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Période
de repos.
En général, les végétaux traversent
chaque année une période de repos, soit :
- la température s'abaisse pour suspendre toute croissance
de la végétation et produire le repos hivernal.
- la température s'élève amenant la sécheresse et le repos
estival.
La première cause prédomine dans les climats tempérés dont
la chaleur est trop faible pour la croissance des plantes.
La seconde cause se manifeste dans les contrées où
laugmentation de la chaleur est accompagnée d'une sécheresse.
De là cette double constatation :
- Le repos des orchidées dites tempérées, se produit par
un ralentissement progressif de la croissance, coïncidant
avec une température peu élevée, une radiation solaire moins
intense et une humidité très forte contre laquelle la plante
se protège en s'enfouissant dans le sol.
Par suite de
l'aridité du sol et de l'air, la végétation est suspendue, la
plante subit dès lors une période de repos, équivalent à nos
hivers, quoique de moindre durée. Celle-ci coïncide avec la
fin de la floraison ou de la croissance.
Des organes spéciaux
permettent de traverser cette période de repos. Ceux-ci sont très
caractéristiques dans le règne végétale et uniques pour la plupart
des orchidées épiphytes.
Ces organes ne
sont pas des tubercules ni des bulbes, mais bien des épaississements
de la pousse " pseudo-bulbes" permettant de supporter
sans aucun dommage cette cruciale période de repos.
II ne faut donc
pas s'étonner que le volume de celui-ci permet de déterminer
quelles sont les conditions d'existence de la plante (plus ils
sont importants, plus la période doit être prolongée et rigoureuse).
Durée et
époque du repos.
A l'exception
de quelques genres n'ayant pas de repos marqué tels que Ada, Cirrhopetalum,
Lycaste, Cochlioda, Paphiopedalum, Zygopetalum, Masdevallia, Ondotoglossum....,
toutes les orchidées se trouvent bien d'être tenues presque à
sec pendant une période variant de trois semaines à quelques mois.
La rigueur, la
durée et l'époque du repos sont physiologiquement déterminées
par les réserves emmagasinées dans les feuilles et les pseudo-bulbes.
La conduite de ces plantes pendant
le repos, réclame donc toute l'attention.
Rares
sont les orchidées qui, comme les Anguloa, les Batermania, les
Bifrenaria, les Bletia... perdent leurs feuilles et supportent
un repos très accentué de novembre à mars, ou comme les Pléione
ou les Calanthe au feuillage caduque qui peuvent passer le repos
dans un état de sécheresse absolue, à tel point que l'on peut
aisément les dépoter et les conserver dans un endroit sec.
Néanmoins, la plupart ne cessent pas de
vivre pendant cette période de repos, celui-ci n'étant que relatif.
Certaines
orchidées demandent un repos modéré, tels que Bartceria, Brassavola,
Brassia, Chysis mais d'autres un repos plus sévère.
Si elles ne croissent
plus d'une façon visible, il se fait néanmoins en elles un travail
considérable d'élaboration et d'assimilation, aussi est-il utile
de les surveiller afin que ce travail ne soit jamais interrompu.
Pour nombre d'orchidées,
il suffit, à l'époque du repos, de garder autour de la plante
une humidité constante afin d'empêcher le substrat de se dessécher
et les feuilles ainsi que les pseudo-bulbes de se rider.
Si les apports d'humidité sont
faits hors propos, la croissance repart avant la fin de
la période de repos, la plante émet des pousses malingres,
chétives et meurt prématurément.
Chez certaines orchidées
telles que Polyrhiza et Taeniophymmum, ce sont les racines qui
accomplissent les fonctions dévolues aux feuilles.
Aucune date fixe, uniforme, ne
peut être assignée pour le début du repos des orchidées,
chaque plante se charge d'indiquer celle qui lui convient.
Chez de nombreuses
orchidées, peu de temps après le développement des pseudo-bulbes,
la hampe florale apparaît, soit à la base pour les Odontoglossum,
soit au sommet comme les Cattleya. Les boutons formés, la croissance
foliaire se ralentit et s'arrête.
Pour certaine, la floraison a lieu, et une fois celle ci terminée,
la plante se met au repos, (Ada, Rodrigyezia, Lycaste, Oncidium,
Vanda et Odontoglossum).
Par contre, chez
d'autres, le développement s'arrête complètement après la formation
du pseudo-bulbe (Anguloa clowesii), le moment du repos est celui
qui sépare cette formation de la production du bourgeon accompagnant
celle des nouveaux pseudo-bulbes.
Dans un même genre, il peut y avoir
de grandes divergences quant au moment et à la durée du repos.
La plupart
des Odontoglossum sont constamment en végétation mais quelques-uns
demandent un repos plus sévère de septembre à mars.
Les Cattleya
présentent des différences plus considérables encore, en ce
sens que certaines espèces, à long pseudo-bulbes, ont deux périodes
de végétation (Cattleya guttata, harrisoniae, loddigesii), l'une
de mars à mai, l'autre de juillet à octobre. Chacune d'elles
se termine par l'apparition des fleurs disposées en grappe,
après quoi vient une période de repos de six à huit semaines.
Les orchidées
du groupe labiata n'ont qu'une courte période de végétation
et la floraison précède le repos. Ce même phénomène se produit
chez le genre Laelia tandis que certaines espèces tels que Laelia
anceps, automnalis et pumila fleurissent au moment ou leur repos
commence, d'autres telles que purpurea et tenebrosa ne fleurissent
quen mai, à la fin de la période du repos modérée mais
relativement longue.
Traitement pendant
le repos.
A ce moment dans nos serres, larrosage
sera limité ou suspendu parfois totalement.
Dans la culture
de quelques genres comme les Camarotis, Sarcochilus, il ne faudra
arroser que lorsque les feuilles se rident.
Pendant la période de repos, fait-il
suspendre les arrosages?
Tout est
fonction de la nature même du repos de la plante.
Celui-ci se produit-il
par suite d'une diminution de la température, comme c'est la
cas chez les orchidées indigènes alors les arrosages doivent
être suspendus, le substrat tenu dans un état de sécheresse
relative.
Sil sagit au
contraire d'orchidées tropicales, la privation d'eau ne doit
pas être absolue, des arrosages seront dispensés en petites
quantités tous les huit jours, car il ne faut pas perdre de
vue que ces périodes de repos correspondent aux journées les
plus chaudes des tropiques et que celles-ci sont brûlantes puis
suivies de nuits où la condensation et l'humidité se fait sous
forme de rosée.
Maintenir les rhizomes et les
pseudo-bulbes pleins et gonflés pendant la période de repos
sans exciter la végétation, telle est la règle.
Si les pseudo-bulbes
sont trop fortement ridés, la végétation de l'année suivante s'en
ressent, la plante est plus faible (sauf en ce qui concerne les
Dendrobium du type Nobile ou le repos doit être total).
Les orchidées
tropicales montagneuses, ont besoin d'un repos moins marqué.
Il ne se manifeste que par un léger ralentissement de la végétation
et il suffit dès lors de ralentir les arrosages.
Plus froide est
la région où vit l'orchidée, plus longue doit être la durée
de repos, ainsi les orchidées de serre froide seront gardées
à l'état de repos de quatre à cinq mois (octobre à avril), alors
que d'autres se contenteront de quelques semaines.
Les orchidées
qui sont pourvues d'une tige apparente (Epidendrum ciliare),
ne seront jamais privées d'arrosages, pour les plantes à petits
pseudo-bulbes et à pseudo-bulbes charnus, ils réclament des
traitements différents. L'humidité de la serre sera suffisante,
tout au plus un bassinage sera le bienvenu, chez elles, le repos
se produit après formation du pseudo-bulbe, il y a un temps
d'arrêt indiqué soit par la chute des feuilles, soit par la
fin de la floraison, soit par la cessation des phénomènes de
croissance. Le pseudo-bulbe achève sa maturation et se colore
plus vivement.
Les orchidées
à feuilles charnues (Oncidiums splendidum et Epidendrum falcatum)
demandent une longue période de repos ainsi que les orchidées
à gros pseudo-bulbes (Marmonde et Catasetum).
Par contre, la
végétation chez d'autres semble toujours active, et il n'y a
pas de période de repos (Vanda tricolor, Masdevallia et Ondotoglossum).
Fin de la période
de repos.
La fin de la période de repos
ne doit pas obéir à un schéma.
La fin de la période
de repos, indique le début de la croissance et coïncide avec notre
printemps, Il ne faut pas recommencer à arroser avant que la nouvelle
pousse devienne active (orchidée sympodiale) ou que de nouvelles
feuilles émergent de l'apex ou encore que les plantes émettent
de nouvelles racines (orchidée monopodiales).
En fait, la période
de repos est étroitement liée avec l'environnement immédiat
de la plante cest à dire le climat journalier (alternance
du jour et de la nuit), des saisons et des conditions d'existence
dans les aires géographiques.
Ces aires sont reparties en zones climatiques:
a)
Zone Hyper Tropicale
Grâce aux précipitations,
il n'y a pas ou peu de sécheresse et les périodes calmes après
la végétation ou la floraison ne sont pas induites par le climat
mais sont de nature tout à fait individuelle.
L'écart entre
les températures diurnes et nocturnes peut atteindre les 10°C,
mais il est bien inférieur à celui enregistré dans les zones
tropicales.
Au cours des
variations (sécheresse humidité), une grande partie de l'humidité
s'évapore ou est emmagasinée par la plante.
C'est la zone
la moins riche en orchidées, mais l'on y trouve d'importantes
espèces des genres Phalaenopsis, Cymbidium, Oncidium ...
b)
Zone Tropicale
Les conditions d'existence
sont fonctions des précipitations, la forêt
ombrophile sempervirente(1) cesse là où la moyenne annuelle
des précipitations est inférieure à 2.500 mm d'eau et est remplacée
par les forêts sempervirentes saisonnières
(2)(seule la canopée perd ses feuilles) puis par des forêts semi-caducifoliées
(défoliations en période de sécheresse), ensuite par les savanes
constituées de prairies entrecoupées de forêts semi-caducifoliées
se transformant en fourrés.
Mais à l'intérieur
de celles-ci, il y a des différences quant au climat et à la
végétation. Les températures nocturnes sont beaucoup plus basses
que les diurnes, l'ensoleillement y est plus intense en période
de sécheresse que pendant la période des pluies.
Les orchidées s'y adaptent de différentes
façons:
Par la
présence de pseudo-bulbes bien développés emmagasinant les réserves
nutritives.
Par la présence
de feuilles épaisses, et dune surface foliaire réduite
ou en diminuant l'évaporation par la perte des feuilles au début
de la saison sèche.
Pour les orchidées
terrestres, elles survivent sous forme de rhizomes ou bulbes.
Les genres qui
y poussent, requièrent une période de repos prolongé et sévère
(Dendrobium, Eria, Epidendrum, Lycaste etc...).
c)
Zone Montagneuse Tropicale
Dans ces aires,
le rythme des saisons est le même qu'en plaine.
Les forêts brumeuses,
toujours humides, situées au niveau des nuages, sont très riches
en espèces mais doivent supporter des écarts extrêmes. Les températures
nocturnes y sont très basses, les températures diurnes, par
contre, très intenses.
Néanmoins, la
période de repos est moins accusée et dure moins longtemps que
dans les zones des forêts verdoyantes mais elle est plus marquée
que dans la forêt des plaines (Masdevallia, Pleione, Coelogyne,
Cymbidium, Odontoglossum ...).
Cette notion de repos est une
caractéristique essentielle dans la culture des orchidées,
c'est cette période qui conditionne la croissance et la
floraison.
Bien sûr il n'y a pas que le repos
qui intervient, d'autres facteurs tout aussi importants
entrent en ligne de compte, et c'est évidemment l'ensemble
de ces facteurs, qui influence favorablement l'état de l
orchidée.
Avec l'autorisation de Monsieur R. Van Nerum
(1)
Elle occupe les zones équatoriales où la pluviosité est à la
fois forte (plus de 1 000 mm par an) et bien répartie (moins de
trois mois secs, cest-à-dire recevant moins de 100 mm de
pluies).
La terminologie est multiple : forêt dense humide, forêt vierge,
forêt pluviale. Elle est toujours verdoyante, en labsence
de rythme saisonnier marqué, la chute des feuilles des espèces
à feuilles caduques survient, brièvement, à des moments différents.
(2)
Ces forêts tropicales, particulièrement les forêts tropicales
humides (forêt sempervirente), sont caractérisées par la luxuriance
de leur végétation dans laquelle se superposent une série de strates
, les arbres les plus hauts peuvent dépasser 50 m. La respiration
de ces végétaux est intense, par suite de la température constamment
élevée, même la nuit.
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Cette page à
été réalisée par Jean-Pierre
Delwart
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