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Gothique



Chronologie


Origines du mot "gothique"

Depuis ses origines, le nouveau style né en Île de France s'appelait le "style français". En 1440, Lorenzo Valla énonça que tout ce qui est gothique est mauvais, et tout ce qui est mauvais est gothique, ceci en référence aux Goths, peuple barbare du nord. Un disciple de Michel-Ange, Vasari, utilisa le mot "gothique" en 1550 pour désigner les formes d'arts pratiquées de la fin du XIIe au début du XVIe siècle. En effet, pour Vasari, il s'agissait d'un style grossier, sans aucun sens de la proportion.
Même Molière parla, en 1669, des hideurs monstrueuses des décorations gothiques.
Ce préjugé subsistera jusqu'au XIXe siècle. Le style gothique fut alors réhabilité par les Romantiques.
Viollet-le-Duc, architecte français, édita de 1854 à 1868 les dix volumes de son "Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle". Celui-ci contribua de façon décisive à la connaissance du style ogival.

Aujourd'hui, si le mot "gothique" est toujours très répandu, certains auteurs préfèrent parler de "style ogival", en référence aux croisées d'ogives qui caractérisent le couvrement des nefs des églises à partir de 1140.

Origine du style gothique

Le renouveau économique, spirituel et technique des XIIe et XIIIe siècles fut à l'origine du renouvellement architectural en Île de France.
L'abbatiale Saint-Denis, sépulture des rois de France, vit son chœur couvert par des voûtes sur croisées d'ogives par l'abbé Suger. C'est là également que l'arc-boutant vint pour la première fois contrebuter à l'extérieur les poussées latérales des voûtes.
Ce style fit rapidement école. Les murs furent percés de verrières dans lesquelles prirent place des vitraux racontant la vie du Christ, des Martyrs et des Saints. L'édifice obscur de la période romane fit place aux nefs illuminées par les flots de lumières que permettait la nouvelle technique de contrebutement des poussées, éliminant la nécessité des murs porteurs épais.
La majorité des églises furent bâties en utilisant le plan basilical en croix latine. Si, jusque vers 1200, l'élévation de la nef était à quatre niveaux (grandes arcades, tribunes, triforium, claire-voie), les tribunes furent abandonnées et les bas-côtés purent s'élever plus haut. De même, les nefs furent couvertes par des croisées d'ogives à des hauteurs jamais atteintes (37 mètres à Chartres, 42 à Amiens, 47 à Beauvais).


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Mise à jour : jeudi 27 décembre 2001 15:34