Le professeur Marcel NICOLET, l'éminent personnage de la famille (1912 - 1996)
(Branche indépendante de Lierneux-Odrimont)
Le professeur Marcel Nicolet est né le 26 février 1912 dans le petit village de Basse-Bodeux, à 40 kilomètres au sud-est de Liège, dans les ardennes belges.
Marcel Nicolet a incontestablement fait oeuvre de pionnier dans l'étude et la compréhension de la structure de l'atmosphère terrestre. Ses premiers travaux d'astrophysique, (1934-1938) lui ont permis de déterminer la composition moléculaire du soleil. Il a effectué la première analyse spectrale de la lumière. Ses études novatrices ont mis en évidence les processus physiques et chimiques des aurores polaires. Elles l'ont ainsi conduit à s'intéresser durablement à l'ozone.
Entré en 1935 à l'Institut Royal Météorologique de Belgique, il devint prévisionniste pour l'aéronautique, tout en poursuivant, à l'université, ses recherches sur la haute atmosphère et au-delà.
Pendant la seconde guerre mondiale, Marcel Nicolet profite de ce que la prévision météorologique est devenue un domaine réservé aux forces allemandes pour mener des recherches en aéronomie et s'adonner à l'étude de la physique et de la chimie de la haute atmosphère.
Après la guerre, il fait autorité en chimie ionique de l'atmosphère, après la publication d'un mémoire devenu classique , "Contribution à l'étude de la structure de l'ionosphère". Déjà en 1945, il devine la présence de l'oxyde d'azote dans les couches supérieures de l'atmosphère, découverte importante, puisque ce gaz minoritaire, joue un rôle capital en chimie ionique et neutre de l'atmosphère terrestre.
En plus de cinquante ans, il n'est guère de facette de l'aéronomie à laquelle Marcel Nicolet n'ait apporté sa contribution. Grand voyageur, il a entretenu des relations étroites avec ses collègues d'autres institutions, notamment la Pensylvania State University (il déclare avoir traversé l'Atlantique plus de deux cents fois). Il a publié plus de trois cents communications scientifiques, dont une étude de cinq cent trente pages, parue en 1980 sous le titre : "Etude des réactions chimiques de l'ozone dans la stratosphère". Cette relation de nos connaissances des réactions chimiques de l'atmosphère est la plus complète que nous possédions. Elle comporte une analyse quantitative de diverses réactions chimiques dans la stratosphère et la mésosphère, ainsi qu'un ensemble d'équations utilisables à l'avenir dans des études numériques.
Le professeur Nicolet a reçu de nombreuses récompenses et distinctions, dont le prix Guggenheim de l'Académie internationale d'Astronautique en 1963, la médaille Hodgkins de la Smithsonian Institution (1965), la médaille William Bowie de l'Américan Géophysical Union (1984), la médaille Tsiolkowski de la Société astronautique d'U.R.S.S. Il est membre de l'Académie Royale des Sciences et des Arts de Belgique, membre associé des Académies des Sciences de France, des Etats-Unis et de l'Académie nationale italienne Lincei, de la Société Royale d'Astronomie et de l'Union américaine de géophysique....
En date du 19 mars 1987, Sa Majesté le Roi Baudouin de Belgique a conféré, à Marcel Nicolet, le titre héréditaire de baron dont la devise est : Haute Science, humble constance.
Après une vie entièrement consacrée à la science, il décède à Uccle le 08 octobre 1996, à l'âge de 84 ans.