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UN CADRE
LA NOUE (NOU)
Il s’agit d’une prairie pâturée en rotation par des Galloway* et située à l’est de l’étang. C’est un endroit très important au niveau des Orthoptères. Plusieurs éléments favorisent ce fait : une noue (mare), la lisière des bois, un talus de terre, une humidité permanente, des creux humides, une haie de saules, un ruisseau, … S’il y avait une zone à protéger dans la réserve cela devrait être celle-ci. La présence, en grand nombre, de Stethophyma grossum en est la preuve : le site est en parfait équilibre. De plus, nous y trouvons le Conocephalus dorsalis habitué des zones humides mais devenu assez rare étant donné la diminution de ce type de milieu. Les Tétrix sont par ailleurs nombreux sur les berges de la Noue. Le site est par ailleurs l’habitat de nombreuses Argiopes faciées (Argiope brunnechi). Cette zone se situe sur l’assise de Mariembourg constituée de schistes violacés, verts noduleux et de psammites. Les sols y sont argileux, la texture est lourde et le
drainage naturel déficient.
PRAIRIE SUD (PSU)
C’est une prairie fauchée tardivement (anciennement pâturée) et située sur la rive sud de l’étang. Il était intéressant pour moi d’y prospecter pour deux raisons : noter les espèces plus xérophiles (la prairie est orientée plein sud et assez pentue) et observer l’impact du tourisme sur les populations d’Orthoptères puisque cette zone est accessible au grand public. Au niveau des espèces, nous n’avons pas effectué de relevés exceptionnels : Chorthippus parallelus et Chrysochraon dispar assez communs, Tettigonia viridissima ce qui nous étonna quelque peu puisque cette dernière préfère les zones arbustives.
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PRE DE FAGNE COMMUNAL (PCO)
Il s’agit d’un fragment de prairie typique de la Fagne, d’où son nom ; ce milieu semi-naturel créé par le défrichement de la forêt primitive fut exploité par la suite comme pré de fauche. Le mode de gestion est toujours la fauche annuelle en fin d’été et en rotation ; celle-ci favorise la reconstitution d’associations végétales typiques de ces sols schisteux recouverts parfois d’eau. Des plantes comme la Succise des prés, la Molinie, la Salicaire et l’Angélique sur les parties inondées, y sont recensées.
Au niveau des Orthoptères, l’intérêt se trouve dans leur nombre. Que cela soit Pholidoptera griseoaptera, Chorthippus parallelus, Chrysochraon dispar, chaque espèce y est bien représentée. C’est l’ouverture du site qui y est intéressante.
PRE DE FAGNE CAILLEBOTIS (PCA)
Les remarques concernant le pré de Fagne communal sont aussi valables ici. On y retrouve cependant un gradient d’humidité plus grand étant donné la proximité et de la roselière et de la chênaie-charmaie. On retrouve de plus Tetrix subulata et undulata, Chorthippus montanus. Ces espèces sont très exigeantes en ce qui concerne leur biotope. Des litières, des roseaux en bons états sont autant de critères favorisant ces espèces. Parmi la flore présente, nous trouverons la Laîche jaune (Carex flava), le Cirse des marais (Cirsium palustre), l’Orchis tacheté (Dactylorhiza maculata), … Près de 25 espèces d’Odonates ont été signalées parmi lesquelles la Cordulie à deux taches (Epitheca bimaculata) et la Cordulie à taches jaunes (Somatochlora flavomaculata).
Des observations dans le bois de Blaimont ont également été réalisées (cf. Nemobius sylvestris).
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| UN
PROJET
Afin
de faciliter la vue d’ensemble de ce projet, nous allons reprendre pour trois
espèces le bilan et le projet. Un tableau-type sera construit de cette manière.
La totalité du projet est disponible dans les annexes.
Légende
RR, très rare ; R, rare ; AR, assez rare ; AC, assez
commun ; C, commun ; CC, très commun
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Espèce
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Bilan sur le site
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Statut en
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Hypothèse(s) explicative(s)
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Belgique
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Projet associé (+ : intéressant ; ++ important ; +++
indispensable)
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Remarque supplémentaire
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Chorthippus
montanus (Charpentier)
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Population assez restreinte, on la retrouve au Pré de Fagne et à la
Noue.
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AR
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Espèce rare en Fagne-Famenne ; on trouvera ce criquet sur les prés
à association Filipendulo-Epilobietum,
(Reine des prés, Laîches, Lotier, Menthe aquatique, …).
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Favoriser le pâturage extensif est une bonne chose. Les œufs ont besoin
d’une humidité permanente dans le sol ; les galloway créent des
petites dépressions remplies d’eau et indispensables à la ponte des
oeufs. +++
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Espèce très importante et exceptionnelle : à surveiller !
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Stethophyma
grossum (Linné)
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Présence exceptionnelle.
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AR
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Nous ne le retrouverons jamais que dans les prairies pâturées d’où
l’importance de ce moyen de gestion ! Il ne fréquente que les
prairies très humides. Le sol doit être gorgé d’eau une grande partie
de l’année.
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La situation actuelle de La Noue est idéale et ne devrait pas être
modifiée pour garantir la présence future de l’espèce. Pour éviter
un possible surpâturage local par les Galloways, modifier les zones témoins
en les agrandissant (au moins 4 fois) est indispensable pour garantir la
survie de l’espèce. +++
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Il serait bon de continuer à prospecter le pré de Fagne caillebotis en
cherchant encore le retour de cette espèce. Dans la nouvelle zone à
lagunage, l’espèce apparaîtra certainement. Une prospection dans la
« terre à litière » pourrait être utile (néanmoins pas de
résultats certains). A surveiller très attentivement !
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Intérêt du projet : ++
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CONCLUSION
De
toutes les espèces recensées, il faudra en retenir trois : Le Criquet
ensanglanté, le Criquet palustre et le Conocéphale des roseaux. Ces trois espèces
sont en régression certaine en Belgique et leur présence, parfois en grand
nombre, est signe de la bonne situation écologique des milieux de Virelles.
De
tous les milieux étudiés, il faudra en retenir un en particulier : La
Noue. Le site est formidable en ce qui concerne l’orthoptérofaune. Les espèces
précitées s’y trouve à profusion. On y observe quasiment toutes les espèces
présentes sur l’ensemble de la réserve. La mare y joue une grand rôle mais
c’est surtout le mélange de biotopes différents, la forêt, la mare, le pré
humide qui favorise cette situation. Une gestion par pâturage très extensif
est requis mais déjà appliqué. Un maintien des conditions actuelles est
vraiment souhaitable mais gageons que cela est déjà sur papier.
Un
seul bémol dans cette étude, c’est le pré de Fagne communal ; il mérite
une plus grande diversité d’Orthoptères. La sapinière toute proche venant
d’être abattue (janvier 2003), le site est en plus d’être plus ouvert,
plus humide ; c’est déjà une avancée par rapport à juillet 2002. En
plus, un lagunage, des mares devront être créés. On pourra constater sur cet
espace assez ouvert, l’apparition d’autres espèces telles que Metriopera roeselii, Metrioptera
brachyptera, Tetrix subulata et
undulata, Stethophyma grossum. C’est, nous pensons, un beau but en soi.
Nous
terminerons en disant que le site de Virelles, une fois de plus, n’a pas déçu.
Une espèce sur quatre d’Orthoptères belges s’y trouve. Sur ce plan
quelques efforts pourraient encore être menés mais la qualité des zones étudiées
prouve leur gestion très bonne. On sautera et chantera encore longtemps à
Virelles…
BIBLIOGRAPHIE
BELLMAN
(H.) et LUQUET (G.), 1995, Guide des Sauterelles, Criquets et Grillons
d’Europe occidentale, Delachaux et Niestlé, Lausanne (Suisse), pp 384.
CHINERY
(M.),1986, Insectes d’Europe en couleurs, Editions Bordas, Bruxelles
(Belgique), pp. 382.
COUVREUR
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Recherche de la Nature, des Forêts et du Bois, Gembloux (Belgique), pp. 296.
FABRE
(J-H.), 1989, Souvenirs entomologiques Tome II, Editions Robert Laffont, Paris
(France), pp. 800.
GILBERT
(Ch.), 2001, Evaluation des mesures de gestion sur la physionomie d’une roselière
à Phragmites australis en vue de la rectification du plan de gestion,
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HIDVEGI
(Fr.) et NOEL (L.), 2001, Virelles-Nature sous la loupe, Rixensart, pp. 44.
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national de Statistique, Ministère des affaires économiques, Chiffres-clés
2002 et aperçu statistique de la Belgique, Bruxelles, pp 38.
PHILIPPART
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site naturel de Virelles, 2ème édition, Liège (Belgique), pp. 192.
ROULLIEZ
(F.), 1995, Etude de la gestion des prés humides de la réserve de Virelles,
Travail de fin d’études.
STAVAUX
(B.), 1997, Virelles, la vidange 1996, rapport de stage, pp. 36.
SZPAJDEL (Ch.), 1993, Virelles :
le pré de Fagne et ses Coléoptères, rapport de stage, pp. 76.
ARTICLES DE REVUES
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2002, A la rencontre des Sauterelles, Criquets et Grillons, La gazette des
terriers CPN, pp. 52.
HOFMANS
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2ème trimestre, pp. 30.
PERCSY
(Ch.), ROMMES (J.) ; GOFFART (Ph.) et DEVRIESE (R.), 1998, Ils chantent,
ils sautent, qui sont-ils ?, Réserves naturelles magazine RNOB, N°2
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PHILIPPART (B.), 1992, Virelles,
un étang en voie de régénération, Tiré à part du bulletin d’AVES vol.
29, N°2, pp.48.
REFERENCES CARTOGRAPHIQUES
Carte géologique de wallonie
57/7-8, Chimay-Couvin. 1999,
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