La famille NICOLET originaire de Fraipont produisit quelques armuriers (fabricants de canons de fusils) au XIXème siècle époque où cette profession foisonnait dans la vallée de la Vesdre. Dès 1808, cette contrée comptait vingt-deux usines à canon. Ses habitants utilisaient la force hydraulique de cette rivière pour y forger au martinet les canons de fer.
Ces canons se fabriquaient en repliant sur un mandrin une large bande de fer dont les deux côtés étaient ensuite soudés longitudinalement suivant une génératrice du canon. Ce procédé était très simple, économique et rapide; cependant, ces canons, appelés canons-platines, pouvaient se déchirer sur toute leur longueur pour peu que la soudure fût mal faite ou que la matière employée n'eût pas les qualités requises pour subir une soudure à chaud.
C'est dans la convention passée entre les maîtres d'usines et fabricants de canons et datée de Fraipont, le 12 mai 1812, que l'on retrouve la mention des canons damassés.
On appelle damas en général des mélanges plus ou moins intimes de fer et d'acier disposés de manière à obtenir des dessins variés par l'effet de teintes différentes que prennent les deux métaux. Le système utilisé par les fabricants de canons installés dans la Vallée de la Vesdre était le damas de torsion. Celui-ci s'obtient par une opération de déformation à chaud de l'alliage du fer et de l'acier (corroyage) et de leur torsion.
Dès le début du XIXème siècle, les canonniers s'appliquèrent à remplacer, tout au moins pour les fusils de luxe, la soudure longitudinale par une soudure hélicoïdale.
Au pays de Liège, l'industrie du canon de damas se localisa dans la vallée de la Vesdre : Olne, Nessonvaux, Fraipont, Trooz, La Brouck, Forêt, Chaudfontaine, Vaux-sous-Chèvremont vécurent longtemps au rythme des soufflets des forges et des marteaux des canonniers. Il est, au long du ri de Mosbeux, de Havegnée et de Vaux, de nombreuses maisonnettes, noircies par la fumée, ruinées aujourd'hui, qui attestent de la grande activité de jadis.
La vallée de la Vesdre occupait une importante main d'oeuvre partagée en plusieurs catégories. En 1808, Thomassin compte 154 forgerons, 154 frappeurs, 88 foreurs, 44 émouleurs et 22 dresseurs, soit au total 462 ouvriers. En 1897, une pétition envoyée à M. le Ministre de l'Industrie et du Travail, pétition relative aux faux damas, fut couverte de plus de 700 signatures.
La Vesdre et ses affluents donnaient leur force motrice à ces machines qui foraient, polissaient, tournaient, émondaient les canons.
Tout près, les houillères du plateau de Herve offraient un charbon qui convenait tout spécialement aux forgerons ; enfin, ces ouvriers qui, depuis plusieurs siècles, pratiquaient dans cette région l'art de forger les canons, donnèrent ici tout ce qu'une main-d'oeuvre habile, inventive, généreuse, peut ajouter à une industrie.
" Le Syndicat des Fabricants de canons de fusils de la Vesdre", société coopérative, fondé , à Nessonvaux, le 1er mai 1907, partagea ses membres en deux catégories : les propriétaires ou locataires d'usines et les fabricants faisant usiner leurs canons. Dans cette dernière catégorie , on relève entre autre le nom de Nicolas NICOLET-DELCOUR.
Extrait tiré de l'ouvrage intitulé le damas par Jean Puraye, Conservateur du Musée d'Armes de Liège - Liège 1966.