L'ORIGINE DES NOMS DE FAMILLE
A quelle époque, en France, a-t-on donné à la famille la dénomination qui la caractérise, en s'appliquant à chacun de ses membres, ceux-ci gardant individuellement leur personnalité par le nom de baptême?
On pense généralement, que la plupart des patronymiques actuels remontent au commencement du XIIème siècle.
Alors, les serfs s'étaient relativement affranchis; ils n'étaient plus autant la chose, la propriété des seigneurs féodaux; on les désignait sous un nom autre que leur nom de baptême que celui de leur maître.
On admet l'hypothèse suivante:
Les noms nouveaux, adoptés par les chefs des familles affranchies, se divisent en cinq catégories principales;
La première représente la masse des manants, vilains, roturiers, qui ont gardé le nom de leur profession : le meunier, le boulanger, le boucher, le tailleur, le couturier, le charpentier, le maçon, le fabre (le fèbre, le fébure, c'est à dire le forgeron)....
La deuxième comprend surtout les ruraux : du pré, de la vigne, du mont, du val, du bois, du mas, du chêne, du frêne, de l'orme, de la fontaine, du puits, du bac,....
La troisième est plus particulière à la bourgeoisie et aux fonctions ou professions qu'elle exerçait : le prévôt, le doyen, le maire, le bailli, le sénéchal, le marchand,....
La quatrième s'applique à ceux que des particularités physiques ou morales caractérisent : le fort, le doux, le long, le grand, le court, le blanc, le gris, le camus, le petit, le gros, le gras, le noir, le borgne,....
Enfin une cinquième classe englobe ceux auxquels, par raillerie peut-être, on décernait des sobriquets, comme le roi, le prince, le duc, le marquis, le comte, le baron, le chevalier, ou ceux qui avaient voulu faire, de leur nom de baptême, le nom de famille de leurs enfants : Paul, Louis, Albert, André, Pierre, Antoine, Siméon,....
On conçoit d'ailleurs, qu'en un temps où il n'existait pas de registres de l'état-civil, il en devait résulter des confusions et des difficultés de toute sorte. Cet état de choses ne prit fin, en France, qu'au XVIème siècle, quand une ordonnance de François Ier imposa, au clergé paroissial, l'obligation d'enregistrer les naissances, noms et prénoms des enfants.