Les cinq Dhyanis Bouddhas
Sources :
http://www.centrebouddhisteparis.org

http://french.tsl.org/enseignements/maitres/dhyani
http://www.dhagpo-kagyu.org/france/index.htm
http://www.karmapa-europe.net
http://www.yogi-ling.net
"Enseignement du Bardo", Lama Lodreu, © 1998 Ed. Yogi-Ling
"Les secrets de la méditation", Thomas Cleary © 1998 Ed. J-C Lattès
"Mudras, l'art de la gestuelle spirituelle", Ingrid Ramm-Bronwitt, © 2004 Dangles Editions
"Tchnènrézi, clés pour la méditation des divinités"
, Bokar Rimpotché, © 1999 Ed. Claire Lumière

 

Sommaire

1. La Bodhi
L'aspect cognitif de la bodhi
L'aspect volitionnel de la bodhi
L'aspect émotionnel de la bodhi
Les trois corps du bouddha

2.
Le mandala des cinq Bouddhas
——Vairocana
——Aksobhya
——Ratnasambhava
——Amitabha
——Amoghasiddhi
Bouddhas « masculins » et « féminins ».
——Akasadhatesvari
——
Locana
——
Mamaki
——
Pandaravasini
——
Tara
Les Bouddhas courroucés

——Vairocana——
Energie Bouddha

Au centre du mandala, de couleur blanche

Littéralement, le nom de Vairocana signifie « l'Illuminateur », « Celui qui est comme le Soleil », « Le Radieux », « Le Resplendissant », celui qui diffuse rayonnement et lumière. Le nom Vairocana était à l'origine, aux temps védiques, une épithète du soleil. Au Japon, où s'étendit le culte de Vairocana, il est généralement connu sous le nom de « Grand Bouddha Solaire » : il est une espèce de soleil de l'univers spirituel.
Le bouddha Vairocana enlace sa parèdre Yingtchokma (en tibétain), Akasadhatesvari (en sanscrit) Son nom signifie « la Dame Souveraine de la Sphère de l'Espace Infini » Elle représente une réceptivité spirituelle infinie ; l'espace infini au travers duquel passent les rayons de la lumière de Vairocana.
Il règne sur l'élément de l'éther ou espace Il est lié à la qualité fraîche et vaste du ciel. Il est calme et stable.

Vairocana est d'un blanc brillant ; pure lumière de la conscience, c'est de lui que procèdent les autres Bouddhas. Dans le Tantra, le blanc est la couleur de l'Absolu et la couleur de la centralité. (*)
Sa couleur est parfois interverti avec celle de la famille de l'Est, le bleu. On dit alors que son corps est de couleur blanche, mais une très brillante lumière bleue émane du coeur de Vairocana. Cette lumière bleue très brillante de l'aspect pur de l'élément espace, est l'essence de la sagesse de la Sphère du Dharma (sct. Dharmadhatu)
Vairocana est l'aspect pur du skandha (agrégat) de la conscience. Dans certains systèmes, il est associé au skandha de la forme. Cette permutation peut s'expliquer par le passage du sutra de Vairocana (*)
Sa sagesse est la Sagesse du Dharmadhatu, la Sagesse de l'Espace-en-Soi...
Le Dharmadhatu est le Royaume de la Vérité, dans lequel toutes choses existent telles qu'elles sont réellement. La sagesse de Vairocana fait aussi référence à la Sagesse Qui Pénètre Tout du Dharmakaya. La sagesse transcendante de Vairocana révèle le royaume de la plus haute réalité et surmonte le poison de l'ignorance ou de l'illusion.
Sa sagesse est considérée comme l'origine ou la totalité de toutes les sagesses des Dhyanis Bouddhas. Dans le bouddhisme de l'Ornementation Fleurie, Vairocana est la personnalité transcandante du Bouddha historique et aussi une représentation de l'éternelle illumination de la bouddhéité.
A cause des tendances habituelles de l'ignorance délibérée et des émotions perturbatrices accumulées dans les vies passées, la lumière bleue apparaît comme effrayante, et l'être du bardo est attiré par une lumière blanche terne (royaume des devas*)

L'aspect d'Éveil de l'énergie Bouddha ; C'est une vigilance panoramique sans vertige, une omniprésence. L'espace n'a ni centre ni circonférence. C'est l'espace de la connaissance immédiate et primordiale sans aucun point de référence ni de limite. L'esprit fait l'expérience de l'équilibre véritable parce qu'il ne procède pas d'un compromis entre deux choses. L'absence de dualité entraîne cet équilibre d'autant plus riche de liberté, de simplicité. La conscience-bouddha est sans artifice, à la fois ordinaire et profonde, stable et souple, fondée et spacieuse.
L'aspect confus de l'énergie Bouddha
; Dans son aspect confus, nous sommes à la croisée de l'élaboration égocentrique avec comme secteur d'identification l'agrégat conscience et la caractéristique de l'élément espace.
Nous sommes au point de co-émergence, sur le fil du rasoir, où tout se joue entre ignorance et sagesse de l'espace-en-soi. Le fait que l'espace ouvert soit sans fondement provoque trop d'anxiété. Nous ne voulons pas faire l'expérience de la réalité en soi.
Alors s'établit un point de référence défini qui solidifie l'espace. C'est l'ignorance consentie, l'opacité soporifique de l'esprit.
Cela ne dure pas.
L'obscurcissement de notre espace va se révéler ténu et restreint. On n'est plus dans le flou soporifique de l'opacité. Il est devenu trop pesant et resserré. Par un processus d'implosion, l'ignorance de la confusion “bouddha” va passer à la méfiance et l'irritabilité.
L'inquiétude et la peur vont nous basculer dans la confusion “vajra” du bouddha Aksobhya.

Vairocana a son propre emblème particulier, la Roue Dharmachakra (Roue de l'ultime Réalité), roue dorée à huit rayons, la roue du Dharma. Il dénote l'enseignement du Bouddha. Ses huit rayons représentent la Noble Voie aux Huit Étapes, que Gautama révéla dans son premier sermon après son illumination.
Il est parfois représenté dans l'art tantrique tenant cette roue dans ses mains, contre sa poitrine.

La mudra de Vairocana est celle du dharmachakra, représentant la proclamation initiale, par le Bouddha historique, de la Vérité dans le Parc des Gazelles à Sarnath. Ce geste évoque donc la mise en mouvement de la roue de l'Enseignement. Dans l'art bouddhique ancien, lorsque le Bouddha est représenté enseignant pour cette première fois dans le Parc des Gazelles, il est représenté avec cette mudra. Ce sermon expose les quatre nobles vérités, qui constitue le coeur même du Dharma :
1. La vérité de la souffrance (duhka)
2. La vérité sur l'origine de la souffrance
3. La vérité de la cessation de la souffrance
4. La vérité de la voie menant à la cessation de la souffrance.
A la fin de son sermon, il traça sur le sol la Roue de la vie, comprenant les trois causes de la souffrance, ou trois poisons qui ont pour nom désir, haine et ignorance, les six mondes (rayons) de l'errance, et les douze chevilles de l'existence humaine, ou douze facteurs interdépendants.

 

Vairocana est également représenté avec la posture dite de la sagesse complète. C'est le geste du poing de la connaissance, appelé aussi geste du vajra (bodhyagri-mudra)
Ce mudrâ est caractéristique du bouddhisme ésotérique. Il symbolise l'union du vajra (les moyens) et du padma (la sagesse, prajna), c'est à dire la résorption de la dualité, la fusion entre le monde des êtres et le monde des bouddhas, dans la réalité ultime. Les doigts de la main droite représentent les cinq modalités de connaissance/sagesse personnifiées par les cinq familles de Bouddhas qui enserrent l'index de la main gauche comme la sagesse suprême du Bouddha enveloppe toute espèce de vie. Ainsi Vairocana produit les cinq familles de Bouddhas au moyen des cinq modalités de connaissance/sagesse et, grâce à son intelligence toute enveloppante, sait qu'il n'y a pas de différence entre le monde des êtres et le monde des Bouddhas.
Vairocana a aussi un animal particulier, le lion, qui est aussi associé avec la proclamation de la Vérité. Dans les écritures bouddhiques, la parole du Bouddha est parfois appelée son singha-nada, son « rugissement du lion » (singha est « lion », nada est « son » ou « rugissement »). Le lion rugit la nuit dans la jungle, sans peur des autres animaux. D'autres animaux ont peur de faire du bruit, de crainte de se faire attaquer par leurs ennemis. Le lion rugit, selon le mythe et la légende, pour proclamer sa souveraineté sur toute la jungle. La proclamation, sans peur, de la Vérité par le Bouddha, sa proclamation de sa souveraineté sur tout l'univers spirituel est donc comparée au rugissement du lion.


Parce qu'il incarne la sagesse de tous les Bouddhas, la bija (syllabe-germe) blanche dont Vairocana émane est le son universel Om.
Son mantra est Om vairocana Om.
Le Bouddha émana la forme de Vairocana du sommet de sa tête, symbolisant la sagesse primordiale de la nature absolue de la réalité. Ainsi localisé dans la tête, il correspond au son et à l' oreille
Vairocana est le chef de la famille des Bouddhas ou des Tathagatas. Ceci est très significatif, car ceci suggère que Vairocana est le Bouddha, dont les autres Bouddhas ne sont que des aspects. Un des membres les plus importants de cette famille est Mañjusri, le Bodhisattva de la Sagesse Transcendantale.
La famille de Bouddha est la fondation ou terrain de base, l'oxygène qui permet de respirer.
Il est parfois situé à l'est (en bas) du mandala.
Vairocana nous libère de la sphère des dieux, qui resprésentent les états psychiques élevés.
Ces êtres (devas), au cours de leur vie extrêmement longue, jouissent de tous les plaisirs des sens et épuisent ainsi leurs mérites dans les bonheurs qu'ils goûtent. Leur orgueil et leur suffisance les empechent de reconnaître que ces bonheurs sont éphémères, qu'ils sont autant soumis à la loi du changement que n'importe quelle chose se raportant à la vie humaine. Dans ce monde le Bouddha est représenté jouant du luth, autrement dit en train d'attirer leur attention sur le fait que leurs bonheurs, à l'instar des notes jouées sur son luth, sont voués à la disparition.

 

Méditation de Tchènrézi :

Au sein du mantra Om Mani Padmé Houng, les six syllabes sont mises en rapport avec les six bouddhas qui règnent sur les six familles de bouddhas (en plus des cinq Dhyanis Bouddhas, on trouvera Vajradhara *) :
Ainsi la syllabe Pad est celle de Vairocana.
Elle est dotée de la couleur bleue.
Elle ferme la porte du monde des animaux.
Elle purifie les voiles des émotions conflictuelles.
Elle constitue à elle seule une prière adressée aux qualités des bouddhas.
Elle correspond à la paramita (perfections transcendantes) de la diligence
Elle est liée à la sagesse du dharmadatou

En pratique :

La posture physique : En position du plein lotus, les épaules doivent être comme les ailes d'un vautour, c'est-à-dire haussées droit et vers l'extérieur, ni voûtées tombantes vers l'avant, ni tirées en arrière.
Les énergies subtiles : le dos dressé comme une flèche et les épaules comme les ailes d'un vautour rassemblent en l'Artère Centrale les énergies subtiles liées à l'élément terre, prévenant la torpeur.
Lorsque le corps ne peut conserver la posture, s'il se courbe vers l'avant, le dos s'arrondit et forme une bosse ; il s'élève tout d'abord une qualité de non conceptualité qui laisse place à la torpeur, donnant prise a l'activité des influences négatives des divinités de la terre, etc.
Dès que l'on sent l'esprit envahi par la torpeur ou l'assoupissement, il faut relever les yeux et identifier l'esprit avec l'ouverture du ciel ou de l'espace ; ceci a pour effet de dissiper la torpeur et ravive la clarté et luminosité de l'esprit.
Il est donc d'une importance extrême de maîtriser cette posture qui prévient toutes les déviations et développe toutes les qualités de la méditation.

Direction Centre
Bouddhas Vairocana
Parèdre Akasadhatesvari
Element Espace
Skandha
Conscience
Lumière de sagesse Corps blanc, Lumière bleue
Lumière terne Blanche
Poison Ignorance, illusion
Famille Bouddha
Sagesse Sagesse du Dharmadhatu
Emblème Dharmacakra
Porteur Lion
Royaume Déploiement de Source Lumineuse
Mudra Dharmacakra
Bija Om
Mantra Om Vairocana Om
Localisation Sommet de la tête
Sens Son - oreille
Libération Dieux

 

 


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(*) : Si nous étudions quelques-uns des symboles du Tantra, nous constatons que la couleur blanche est portée par d'autres Bouddhas et Bodhisattvas, leur propre couleur étant mise de côté alors qu'ils se déplacent vers le centre du mandala, que ce soit littéralement ou métaphoriquement.
Deux Bodhisattvas représentant de bons exemples de ce phénomène sont
Avalokitesvara et Tara.
Avalokitesvara, d'un point de vue technique, est un Bodhisattva et sa véritable couleur est le rouge, mais au cours du temps, en particulier au Tibet, il prit de plus en plus d'importance, jusqu'à ce qu'il devienne une sorte de Bouddha. Beaucoup de gens le vénéraient et méditaient sur lui, à l'exclusion de tout autre Bouddha ou de tout autre Bodhisattva. En ce qui concernait leur vie spirituelle, il occupait le centre du mandala. Pour indiquer cela, sa couleur fut changée du rouge au blanc.
Le même genre d'évolution se produisit dans le cas de
Tara, dont la véritable couleur est le vert. Sa position de Bodhisattva d'une famille de Bouddhas particulière fut oubliée. Pour ceux qui la vénéraient plus particulièrement, elle devint tout. Alors qu'elle prenait de plus en plus d'importance, alors qu'elle devenait la forme de Bouddha, elle prit la couleur blanche, la couleur de la centralité et de l'absolu.

(*) : Le sutra du Pouvoir Miraculeux de Vairocana atteignant la bouddhéité dit : "Le désir d'illumination est la base causale, la grande compassion est la racine, les moyens habiles sont l'absolu (...)
Ô, maître du Secret, qu'est-ce que l'Illumination ? C'est connaître votre esprit tel qu'il est en réalité. C'est l'Illumination complète et insurpassable dans laquelle il n'y a absolument rien à atteindre. Pourquoi ? Parce que sa forme est l'illumination, elle est dépourvue de connaissance et de compréhension. Pourquoi ? Parce que, maître du Secret, l'Illumination est sans forme et le sans-forme de toute chose est appelé forme de l'espace.
Maître du secret, la pratique du Grand Véhicule éveille l'esprit qui vous transporte vers l'inconditionné, guidé par le non-soi. Pourquoi ? Parce que ceux qui ont cultivé cette pratique par le passé ont observé les bases de l'amalgame des éléments physiques et mentaux et savent qu'ils sont semblables à une illusion, un mirage, une ombre, un écho, des cercles de feu, des palais dans les airs. Maître du secret, ainsi abandonnent-ils le non-soi et l'hôte de l'esprit s'éveille par lui-même au non-éveil de l'esprit essentiel. Pourquoi ? Parce que ce qui est en deça et ce qui est au-delà de l'esprit ne peut être saisi. Ainsi, en connaissant la nature essentielle de l'esprit, vous transcendez deux éons de pratique yoguique.
"
La Vérité, la Lumière des fondateurs est claire comme du cristal à tout point de vue, il n'y a rien du tout en elle. Hors de cette lumière, il n'y a pas de pratique séparée, pas de principe différent, encore moins connaissance ou d'objet d'aucune sorte.
Dans le
sutra du Lotus, il est dit :
"
L'illusion conçoit les choses comme existantes ou non-existantes,
Réelles ou irréelles, nées ou non-nées.
Dans un lieu dépouillé, concentrez votre esprit,
Demeurez dans une stabilité tranquille, comme une montagne polaire,
Observez que tous les phénomènes sont dépourvus d'existence,
Qu'ils sont semblables à l'espace, sans stabilité palpable,
Dépourvus de naissance et d'émergence.
Fixe, inébranlable, demeurez dans l'unité :
Ceci est appelé le lieu proche.
"

(*) : Vajradhara dont la syllabe est Ni :
Cette syllabe est dotée de la couleur jaune.
Elle ferme la porte du monde des hommes.
Elle purifie les voiles de l'esprit.
Elle constitue à elle seule une prière adressée à l'esprit des bouddhas.
Elle correspond à la paramita (perfection transcendante) de la patience.
Elle est liée à la sagesse issue d'elle-même.

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