me situant
dans le temps, je pense que Rosten était
proche de la réalité. Néanmoins l'allusion
à Di Maggio ne me plaît pas trop, quant
à celle au touriste, elle est démentie depuis
longtemps.
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