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En France, dans le département de l'Isère, dans la vallée du Grésivaudan, un endroit dans le voisinage de Grenoble s'intitule Pontcharra sur Bréda. Cette localité est située sur la ligne allant de Valence à Chambéry. Dans cette région française, nous retrouvons de nombreux représentants de notre nom. Il ne serait dès lors pas étonnant que ce surnom ne provienne de là-bas.
Une autre hypothèse pourrait également nous faire penser que nos ancêtres auraient émigré de France vers la Hollande pour s'installer dans un premier temps à Bréda. Cette supposition est cependant battue en brèche : il n'y a aucune preuve du passage de membres de notre famille dans cette localité.
En Belgique, ce sobriquet trouve son origine dans l'histoire même de la ville de
Spa (le vocable Spa, localité distante de 7 kilomètres de Theux, est cité pour la première fois le 23 août 1276 (1)).
Au début du XIVème siècle, une centaine de masures s'élevaient dans le val sauvage traversé par le Wayai et par plusieurs de ses ruisseaux tributaires, dévalant les Hautes Fagnes formant couronne au sud de Spa. Cette petite agglomération humaine s'était établie sur deux petites éminences de terrain, connues par la suite sous les dénominations "Le Thier" et "Le Croupet Lohet". Cet embryon de population vécut d'abord de la vie pastorale sur un sol ingrat, peu productif, puis il ne tarda pas à s'adjoindre l'exploitation des abondantes minettes de fer que recelait le sous-sol et il se livra à la fabrication du charbon de bois nécessaire pour la fusion du minerai.
En ce temps là, un forgeron Collin dit Le Loup, qui souffrait depuis longtemps d'une maladie déprimante, s'avisa de boire régulièrement l'eau d'une fontaine où celle-ci sourdait à ciel ouvert, entre quatre dalles de schiste, au milieu d'une prairie. Cette source devait devenir célèbre dans la suite, sous le nom de Pouhon. Collin, après une période de "cure", recouvrit la santé.
Il fit construire près de la fameuse source une maison qui fut le berceau du "Nouveau Spa". La renommée de la source guérisseuse amena autour de celle-ci de nombreux visiteurs. Collin Le Loup fit alors construire une auberge pour ceux-ci.
Il avait obtenu du Prince Evêque Adolphe de la Marck un octroi en date du 22 juin 1326, dont voici la teneur : L'an 1326, le 22 du mois de juin, le sieur Collin Le Loup "de Bréda" acquit du sieur Mondesselin, receveur de Son Altesse au Pays de Liège, douze bonniers de bois situés et gisants proches des eaux minérales, et ce pour être les dits bois consommés et convertis en charbon pour servir aux forges que le dit Collin veut faire construire...
>Donc, Collin Le Loup avait obtenu du prince-évêque la concession de 12 bonniers ou hectares de bois, dont deux furent défrichés et se couvrirent peu à peu d'habitations.
Collin Le Loup avait ses forges sur l'emplacement actuel de l'Hospice Saint Charles (Marteau Brédar (2)) et reliées au hameau par lu voye dès Fornai (rue du Fourneau actuel).
Quant au mot Bréda, qui suit le nom de Collin Le Loup, dans de nombreuses citations faites par des auteurs qui se répètent sans exercer de contrôle, c'est un surnom de famille propre à la communauté rurale de Spa sous l'ancien régime. Voici d'après le Registre aux Oeuvres de la Cour de Justice de Spa et les Embravures, quelques personnes qui le portèrent : Collin Bréda (1474, 1480, 1494); Collin Brédar de Spaux ; Collin, fils de Collin Brédar, dit le petit Collin (1500); Guillaume Brédar, bourgmestre en 1595 et en 1597; Remacle Le Loup, échevin, qui signait Remacle Brédar (1572); Jacob Brédar (1617);....
Ce surnom de Breda, Bréda, Brédar, a passé à une colline boisée voisine du Marteau, hameau, où cette famille possédait des forges et des fourneaux. Ce nom de heid Brédar, (actuellement heid Fanard) déjà cité en 1602, s'étendit bientôt à tout le versant sud de la colline qui existe entre le dit Marteau et Spaloumont.
Collin Le Loup est donc bien le nom d'une famille aborigène, autochtone, qui, comme on l'a cru pendant très longtemps par la suite de l'interprétation erronée d'un texte, n'est nullement originaire de Bréda, en Hollande....
(1) Pierre Den Dooven - La Métallurgie au Pays de Franchimont - généralités 1. les Forges de Spa p. 37.(2) Pierre Den Dooven - le Marteau Brédar p. 45 et 46.
Tiré de l'ouvrage de Georges Emile Jacob - Rues et Promenades de Spa - Pages d'histoire locales - Collin Le Loup p.90-91 et 92. |