Les fours "Hoffman"

 

 

Le dernier four "Hoffman"  des briqueteries de Ploegsteert,  sis à "La Lys", s'est définitivement éteint le 15 avril 1977.  Il fut emplacé par un "four-tunnel" moderne et bien plus productif.

Quelle différence ?

Dans le four-tunnel, ce sont les briques empilées sur un wagon qui se déplacent dans la zone de feu; celle-ci étant fixe.

Au four Hoffman,  c'est le feu qui se déplace pour cuire  les briques entreposées manuellement dans le four.

Le feu précède les hommes !

Le four Hoffman se résume à deux couloirs de + 100 m, parallèles, reliés entre eux à leurs extrémités, pour former une sorte de galerie ovale, voutée, de quelques 5  m de largeur, pour 3 de hauteur.

Par un système de clapets pour le tirage des fumées dans la partie centrale, le feu progresse dans le four en s'avançant lentement et toujours dans le même sens favorisé de surcroit par l'alimentation du charbon qui se fait par le dessus, au travers de  trappes formées dans la voûte.  

De l'autre côté du couloir circulaire, là où la température a baissé,  les briquetiers profitent de défourner, c'est-à-dire sortir les briques cuites et en rentrer d'autres "vertes", c'est-à-dire non cuites. Les enfourneurs placent régulièrement des "cloisons" en papier de manière à bien maîtriser le tirage des fumées en évitant les courants d'air.  Enfournement et défournement s'effectuent sur deux zones séparées d'une trentaine de mètres.  Tandis que la zone des briques cuites suit la zone de feu, la zone des briques à cuire  précède la zone de feu qui se trouve toujours à l'opposé du four.

Par accéder facilement à l'interieur du four, des ouvertures sont prévues tout autour du bâtiment. Lorsque les briques vertes sont enfournées et bien mises en place sous la voûte,  ces "portes" en ogive sont murées puis plafonnées de l'extérieur jusqu'après la cuisson.   Lorsque les briques seront cuites et refroidies,  les briquetiers casseront le mur provisoire de fermeture pour l'opération de défournement 

On devine aujourd'hui, les conditions difficiles de ce travail pour les briquetiers qui, dans la pénombre,  se chargeaient de la cuisson de briques en four Hoffmann. La température à l'intérieur de la galerie était élevée en permanence. Jusqu'à l'avènement du clarck, se travail s'opérait manuellement : la grande brouette les aidait bien pour amener et sortir les briques du four.