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LE MATÉRIEL, L'EXÉCUTION DU TABLEAU. Fiche technique.


Les aspects principaux qui ont trait à l'exécution concernent les supports, les pinceaux, les médiums, les liants et pigments, les vernis et évidemment la facture ou la manière pratique de peindre.

Insistons sur le fait q'un peintre débutant sera toujours découragé par un matériel médiocre. Des pinceaux "punks", beaucoup de toiles sur carton, une boîte de couleurs made in China achetée à 2 euros sur le marché, etc. ont le pouvoir de dénaturer un travail qui requiert une fiabilité et des ressources minimales dès le départ.

- Les supports.
Jusqu'au 15ème siècle, le support de la peinture à l'huile était le panneau de bois, il sera peu à peu détrôné par la toile de lin ou de coton, surtout à partir du XVIIIème siècle . Si le bois est plus lourd que la toile il est aussi plus solide. La plupart des tableaux du XIVème et du XVème siècle sont dans un meilleur état de conservation que ceux du XVIIIème, du XIXème ou du XXème siècle. Que dire de beaucoup de créations du XXIème siècle?

Il est difficile aujourd'hui de trouver de bons panneaux traditionnels: peuplier, tilleul, chêne... mais les panneaux modernes d'aggloméré peuvent constituer d'excellents supports: contreplaqués, isorel, mdf... En principe ils seront recouverts de quelques couches d'apprêt qui les rendront aptes à recevoir la peinture. L'apprêt traditionnel est le gesso, aujourd'hui une couleur acrylique blanche couvrante, autrefois un enduit composé de colle de peau (colle Totin) et de blanc de Meudon (craie). Voir recette ci-dessous.
Il existe également des enduits pâteux (modeling paste) ou texturés, dans lesquels le fabricant à incorporé du mica, de la poudre de marbre, du sable,etc.
Chaque peintre pourra charger lui-même le gesso ou le modeling paste avec du sable de rivière, de la sciure (de préférence ne contenant pas résine ni de tanin pour éviter les réactions avec le liant ou le médium) ou de tout autre matériau composé de particules plus ou moins fines ou plus ou moins grossières. À tester, à risquer...

L'enduit peut être directement étalé sur le panneau ou sur une toile qu'on y aura préalablement collée, opération qu' on appelle le marouflage. En principe, trois couches de gesso forment un apprêt efficace.
Une toile déjà traitée par le fabricant peut également être peinte au gesso si on veut en atténuer le grain. Plus on mettra de couches, moins le grain sera apparent. Avec trois couches de stuc du genre modeling paste étalées à la palette à enduire, on peut l'effacer complètement et obtenir une surface lisse.
Le gesso étalé à la brosse ou le modeling paste permettent aussi de texturer le support en y créant différents types de reliefs (voir exemples dans la rubrique "matières pâteuses"). Le premier donnera des textures plus discrètes, le second autorisera la création de reliefs accentués.

Un panneau de 6 mm d'épaisseur conviendra pour travailler dans des formats inférieurs à 80 cm. Au-delà, il faudra le consolider à l'arrière en y collant des lattes de bois, sous peine de voir le panneau s'incurver sous l'effet de la rétraction du gesso et de la couche de peinture. Dans tous les cas il est conseillé d'enduire les deux faces avec le gesso, afin que le verso compense les tensions du recto.

Les supports en verre, en métal, etc. constituent des cas particuliers hors des intérêts de la large majorité des artistes et n'entreront pas dans les aspects ici présentés.
Mentionnons toutefois le support papier, papier dessin, aquarelle, etc. Il sera moins fragile s'il est préalablement collé sur un support plus rigide que lui: carton fort, panneau d'isorel, etc. Le papier peut être peint tel quel ou préalablement recouvert de gesso.

Notons enfin qu'un panneau présente un gros avantage sur la toile, c'est qu'il peut être coupé en cas de révision nécessaire de la composition ou pour être adapté à des formats hors standard, comme l'ovale ci-dessous.

 

A gauche , le document montre un panneau de MDF traité au gesso:
1 MDF brut.
2 + une couche de gesso blanc.
3 + deux couches de gesso blanc.

4 + trois couches de gesso blanc. Le panneau peut être peint.
5 + deux couches de gesso gris, l'imprimeure ou l'imprimature.

A droite, un panneau de gesso traité en gris, découpé à la scie sauteuse pour être intégré dans un cadre ovale acheté à la brocante. Difficile à réaliser avec une toile.

 

 

 

- L'imprimature, imprimeure...

 

 

Travailler sur un fond coloré, par exemple en ocre rouge, en gris (imprimature) présente un appréciable avantage par rapport au fond blanc, les valeurs claires apparaissent aussitôt comme des lumières. Sur un fond blanc, le blanc de la toile sera toujours plus clair que n'importe quelle couleur claire, ce qui empêchera celle-ci de rayonner avec tout son éclat et de révéler au peintre la sensation de lumière qu'il essaye de lui donner.

L'exemple ci-contre présente une petite toile de 30 x 24cm préparée avec une couche de modeling paste, deux couches de gesso blanc et deux couches de gesso acrylique gris moyen. L'ébauche a été réalisée avec du blanc de titane et du gris de Payne + du sépia pour quelques plans plus rapprochés.
Si le même blanc avait été posé sur une toile blanche, il va de soi qu'il aurait été à peine perceptible.

 

 


 

 

 

Le vrai gesso

Il peut être utile ici de renseigner la manière de fabriquer le gesso véritable, celui utilisé par les "primitifs", les peintres de la Renaissance, par les icônographes, etc. Précisons d'emblée que l'opération n'est guère compliquée, il suffit de disposer des ingrédients nécessaires lesquels se trouvent facilement en magasins de fournitures artistiques. De nombreuses variantes existent, avec addition de l'un ou l'autre produit aux composants de base: alun, lithopone, argile, miel, glycérine, pigment blanc (titane) ou coloré, etc.

Ingrédients:
- colle Totin ou colle de peau de lapin, vendue en paillettes, en plaquettes ou en poudre.
- blanc de Meudon, blanc de Bologne ou craie blanche.

- une marmite + de l'eau. Un second récipient plus grand pouvant contenir la marmite.

Procédé:
- Faire tremper dans de l'eau froide contenue dans une marmite environ un douxième de colle de peau pendant quelques heures. Ceci est surtout valable pour la préparation de panneaux rigides. Pour les toiles, la proportion de colle sera réduite de moitié, afin de conserver de la souplesse à l'apprêt. Le délai peut être abrégé si la colle est en poudre.
- Faire chauffer la marmite au bain-marie sur le gaz ou une plaque électrique à environ 40°, sans faire bouillir ! On obtient à ce stade une colle qui peut être utilisée pour traiter une toile écrue ou maroufler du tissu sur du bois.
- Ajouter progressivement le blanc de Meudon tout en remuant à la cuillère en bois, jusqu'à obtenir une consistance légèrement pâteuse. S'il y a avait trop de Blanc de Meudon et si la pâte était trop épaisse, la couche risquerait de craqueler. Le gesso est prêt.

Cette préparation sera étalée sur le support au pinceau et à chaud. Elle deviendra gélatineuse en refroidissant dans le récipient, mais solide sur le support, tout en étant facile à poncer contrairement au gesso acrylique.
Une deuxième couche pourra être posée dès que la première sera sèche, pour cela, mettre à nouveau la préparation à chauffer au bain-marie.
Pour obtenir une belle surface lisse et couvrante, plusieurs couches seront peut-être nécessaires. Il sera utile de les poncer si on souhaite qu'elles soient parfaitement lisses. Un papier de verre ultra fin fera l'affaire ou mieux, une "souris" en pierre ponce, légèrement humidifiée. On la passera sur le support en traçant des petits cercles. Ensuite, on égalisera les traces en caressant aussitôt la surface avec le gras de la main.

Note: ce gesso ne se conserve pas plus d'un jour ou deux, après ce délai il commencera à pourrir.
Lors de la chauffe, une odeur "naturelle" émane que certaines personnes n'apprécient pas alors qu'elle fait partie de l'alchimie du peintre. Prévoir une ventilation suffisante.

IMPORTANT: cette surface est fort absorbante, elle engloutira rapidement l'huile de la pâte colorée qui deviendra mate. Si on souhaite conserver son côté brillant à la surface peinte, on pourra "brunir" (= lustrer) patiemment la surface avec une agathe, en vente dans les magasins spécialisés, ou la recouvrir préalablement avec une couche de médium résineux, de vernis, de médium alkyde fluide, etc. A bien laisser sécher avant de peindre.

Si on prépare un panneau rigide avec de l'enduit, il est conseillé de traiter préalablement le verso. Le panneau se déformera peut-être, mais il sera rééquilibré lors de la praparation du recto.

 

 

Les toiles. Il en existe de différentes qualités et de différents prix... Les toiles les plus solides et les plus chères sont faites en lin, mais les toiles de coton, bien qu'un peu moins solides et évidemment moins chères, offrent également une très bonne résitance. Les fabricants les proposent en différents grains, du plus gros qui ressemble à celui d'une toile de jute au plus fin qui sera à peine perceptible sous la surface peinte. Cette dernière formule est plus difficile à trouver dans les commerces, mais elle est utilisée par beaucoup de peintres qui refusent de faire apparaître des matières autres que celles de l'objet représenté, par exemple la plupart des peintres du trompe-l'oeil.

Les toiles sont généralement tendues sur un châssis de bois. Les quatre lattes ne sont en principe pas collées, ce qui permet de tendre la toile et le châssis avec des coins de bois disposés dans chaque angle au verso. On tend la toile une fois qu'elle est peinte et si elle a tendance à flotter légèrement. Quelques légers coups de marteau suffisent en principe à rendre la toile bien plane et bien tendue. Une trop forte tension risquerait de déformer le bois du châssis.

Pour le peintre productif, une formule économique consiste à acheter toile et châssis séparément. La toile se vend au mètre et en rouleaux. Les châssis se vendent à la pièce ou par paires, ce qui permet de donner à son tableau des dimensions personnalisées.
Avant de fixer la toile sur le châssis, bien vérifier l'équerrage de celui-ci.
Actuellement on a tendance à plus utiliser l'agraffeuse que les traditionnels clous de tapissier. L'avantage est qu'on peut tendre la toile d'une main et l'agraffer de l'autre. Il existe différentes méthodes pour tendre une toile. Celle qui me donne satisfaction consiste à agraffer le milieu de deux côtés opposés et ensuite, tout en tirant sur la toile, de continuer progressivement et symétriquement vers la gauche et vers la droite de ce milieu jusqu'à arriver aux extrêmités. On procède ensuite de la même manière avec les deux autres côtés.
Il existe pour ce faire des pinces spéciales à large bec, mais un travail soigneux à la main est tout aussi efficace.

- Les pinceaux et assimilés.
Il existe une importante quantité de genres de pinceaux dépendant de leur forme, de leur composants et... de leur prix. On peut les regrouper en deux grandes familles: les pinceaux plats et les pinceaux ronds. En outre on peut distinguer les pinceaux des brosses, les premiers étant à poils doux et souples, les secondes à poils fermes. Les brosses sont la plupart du temps en soies de porc (blanc) et servent à étaler une couleur pâteuse, les pinceaux (brun, gris) peuvent être en poils de martre, d'écureuil...ou synthétiques, on les utilise plutôt pour étaler la couleur fluide.
Les uns et les autres peuvent en principe être utilisés pour la peinture à l'huile ou l'acrylique. Leur manche est plus long que ceux des pinceaux destinés à l'aquarelle, simplement pour que l'on puisse peindre en prenant du recul devant sa toile. On peut toutefois utiliser les pinceaux aquarelle pour peindre à l'huile, surtout si on veut peindre des détails relativement précis.
Les pinceaux en poils de martre sont les plus chers, particulièrement la martre Tobolski utilisée pour produire la Rolls-Royce des pinceaux! Les pinceaux en poils synthétiques sont généralement de très bonne qualité, toujours meilleurs que ceux des martres bon marché. Je les recommande pour un travail en couleurs fluides ou pour des détails fins.
Les types de pinceaux sont trop nombreux pour qu'on puisse les détailler tous ici, effort inutile puisque le fabricant peut fournir toute explication nécessaire. Passons toutefois en revue quelques pinceaux parmi les principaux ainsi que quelques accessoires pour peindre.


Dans l'illustration ci-contre, de gauche à droite nous pouvons voir:

1 - le couteau à peindre. Utile pour mélanger les couleurs sur la palette mais aussi pour peindre, en principe par empâtements. Beaucoup d'amateurs et de peintres pour lieux touristiques l'affectionnent parce qu'il permet d'obtenir des effets faciles. Or placarder ne suffit pas pour faire oeuvre d'art, même si l'effet "tape à l'oeil" présente pour quelques-uns une certaine séduction. Notons que le travail au couteau peut être combiné avec celui au pinceau.
2 - Le pinceau plat, de différentes largeurs, souple ou ferme, selon le travail à réaliser. Les plus larges permettent un travail rapide ou par traces d'aplats juxtaposés. Utile pour suivre un contour rectiligne.
3 - Le pinceau rond biseauté, pour un travail plus en finesse. On peut en variant la force d'appui travailler avec la pointe ou avec le "ventre". Les plus fins, s'ils sont de qualité, permettent de peindre de très petits détails.
4 - Le pinceau plat triangulaire, pour des traits énergiques.
5 - Le spalter, ici en soie de porc, ferme, mais il existe également en poils souples. On peut l'utiliser pour enduire le support au gesso ou pour peindre des surfaces relativement importantes.
6 - L'éventail (blaireau), pour estomper (blaireauter) une marque entre deux tonalités et en faire un dégradé tout en douceur. On peut l'utiliser dans le sens de la largeur ou de son épaisseur.
7 - Le "shaper" ou sculpteur, pour travailler la couleur en relief. Différentes formes permettent de créer des traces de textures différentes.


Le peintre qui souhaite faire durer la vie de son pinceau doit éviter de le laisser quelques jours sans le nettoyer, le mieux est évidemment de le rincer soigneusement à l'essence de térébenthine ou au white spirit après chaque séance de peinture et ensuite, de le passer vigoureusement sur une savonnette et de le rincer. L'artiste qui travaille à l'acrylique devra régulièrement nettoyer ses pinceaux à l'eau à cause du côté très siccatif de ce type de technique. Voir la technique de nettoyage ci-dessous.
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- Les médiums
(rien à voir avec le vert devin!).
Au départ, les mêmes pigments de base servent à fabriquer tous les matériaux colorés que nous connaissons: huile, acrylique, aquarelle, gouache, pastels, etc. Ces pigments se présentent en poudres finement broyées issues de différentes origines: minérales, végétales, animales... Pour fabriquer les couleurs que nous connaissons, on a jouté un liant aux poudres, agglutinant qui donne une consistance fluide ou solide aux couleurs et les rendent prêtes à l'emploi. Toutefois, la plupart du temps, lorsqu'on peint, il est nécessaire de fluidifier davantage ces couleurs pour qu'elles répondent à nos intentions d'expression. C'est ainsi qu'on pourra rendre la pâte plus ou moins fluide en la diluant dans différents liquides appelés médiums. Il en existe de nombreux types, plus ou moins épais, plus ou moins siccatifs. Le peintre débutant se satisfait généralement des médiums trouvés dans le commerce, mais il arrive un moment où la nécessité se fait sentir d'adapter son médium aux subtilités et aux exigences de sa pratique.

Le médium basique et universel est composé d'essence de térébenthine et d'huile de lin, plus rarement d'huile d'oeillette moins siccative. Si on veut respecter le pincipe archi-connu et ultra-répété du "gras sur maigre", il faut évidemment commencer son travail en dosant le mélange avec davantage d'essence et ajouter progressivement de l'huile au gré de l'évolution du travail. La raison en est double:


- L'essence dilue l'huile. Si donc on travaille avec un médium où l'essence domine, on risque de rediluer les sous-couches fuidifiées avec de l'huile.
- L'essence sèche beaucoup plus vite que l'huile. Si donc on peint à l'essence SUR des sous-couches peintes à l'huile, les couches du dessus seront vite sèches alors que les couches du dessous continueront à subir des forces de rétraction pendant toute la longue période de séchage, c'est-à-dire un ou deux ans! Les couches sèches et rigides du dessus se verront vite atteintes de craquelures dues aux tensions exercées par le travail de séchage des couches du dessous.

 

En résumé, si on se satisfait du médium "essence + huile", il est logique de le modifier en cours de travail en augmentant progressivement la proportion d'huile plutôt que l'inverse.
A ce mélange basique, on peut ajouter quelques gouttes de siccatif (de Courtrai, de Haarlem, etc.) qui réduit la période de séchage. Si on en ajoute trop, l'activation artificielle du séchage risque elle aussi de créer des tensions incontrôlables qui feront apparaître des craquelures ou la "peau d'orange" tant redoutée par les dames, mais ailleurs que dans leurs peintures. Une douzaine de gouttes dans un flacon de 75 ml seront suffisantes.

Parmi les médiums du commerce, il est bon de savoir que certains sont plus siccatifs (= sèchent plus vite) que d'autres et que certains sont plus indiqués pour les glacis (transparences) que d'autres. Voir les notices des fabricants.

L'artiste qui progressera d'un pas dans son aventure créative, ressentira un jour ou l'autre la nécessité d'expérimenter et d'adapter son médium à l'état présent de son travail, et ici, les formules varient à l'infini. Je ne peux donc que vous faire part de mes propres expériences.
Le médium qui me convient souvent peut être considéré comme le médium "flamand", utilisé par les "primitifs", mais aussi par exemple, par Rubens, ce qui signifie qu'il a donc pris le temps de faire ses preuves. Il est composé de térébenthine de Venise (ou baume de Venise) et d'essence d'aspic. La térébenthine de Venise extraite du mélèze, est épaisse, différemment selon les fabricants, l'essence d'aspic, extraite de la lavande, est fluide et qui plus est, agréablement parfumée. Si on souhaite créer des matières, on fera dominer dans le mélange la viscosité de la térébenthine de Venise. Si on souhaite une peinture plus lissée, on mettra davantage d'essence d'aspic. Ces proportions sont à doser intuitivement selon la viscosité de la térébenthine de Venise qu'on se sera procurée, ce qui peut fortement varier d'une marque à l'autre. J'y ajoute parfois un tiers d'huile de lin polymérisée et quelques gouttes de siccatif de Haarlem.

Il existe une infinité d'autres formules, je mentionnerai seulement l'expérience de Claude Yvel qui préconise l'utilisation de l'huile de noix cuite additionnée de litharge et de mastic en larmes. Vu le prix du mastic en larmes, je n'ai personnellement pas encore testé cette recette, mais, si l'on se fie au travail de l'auteur et surtout si on pratique une peinture à caractère traditionnel, on peut êre convaincu que l'expérience peut valoir le détour.

Mentionnons encore l'ambre qui peut être utilisé comme médium, pur ou dilué. Il donne une belle intensité aux couleurs, mais son prix est très élevé. Blockx propose un flacon de dix grammes, présenté dans un coffret de bois, pour environ 80 €.

Je tiens aussi à mentionner des médiums contemporains qui sans avoir eu le temps de faire leurs preuves sont garantis par le fabricant comme étant très stables et ne jaunisssant pas dans le temps. Ils présentent d'intéressantes ressources difficiles à obtenir avec les médiums traditionnels, il s'agit du médium alkyde et du ou des liquin.


Le médium alkyde est composé de résines synthétiques et d'huile, on l'utilise pour les couleurs synthétiques alkyde, mais il peut également servir de médium pour la peinture à l'huile si on souhaite conserver les traces du pinceau et donc créer des effets particuliers de matières. Sa consistance est gélatineuse. Pour accentuer la visibilité des traces, il vaut mieux peindre en poussant la couleur vers l'avant du pinceau plutôt qu'en la tirant comme nous le faisons en général.


Le liquin de Winsor & Newton est un intéressant médium alkyde, il existe en plusieurs formules: le liquin "original", le liquin "détails fins" et le "liquin light gel". En version "original", son comportement est celui du médium alkyde décrit ci-dessus. En version "détails fins", il est plus fluide et permet comme son intitulé l'indique de réaliser des détails très précis mais aussi des dégradés qui s'estompent sans laisser de traces. En version gel il est particulièrement indiqué pour les glacis; il se fluidifie au contact du pinceau et ne coule pas.

Pour en savoir (beaucoup) plus:
- "La technique de la peinture à l'huile" de Xavier de Langlais (Flammarion). La Bible pour beaucoup de peintres.
- "Peindre à l'huile comme les Maîtres" de Claude Yvel (Edisud).

- Nettoyer les pinceaux

Après chaque séance, il est indispensable de nettoyer soigneusement les pinceaux si on souhaite qu'ils puissent nous servir encore longtemps, d'autant plus si le matériel reste quelques jours sans être utilisé. Dans la technique de la peinture à l'huile, les pinceaux sont nettoyés dans du white spirit ou dans de l'essence de térébenthine. Il n'est pas nécessaire ici d'acheter ces produits dans un magasin spécialisé et conditionnés en petites quantités, ce qui est toujours nettement plus coûteux, les bidons vendus dans les magasins de bricolage sont à cet égard largement satisfaisants.
Si quelques heures séparent deux séances, il est possible d'éviter que les poils du pinceau ne sèchent en les trempant dans un récipient muni d'un ressort qui maintiendra solidement le manche et qui empêchera les poils de se plier en touchant le fond. Voir photo ci-contre.

Personnellement je n'utilise pas cet accesoire. Lorsque j'ai employé un médium siccatif et que un jour ou deux séparent deux séances de travail, je nettoie soigneusement chaque pinceau dans du white spirit puis je les écrase fermement sur une savonnette en les passant sous l'eau et en les faisant tournoyer jusqu'à ce que plus aucune tache de couleur ne s'en échappe. Je les rince et leur redonne leur forme initiale avant de les laisser sécher.

Remarque importante, le liquide qui a servi à nettoyer les pinceaux peut servir plusieurs fois, il ne doit surtout pas être jeté à l'évier, ce qui serait un gâchis stupide ainsi qu'une pollution inconsciente de la nappe phréatique. Pour réaliser méthodiquement cette opération, il faut disposer de deux bouteilles ou deux bidons, un pour l'essence propre, l'autre pour l'essence salies par le nettoyage. Dans celui-ci, la couleur se déposera en deux ou trois jours sur le fond du récipient tandis que le liquide du dessus deviendra progressivement plus limpide et pourra de nouveau servir au nettoyage.

Lorsque le bidon d'essence propre est vide, on inversera le processus en y déversant le produit de l'autre bidon qui aura servi au nettoyage et qui se trouvera décanté après quelques jours de repos.

 


Les vernis.

Faut-il ou non vernir un tableau? La réponse dépend des intentions du peintre et des résultats finaux dus à l'utilisation plus ou moins régulière de médium. Il faut savoir que:

- si on applique une couche de couleur diluée dans de l'huile ou dans un médium huileux sur une sous-couche déjà sèche et qui a été elle aussi diluée dans de l'huile, l'huile de cette nouvelle couche sera absorbée par la sous-couche (poreuse) et deviendra mate au séchage. Ceci risque de créer des surfaces irrégulières, certaines étant plus mates tandis que d'autres réalisées avec moins de médium huileux seront plus brillantes. C'est ce qu'on appelle les embus.

- si le médium contient davantage d'essence, les couleurs subiront moins cet effet désagréable.

Quoi qu'il en soit, si la surface colorée présente ces effets disgracieux, un vernissage de la surface devient nécessaire, sauf intention bizarrement différente.

Le vernis non seulement uniformise la couche finale, mais il la protège aussi des chocs légers et des rayons UV.


Il existe des vernis provisoires et des vernis définitifs, des vernis brillants, satinés ou mats, sans oublier le vernis laque, par exemple le vernis "flatting"de Sennelier, il donne à la surface un brillant proche de celui des meubles laqués chinois. Mentionnons encore l'ambre qui peut être utilisé comme médium ou comme vernis, pur ou dilué. Il donne une belle intensité aux couleurs, mais son prix est très élevé. Blockx propose un flacon de dix grammes, présenté dans un coffret de bois, pour environ 80 €.

Pour ceux qui le souhaitent, Xavier de Langlais renseigne différentes recettes de vernis, mais ceux du commerce sont d'une qualité bien suffisante si ce n'est supérieure pour satisfaire l'amateur le plus exigent.

Les vernis provisoires appelés aussi vernis à peindre ou à retoucher créent une couche régulière semi-brillante. Ils existent en bouteilles, en pots ou en bombes. Ils sont très siccatifs.
Ils sont utiles quand on sait qu'un vernis définitif ne peut être posé avant six mois minimum si les couches peintes sont fines et un ou deux ans après la finition de la peinture, si les couches de couleurs sont plus épaisses. La raison en est que la couche d'huile ne sera vraiment sèche en profondeur qu'après cette période et continuera donc à subir des tensions. Comme le vernis sèche plus rapidement, les tensions différentes entre couche et sous-couche risquent de créer les craquelures que l'on sait. Après la pose du vernis provisoire il est donc conseillé d'attendre un an avant d'étaler la couche de vernis définitif. Veiller à ce que ces couches soient fines! Les étaler à la bombe ou avec un pinceau souple ou un spalter (pinceau plat large) et évidemment impeccablement propre. Il vaut mieux mettre deux couches fines qu'une seule couche épaisse, afin d'éviter les cloques disgrâcieuses et les craquelures.

Dilué dans de l'essence de térébenthine rectifiée, l'ambre peut servir également de vernis.

Le liquin "détails fins" offre une solution intéressante comme vernis provisoire, une ou deux fines couches donneront à la surface peinte une belle finition satinée.

Les vernis définitifs ou vernis à tableau sont préparés à partir de résine, il en existe une grande variété, des gras (huileux) et des maigres (à base d'essence). Beaucoup de vernis huileux, au copal par exemple, présentent un coloration sombre qui risque de teinter le résultat final, autant les éviter et utiliser des vernis transparents.

Lors de cette phase finale, l'artiste choisira donc de créer une surface brillante, satinée ou mate. S'il opte pour une surface satinée, la pose d'un vernis brillant qu'on laissera bien sécher, suivie d'un vernis mat sera du plus bel effet.

Le vernis est étalé avec un pinceau souple et large afin de couvrir rapidement la surface peinte. Comme pour le vernis provisoire, la couche sera fine et il vaudra mieux poser deux ou trois couches fines qu'on laissera chaque fois sécher plutôt qu'une couche épaisse qui riquerait de s'écailler. Idem pour le vernis final en bombe.
Vérifier la régularité de la surface en inclinant le support devant une fenêtre ou une source lumineuse.

Notes:
- Avant de vernir un tableau, enlever soigneusement les poussières avec un chiffon légèrement humide et non pelucheux.
- Pour vernir sans risque de coulures, poser la toile horizontalement jusqu'à séchage complet.

 

 

 

 

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