RETOUR À LA PAGE PRINCIPALE

 

Archim. Grigorios D. Papathomas

Professeur de Droit Canon à l’Institut de Théologie Orthodoxe “Saint Serge” de Paris ;

Professeur Associé au “Programme Inter-Universitaire Européen de Formation doctorale en Droit ecclesiastique Socrates-Gratianus(Paris)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un Projet europÉen

 

pour l’avenir de la ThÉologie en Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A. Historique de cette initiative européenne

B. Perspectives – Constitution d’un “Forum des Facultés de Théologie orthodoxe” (EFOST)

C. Épilogue (Post-scriptum)

D. Appendices (3)

 

 

 

 

 

 

Colloque scientifique international (5-8 octobre 2005)

portant sur : « L’Institut “Saint Serge” hier et aujourd’hui »,

Institut de Théologie Orthodoxe “Saint Serge” à Paris

Paris, le 5.10.2005

Prof. Hdr. Archim. Grigorios D. Papathomas                 Paris, le 5 octobre 2005

 

 

 

 

 

Un projet européen

pour l’avenir de la Théologie en Europe

 

 

 

         Une nouvelle page s’ouvre pour la théologie, ainsi que pour l’éducation et l’enseignement théologiques. Pour la première fois, une ouverture s’est opérée en Europe, plus précisément dans cette Union européenne qui, une fois apparue sur la scène historique, s’est institutionnalisée il y a tout juste une dizaine d’années (1993). En effet, lors de la rentrée académique 2003-2004 (octobre 2003), la Commission Européenne s’est déclarée désireuse et intéressée d’instaurer une coopération institutionnelle plus élargie au niveau de l’enseignement supérieur universitaire avec toutes les Facultés de Théologie chrétienne d’Europe “de toute tendance” (catholiques, protestantes et orthodoxes), pour reprendre l’expression de la déclaration fondatrice (novembre 2003). Il est donc d’une extrême impor­tance d’accorder toute l’attention nécessaire à la nouvelle perspective qui s’es­quisse, étant donné que c’est notre présence théologique, notre éducation théo­lo­gique et notre témoignage théologique en Europe qui sont aujourd’hui en ques­tion.

 

* * * * *

 

         Remarquons avant tout que la récente adhésion de dix (10) nouveaux membres (1er mai 2004) à l’Europe des Quinze (15) marque l’avènement d’une nouvelle forme d’existence pour l’Union européenne, qu’elle transforme en une « Europe des 4 points cardinaux » et une « Europe des 5 mers ». Cet élargis­se­ment implique encore plus de pluralisme, plus de différence, mais proclame aussi l’acceptation définitive de l’altérité collective et culturelle. En effet, après plus de 50 ans d’un labeur acharné, difficile – mais couronné de succès – pour mettre en place l’infrastructure institutionnelle de cette nouvelle entité géopolitique qu’est l’Union européenne, une voie s’ouvre vers une relation institutionnelle plus précise et une coopération plus large avec les forces spirituelles de l’ « Europe des 25 ». De l’initiative de l’Union européenne, que nous détaillerons plus loin, émane une véritable volonté de coopérer avec les forces spirituelles présentes sur son territoire, sans le ressentiment d’éventuels conflits passés et sans nul parti pris.

 

         Dans un climat de confiance et de respect des particularités et de la diffé­rence, l’Union européenne, en l’occurrence la Commission, a exprimé récemment le désir d’inaugurer de nouvelles formes de coopération avec les Facultés de Théologie européennes, ainsi qu’avec toutes les universités dites “Universités de tendance”, placées sous le contrôle d’organismes ecclésiastiques, religieux ou autres. Il est évident que le contact et la coopération envisagés concernent le « devenir théologique » en Europe, dans la mesure où celle-ci fait preuve d’une volonté d’intégrer la théologie, la recherche en théologie et la vie théologique parmi les forces qui ont concouru et concourront encore à la construction de l’Europe unie. Il s’agit d’une initiative à long terme qui s’avèrera d’une im­por­tance capitale pour l’avenir de la théologie en Europe.

 

 

         A. Historique de cette initiative européenne

 

         À l’automne 2003, la Commission Européenne, en coopération avec le Centre Européen d’Université et de Recherche (Centro Europeo Università e Recerca – CEUR) siégeant à Milan, a élaboré un Projet concernant les “Univer­sités de tendance ” d’Europe. Elle a proposé un co-partenariat participatif, dans le cadre duquel : a) la Commission assumait la couverture financière du Projet, tandis que b) le CEUR se chargeait de sa mise en œuvre. Le CEUR a alors adressé un appel à 20 Facultés de Théologie d’Europe de l’Ouest (choisies sur le critère de la francophonie, afin de faciliter l’élaboration du Projet) pour les inviter à une journée de rencontre à Bruxelles et former un Comité directeur scienti­fique des Universitaires et des Spécialistes. Notre Institut de Théologie Ortho­doxe “Saint Serge” à Paris a reçu, le 22 novembre 2003, l’invitation adressée au Doyen Protopresbytre Boris Bobrinskoy. Jugeant souhaitable la participation de l’Institut à l’élaboration du Projet, le doyen a désigné un représentant de l’Institut en la personne de l’Archim. Grigorios Papathomas, professeur de l’Institut et spécialiste des questions européennes, qui, sur décision du Conseil des professeurs (procès-verbal du Conseil du 9 décembre 2003, p. 3), s’est rendu à la rencontre de Bruxelles, fixée au 26 janvier 2004. Voici le texte de l’invitation :

 

Lignes directrices du projet présenté par la Fondation « Centro Europeo Università e Ricerca » (CEUR) à la Commission Européenne qui a participé au financement

 

Les Universités « de tendance » pour l’Europe

 

         « Rôle et action des universités « de tendance », de toute orientation reli­gieuse ou philosophique, dans la diffusion, à travers l’enseignement supérieur, des valeurs et des sources éthiques et spi­ri­tuelles de la construction européenne (to­lérance, solidarité, pluralisme) ; intérêt particulier pour la diversité culturelle en pers­pective de l’élargissement de l’Union.

 

         » La première action consiste en une rencontre d’une journée entre des membres du Comité Scientifique et des experts, à Bruxelles en [26] janvier 2004.

         » Cette réunion a pour but de préparer une Conférence Européenne en dé­gageant des thèmes pour les relations et en préparant un Questionnaire sur l’acti­vité, l’organisation, et le type de reconnaissance de la part des organismes minis­tériels des Universités « de tendance » en Europe. La principale fiche du Ques­tion­naire concernera la diffusion, à travers l’enseignement supérieur et des initia­tives spécifiques, des valeurs fondatrices de la construction européenne (tolérance, solidarité, pluralisme).

         » Le Questionnaire sera diffusé au cours des mois suivants, et les résultats seront présentés à la Conférence Européenne. À la suite de la rencontre de pré­pa­ration, un forum des universités « de tendance » en Europe sera fondé, pour la diffusion des principes fondamentaux de la construction européenne, dans le but de créer une dynamique de réseau et une coordination.

         » Pour soutenir ces actions et renforcer le réseau, des instruments de com­munication on-line seront créés sur le site Internet du C.E.U.R. : www.ceur.it, où l’on pourra échanger informations et expériences concernant les initiatives de diffusion des principes fondamentaux de la construction européenne.

         » D’autres actions sont prévues, comme des visites de membres du Comité Scientifique et de Responsables du projet dans les universités « de tendance » en Europe, des contacts avec la Confé­rence Européenne des Recteurs (C.R.E.), ou avec les organisations qui développent une dynamique de réseau, à titre d’exem­ple la F.U.C.E.

         » En résumé, cette première phase a pour but de créer un réseau entre les universités à tendance de toute orientation religieuse ou philosophique, pour un dia­logue sur les initiatives de diffusion des principes fondamentaux de la cons­truction européenne.

         » La principale action consistera ensuite en une Conférence Européenne sur le titre du projet, qui se déroulera à Milan à l’Université Catholique en juillet 2004, durant trois jours. Environ 15 inter­venants sont prévus, dont 13 provenant des autres pays de l’Union et des pays candidats à l’entrée dans l’Union. L’invi­tation sera adressée à toutes les Universités « de tendance » de l’Union Euro­péenne et des pays candidats, de toute orientation religieuse ou philosophique.

         » La Conférence se propose, dans un climat de dialogue, de permettre un échange des expérien­ces entre les universités « de tendance » sur les initiatives visant à diffuser les valeurs et les sources éthiques et spirituelles de la construction européenne.

         » Elle se propose en outre de définir des lignes directrices pour une action commune permet­tant de diffuser ces valeurs.

         » Elle accordera une importance particulière au thème de la formation du personnel enseignant des écoles de tout ordre et de tout niveau et, en l’occur­rence, aux initiatives mettant en œuvre un réseau visant à diffuser dans les écoles les valeurs fondamentales de la construction européenne (par ex : supports infor­ma­tiques, manuel en réseau, etc.).

         » Les interventions faites au cours de la conférence devront tenir compte des travaux en cours du forum, et proposer des initiatives contribuant au principal objectif du projet. De ce point de vue, les sessions de travail, en se fondant sur les travaux déjà mis en œuvre par le forum, seront des sessions de programmation et de mise en réseau d’initiatives.

         » La Conférence devrait amener à l’élaboration d’un document commun et à la définition d’un programme de rencontres biennales des universités « de tendance » de toute orientation religieuse et philosophique, en signe des principes de tolérance, de solidarité et de pluralisme.

         » En outre, les actes de la Conférence seront publiés sur le site Internet, et son principal ré­sultat sera le lancement d’un forum permanent comme organe de mise en réseau, de propulsion et de coordination des initiatives pour la diffusion des valeurs fondamentales et des sources éthiques et spirituelles de la construction européenne ».

 

         Le lundi 26 janvier 2004, tous les représentants des Facultés et Universités de Théologie (sauf deux empêchés), ainsi que les spécialistes de la Commission et du CEUR désignés à cet effet, se sont réunis. Tous les participants ont constitué de plein droit le Comité directeur scientifique (CDS) qui, encadré de la Commis­sion et du CEUR, s’est attelé dès ce jour à la réalisation du Projet.

 

         Au cours de cette Journée, au terme de discussions approfondies, d’échan­ges d’idées et de propositions, il a été décidé :

1) d’instaurer une coopération institutionnelle avec les “Universités de tendance” et les Facultés de Théologie européennes.

2) de répertorier les “Universités de tendance” en activité sur le territoire euro­péen.

3) de mieux connaître les “Universités de tendance” et les Facultés de Théologie en leur proposant un Questionnaire qui, par la suite, serait préparé à cet effet.

4) de convoquer une Conférence européenne à Milan, les 3-5 septembre 2004, pendant laquelle seront traités les résultats du Questionnaire et prises les décisions quant à la marche à suivre ultérieurement.

 

         En pratique, de ces décisions ont résulté :

1) La constitution d’un Comité directeur scientifique (CDS) dans un climat de concertation et de réciprocité, vu que l’instauration de la coopération institution­nelle entre la Commission, d’une part, les “Universités de tendance” et les Fa­cul­tés de Théologie européennes, d’autre part, étant déjà un fait, il ne restait qu’à dé­fi­nir un programme concret.

 

2) L’enregistrement de toutes les “Universités de tendance” de l’Union Euro­péenne sur une liste exhaustive où seraient consignés le titre officiel, la spécialité, le siège administratif et social, le recteur et/ou le doyen de l’Université ou de la Faculté de Théologie, ainsi que l’“Église de référence”, nécessitait un travail pré­pa­ratoire. Or il s’agissait d’une action prioritaire et, pour la mettre en œuvre, il était besoin d’un Comité spécial de travail et d’enregistrement. Sur l’agenda de l’après-midi, pour réaliser ce projet de listage, le Comité directeur scientifique (CDS) a donc décidé la constitution d’un Comité exécutif (CE) interconfessionnel de cinq membres, dont la composition serait proportionnelle au nombre de d’“Universités de tendance” et de Facultés de Théologie européennes de chaque confession. Il a ainsi été décidé que ce Comité exécutif serait composé de cinq Professeurs, trois Catholiques, un Protestant et un Orthodoxe, lesquels seraient chargés de répertorier les “Universités de tendance” et les Facultés de Théologie de l’ « Europe des 25 » de leur champ confessionnel respectif, pour le compte de la Commission et sous le contrôle du Comité directeur scientifique (CDS). La suite de la séance et la structure des Comités constitués apparaissent sur le dia­gramme suivant :

 

 

 

 

 

 

         Les cinq membres du Comité exécutif (CE) proposés lors de la séance de l’après-midi, sont les suivants :

1. Giogio Feliciani, Vice-président du CEUR et Professeur de l’Université catholique de Milan,

2. Francesco Margiotta-Broglio, Professeur de l’Université de Florence,

3. Patrick Valdrini, Recteur de l’Institut Catholique de Paris,

4. André Birmelé, Doyen de la Faculté de Théologie protestante de l’Université Marc Bloch de Strasbourg,

5. Archim. Grigorios Papathomas, Professeur de l’Institut de Théologie Ortho­doxe “Saint Serge” à Paris.

 

         Ce Comité exécutif (CE) s’est vu donner un mois environ pour préparer les trois listes, puis les envoyer au CEUR qui, de son côté, devait envoyer le Questionnaire, préparé entre-temps, à toutes les “Universités de tendance” et Fa­cultés de Théologie de l’ « Europe des 25 ».

 

         En ce point de la séance, le membre orthodoxe du Comité exécutif (CE) a présenté une requête, à savoir s’il serait possible d’adjoindre aux Facultés de Thé­o­logie orthodoxe des 25 États membres celles des trois pays (Bulgarie, Rou­manie et Turquie) qui seraient intégrés en 2007 ; l’argument objectif mis en avant était qu’une tâche d’une telle originalité méritait d’être menée dans son ensemble, et non en deux phases (2004 et 2007) et que ce regroupement permettrait de préparer et de sensibiliser les Facultés de Théologie des pays en voie d’adhésion à l’effort européen commun et aux nouvelles formes de coopération. La majorité du Comité directeur scientifique (CDS) a d’abord répondu par la négative, en affirmant que l’organisation d’un tel Projet devait s’effectuer sur les données ins­ti­tutionnelles présentes, et non sur ce qui pourrait advenir dans le futur. La ques­tion a alors été débattue. Étant donné que, dans ces trois pays en voie d’adhésion, se trouvent un bon nombre de Facultés de Théologie orthodoxe (pour plus d’exactitude 21) qui, par le passé, ont affronté de graves difficultés face aux ré­gimes politiques d’Europe de l’Est, et que, par ailleurs, il s’agissait d’un Projet à long terme, le Comité directeur scientifique (CDS) a finalement décidé d’accepter d’incorporer ces Facultés aux listes et de coopérer avec elles sans nulle discrimi­na­tion ni traitement particulier.

 

         Cette décision était à la fois prometteuse pour l’avenir des Facultés ortho­doxes de Théologie d’Europe et révélatrices de la souplesse des institutions euro­pé­ennes et de la vision qui les anime. En ce point, il a été proposé d’intégrer la Suisse au Projet, étant donné qu’elle avait déjà développé des liens de coopération et d’échanges avec les Universités communautaires européennes. Ainsi, la liste des Facultés de Théologie orthodoxe comptait désormais 29 pays européens (25 + 3 + 1). Finalement, les listes ont été envoyées au CEUR en temps voulu (début mars 2004).

 

         3) Le Comité directeur scientifique (CDS) a élaboré un projet de Ques­tionnaire, qui devait être achevé jusqu’à ce que le Comité exécutif remette les trois listes (catholique, protestante, orthodoxe) à Gianfranco Rovati, Professeur de Sciences Sociales à l’Université catholique de Milan. Ce Questionnaire a été envoyé, en deux langues (anglais et français), à toutes les “Universités de ten­dance” et Facultés de Théologie de l’ « Europe des 25 », ainsi qu’aux établisse­ments des pays en voie d’adhésion (2007). Pour qu’on puisse se faire une idée plus précise de l’importance de l’opération, ce Questionnaire est inséré en annexe, à la fin du présent texte (Annexe 1).

 

         De plus, au moment où le CEUR envoyait le Questionnaire, il a été pro­posé de donner un délai de deux mois pour la réponse, à savoir jusqu’en juin 2004, afin que le professeur responsable de cette part du Projet, M. Gianfranco Rovati, puisse présenter, lors de la Conférence européenne de Milan, alors imminente, les fruits de cette recherche, ainsi que des résultats comparatifs. La tâche était loin d’être facile, car toutes les Facultés n’ont pas répondu (Facultés orthodoxes notamment) ou ont tardé à répondre, si bien que l’été a été tout juste suffisant pour mener à bien le traitement des résultats, qui nous ont été présentés lors de la Conférence européenne de Milan, en début septembre 2004.

 

         4) Lors de la Ière Conférence européenne de Milan sur les “Universités de tendance” et les Facultés de Théologie de l’ « Europe des 25 » (3-5 septembre 2004), les interventions ont été riches et variées, allant des plans d’avenir à l’existence institutionnelle et à la coopération des Facultés de Théologie en Europe (voir Annexe 2). Y ont participé des experts de la Commission et du CEUR, des “Universités de tendance” et des Facultés de Théologie, et assisté des re­présentants des Églises, des journalistes, des étudiants, etc. Le Programme comportait deux axes : a) La présentation des résultats comparatifs et les perspec­tives de coopération des Facultés de Théologie entre elles et avec l’Union euro­péenne, et b) la promotion et le développement du dialogue interchrétien et inter­re­ligieux. Certains moments de ces trois jours de rencontre sont également re­latés dans le « Texte final », inséré à la fin du présent texte (Annexe 3). Le Pro­gramme était en bref le suivant :

 

·        L’après-midi du vendredi 3 septembre, des communications introductives étaient présentées relatives aux “Universités de tendance” en Europe, le statut de leurs Professeurs ainsi que la reconnaissance des différents niveaux d’études. Le doyen de l’Université d’accueil a réalisé la communication inaugurale portant sur “Les Universités ‘de tendance’ en Europe”.

·        Pendant le matin et l’après-midi du samedi 4 septembre, deux Tables rondes ont été organisées afin de pouvoir discuter entre autres les résultats du Questionnaire envoyé aux différentes Facultés de Théologie et “Universités de tendance” de l’Europe avant l’été 2004. La première était consacrée à l’examen de l’espace qu’octroie la Commission Européenne à l’enseignement et aux initiatives des “Universités de tendance”. La seconde concernait la contribution des Facultés de Théologie et des “Universités de tendance” au dialogue interreligieux ainsi que les initiatives relatives aux valeurs de l’intégration européenne.

·        Durant la matinée du dimanche 5 septembre, des conclusions ont été proposées et discutées et l’on a tracé les axes principaux d’un document commun des “Universités de tendance” sur la politique à suivre et l’action à mener pour la diffusion des valeurs de l’intégration européenne (tolérance, solidarité, pluralisme).

 

         Ce qui, entre autres, était particulièrement intéressant est l’idée, formulée sous forme de vœu et de proposition, de créer trois collectivités représentatives visant, non seulement à préserver l’identité confessionnelle (acceptation de l’alté­rité confessionnelle), mais aussi à parvenir à une coopération interconfessionnelle (perspective de la communion ecclésiale). Les “Universités de tendance” catho­liques ont, depuis longtemps déjà, constitué une « Fédération des Universités Ca­tho­liques Européennes » (FUCE) – au sein de la « Fédération Internationale des Universités Catholiques » (FUIC) – et ont ainsi acquis l’expé­rience d’une coopé­ration interuniversitaire et intercatholique. Il restait aux Facultés de Théologie pro­tes­tante et orthodoxe à constituer une collectivité similaire (Fédération ou Forum) qui resserrera les liens des Facultés de Théologie entre elles, d’abord chacune au sein de sa propre famille, puis entre Facultés chrétien­nes. Enfin, il faut à présent noter que les Facultés de Théologie protestante affrontent quelques problèmes internes qui ne favorisent pas le développement d’un tel projet et que, par conséquent, un long chemin reste encore à parcourir. Par contre, le terrain est plus propice pour les Facultés de Théologie orthodoxe ; la situation a en effet mûri au point qu’il est possible d’envisager la constitution, non pas d’une Fédé­ration, mais plutôt d’un Forum, forme plus souple d’organe institutionnel collectif susceptible de répondre aux nouvelles revendications des temps modernes et de remplir une quadruple mission : intereuropéenne, interor­tho­doxe, interchré­tienne et interreligieuse.

 

 

         B. Perspectives – Constitution d’un Forum des Facultés de Théologie orthodoxe

 

         De tout ce qui précède, il ressort clairement que de nouvelles perspectives s’ouvrent pour la Théologie, les études de Théologie, la coopération théologique, ainsi que pour le dialogue interchrétien et interreligieux en Europe. Il suffit que les Facultés de Théologie profitent de la conjoncture, témoignent d’une volonté de coopérer et répondent à cet appel et à cet effort communs.

 

         C’est pourquoi, dans le sens des perspectives communes de la Conférence européenne de Milan, visions de revalorisation des études théologiques, de coopé­ration et de dialogue, nous avions proposé, entre autres, à Sofia (7-10-2004), la cons­titution d’un Forum européen des Facultés de Théologie orthodoxe. Ce Fo­rum serait chargé d’étudier et de traiter en temps utile les propositions d’infra­structure et de coopération européennes, en respectant les principes formulés dans la déclaration de Bologne (19-6-1999), relativement à l’éducation en Europe ; il tenterait d’instaurer une coopération et une communication théolo­giques interorthodoxes, une coopération théologique interchrétienne et contri­buerait au développement du dialogue interreligieux en Europe. Suite au petit travail préliminaire que nous avions déjà effectué et d’après les dossiers distribués pour chaque Faculté de Théologie, nous avions avancé une proposition concer­nant la structure, le fonctionnement et les perspectives de ce Forum Européen de Théologie Orthodoxe.

 

 

 

 

 

 

         Comme l’indique ce diagramme, apparaît, outre la proposition de constitu­tion d’un Forum, une proposition de structure de son organe administratif (Con­seil d’administration) dans laquelle sont définis les critères qui régiraient sa cons­titution – sans contrainte pour l’avenir bien entendu. Ces critères sont fondés sur la participation et la représentation. La composition quadriennale du Conseil, ainsi que le mandat également quadriennal de ses membres, dépendraient évidemment de la volonté de l’Assemblée Générale du Forum des Facultés de Théologie orthodoxe, qui se déroulera dans le cadre des Congrès internationaux des Fa­cultés de Théologie orthodoxe, qu’il a été décidé de convoquer tous les deux ans. Dans l’immédiat et pour la période quadriennale suivante, nous avions suggéré que le Conseil d’administration comprenne :

 

·        un représentant des pays à majorité orthodoxe, à savoir la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie (ensemble 3), du fait qu’ils comptent un nombre important de Facultés de Théologie. Les délégués de ces trois pays représenteront l’ensemble des Facultés de Théologie de leur pays respectif ;

·        comme 4e membre, le membre orthodoxe du Comité exécutif qui assurera la liaison entre le Forum et la Commission ;

·        et, comme 5e membre, le représentant du Centre de formation de Théologie orthodoxe de Bruxelles ; pour le fonctionnement optimal du Forum, nous avons proposé que son siège soit à Bruxelles, dans le Centre de Théologie même ; ce 5e membre serait le Secrétaire Général du Conseil d’administration du Forum.

 

         Enfin, nous avons suggéré que ce premier Conseil d’administration histo­rique travaille à la réalisation des objectifs à court et moyen terme suivants :

 

— L’organisation du Forum.

— La préparation de ses statuts, qu’il soumettra à l’approbation des autorités belges.

— La création d’un Web-site du Forum.

— Un contact le plus resserré possible entre Facultés de Théologie.

— La préparation d’une Assemblée Générale du Forum pour 2008.

— Une première tentative d’élaboration d’un programme d’études unique et commun pour toutes les Facultés de Théologie orthodoxe d’Europe, de sorte à rendre possible, en accord avec les principes du Traités de Bologne, la mobilité des étudiants et des enseignants entre Universités européennes.

 

         Voilà quelques données indicatives de la manière dont nous pourrions agir tous ensemble pour notre avenir théologique commun. Nous conclurons sur une brève constatation. Dorénavant, deux positions partagent le monde théologique : l’une choisit l’initiative, l’autre la réaction. La première caractérise l’esprit pérenne de la Théologie orthodoxe, tandis que la seconde est celle adoptée par la théologie confessionnelle, national(ist)e et fondamentaliste, celle qui opte pour la réaction à l’altérité. L’Église orthodoxe a développé le dialogue interreligieux (cf. dialogue de saint Jean Damascène [8e siècle][1], de saint Grégoire Palamas et de beaucoup d’autres [8e-14e siècle][2] avec les Musulmans) et le dialogue interchrétien (cf. proposition du Patriarcat Œcuménique dans les encycliques de 1902 et 1904, ainsi que, en 1920, sa proposition, capitale pour l’avenir du dia­logue, de former une « Société des Églises »). Il nous incombe, au niveau théo­lo­gique désormais, de prendre le relais et de poursuivre notre parcours théologique qui, bien entendu, a un point de départ, un cheminement et un but !... Il est certain que l’initiative européenne concernant la Théologie est en rapport, cons­ciem­ment ou inconsciemment, avec ce parcours…

 

 

 

         C. Épilogue (Post-scriptum)

 

         Les réflexions et les propositions exposées ci-dessus, présentées au cours de l’Assemblée plénière du VIe Congrès International des Facultés de Théologie or­tho­doxe, qui s’est tenu en Bulgarie, à Sofia (5-10 octobre 2004), ont été accep­tées lors de l’Assemblée électorale et constitutive du 7 octobre. Plus précisément, le Forum proposé a été institué sous la dénomination de « Forum Européen des Facultés de Théologie Orthodoxe » et le sigle de « E.F.O.S.T. » (European Forum of the Orthodox Schools of Theology). De plus, le Conseil d’administra­tion a été élu et les principes généraux de son existence et de ses actions futures ont été définis. Tout cela apparaît dans la « Résolution finale » du VIe Congrès International des Facultés de Théologie orthodoxe (voir Tome des Actes du Con­grès de Sofia), ainsi que dans l’un des communiqués de presse qu’il a publiés dans ce but, sous le titre suivant :

 

 

Sixth Congress of Higher Orthodox Theological Schools

Sofia, Bulgaria (5-10 October 2004)

 

 

 

COMMUNIQUÉ

 

 

         Suite à l’initiative de la Commission Européenne du 26 janvier 2004 con­cernant les “Universités ‘de tendance’ en Europe”, les Facultés de Théologie Ortho­doxe de l’Union Euro­pé­enne, à l’occasion du 6e Congrès International des Facultés de Théologie Orthodoxe du monde entier, qui s’est tenu à Sofia (5-10 octobre 2004), se sont réunies et ont décidé d’ins­ti­tuer un “European Forum of Orthodox Schools of Theology” (E.F.O.S.T.). Ce Forum, mis en place lors de l’Assemblée plénière du 7 octobre 2004 à l’unanimité et avec le consen­sus des autres Facultés de Théologie Orthodoxe non-européennes, aura comme but pri­nci­pal :

 

·        de renforcer la collaboration de toutes Facultés européennes de Théologie Orthodoxe entre elles à tous les niveaux de leur fonctionnement ;

·        de développer un réseau de relations et d’échanges avec les autres Universités ‘de ten­dan­ce’ de l’Union Européenne ;

·        de participer plus largement au dialogue interchrétien et interreligieux, qui est à ce jour en plein dé­veloppement et de l’inscrire dans la perspective de l’élargissement européen et de la société pluraliste des citoyens ;

·        d’inaugurer une collaboration permanente avec la Commission Européenne et les Institutions Européennes sur des questions d’Éducation de leur compé­tence.

 

         Ce Forum sera une Association éducative universitaire non lucrative et aura son siège social à Bruxelles.

         On a également procédé à l’élection d’un Conseil d’administration pour quatre ans (2004-2008), comme suit :

1. Président: Prof. Hdr. Archim. Grigorios Papathomas, Institut de Théologie Orthodo­xe “Saint Serge” de Paris (France) et Programme Interuniversitaire Eu­ro­péen de formation doctorale Socrates-Gratianus.

2. Vice-Président : Doyen Prof. Dr. Émile Traitchev, Faculté de Théologie “Saint Clé­ment” de l’Université de Sofia (Bulgarie).

3. Secrétaire Général : Directeur Prof. Christophe D’Aloisio, Centre de For­ma­tion de Théologie Orthodoxe de Bruxelles (Belgique).

4. Trésorier : Prof. Ass. Dr. Radu Preda, Faculté de Théologie Orthodoxe de Cluj-Napoca (Roumanie).

5. Membre : Doyen Prof. Dr. Christos Oikonomou, Faculté de Théologie Or­tho­doxe de l’Université Aristote de Thessalonique (Grèce).

 

         L’Assemblée constitutive de l’E.F.O.S.T. charge le Conseil d’administra­tion de procéder aux actions suivantes :

 

   Informer qui de droit de l’institution du Forum.

   Élaborer les statuts du Forum qui seront déposés auprès des institutions étatiques belges pour obtenir ainsi une base légale.

   Faire tous les efforts pour mettre en contact entre elles les Facultés europé­en­nes de Théologie Ortho­doxe (réunions, manifestations scientifiques, échan­ges, etc.) et pour les réunir en Assemblée Générale plénière en 2008.

   Réaliser au fur et à mesure les buts principaux de l’E.F.O.S.T..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                              Appendices

 

 

 

 

 

• Appendice 1 : Projet des Universités “à tendance” : Questionnaire

• Appendice 2 : Conférence internationale « Universités “à tendance” pour

                                                            l’Europe » (Milan, 3-5 septembre 2004)

• Appendice 3 : Document final de la Conférence de Milan

 

 

Appendice 1

 

 

 

PROJET DES UNIVERSITÉS “À TENDANCE”

Questionnaire

 

 

NA

Dénomination de l’Université (préciser)

 

………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………

 

 

EF

Organisme Fondateur (préciser)

 

………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………

 

 

code

Col.

NQ

Numéro du questionnaire

………

(1-3)

V1

Date de fondation de l’Université

………

(4-7)

 

 

 

Orientation dominante :

 

 

V2.1

Orientation dominante

 

 

 

-          Religieuse/confessionnelle

-          philosophique

-    autre

1

2

3

(8)

V2.2

Matrice religieuse/philosophique

 

 

 

-          Catholique

-     Orthodoxe

-          Autre dénomination chrétienne (*)   ………………….

………………………………………………………..

-          Juive                                              

-          Musulmane

-          Philosophique/non confessionnelle

-          Philanthropique

-          Autre (préciser) ……………………………………

………………………………………………………..

 

1

2

 

3

4

5

6

7

 

8

 

(9)

V3

Organismes de référence

 

 

 

-          Autorité confessionnelle  (préciser)   ………………..……….

…………….…………………………….….…………… ..…..

-          Organisme religieux  (préciser) ………………………………….

      ………………………………………………………………….

-          Association/organisation confessionnelle (préciser)

      ………………………………………………………………….

-          Association/organisation philosophique non confessionnelle (préciser) …………………………………………………….

      ………………………………………………………………….

-          Autre (préciser) ……………………..………………….……

………………………………………………………………….

 

 

1

 

2

 

3

 

 

4

 

5

 

(10)

V4

Participation à des réseaux universitaires européens

 

 

 

-          Conférence des Recteurs européens

-          Fédération des Universités Catholiques d’Europe

-          Autre (préciser) ………………………………………………

…………………………………………………………………..

1

2

 

3

 

(11)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

V5

Statut juridique dans la règlementation d’Etat

 

 

 

-          Personne morale

-          Organisme ecclésial

-          Fondation de droit privé

-          Fondation de droit public

-          Autre (préciser) …………………………………….

…………………………………………………………

 

1

2

3

4

 

5

(12)

 

Principales sources de financement (indiquer le pourcentage sur le total des financements)

 

 

V6.1

-     financements publics

……

(13)

V6.2

-          financements régionaux

……

(14)

V6.3

-          droits et cotisations des étudiants

……

(15)

V6.4

-          donations

……

(16)

V6.5

-          revenus du patrimoine

……

(17)

V6.6

-          financements de confessions religieuses

……

(18)

V6.7

-          financements d’organisations philosophiques

……

(19)

V6.8

-          financements de l’organisme fondateur

……

(20)

V6.9

-          Autre (préciser) ………………………………………

      …………………………………………………………..

 

……

 

(21)

 

-          TOTAL

100,0

 

 

Système de recrutement et statut des enseignants

 

 

 

V7

Recrutement et règlementation en vigueur

 

 

 

-          En tout point conforme à la réglementation en vigueur dans l’Etat d’appartenance, pour toutes les universités

1

(22)

 

-          En partie conforme à la réglementation en vigueur dans l’Etat d’appartenance, pour toutes les universités, avec quelques différences

 

 

2

 

 

-     Entièrement autonome 

3

 

 

  Type de recrutement  (indiquer le pourcentage sur le total)

 

 

V8.1

-          Concours public

……..

(23)

V8.2

-          Concours interne

……..

(24)

V8.3

-          Contrat

……..

(25)

V8.4

-          Sélection par avis de recrutement ou appel

……..

(26)

V8.5

-          Nomination (*) (en cas de réponse positive, passer à V.9)

……..

(27)

V8.6

-          Autre (préciser) ……………………………………..

      ………………………………………………………….

 

……..

(28)

 

TOTAL

100,0

 

V9

(*) Procédure de nomination des enseignants

 

 

 

-          accord de l’Autorité religieuse

-          accord de l’organisme fondateur/ de la confession religieuse/ de l’organisation philosophique

-          Autre (préciser) …………………………………….

…………………………………………………………

 

1

 

2

 

3

(29)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V10

Statut des enseignants et réglementation en vigueur

 

 

 

-          En tout point conforme à la réglementation en vigueur dans l’Etat d’appartenance, pour toutes les universités

 

1

(30)

 

-          En partie conforme à la réglementation en vigueur dans l’Etat d’appartenance, pour toutes les universités, avec quelques différences

 

 

2

 

 

-     Entièrement autonome 

3

 

 

 

 

 

 

Statut juridique des enseignants en service dans l’Université (indiquer le pourcentage sur le total)

 

 

V11.1

-          Poste fixe

……

(31)

V11.2

-          Contrat de droit privé à temps indéterminé

……

(32)

V11.3

-          Contrat de droit privé à temps déterminé

……

(33)

V11.4

-          Autre (préciser)

……

(34)

 

TOTAL

100,0

 

 

 

 

 

Choix des autorités universitaires (plusieurs choix possibles)

 

V12.1

-          Election directe de la part de tout le corps enseignant

1

(35)

V12.2

-          Election directe réservée à une partie du corps enseignant

1

(36)

V12.3

-          Nomination par l’Organisme Fondateur

1

(37)

V12.4

-          Nomination par l’Autorité religieuse

1

(38)

V12.5

-          Autre (préciser)  ……….…………………………….

.………………………………………………………….

 

1

 

(39)

V13

Valeur légale des diplômes d’études

 

 

 

-          conforme à la réglementation en vigueur pour toutes les universités

 

1

(40)

 

-          valeur légale reconnue par convention avec l’Etat

 

2

 

 

-          valeur légale reconnue par convention avec une autre université

 

 

 

-          valeur légale non reconnue

3

 

 

-          Autre (préciser) ………………………………………..

      ……………………………………………………………

 

4

 

 

Niveau des diplômes délivrés (plusieurs choix possibles)

 

 

V14.1

-          diplôme de premier degré (bachelor)

1

(41)

V14.2

-          diplôme de deuxième degré

1

(42)

V14.3

-          master de premier degré

1

(43)

V14.4

-          master de deuxième degré

1

(44)

V14.5

-          doctorat de recherche

1

(45)

V14.6

-          Autre (préciser) ……………………………..

1

(46)

 

Degré (supérieur, égal ou inférieur) d’autonomie par rapport à la réglementation en vigueur pour les autres universités ou facultés

 

V15.1

Autonomie de statut

 

 

 

-          supérieure

-          égale

-    inférieure

3

2

1

(47)


 

V15.2

Autonomie d’organisation et de gestion

 

 

 

-          supérieure

-          égale

-    inférieure

3

2

1

(48)

V15.3

Autonomie financière

 

 

 

-          supérieure

-          égale

-    inférieure

3

2

1

(49)

 

Espace consacré à l’intégration européenne et aux institutions communautaires dans les enseignements et les cursus d’études (études juridiques, politiques, économiques et historiques) (plusieurs réponses possibles)

 

V16.1

-          Enseignements spécifiques

1

(50)

V16.2

-          Cours de maîtrise

1

(51)

V16.3

-          Master/ Cours de perfectionnement

1

(52)

V16.4

-          Doctorats de recherche

1

(53)

V16.5

-          Départements/Centres de recherche

1

(54)

V16.6

-          Congrès périodiques

1

(55)

 

Principales initiatives pour la diffusion des valeurs fondatrices de la société européenne (pluralisme, tolérance, justice, société, solidarité et non-discrimination) (plusieurs réponses possibles)

(donner des exemples sur papier libre à joindre au questionnaire)

 

V17.1

-          Chaires spécifiques créées par l’Organisme Fondateur

1

(56)

V17.2

-          Chaires spécifiques (Action Jean Monnet, etc.)

1

(57)

V17.3

-          Congrès

1

(58)

V17.4

-          Conférences périodiques (journées universitaires, etc.)

1

(59)

V17.5

-          Activités de recherche

1

(60)

V17.6

-          Collection éditoriale

1

(61)

V17.7

-          Revues/ Publications spécifiques

1

(62)

V17.8

-          Autre (préciser) …………………………………..

……………………………………………………….

 

1

(63)

 

Eventuelles initiatives pour la formation et/ou la formation continue des enseignants des écoles de tous types et de tous niveaux sur des thèmes concernant l’intégration européenne. En particulier, initiatives pour la diffusion des valeurs fondatrices de la société européenne (donner des exemples sur papier libre à joindre au questionnaire)

 

V18.1

-          Cours/ Ecoles/Master de perfectionnement

1

(64)

V18.2

-          Congrès

1

(65)

V18.3

-          Activités de formation décentralisées

1

(66)

V18.4

-          Autre (préciser) …………………………………

……………………………………………………..

 

1

 

(67)

 

Contribution spécifique au dialogue interreligieux (plusieurs réponses possibles)

(donner des exemples sur papier libre à joindre au questionnaire)

 

V19.1

-          Cours de perfectionnement / Master /Doctorats

1

(68)

V19.2

-          Congrès

1

(69)

V19.3

-          Départements / Centres de recherche

1

(70)

V19.4

-          Publications/ Revues

1

(71)

V19.5

-          Autre (préciser) …………………………………………….

…………………………………………………………………

 

1

(72)


 

 

Suggestions pour une action commune des universités à tendance pour la diffusion des valeurs fondatrices de la société européenne  (plusieurs réponses possibles)

 

V20.1

-          Forum

1

(73)

V20.2

-          Consortium

1

(74)

V20.3

-          Rédaction de documents communs

1

(75)

V20.4

-          Revues /Publications périodiques

1

(76)

V20.5

-          Autre (préciser) ………………………………………..

……………………………………………………………

1

 

(77)

V21

Intérêt spécifique à participer à un réseau des universités à tendance pour l’échange d’informations et d’expériences

 

 

-          Elevé

-          Moyen

-     Faible

3

2

1

(78)

 

 

 

Joindre des documents de présentation de l’Université et, s’il y a lieu, des documents présentant les initiatives spécifiques pour :

1)      La diffusion des valeurs fondatrices de la société européenne

2)      Le dialogue interreligieux

 

 

MERCI DE VOTRE COLLABORATION

 

Appendice 2

 

 

 

Congrès International

Les Universités “à tendance” pour l’Europe

(Milan, 3-5 septembre 2004)

 

 

Langues officielles : italien, français et anglais

 

3 septembre 2004

 

15h00 Discours de bienvenue :

Luigi Caimi, Président de la Fondation C.E.U.R. ;

Harald Hartung, Direction générale de l’Éducation et de la Culture de la Commission Européenne ;

 

15h30 Ouverture des travaux :

Giorgio Feliciani, Université Catholique Sacro Cuore ;

 

15h45 Lorenzo Ornaghi, Recteur de l’Université Catholique Sacro Cuore, Les Universités à tendance aujourd’hui en Europe ;

 

16h30 François Delpérée, Université de Louvain, La condition juridique des Universités à tendance en Europe ;

 

17h45 Mario Napoli, Université Catholique Sacro Cuore, Le statut des professeurs dans les Universités à tendance ;

 

18h30 Conseil de l’Europe, La reconnaissance des diplômes d’études en Europe, en particulier dans les Universités à tendance.


 

4 septembre 2004

 

9h30 Table ronde sur la place consacrée à l’intégration et aux institutions européennes dans les enseignements et dans les cursus universitaires, et principales initiatives pour la diffusion des valeurs fondatrices de la société européenne.

 

Coordination : Patrick Valdrini, Institut Catholique de Paris

Interventions :

Giuseppe Dalla Torre, Recteur de l’Université Libre de Rome

Gyorgy Fodor, Recteur de l’Université Catholique Pazmany Peter Budapest ;

Manuel Braga da Cruz, Recteur de l’Université Catholique de Lisbonne ;

Javier Escriva-Ivars, Université Catholique espagnole de Navarre ;

 

15h00 Table ronde sur l’apport spécifique des Universités “à tendance” dans le dialogue interreligieux, et propositions pour une action commune pour la diffusion des valeurs fondatrices de la société européenne.

 

Coordination : Hervé Hasquin, Président de la Communauté Francophone de Belgique, Université Libre de Bruxelles ;

Interventions :

Adrian Loretan, Université de Luzern ;

Vincent Hanssens, Université de Louvain ;

Archim. Grigorios Papathomas, Institut de Théologie orthodoxe “Saint Serge” de Paris ;

Gianni Long, Président de la Fédération italienne des Églises Évangéliques.

 

17h-18h30 Discussion


 

5 septembre 2004

 

9h30 Session de Clôture

 

Flavio Pazer, Université de Rome, La formation des enseignants ;

Francesco Margiotta Broglio, Université de Florence, Présentation du projet de document commun des Universités à tendance ;

Sandro Gozi, Commission Européenne, Les perspectives de l’Union Européenne ;

Pietro Lorenzetti, Fondation C.E.U.R., Présentation du projet de Forum permanent des Universités à tendance ;

 

 

 

 

 

 

 

Groupe de travail pour la rédaction du document commun :

 

• Francesco Margiotta Broglio (coordinateur), Université de Florence,

• Rik Torfs, Université de Louvain,

• Archim. Grigorios Papathomas, Institut de Théologie orthodoxe “Saint Serge” de Paris,

• Patrick Valdrini, Institut Catholique de Paris,

• Gianni Long, Président de la Federation italienne des Églises Évangéliques,

• Michele Madonna (secrétaire), Université Catholique Sacro Cuore de Milan.

 

Appendice 3

 

Conférence Internationale “Les Universités de tendance pour l’Europe”

Milan, 3-5 septembre 2004

 

 

 

 

 

DOCUMENT FINAL

 

 

 

Les participants au Congrès International d’Études “Les Universités de tendance pour l’Europe” réunis à Milan le 5 septembre 2004,

 

AYANT À L’ESPRIT

- les articles pertinents du Traité constitutionnel de l’Union Européenne ;

- la Convention Européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

- la Déclaration de Bologne (19 juin 1999) ;

- la Déclaration de Eichstatt de la FUCE (mai 2004) ;

- la Déclaration n° 11, annexée à l’Acte final du Traité d’Amsterdam, par laquelle l’Union Européenne a reconnu explicitement qu’elle respecte et ne préjuge pas le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les Églises, les Associations ou Communautés religieuses et les organisations philosophiques et non confession­nelles ;

 

CONSIDÉRANT

- que, dans des circonstances particulières, une différence de traitement peut être justifiée lorsqu’une caractéristique liée à la religion ou aux convictions constitue une exigence professionnelle essentielle et déterminante (Directive 2000/78/CE du Conseil, 27 novembre 2000) ;

- que, dans cette perspective, les États membres peuvent maintenir ou prévoir des dispositions spécifiques sur les exigences professionnelles essentielles requises pour exercer des activités professionnelles liées à la religion ou aux convictions ;

- qu’une analyse comparative de la condition juridique des “Universités de ten­dan­ce” peut indiquer que les régimes existants dans tel ou tel État peuvent se ré­véler plus intéressants que ceux expérimentés ailleurs et que des modèles peuvent servir de référence ;

 

RAPPELLENT

- que les “Universités de tendance” sont un lieu traditionnel de formation et d’é­du­cation inscrit dans le passé éducatif européen (149 dont 30 sont représentées à ce Congrès ;

- que les “Universités de tendance” sont une des expressions significatives de la li­berté académique garantie par les Traités ;

- qu’elles rassemblent un nombre important d’enseignants et d’étudiants […] et qu’aussi elles ne représentent ni une réminiscence d’un passé dépassé, ni une ex­cen­tricité dans un paysage universitaire guidé par les impératifs de l’européanisa­tion et de la mondialisation ;

- qu’elles peuvent, par conséquent, jouer un rôle essentiel mis en valeur et renou­ve­lé dans une société multiculturelle et pluraliste grâce à l’équilibre, qui les carac­té­rise, entre l’identité et l’esprit d’ouverture dans une société moins homogène, mais fondée sur les valeurs communes qui sont à la base de la construction euro­péenne ;

- que dans cette direction les relations avec les autres Universités sont certaine­ment renforcées ;

- que le système des “Universités de tendance” peut favoriser l’intégration des mi­norités religieuses, philosophiques ou culturelles dans le paysage européen fon­dé sur les valeurs de l’Union ;

 

DEMANDENT À L’UNION EUROPÉENNE

de conserver et garantir le patrimoine représenté par les “Universités de tendan­ce” dans le cadre de la promotion du progrès scientifique et technique et du res­pect de la diversité culturelle et linguistique ;

 

INVITENT LES UNIVERSITÉS DE TENDANCE

- à promouvoir, dans l’esprit de l’article II-51 du Traité constitutionnel, le dialo­gue entre l’Union Européenne, les Églises et les organisations philosophiques ainsi que la recherche des convergences entre les religions et les convictions par l’en­sei­gne­ment de la philosophie, de la théologie, de l’histoire et des droits comparés des Re­ligions et par le biais d’un réseau stable entre les Universités intéressées ainsi que par le développement des Forums et des réseaux existants (p. ex. FUCE) ;

- à renforcer soit les enseignements spécifiques dans les domaines de compétence de l’Union Européenne, soit des enseignements généralistes sur l’héritage histori­que commun et sur les valeurs communes aux pays de l’Europe ;

- à faciliter l’intégration des Universités des pays de l’élargissement dans le systè­me universitaire européen et à aider par leur expérience ces établissements à ac­complir leur fonction d’éducation à l’esprit européen ;

- à continuer à renforcer l’héritage et l’identité de l’“Université européenne” face aux excès d’une formation basée exclusivement sur des relations impersonnelles et sur des technologies d’enseignement (e-learning) ;

- à contribuer à la création ou au renforcement d’une vraie communauté univer­si­taire européenne au-delà des frontières nationales, linguistiques, religieuses et phi­losophiques, dans le cadre d’une éducation de quantité qui encourage la coo­pé­ration entre États membres, tous en respectant pleinement la responsabilité des États membres de l’Union Européenne quant au contenu de l’enseignement et l’or­ganisation du système éducatif ainsi et dans le respect de leur diversité cultu­relle, religieuse et linguistique ;

- à développer la dimension européenne dans l’enseignement aussi bien par l’ap­prentissage et la diffusion des langues des États membres que par l’enseignement des matières “européennes” dans la formation universitaire de base ;

- à favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants en multipliant les pro­gram­mes Socrates et les chaires Jean Monnet ;

- à être très présentes dans les activités pédagogiques et scientifiques des Univer­si­tés en répondant, notamment eu égard aux impératifs du pluralisme, aux con­cep­tions de base de la construction européenne.

 

 



[1]     Voir Jean DamascÈne, Écrits sur l’Islam (Présentation, Commentaires et Traduction par Raymond Le Coz), Paris, éd. du Cerf (coll. Sources Chrétiennes, n° 383), 1992, 272 p.

[2]     Voir Adel-Théod. Khoury, Les Théologiens Byzantins et l’Islam. Textes et Auteurs (VIIIe - XIIIe siècles), Louvain-Paris, éd. Nauwelaerts-Béatrice/Nauwelaerts, 21969, 334 p.