Journal Ouest-France du dimanche 6 février 2005

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Se méfier des idées simples en Europe

BRUXELLES (de notre correspondant). - A la question " Qui travaille le moins en Europe ? ", la réponse paraît évidente. Si l'on se fie au tableau qui compare la durée officielle du temps de travail, la France caracole seule en tête avec ses 35 heures. Mais comparer la durée du travail en Europe est une gageure. Tout simplement car les modes de calcul, les lois, les habitudes diffèrent d'un lieu à un autre. Autant comparer des pommes et des spaghettis.

Dans de nombreux pays, la durée du travail dépend d'ailleurs d'accords négociés entre partenaires sociaux au niveau régional ou de la branche professionnelle. Ainsi, dans la banque, la Belgique, le Portugal et, même le Royaume-Uni sont au régime des 35 heures. Tandis que dans le secteur public local, les Italiens sont à... 33 heures ! Avec les heures supplémentaires et autres horaires de travail extensif, cette réalité se nuance encore.

Dans de nombreux pays, la durée du travail dépend d'ailleurs d'accords négociés entre partenaires sociaux au niveau régional ou de la branche professionnelle. Ainsi, dans la banque, la Belgique, le Portugal et, même le Royaume-Uni sont au régime des 35 heures. Tandis que dans le secteur public local, les Italiens sont à... 33 heures ! Avec les heures supplémentaires et autres horaires de travail extensif, cette réalité se nuance encore.

Selon l'Office européen des statistiques, la durée " habituelle " du travail restait en 2002 en France de... 38 h. Certes, comme le constate l'Observatoire européen des relations industrielles, " l'ère des grandes réductions globales du temps de travail convenues de façon collective est terminée, dans beaucoup de pays de l'Union européenne, du moins pour le moment ". L'heure est plutôt à introduire la flexibilité. La plupart des pays appliquent ainsi une annualisation forte du temps de travail, permettant de calculer non plus l'horaire sur la seule semaine mais sur l'année. Mais la RTT garde encore quelques partisans isolés et... inattendus. Une banque irlandaise est ainsi passée en 2003 à 35 h. Quelles que soient les statistiques, un fait perdure, la productivité de la main d'oeuvre française n'est plus à prouver. Selon le dernier rapport sur l'Emploi de la Commission européenne, la France apparaît même dans le peloton de tête avec les Pays-Bas, la Finlande ou l'Autriche, plus de 10 % au-delà de la moyenne européenne et continue de progresser. Quant au Royaume-Uni, souvent vanté pour sa flexibilité, il est loin d'être un modèle à suivre. De l'aveu même des experts britanniques, le salarié anglais ou écossais, qui ne rechigne pourtant pas à la tâche, dégage environ 20 % moins de rentabilité que son collègue français. Au grand dam d'ailleurs des patrons Outre-Manche...

Nicolas GROS-VERHEYDE.