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L'art de mélanger les couleurs.
La
réussite ou l'échec d'une harmonie ont pour cause première
l'habileté du peintre à maîtriser ses mélanges
ou son "talent" pour les rater.
Un mélange raté est une couleur sale ou banale, passe-partout.
Combien ne trouve-t-on pas chez les amateurs malhabiles des ciels bleus
peints avec un bleu simplement additionnés de blanc (voir exemples
ci-dessous), de la verdure avec un bleu ou un vert simplement mélangé
à du jaune citron, etc. ou dautres formules tout aussi rudimenaires.
Il
va sans dire que le peintre qui utilise de telles formules n'a rien d'un
coloriste et qu'il néglige donc l'essence(!) de la peinture, à
savoir la couleur elle-même avec son champ illimité de nuances
subtiles.
Elargir ses connaissances et sa sensibilité en ce domaine, c'est
ajouter une forte dose d'exaltation à la joie de peindre.
Ici
comme partout en art il n'y a pas de recettes pour garantir la
réussite, mais seulement des pistes inspirées de principes
opérationnels éprouvés. Ceux qui sont énoncés
ci-dessous permettront à ceux qui les ignoreraient d'étendre
leur ressources créatives en ce qui concerne l'emploi des couleurs.
Avant d'aborder cette question, il est fort utile de bien s'imprégner
de la notion de saturation étudiée à la page précédente
(>>>) car elle décrit
les différents principes pour éviter les mélanges
vulgaires et en créer de raffinés.
1
- Pour obtenir une belle couleur nuancée, il n'est pas nécessaire
de mélanger un tas de couleurs pures, deux ou trois couleurs bien
choisies donneront un résultat convaincant, ce qui ne signifie
pas qu'un mélange plus composite soit déconseillé,
le but à atteindre est la seule loi des mélanges.
Pour obtenir un ton nuancé à partir de deux couleurs, il
faut évidemment disposer d'un choix de nuances judicieusement sélectionnées.
Celles mentionnées ici le sont à titre indicatif. Et il
ne faut pas perdre de vue que:
un
même ton acheté dans des marques différentes
peut présenter d'importantes variations de nuances.
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C'est
pourquoi personnellement, lorsque je découvre une nuance intéressante
dans l'une ou l'autre marque, je ne peux m'empêcher de l'acheter
pour la tester.
Les deux échantillons ci-dessous sont caractéristiques des
variations que peut prendre une même appellation dans des marques
différentes, en l'occurence Sennelier et Rembrandt. Il s'agit de
la même appellation "terre d'ombre verdâtre" dégradée
par du blanc. Chez Sennelier elle s'oriente vers le bleu, chez Rembrandt,
sa direction tonale est nettement plus jaunâtre.

Terre
d'ombre verdâtre Sennelier
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Terre
d'ombre verdâtre Rembrandt
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Je déconseille fortement d'acheter des couleurs de qualité
basique (étude), même pour commencer à peindre. Dans
certaines marques que je ne peux citer, elles ont tout pour décourager
d'aller plus loin. Une bonne qualité intermédiaire est tout
indiquée pour un début, avant de passer aux qualités
surfines, dont les pigments sont plus riches, plus concentrés et
plus stables.
2
- La palette de base.
Il n'y a aucun absolu en ce domaine, mais je crois utile lorsqu'on
commence à peindre, de disposer de deux nuances (= deux directions
tonales) pour chaque ton primaire (voir pourquoi dans le tableau
de la page précédente), de trois tons secondaires, de
quelques bruns, de noir et de blanc et de quelques couleurs moins courantes
qui enrichiront notablement l'étendue des ressources.
A
titre purement indicatif, on pourrait conseiller,
Pour les tons primaires:
- Un rouge vermillon (direction tonale >orangé )ou cadmium et
un carmin ou laque de garance (> violet).
- Un bleu d'outremer (> violet) ou de cobalt et un bleu de Prusse ou/et
un céruléum (> vert).
- Un jaune citron (>vert) et un jaune cadmium (>orangé).
Pour les tons secondaires:
- Un vert émeraude ou un vert de vessie ou un phtalo.
- Un orangé de cadmium.
- Un violet, celui que vous trouverez.
Pour les bruns, utiles, mais non indispensables au début :
-
Terre de Sienne brûlée et terre d'ombre brûlée.
Sépia est également un brun noirâtre très utile.
- Quelques ocres, certainement l'ocre jaune, mais aussi l'ocre d'or, plus
tard, l'ocre orangé, l'ocre rouge et l'ocre brune.
- Plus tard, le rouge indien, un rouge brunâtre et opaque et le
caput mortuum.
+
Un noir (d'ivoire, de bougie, de vigne...) et un blanc couvrant, le blanc
de titane. J'en ai testé 8 et les plus couvrants sont à
trouver chez Maimeri, Sennelier et Mussini de Schmincke. Le blanc de zinc
n'est pas couvrant, il est utile pour créer des transparences blanchâtres
= glacis ou plus précisément vélatures.
Remarque: j'ai lu çà et là, mais jamais chez des
analystes sérieux, que l'emploi du noir était déconseillé(!?).
Théorie toute gratuite car non seulement le noir a été
beaucoup utilisé au cours de l'histoire de l'art, depuis Lascaux,
et qu'en outre il permet de réaliser des nuances impossibles à
obtenir avec d'autres couleurs. Voir plus loin.
Pour
enrichir les ressources, quelques couleurs fort utiles:
- Dans les verts, la terre d'ombre brûlée verdâtre
( Rembrandt) qui donne des verts très naturels. La terre verte.
- Dans les rouges, la laque de garance (madère) brûlée
brunâtre.
- Dans les bleus, l'indigo. Moins vif que les autres bleus, plus grisâtre.
- Le gris de Payne, un beau gris bleuté.
- Dans les jaunes, le jaune de Naples, plus clair et moins vif que le
jaune citron (Sennelier ou Maimeri), mais aussi le beau jaune "médiéval"
de Mussini (Schmincke).
Il
existe de nombreuses autres nuances dont certaines portent le nom de marques
alors qu'il s'agit de couleurs génériques. A chacun d'expérimenter
et de choisir selon ses goûts personnels et les arrières
assurés par sa carte de crédit...
Remarque:
je connais des peintres confirmés qui au cours de leur évolution
ont réduit leur palette au point de ne plus utiliser qu'une dizaine
de nuances. J'en ai rencontré qui ne peignaient qu'avec des couleurs
primaires et d'autres qui les avaient totalement éliminées
au profit de la gamme des ocres, de quelques bruns, du noir, du blanc
et, entorse suprême, d'un peu de bleu d'outremer. Certains au contraire
disposent d'une palette beaucoup plus élargie et en constante évolution.
Ici comme ailleurs, il est nécessaire d'obéir à sa
propre intuition et de se libérer de toute injonction émise
par des "autorités" humaines ou livresques. C'est par
l'expérience et dans la liberté que chacun tracera la voie
qui est profondément la sienne. Ce qui n'empêche pas d'écouter
les avis pertinents et ouverts.
Le tableau ci-dessous donne un exemple de nuances de vert réalisées
par mélange du même jaune cadmium avec différents
bleus + quelques autres tons.
Les bleus sont purs et disposés de gauche à droite
en allant des plus "verts" aux plus "violets",
puis en s'orientant du côté du gris et du noir et
du sépia.
La rangée du dessous montre le résultat des mélanges
de ce jaune de base avec les différents bleus. Allez les
verts!

Ce
jaune cadmium moyen est la base de tous les verts obtenus
par mélanges et qui apparaissent dans la rangée
du dessous, il a été mélangé
avec les bleus et les autres tons du dessus.
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Bleu
phtalo
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Bleu
de Prusse
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Bleu
de cobalt
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Bleu
d'outremer
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Gris
de Payne
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Noir
de vigne
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Sépia
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Le
phtalo est le bleu le plus
vert de la série. Le vert résultant du mélange
est le plus vif.
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Le
Prusse tend du côté du vert. Le résultat
est un vert encore assez vif
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Le
cobalt s'oriente déjà vers le violet, complémentaire
du jaune. Le vert devient rompu.
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L'outremer
est encore plus violet que le cobalt. La tendance s'accentue
avec une légère nuance.
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Le
gris de Payne est bleuté. Le vert devient grisâtre.
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Le
jaune et le noir de vigne donnent un vert cassé proche
du kaki.
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Le
brun sépia, avec le jaune cadmium, donne un ton terreux
et verdâtre.
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Conclusions:
les verts les plus saturés seront réalisés
avec des bleus les plus proches du vert. Les verts seront
de plus en plus rompus ou cassés au fur et à
mesure qu'ils se rapprochent du violet. Dans un tableau
qui comprend beaucoup de vert, il sera utile, pour faire
vibrer les verts saturés de les associer à
d'autres nuances de vert, plus discrètes pour le
regard. Un ton vibrant n'est pas un ton criard.
Note: ce tableau ne présente que quelques exemples
non limitatifs. Essayer avec des bleus turquoise, indigo,
Sèvres, etc. Voir d'autres solutions ci-dessous,
sous le paragraphe "les verts".
NB: il est possible que la subtilité des nuances
soit altérée par votre écran s'il n'est
pas bien calibré.
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3 - Quelques cas spécifiques.
Ce
qui suit est valable pour un travail relativement réaliste,
une peinture plus stylisée permet d'autres libertés.
Le
ciel, commençons par lui en espérant
que nous finirons là aussi. Pour commencer, oubliez tout ce que
vous auriez pu trouver sur certains sites ou manuels qui vous donnent
des formules toutes cuites en vous disant "comment peindre le
ciel" car il y a des millions de façons de le faire et
vous trouverez les vôtres.
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Une
formule fige l'imagination plus qu'elle ne l'ouvre.
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Tout
d'abord, un ciel n'est pas nécessairement bleu. Déjà
dans notre réalité quotidienne nous pouvons vérifier
qu'il peut adopter des nuances extrêmement variées allant
des tons les plus froids aux tons les plus chauds. En art, la couleur
du ciel est plus une question d'harmonie avec les autres couleurs du tableau
qu'un problème de représentation conventionnelle. Toutefois,
à supposer que l'on veuille peindre un ciel en bleu, il ne faut
pas oublier que le bleu peut être nuancé selon les degrés
de saturation vus en page
2. Et pour être concret:
- on peut peindre un ciel ou une partie de ciel (!) en un bleu modulé,
c'est-à-dire partir d'un bleu (au choix), y ajouter quelques tons
voisins, par exemple d'autres bleus, mais aussi quelques pointes de vert
ou de violet.
- on peut peindre un ciel rompu, par exemple partir du mélange
précédent ou d'un seul bleu au choix et y ajouter quelques
pointes de vermillon, d'orangé ou de terre de Sienne brûlée
(rougeâtre), mais aussi de tout autre ton appartenant à la
gamme des tons opposés au bleu. Si on souhaite que le ciel reste
bleu, il faut évidemment doser les tons opposés dans une
juste proportion.
- on peut peindre un ciel dans les tons cassés si le noir
occupe une place importante dans le mélange.
- on peut peindre un ciel affadi si le blanc existe en proportion
dominante. Attention à la fadeur! Un ciel crayeux ou "plâtreux"
est généralement inesthétique.
- On peut peindre un ciel dans la gamme des gris colorés.
Et
surtout, on peut peindre un ciel avec toutes ces formules associées
ou en n'en retenant que deux ou trois, et en les répartissant à
différents endroits de la zone consacrée au ciel.
Les
quatre exemple ci-dessus ont été puisés dans des
sites comme il en abonde sur le Net. Que leurs auteurs veuillent bien
me pardonner si leur clic devait les conduire jusqu'ici. Quelques milliers
d'autres auraient pu tout aussi bien convenir. Je les ai choisis seulement
pour indiquer que pour figurer la couleur du ciel, l'amateur utilise beaucoup
le bleu pur simplement additionné de blanc, ce qui donne un résultat
assez quelconque. A titre de comparaison, il suffit de regarder les deux
exemples ci-dessous peints par des artistes confirmés et qui maîtrisent
l'art de mélanger les couleurs, de créer des mélanges
subtils. Les ciels ici sont bleus aussi, traités avec des tons
rompus ou des gris colorés. Malgré cela, le ciel dégage
plus de lumière, il est aussi et surtout plus subtilement nuancé
que dans les quatre exemples du dessus.
Albert
Bierschtadt
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Backhuysen
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Pour
peindre un ciel nuancé, outre le fait de réaliser ses mélanges
dans des saturations plus discrètes que les tons purs ou modulés,
il est possible de partir d'autres tons que le Prusse, l'outremer, le
cobalt, le céruléum ou surtout le très artificiel
phtalo. Essayer l'indigo, mais aussi le gris de Payne, simplement avec
du blanc. A partir de là on pourra additionner progressivement
d'autres bleus ou d'autres couleurs pour réaliser un résultat
personnel et autrement délicat.
Mais il est certain qu'il existe un tas d'autres solutions pour réaliser
un ciel bleu, si on tient absolument à ce qu'il soit bleu...
Notons,
pour casser un autre lieu commun, que l'eau n'est pas nécessairement
bleue. celle du robinet, de la mare, du torrent... adopte les couleurs
de l'arrière-plan, du fond ou de l'écume. Les deux tableaux
ci-dessus montrent quelques nuances dont la surface de l'eau peut sa parer.
L'herbe, le vert...
Le vert est connu comme étant une des couleurs les plus difficiles
à réaliser et à harmoniser. Il y a pourtant de nombreuses
solutions pour créer de très beaux verts nuancés.
D'une manière générale:
- on peut partir de verts existants et les travailler par mélanges.
Si on souhaite leur donner un aspect naturel on y ajoutera quelques pointes
d'un ton opposé, rouge ou orangé, mais aussi l'ocre ou une
nuance parmi les bruns. Un vert un peu "terreux" semblera plus
naturel.
Les verts émeraude et phtalo n'existent pas dans la nature à
part dans les pierres précieuses, ils devront être sérieusement
rompus si on veut qu'ils perdent leur côté artificiel.
- on peut aussi partir d'un bleu, un de ceux qui s'écartent du
vert si on souhaite toujours qu'il semble plus naturel (outremer, cobalt...).
On y ajoutera du jaune, mais le jaune citron donnera beaucoup de vivacité
au résultat. Un jaune orangé, un ocre ou une terre de Sienne
naturelle rendront le vert résultant plus proche des coloris de
la nature.
-
il reste la solution du noir. Le noir mélangé avec du jaune
citron donne un très beau vert moyennement vif. Si on souhaite
un vert plus discret, il sera préférable de mélanger
le noir avec du jaune de cadmium, un orangé ou de l'ocre. Le jaune
et la sépia donnent un très beau vert proche de celui obtenu
avec le noir.
J'utilise
beaucoup pour ma part la terre d'ombre verdâtre de chez Rembrandt,
surtout en glacis
sur des verts plus vifs. A elle seule elle restitue de très beaux
verts sombres naturels. Je l'éclaircis avec du jaune de Naples,
de l'ocre ou du jaune de cadmium citron si je la veux plus vive. En lui
ajoutant du blanc, on obtient un très beau gris coloré.
Quelques exemples de ces mélanges sont illustrés ci-dessus.
La
couleur chair.
Voilà une autre difficulté souvent rencontrée par
le peintre amateur. Les solutions sont pourtant multiples, comme les couleurs
que peut prendre la peau car chacune peut présenter des nuances
variées, il suffit de mettre sa main à côté
de celle d'une autre personne pour s'en persuader. D'après Claude
Yvel, Vermeer par exemple ébauchait ses portraits presqu'entièrement
avec de l'ocre. Il ajoutait ensuite quelques nuances de couleurs variées
qui donnaient l'impression d'une subtile coloration des chairs.
Pour
ébaucher un portrait, deux valeurs sont suffisantes, peut-être
trois, une claire, une moyenne et une plus foncée. Les ombres les
plus sombres et les lumières les plus claires seront dosées
en fin de travail. L'ébauche sera entièrement réalisée
avec ces deux ou trois couleurs en synthétisant nettement les masses
de valeurs. On peut par exemple peindre les zones claires avec de la terre
de Sienne mélangée à du blanc, les ombres, avec de
la terre de Sienne pure ou avec de la terre d'ombre brûlée,
pure, mélangée à un peu de blanc, à de l'ocre...
selon la tonalité qui convient. Eviter ici le noir qui salit vite
les couleurs; on pourra éventuellement le réserver pour
la fin et donner de la profondeur aux ombres déjà mises
en place.
Le
portrait ci-dessous a été réalisé de manière
très simple, au départ de deux couleurs, l'ocre d'or et
la terre de Sienne brûlée, ces deux tons sont étalés
purs. Si j'avais utilisé du rouge et du blanc, les mélanges
auraient été beaucoup plus banals, donnant un fade rose
bonbon. Ceci n'est qu'un exemple, toutes les autres couleurs peuvent être
utilisées, cela dépend des harmonies qu'on voudra créer
dans tout le tableau.
Ce portrait est asez réaliste, il est réalisé sur
fond gris en estompant les passages entre les zones claires et les zones
sombres.
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| Deux
couleurs (ocre d'or + terre de Sienne brûlée)
sont posées en aplats, répartissant les lumières
et les ombres de manière très synthétique. |
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| Les
frontières entre les ombres et les lumières
sont estompées. |
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| Une
troisième valeur (ocre d'or + blanc) est posée
sur les zones les plus claires, afin d'ajouter du relief. |
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| Ces
nouvelles taches sont estompées. |
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| De
la terre d'ombre brûlée, plus foncée que
la terre de Sienne, et de l'ocre rouge sont ajoutées
dans certaines zones d'ombres. Du rouge cadmium fait son apparition
sur les joues. Du gris coloré (blanc + terre d'ombre)
éclaircit légèrement certaines zones
d'ombres. |
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Note:
ce travail a été effectué en trois quarts d'heure;
toutes ces opérations ont donc été réalisées
"dans le frais". Pour peaufiner le résultat, il faudra
attendre que la couleur soit sèche ou à moitié sèche.
Et
voici le tableau terminé. Son titre: "la guerrière
pacifique".

Ce
qui est dit du bleu du ciel, du vert de l'herbe, du rose de la chair est
également applicable à tous les sujets qui entrent dans
une composition. Pour être clair, passons en revue quelques mélanges
qui vont plus loin que les mélanges "primaires". Le principe
général est le suivant:
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Pour
réaliser des tonalités nuancées, on mélange
des tons de base qui en soi ne dégagent pas une impression
de vivacité: laque de garance brunâtre, ocre,
sépia ou brun Van Dyck, terre d'ombre brûlée,
etc.
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Exemples:
- Le violet. J'ai obtenu un beau violet très délicatement
nuancé simplement avec du noir et du carmin ou de la laque de garance,
éclairci si besoin est avec du blanc. Il est possible de voir le
résultat en cliquant ICI
(basse définition) ou LÀ
(haute définition - adsl recommandé) dans les nuages
de mon tableau intitulé "port d'attache". (Supprimez
la fenêtre pour revenir au texte).
J'ai occasionnellement ajouté un peu d'outremer et rien d'autre.
On peut aussi utiliser un gris de Payne ou un indigo, mais plus le bleu
se rapprochera du violet, plus le résultat semblera vif. Le plus
vif est réalisé avec du carmin et de l'outremer. Pour rappel,
une pointe de jaune dans le violet créera un ton rompu déjà
moins ordinaire.
Penser aussi au caput mortuum qui est un ton brunâtre (couvrant)
à tendance violette.
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Les orangés. Dans un paysage à caractère réaliste,
l'orangé pur manque souvent de vérité, surtout en
surface importante. L'ocre orangée est un bon substitut de départ
en vue d'une nuance plus raffinée. On peut y ajouter du jaune ou
du rouge de cadmium si on souhaite le rendre plus vif.
L'ocre ou l'ocre d'or peuvent aussi constituer une bonne base.
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Les gris colorés. Outre les solutions renseignées plus
haut, on peut réaliser de très beaux gris colorés
avec du blanc et du brun sépia. Il sera plus coloré si au
lieu de sépia, on utilise la terre d'ombre brûlée
ou naturelle. Rappelons que les terres d'ombre verdâtres sont aussi
tout indiquées.
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Dans de nombreux cas, la sépia, ce brun très foncé,
peut remplacer le noir.
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Le noir avec les rouges à tendance orangée permet de réaliser
toute une gamme de bruns fort nuancés
N'oublions
pas ce principe important régissant les mélanges de couleurs:
Lorsqu'on veut réaliser un mélange clair, il est nettement
préférable de mettre d'abord les tons clairs sur la
palette et ajouter prudemment et progressivement les tons plus foncés.
Pour réaliser un mélange foncé, on commence par
les tons foncés en y ajoutant progressivement les tons clairs.
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Eclaircir
un ton.
L'amateur croit parfois que pour éclaicir un ton, on
doit nécessairement utiliser le blanc. Or le blanc, s'il
éclaircit, a aussi pour propriété d'affadir
une couleur, de la rendre crayeuse, ce qui n'est pas toujours souhaitable
dans une harmonie. Un tableau où figureraient plusieurs blancs
crayeux apparaîtrait fade, manquant de vie, de vibration colorée
et de relief.
Comment alors éclaircir un ton sans lui faire perdre toute
intensité?
S'il utilise le blanc, le peintre devra choisir entre le fait d'éclaircir
et celui d'affadir exagérément. Il est un seuil différent
pour chaque nuance où l'addition de blanc donne un ton plat,
fade et inintéressant dans une harmonie. Le peintre doit
veiller à ne pas dépasser ce seuil d'éclaircissement
et, s'il l'a atteint à légèrement charger son
mélange avec l'une ou l'autre couleur pour lui redonner un
peu d'intensité. Certains artistes se plaisent à faire
cet exercice périlleux d'un tableau peint presque entièrement
avec des blancs colorés et certains y parviennent avec une
admirable virtuosité. On a alors l'impression de lumière
et non pas de fadeur.
On peut aussi éclaircir un ton par toute couleur plus claire
que lui-même, tout en sachant que cette nuance claire influera
beaucoup sur le ton qu'il éclaircit. Un bleu éclairci
par un jaune deviendra inévitablement verdâtre, un
rouge virera vers l'orangé, un violet vers un gris brunâtre.
Mais un vert éclairci par un jaune gardera sa qualité
de vert, un rouge éclairci progressivement par un orangé
restera longtemps rouge. Il existe des verts foncés et des
vers clairs, des bleus foncés et des beus clairs...
Il
est aussi possible, devant un ton qui apparaît trop fade,
de le laisser sécher et de le recouvrir ensuite d'un léger
glacis de couleur transparente.
Un blanc pur deviendra très lumineux et doré s'il
est coloré par un glacis de jaune auréoline ou jaune
indien. Et il existe des couleurs transparentes dans toutes les
nuances, il suffit de les connaître, ce que le fabricant renseigne
généralement par un
petit symbole carré placé à même
le tube de couleur.
Proposition
d'exercice
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Choisir
des objets blancs ou presque blancs ( vases, tasses,
chemise, bougie, pain coupé en deux...). Faire
un ensemble avec ces objets là où ils
pourront rester sans que leur disposition soit modifiée.
Prévoir un arrière plan blanc ou presque.
L'idéal est d'éclairer le tout de manière
toujours identique pendant toute la durée du
travail. Peindre cette nature morte en s'efforçant
de saisir toute la subtilité des nuances de
blanc, sans qu'aucune couleur n'apparaisse trop fade.
Prévoir une ou deux taches de couleur qui feront
aussitôt contaste.
Le
tableau ci-dessous est une oeuvre d'une peintre du
trompe-l'oeil: Andrée Bars. L'artiste excelle
dans la restitution des nuances subtiles que peuvent
adopter les objets de couleur blanche grâce
aux ombres et aux lumières qui en influencent
les modulations.
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